les  profs ne foutent rien?
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les profs travaillent peu ?

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source enseignants Roché DPD Nouvel Obs Allègre
heures/semaine 44,8 38 entre 41 et 42 1060/36= 29,4 18,15 , 13 ou 12 heures

d'après le sénat

Du rapport Roché au récent numéro du Nouvel Obs la tentation est la même :dénier aux fonctionnaires et plus particulièrement aux enseignants la légitimité d’une réduction de leur temps de travail en les sommant de démontrer qu’il font plus de 35 heures. L’enjeu ne fait aucun doute : les enseignants représentent près de 40 % des fonction-naires de l’Etat et, dans un contexte de gel affiché de l’emploi public, tous les moyens sont bons pour éviter des réductions du temps de travail créatrices d’emplois.

Est ainsi nié le caractère intellectuel de notre travail qu’aucune pointeuse, aussi sophistiquée soit-elle, n’est capable de mesurer mais qui n’en signifie pas moins du temps, beaucoup de temps, du stress, et des formes de pénibilité qui, pour être de nature différente de celle de l’ar-tisan boulanger, n’en sont pas moins réelles et en constant accroissement.

Gérard . Aschieri.

 

Alors.. profs: 12h ou 45H par semaine?

 

d'après le rapport Roché

En 1999, le rapport Roché (temps de travail dans la fonction publique) faisait sienne la durée hebdomadaire de 38 h issue de l'enquête de la DEP (1) de 1994 : or celle-ci ne tenait pas compte des recherches personnelles et déduisait la durée des " inter-cours ", ainsi que bon nombre d'activités régulières, dont la formation continue ...

(1) D.E.P. : Direction de l’évaluation et de la prospective de l’Education nationale, devenue D.P.D. : Direction de la programmation et du développement.

logosenat.gif (2642 octets) "Pour le second degré, le rapport de la mission(Roché) se fonde sur une étude publiée en 1996.
En base annuelle, les temps de travail s'inscrivent, pour 1994, dans une fourchette autour de 1.300 heures (1.241 à 1.324 heures).
Pour les agrégés, la répartition du temps de travail hebdomadaire est passée, de 1988 à 1994, de 38 heures 53 à 38 heures 38, pour les certifiés des collèges de 37 heures 20 à 36 heures 47, pour les certifiés de lycées de 42 heures 15 à 39 heures 30, pour les PEGC de 41 heures 11 à 36 heures 52, pour les PLP de 41 heures 48 à 38 heures 18.
En moyenne, les enseignants du second degré seraient passés de 40 heures 34 à 38 heures 11. Le rapport estime donc la durée annuelle de travail de ces enseignants à 1.375 heures. "
rapport du sénat

d'après les services compétents du ministère de l'éducation nationale.

logomen.gif (3030 octets) Le chiffre retenu par la DPD, entre 41 et 42 h, ne tient toujours pas compte de certaines activités régulires ni de la formation continue. n

 

d'après les enseignants:

logosnes.gif (3048 octets) L'US 495 rendait compte d'une enquête réalisée auprès de 654 enseignants du second degré. Ceux-ci déclaraient effectuer une moyenne de 44,8 h de travail hebdomadaire, non compris les 33,7 h consacrées aux incontournables tâches trimestrielles.

cette enquête faite auprès de 654 enseignants (ne formant pas un panel scientifiquement ou quantitativement  représentatif ) faisait ressortir en moyenne:

cours préparations corrections formation autres total
17,2 10,5 8 5,1 4 44,8

conseils de classes, de profs, d'enseignements: 9,2 heures par trimestre en moyenne

bulletins: 6h par trimestre en moyenne

autres: 11,9 h par trimestre en moyenne ( 37 activités citées: sorties voyages atelier théatre, chorale, cinéma, visite entreprise, suivi stages, ....)

 

d'après le nouvel obs:

Le Nouvel Observateur a publié, le 23 septembre, une enquête sur le vrai temps de travail des Français au titre vengeur " QUI BOSSE, QUI BULLE ". Eh bien selon eux qui bulle le plus ?  Le professeur certifié du secondaire et de manière générale la quasi-totalité des fonctionnaires ! 3 collègues répondent ci après

 

A PROPOS DE L'ENQUETE DU NOUVEL OBS

Le temps de travail des enseignants

I l n’est certes pas facile d’établir la moyenne du temps de travail d’un professeur du secondaire (1), tant les situations sont variées, tant les composantes de ce travail sont nombreuses avec une part considérable à la maison, le soir, le week-end, une partie des « pe-tites vacances » et même des « grandes » (croit-on que le pro-fesseur arrive à la rentrée les mains dans les poches, la serviette vide ?), mais en gros un examen un peu sérieux des diverses tâches montrerait qu’il se situe annuelle-ment plus près des 2 000 heures que des 1 500 et certainement bien au-dessus de 1 060 (2).

