Histoire
Les recherches historiques sont rendues
extrêmement difficiles par le fait que la cité s'est étendue avec le temps. Le centre
ville représente l'ancien Grenoble. Ainsi les vestiges du passé ne sont mis à jour
qu'au gré des destructions ou des aménagements des vieux quartiers.
Les premières traces de civilisation remontent au Vième
av. J.C., au niveau du palais de justice.
Grenoble se situe au carrefour de 3
vallées. La cité est donc un lieu stratégique d'importance. Ainsi, elle a toujours
était une ville "de garnison" (jusque dans les années 30) et a souvent été
attaquée. Et lorsque la cité n'était pas ravagée par la guerre, les innombrables crues
des 2 rivières ruinaient les constructions.
En 524 les Burgondes d'origine germanique sont en
Dauphiné. Les Francs les délogent en 582.
En 574 Les Lombards assiègent Grenoble. Ils pillent le
voisinage de la cité. N'arrivant pas à la faire tomber, ils fuient mais sont rattrapés
puis exterminés par les soldats de la ville.
Au VIIIième et IXième, les
Sarrasins conquièrent le sud-est de la France. Mais ils ne laisseront aucune trace de
leur passage.
| Vers 1030, un Archevêque de Vienne léguat une partie de ses terres à un seigneur local : Guigues de la maison d'Albon. celui-ci agrandit son domaine, qui, vers 1130, allait devenir le Dauphiné . Une question se pose toutefois : pourquoi un dauphin comme emblème et comme nom... Cette question demeure sans réponse. | Détail de la façade du palais de justice
|
Le Xième est une période de troubles politiques
pour la cité et le Dauphiné. Les ecclésiastiques qui avaient permis l'indépendance et
la création du Dauphiné sont bientôt jaloux de la puissance du seigneur. Dauphins et
hommes d'église s'affrontent pour la cité à travers le siècle. Peu à peu le clergé
perd de son pouvoir pour laisser place à un pouvoir seigneurial.
Au XIVième les juifs sont chassés du royaume
de France, le Dauphiné les accueille. Leur prospérité et leur habileté dérangent, et
déclenchent la jalousie. En 1348, le Peste ravage la cité, les juifs sont accusés et
menés au bûcher...
Des 1242, une charte garantie
aux grenoblois une certaine liberté, ainsi le droit de gérer une partie de la cité
(défense, perception...). Les habitants élisent leurs administrateurs qui officient sous
la 'surveillance' du Dauphin et de l'évêque. Les Grenoblois ne cesseront de voir leur
autonomie augmenter. Ainsi, en 1340, le Dauphin Humbert II crée le conseil delphinal.
Vers 1346, ce même Dauphin dote Grenoble d'une université. Il va faire beaucoup pour la
ville : donations aux pauvres, réfections d'édifices... Son départ en croisade finira
de ruiner le Dauphiné. A son retour de Jérusalem, terriblement appauvri, veuf, sans
descendance, Humbert II vend le Dauphiné au Roi de France Philippe VI en 1349. Dés lors,
le Dauphin sera le fils aîné du roi de France. Ceci marque la fin du Dauphiné
indépendant...
En 1446, le Dauphin et futur roi Louis XI, s'installe à
Grenoble. En 1453, il place le Parlement du Dauphiné à Grenoble. La cité devient l'une
des 3 villes parlementaires de France. Il développe la ville à un niveau tel que son
père le Roi de France Charles VII, jaloux, envoie ses soldats 'reconquérir' le
territoire. Le jeune Dauphin fuit. Mais lorsqu'il devient Roi, il annule le traité
stipulant que le Dauphiné est gouverné par le fils aîné du Roi. Grenoble appartient
définitivement au Roi de France...

Au début du XVIe, les guerres
d'Italie obligent les soldats du roi à résider dans Grenoble. Les frais dentretien
de l'armée sont très lourds. La peste sévit à nouveau et les guerres de religions
affaiblissent considérablement la cité.
En 1590, après 4 tentatives infructueuses le Duc de
Lesdiguières (protestant), s'empare de la cité affamée, appauvrie et malade. Il allait
devenir le bâtisseur de Grenoble, l'homme qui a relevé la cité. Il rétablit la
justice, les finances, fait construire fortifications, bâtiments, ponts, routes...
