Nol-
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JOURNAL DE L'AUTONOMIE SOCIALE
De la grève des routiers à l'appel à tous
.L'heure est venue d'emboîter le pas aux routiers en grève,
Pour tout de qui unit contre tout ce qui divise.
Proposition n°1: Tous ensemble pour une grève générale chaque lundi afin d'obtenir de fait les 32h par semaine sans perte de salaire.
Les grèves longues épuisent financièrement les salariés, l'auto-limitation de la grève à 1 jour chaque lundi, permet d'économiser et d'affiner le mouvement.
Ce n'est pas dans 60 ans que le progrès social doit se faire comme l'entendent les politiciens, c'est de suite.
La diminution du temps de travail réduit la contrainte que supporte le salarié en activité et offre des moyens nouveaux à ceux qui sont exclus.
Les 32h ne doivent être considérées que comme le début d'un mouvement de réduction généralisé, du temps de travail en vue de l'abolition du salariat, dernier avatar de la servitude volontaire.
La grève actuelle des routiers pourrait se rendre populaire en distribuant gratuitement bouffe et carburant à la population et en le faisant savoir.
Pour dépasser son caractère catégoriel, elle pourrait s'élargir vers les autres activités de transport (SNCF, pilotes, EDF, etc ... ) et vers les autres transporteurs des pays européens.
Avec un taux de représentation de 0,3% de routiers syndiqués, la police syndicale ne dispose d'aucune légitimité pour prétendre représenter les routiers, il est temps que l'auto-organisation fasse éclater les magouilles des maquignons de la force du travail.
Proposition N°2 : Comment utiliser ce lundi.
Par exemple : Assemblée générale le matin, piquet de grève volant vers d'autres entreprises l'après-midi, avec délégués de liaison.
Le soir grève fêtes, faites grèves, dans les boites, dans les halls de gares etc...
Proposition N°3 : Réflexion sur l'organisation des luttes.
La représentation écran du pouvoir séparé qu'est le gouvernement masque la soumission du pouvoir politique à la puissance financière.
Le capitalisme financier peut intervenir rapidement et à court terme avec une puissance de 10 fois supérieure à celle de l'état.
La France produit chaque année 8000 milliards, (Produit National Brut) si cette richesse était partagée équitablement, elle représenterait 13.750F par mois et par individu.
Pour produire cette richesse, 22 millions d'actifs à raison de 1800h par ans ont travaillé à un taux moyen de 200F de l'heure.
En clair celui qui travaille à raison de 40F de l'heure, ne reçoit que le cinquième du prix moyen du travail.
N'oublions pas néanmoins que pour toute cette activité, les 2/3 sont des activités de conservation de la structure.
Pseudo activités parasitaires. En résumé 2h par jour pour soi, tout le reste au capital et à l'état.
En 50 ans les taux de productivité de l'agriculture et de l'industrie ont été multipliés par cent, au minimum, pourquoi le temps de travail nécessaire pour assurer notre survie, n'a t'il été réduit légalement que d'une heure par semaine.
Pourquoi la réduction du temps de travail ne s'impose-t-elle pas dans la tête des dirigeants politiques économiques, syndicaux ?
Une réduction sérieuse vers 20 h par semaine et de 3 mois de congés par an.
Si effectivement le temps de travail devenait moins important que l'activité libre et auto-organisée, le risque d'un basculement vers l'abolition du salariat et de l'état deviendrait réel.
C'est pourquoi l'ensemble des pouvoirs séparés (politiques, économiques, religieux, syndicaux, associatifs) veulent empêcher que les gens se gèrent eux-mêmes, sans eux.
Voilà le secret fondamental du pouvoir séparé qui maintient la misère sous toutes ses formes.
Sortir du consensus antagoniste
Les conflits sociaux mettent en évidence la force de ceux qui n'ont pas la parole, mais qui peuvent bloquer toute la machine sociale.
Le fait de ne pas imaginer, ni envisager, ni expérimenter un autre possible autonomisant, mais au contraire de réclamer à ses maîtres, à ses exploiteurs, quelques miettes de plus, assure la reconnaissance du pouvoir et l'acceptation de la servitude volontaire du salariat.
Ce mécanisme social, constitue le consensus antagoniste qui interdit toute transformation, et quand la situation de lutte s'achève les dirigeants reprennent ce qu'ils avaient fait semblant de donner.
C'est pour cela qu'il est nécessaire d'engager un autre processus durable, qui maintiendrait et développerait des acquis sociaux.
Soigner la peur sociale, condition de la lutte.
Pourquoi la plupart des salariés, des RMistes, des chômeurs, des artisans, des paysans, ne s'engagent-ils pas dans la lutte.