Ce qui est particulièrement scan-daleux, c’est que le Nouvel Obs a bien conscience que cette durée est fausse, et, parce qu’il préfère prévenir les critiques des lecteurs avertis, il nuance un peu cette du-rée dans divers encarts (en indi-quant, par exemple, un 1 490 heures qui situe d’ailleurs encore le pro-fesseur dans le bas de l’échelle). Néanmoins à destination du grand public, c’est la moyenne caricatu-rale de 1 060 heures que le jour-nal choisit de porter dans le ta-bleau « 72 professions à la lou-pe », en mettant donc ostensible-ment le professeur du secondaire à la dernière place. C’est sans dou-te la première fois que je vois un journal reconnaître qu’une statistique n’est pas fiable et cependant la publier comme représentant la « vérité », sans se soucier des conséquences pour les intéressés. Il ne faut pas être grand clerc pour savoir quelle conclusion pourra ti-rer le lecteur pressé en parcourant cette enquête, présentée comme un « travail de bénédictin », faite pour déterminer « le vrai travail des Français », « cerner une réalité qu’aucune étude officielle jus-qu’ici n’a jamais explorée : la va-leur réelle de chaque heure de tra-vail de chaque Français», indi-quer « qui bosse, qui bulle ».

De fait, avant même d’avoir reçu ce Nouvel Obs…, ce que j’ai en-tendu rapporter à la radio, c’est bien, sans nuances, la comparai-son entre les temps de travail du boulanger et du professeur certifié et l’idée qu’un instituteur gagne par heure plus qu’un médecin. Et dans son éditorial, Laurent Joffrin, malgré quelques précautions de langage, trouve ce classement suf-fisamment fiable pour affirmer que l’enquête « ne tourne pas à l’avantage des salariés de la fonc-tion publique, ni à celui du corps enseignant », appelant en conclu-sion l’Etat à être plus efficace, plus économe (sous-entendu – mais mieux vaudrait avoir le courage de le dire clairement – les fonctionnaires, et, au premier rang, les en-seignants sont trop payés pour ce qu’ils font).

A part cela, « il ne s’agit pas de dresser les catégories les unes contre les autres » ! Au moment où il faudrait plutôt valoriser dans l’opinion publique le professeur du secondaire, confronté à un mé-tier devenu, dans les « banlieues » mais aussi dans les établissements plus « normaux », particulière-ment difficile, parfois pénible (3), demandant de très nombreuses heures de travail, le Nouvel Obs choisit de se joindre à bien d’autres pour discréditer une fois de plus les enseignants. Ils sont habitués à être les boucs émissaires de tous les maux de la société.

Je ne crois pas à l’innocence d’une telle enquête. La fin de l’éditorial de Laurent Joffrin en révèle trop bien l’objectif. En cette période du « chacun pour soi », une part de ceux qui disposent de revenus ou salaires mensuels élevés (50 000, 100 000 F, voire un million ou même plus), rêve d’une diminu-tion de l’impôt progressif sur le re-venu (qui semble aux yeux de nos « élites » être devenu le problème numéro 1), et souhaite dans ce but rogner le plus possible sur les dépenses de fonctionnement de l’Etat, d’une part en accroissant les charges de travail, d’autre part en baissant, en francs constants, les salaires et les pensions. Voilà la « réforme » que Laurent Joffrin souhaite « favoriser ».

Pour justifier ces objectifs, il faut faire apparaître les fonctionnaires comme des privilégiés. Il y a bien l’argument de la sécurité de l’emploi, mais il ne suffit pas dans la mesure où à qualification égale les revenus sont quand même très dif-férents, par exemple entre un professeur agrégé ou certifié et un cadre supérieur d’entreprise (des différences qu’on retrouve d’ailleurs sur le plan des retraites et du patrimoine accumulé dans une vie de travail). Evidemment en at-tribuant à l’un une durée annuelle de 1 060 heures, et à l’autre 1 900 et 2 200 heures, le tour est joué.

Le mieux, c’est que le Nouvel Obs… écrit p. 12 qu’en retenant la durée – qu’il juge plausible – de 1 490 heures annuelles, cela « change tout », avec 120 F de l’heure au lieu de 169. Or en retenant la durée de 1 800 heures qui me paraît plus plausible encore, on a 99 F de salaire horaire. Il devient alors bien difficile de parler de privilège et dans ces conditions de tirer les mêmes conclusions que l’éditorial de Laurent Joffrin. C’est pourquoi il fallait, pour cet éditorial, que le Nouvel Obs… retienne la durée, pourtant reconnue comme fausse, qui figure dans le tableau !