Vers 1606 et grâce à l'appui de Lesdiguières, la
ganterie de Grenoble, jusque là discrète, prend son véritable essor. A la révolution,
1/3 des habitants de la ville travaillent de près ou de loin pour la ganterie.
Le 7 mars 1815, Napoléon est aux
portes de Grenoble, il y trouve une ville dévouée. Il s'arme et repart 2 jours plus tard
en direction de Lyon, puis Paris. Il dira lui même : "En arrivant à Grenoble
j'étais un aventurier, en repartant je suis un conquérant".
...Et puis, en Juin, Napoléon est battu à Waterloo. Les
autrichiens arrivent aux portes de la cité, quasiment sans défense. Les citoyens
prendront les armes pour tenir tête à l'ennemi. Et finalement se rendront, après une
lutte inégale. L'envahisseur restera 5 mois dans la cité.
Le 22 Juin 40, la progression Allemande est
stoppée à Voreppe. Durant 4 jours les forces françaises tiennent leurs positions et
font subir de lourdes pertes à l'ennemi. Le 24, les allemands lancent une très vaste
offensive, elle aussi stoppée, malgré la supériorité numérique (5 contre 1) et la
supériorité de leurs armes ("la meilleure armée du monde"). Le 25 Juin, la
France ordonne le cessez le feu, alors que les allemands n'ont pas pu pénétrer dans le
Dauphiné. Grenoble ne sera pas envahie... Jusqu'en 1942.
Les Alliers débarquent en Afrique de Nord. Pour protéger
son territoire l'Axe envahie la seconde moitié de la France en Novembre 1942. Des lors
les mouvements de résistance implantés dans le Vercors voient leur rang gonfler
massivement. De disparates, mal organisés et parfois rivaux, les mouvements vont devenir
unis sous la houlette de Chavant, Chavellet, Scholkow, Martin, Valois... La résistance
grenobloise s'organise, et devient l'une des plus actives de France. Et les représailles
allemandes seront parmi les plus rudes...
Citons le haut fait de résistance d'Aimet Requet, qui à
lui seul fit sauter l'important dépôt de munitions allemand du polygone. En
représailles, les allemands enverront des soldats dans les rues de Grenoble avec ordre de
tirer à vue...
A la mi-novembre 1943, à la suite d'une très vaste
opération de renseignement (délation, torture, ...), les têtes de la Résistance
Grenobloise sont capturées et tuées. La résistance sera terriblement amoindrie, mais
pas détruite.
Comment parler de Grenoble sans parler du Vercors ? En Juin
44, l'ordre est donné à tous les mouvements de résistance de prendre les armes afin de
désorganiser l'ennemie et ainsi de favoriser le débarquement. Le Vercors, (implantation
principale de la résistance dans la région), décuple ses actions de résistance, et se
lance dans l'ultime bataille pensant recevoir le renfort d'homme et de munitions promis
par Londres et Alger. Pour éradiquer la révolte, les allemands envoient leurs corps
d'élites "10 fois supérieur en nombre et 100 fois mieux armés"... Mais les
renforts promis ne sont jamais arrivés, les résistants se sont battus jusqu'à la mort
retenant autant que possible l'ennemi. (Une polémique naîtra plus tard, les gens du
Vercors accusant De Gaulle et les Alliers de les avoir trahi et abandonné à une mort
certaine). Le Vercors restera sans doute l'un des plus hauts faits de la Résistance
Française, avec ses martyrs et ses héros. Les Forces allemandes ont rarement été plus
cruelles que durant cette offensive.
Pourtant, ces résistants ne sont pas mort en vain, les
troupes ennemies mobilisées dans le Vercors auraient sans doute pût ralentir l'avancée
allier libératrice. Ainsi, le 15 Août 1944, les Alliers débarquent en Provence. Les
actions des résistants furent telles que 6 jours plus tard Grenoble était libérée. (En
3 mois les Alliers avaient parcourus environs 100 Km en Normandie). Lorsque les
Américains pénètrent dans Grenoble le 22 au matin, la cité est aux mains des
Maquisards, qui avaient chassés les derniers Allemands dans la nuit du 21 au 22.
Grenoble reçût la croix de compagnon de la libération.
Durant l'occupation (novembre 42 à août 44), on dénombre plus de 700 fusillés, entre
2000 et 3000 déportés, dont plus de 1500 morts en déportation et plus de 500 maquisards
morts au combat.