La réponse est la peur sociale, elle est le produit de cette organisation sociale, dès la prime enfance l'individu est conditionné à devenir un exécutant salarié au service de l'économie capitaliste, mis en concurrence avec ses semblables au nom d'un individualisme servant d'alibi, il perd le contact avec les autres, constituant lui-même son atomisation, le virtuel accentue le processus.
Pour échapper à l'angoisse existentielle de l'individu isolé, sur ses gardes, de multiples fausses solutions s'offrent à lui :
les tranquillisants, les drogues, les violences sans issues, et finalement l'énorme pourcentage de personne qui tentent des suicides,(l50000 tentatives par an).
Quand la communauté humaine se désagrège, les êtres humains ont recours à la fausse communication : le religieux, le politique et finalement par la représentation "merdiatique".
Le sentiment de dépossession se trouve renforcé par la représentation spectaculaire, sans possibilité d'agir sur l'événement.
Par ailleurs la domestication généralisée que produit le salariat modifie les comportements des êtres humains.
a) L'absence de transparence:
La situation de dépendance du salarié lui impose pour assurer sa survie, la dissimulation de ses opinions. cette dissimulation devient une manière d'être.
b) L'incohérence:
Le salarié n'agit pas, il est agit, ne décidant ni du temps, ni du lieu, ni de la finalité de sa production, il devient rapidement incapable d'organiser son espace temps social.
Il n'agit que par contrainte, il devient incapable de s'auto-organiser.
c) L'inconséquence:
Il n'est plus à même d'achever un processus qu'il a lui même choisi.
Arrêter de travailler par la grève c'est se donner le moyen de vaincre la peur sociale des individus en reconstituant les liens sociaux de la communauté humaine .
Auto-organiser la grève, c'est conduire une expérience de désaliénation, c'est mettre en évidence la possibilité de rompre avec la servitude volontaire et d'engager la fin de la domestication généralisée.
d) L'illusion démocratique:
1°) La démocratie qui, théoriquement, est le pouvoir du peuple existe-t elle quand les écarts de patrimoine et de revenus atteignent dans le monde comme en France de telles disparités : 400000 personnes d'après l'INSEE ont plus de 250000F de revenus par mois. 400000 autres ont une double retraite.
10% de la population ont 55% de la richesse et 5% en ont 25%.
La fracture sociale prend sa source dans le racisme économique, est- il encore possible de parler de fraternité?
2°) La démocratie représentative comme son nom l'indique nécessite des représentants.
La représentation politique ne peut fonctionner que dans la mesure où les représentés s'identifient avec les représentants, or la représentation induit la dépossession de soi.
Un être dépossédé n'a aucun pouvoir, par conséquent, les représentés sont des esclaves et la représentation la fin de la démocratie, à l'inverse du pouvoir du peuple.
La dépossession est également la condition première de l'exploitation.
Cette illusion démocratique sert de paravent au pouvoir réel qui décide de la vie des gens. Le capitalisme financier à la recherche du profit toujours maximum.
En résumé la logique financière est devenue extérieure et contre l'espèce humaine, cette société n'est plus notre société. Quel serait le changement de perspective.
La première chose est de recréer le contact avec le vivant donc de sortir du lieu central de la dépendance : la ville, puisqu'il manque le végétal libre et l'animal, les bases concrètes de l'autonomie.
Pour créer une reconquête de territoire nutritif et affectif.
Autonomie veut dire se nommer soi-même.
Qui à l'espace, a le temps de s'auto-organiser pour ne plus dépendre.
Si historiquement notre espèce est passée par l'économie de prélèvement (pêche, chasse, cueillette) puis en se sédentarisant par l'économie domestique, puis en transportant les objets à l'économie marchande, avec la révolution informatique et l'accumulation du capital, l'économie financière à pu se développer mondialement puisque 95% des échanges mondiaux sont spéculatifs.
A partir de cette situation, on voit que les différentes économies se recouvrent comme les tuniques d'un oignon.
Il faut enfoncer une lame de couteau sociale ( grève, auto-organisation productive, champs de l'imaginaire), pour introduire la dimension d'une économie autonomisante.
Actuellement cette demande sociale est colonisée par la communication virtuelle (télé, Internet) et la bureaucratie spiritualiste en formation.
Cette économie autonomisante nécessite une formation autonomisante et non celle distillée par l'état bourgeois et capitaliste pour former des esclaves salariés ou des chômeurs diplômés (5 jours de prostitution, 2 jours de réanimation).
La création d'espace autonome, écologique, en lutte contre la peur sociale et la destruction du vivant, avec une grande entraide et un appui mutuel qui en seraient le socle.
Vu la situation nous ne pouvons plus faire l'économie de ne pas changer d'économie.
Il y a mieux que le bien c'est de le faire.
Comité de base pour un mouvement
social européen
Les 32h contre les 32 millions de
chômeurs européens.
Reproduction de ce texte encouragée et libre traduction.
Vitry le 8 novembre 1997