Jean-Pierre Martein

(1) Comme de nombreuses professions, y compris celles d’artisan ou d’agriculteur. retour texte

(2) On pourra lire, page 6, la démonstration rigoureuse qui aboutit à ce calcul. retour texte

(3) Car une heure de travail devant des élèves, ce n’est pas une heure de travail administratif. Comme d’ailleurs je pense une partie de heures effectuées par un policier ou une infirmière. retour texte

US MAGAZINE - N  506 - OCTOBRE 1999 logosnes.gif (3048 octets)

 

lettre à la rédaction du Nouvel Observateur ( suite au dossier du 23 au 29 septembre 1999)

Bravo pour votre enquête « Qui bosse ? Qui bulle ? » (...). Qui trouvons-nous parmi les vrais bulleurs ? Je vous le donne en mille ! Les profs du secondaire... c’est étrange, non ? Ces fainéants chroniques, payés à se rouler les pouces du matin au soir, son censés travailler 27 heures par semaine, en moyenne. Qui dit mieux ? (...) Depuis des générations, ils sont la cible préférée des sondages tous azimuts, comme de nombreux fonctionnaires, d’ailleurs. De surcroît, avec le nouveau débat sur les retraites, avec les nouvelles lois sur les 35 heures, les humeurs s’échauffent... la mienne y compris ! 35 heures ? Le temps de travail hebdomadaire d’un professeur est-il aisément calculable ? A défaut de pouvoir le chiffrer précisément, nous pouvons tenter de l’estimer. Je suis professeur du secondaire et j’enseigne le français au collège ou les lettres modernes au lycée, au choix. (...) Alors, bien sûr, en tant que titulaire du CAPES, j’assure 18 heures de cours par semaine. 18 heures devant des élèves... en sommes-nous quittes pour autant ? Nous passons souvent 21 ou 22 heures dans l’établissement pour organiser une séance vidéo, travailler au CDI, faire des photocopies, négocier des plages horaires ou des salles avec l’administration... Ajoutons à cela les conseils de classe, réunions parents-enseignants, les journées portes ouvertes et autres activités diverses et variées. (...) A la maison, que faisons-nous ? Il n’y a là nul mystère ! Nous concilions vie privée et vie professionnelle, mais le travail effectué représente bien 20 heures hebdomadaires, parfois plus, week-end compris : planification des cours, lectures, explications de textes, sujets et corrections de devoirs... Et les vacances dans tout ça (...)  Il n’est pas rare que les vacances de Toussaint ou de Noël débutent par des paquets de copies. Avec ça, il faut mettre en place les futures séquences pédagogiques, le temps passe vite. Quant aux grandes vacances, elles s’amenuisent insidieusement chaque année. Les épreuves du bac traînent en longueur, jusqu’au 10 juillet et parfois au-delà. La prérentrée est de plus en plus précoce : 1e r septembre, pour l’année prochaine. (...)

J. B., Aurillac

 

US MAGAZINE logosnes.gif (3048 octets)

Aux "enquêteurs" du Nouvel Obs Jean-Pierre M., Albert (Somme)

D epuis 1989, et jusqu’à ma retraite en 1996, j’avais pris l’habitude de noter, le plus honnêtement possible, mon temps de travail journalier (heures de cours, réunions, préparations de cours, corrections de copies, etc.). Pourquoi cela ? J’étais exaspéré par les nombreux articles ou déclarations sur le faible travail des enseignants. (…)

La moyenne qui suit correspond aux six années 1989-1995 (en 95-96, ma dernière année, je n’ai fait que 1 848 h car je fus dispensé des travaux du baccalauréat, et naturellement, je n’ai pas fait de préparations durant les grandes vacances). De septembre 89 à septembre 95, j’ai travaillé, par an, en moyenne 2 330 h (c’est une « durée observée » mais si j’étais artisan ou agriculteur ma « durée déclarative » donnerait, je pense, un total bien supérieur !). Cette moyenne correspond d’ailleurs à des durées fort inégales : 2 807 h (89-90), 2 426 (90-91), 2 046 (91-92), 1 969 (92-93), 2 279 (93-94), 2 455 (94-95). Avec le recul j’explique assez bien ces dif-férences. En 89-90 et encore en 90-91, mise en œuvre des nouveaux pro-grammes de Terminale, relâchement (relatif) les deux années qui suivent, niveaux plus élevés de 93 à 95 parce que, sans que les programmes chan-gent, avec l’expérience de 4 ans, on éprouve la nécessité d’une nouvelle mise en œuvre. Par ailleurs, en 94-95 j’ai fait partie d’une commission de choix de sujets (200 à 300 h totalement bénévoles). Pour information, entre 89 et 95, j’ai travaillé en moyenne 166 h en juillet-août, et par ailleurs 5 h le dimanche (juillet-août exceptés). Ce n’est certes qu’un exemple, mais quand même très éloigné des 1 060 h du tableau publié par Le Nouvel Obs. Je crois avoir été un professeur « consciencieux ». J’enseignais en Première et en Terminale, en histoire-géographie, matières exigeantes en travail (penser à l’évolution du monde à partir de 1989). Pour ces raisons ma moyenne est probablement au-dessus de celle du professeur de Seconde. Mais il serait prétentieux de ma part de me croire bien au-dessus de mes collègues. (…)

Depuis ma retraite, j’observe plus attentivement le travail de ma femme qui est en collège, à mi-temps pour la deuxième année. Je constate que, devant 9 h de cours, elle est plus souvent en moyenne 15 h par semai-ne au collège (cours et réunions diverses) et je la vois travailler régu-lièrement tous les jours au moins 2 h en moyenne. Cela doit bien faire annuellement les 1 060 h du tableau, mais pour un mi-temps ! Et cette durée n’inclut par les lectures spécialisées qu’elle effectue, y compris durant les vacances. Très honnêtement, le temps annuel nécessaire à un professeur consciencieux pour faire correctement son travail, dans de très nombreuses matières, n’est pas très différent de ce que votre clas-sification affecte aux cadres supérieurs et ingénieurs du privé : 1 900 à 2 200 h (…).

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d'après Claude Allègre (dégraisseur de mamouth au placard)

extraits de l'émission  " France Europe Expresse " sur FRANCE 3, le 30/1/2000

Serge July : Claude Allègre, vous dites qu'il va falloir, qu'il faut modifier les missions de l'enseignant…
CA : Mais, elles se modifient elles-mêmes…
S.J. : Elles se modifient elles-mêmes. Comment vous allez faire les 35 heures avec ça ? Vous allez demander aux
enseignants finalement de ne pas faire simplement la transmission du savoir, donc de travailler sans doute plus et
comment vous faites les 35 heures ? Vous avez pas l'air pressé d'ailleurs de vous engager dans cette affaire des
35 heures !
CA : Oh ! Ecoutez, c'est pas le sujet aujourd'hui, mais…
S.J. : C'est un vrai sujet…
CA : Non, je pense…
S.J. : Si, il va y avoir une semaine sociale qui va être entièrement dominée par cette question des 35 heures dans
la Fonction publique.
CA : Je pense que dans l'Education nationale, il y a des gens qui font plus de 35 heures. Il faudra faire en sorte
qu'ils fassent 35 heures, ceux-là, hein ! Il y en a quelques-uns. Je pense qu'en ce qui concerne d'une manière
générale la Fonction publique, ce que le Premier ministre a indiqué, c'est que cette Fonction publique n'est pas
soumise au chômage et n'oublions pas que les 35 heures ont été faites comme un moyen de lutte contre le
chômage.
S.J. : Oui, mais vous n'allez pas exempter l'Education nationale…
CA : Monsieur July, laissez-moi répondre, s'il-vous-plaît !
Donc, je pense qu'il faut profiter des gens qui font actuellement 18 heures, 15 heures ou certains, 13, 12 heures
de travail…On ne va pas réduire le temps de travail.
Ce qu'on va probablement…
S.J. : Et vous n'allez pas baisser les salaires…
CA : Non ! Et on ne créera pas d'emplois non plus dans la Fonction publique par le mécanisme des 35 heures,
sauf dans tel ou tel secteur où il y a véritablement des besoins énormes.

suite à ces propos une association s'est montée pour attaquer Allègre en diffamation: http://diffamaction.free.fr/

plus de mensonges d'Allègre?
les réactions d'enseignants à la diffamation

réponse à CA d'après le rapport du sénat: logosenat.gif (2642 octets)

"L'évaluation du temps de travail global des enseignants, pour être pertinente, doit tenir compte des tâches consacrées à la préparation des cours, à la correction des copies et au suivi des élèves qui sont des tâches inhérentes à la fonction. Pour des raisons évidentes, elles ne peuvent donner lieu à une réglementation précise, qui permettrait un contrôle direct par l'administration.
En outre, les personnels enseignants du second degré sont tenus d'établir et de communiquer les notes et appréciations concernant le travail des élèves. A ce titre, ils sont membres du conseil de classe, chargé d'examiner les questions pédagogiques intéressant la vie de la classe, notamment les modalités d'organisation du travail personnel des élèves. Ils sont également tenus de participer aux jurys des examens et concours pour lesquels ils sont qualifiés par leurs titres ou emplois. "