Onceen

 

Oncéen depuis 5000 ans

                Lorsque l’homme quitta ses vêtements de peau de bête et cessa sa course échevelée au milieu des tempêtes, de chasseur-cueilleur, il devint agriculteur-éleveur. Ceux qui s’installèrent en un lieu qui deviendra Oncy, un peu à l’écart du bourg actuel, y trouvèrent une terre fertile, facile à cultiver et des roches de grès quartzitique dont ils firent des outils. Et très certainement de l’eau, ... mais où?  l'Ecole n'était qu'un marécage.
                  C'était l’âge du Montmorencien, il y a 5000 ans (environ)
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Le silex fut importé plus tard. Et les outils de « taillés », devinrent « polis ».
 Il y a, d’ailleurs, un polissoir sur les hauteurs  notre commune.

 

                Le père de notre ami Claude Martin, qui suivait à pieds la charrue tirée par deux chevaux, avait le temps de remarquer de tels objets et, instruit par son instituteur, il allait les porter à Milly, chez Monsieur Angellier. Il était pharmacien et avait constitué un petit musée. Sa collection se trouve maintenant au Musée départemental de préhistoire d'Ile-de-France à Nemours.


Voilà ce qu’on a pu lire dans l’Abeille d’Etampes, l’hebdomadaire de l’Arrondissement, en date du 21 décembre 1901.

                  Notre terroir fut plus tard cultivé par nos ancêtres les Gaulois ; puis par les gallo-romains. Il y a les traces d’un habitat, chez nous, mais quoi détonnant ? Des fermes gallo-romaines, il y en avait une tous les kilomètres- carrés! Les tessons  de poterie qu’on y trouve prouvent une occupation longue; très longue, même.
                    Le nom d’Oncy serait originaire de cette époque; de l’anthroponyme romain Uncius qui signifie « le douzième de la fratrie ». Il peut aussi s’agir d’une indication de mesure : uncia, la largeur du pouce, douzième partie du pied, désigne par extension celle de n’importe quelle unité de distance, de surface ou de poids.

        Oncy était également le nom d’un hameau; l’actuel  Petit Vitry à Vitry-sur-Seine (94). Ce fief n’est, selon les informations actuelles, cité qu’au XVe siècle sous la forme Unciacus. Il serait par la suite (au XVIIIe siècle) cité sous le nom de Douci-lez-Vitry.
        La forme originelle Unciacum est probablement ancienne mais peut-être altérée. La terminaison pourrait indiquer à l’origine, comme Oncy en Essonne (Unciaco au XIIIe siècle), un domaine de l’Antiquité tardive ou du haut Moyen Âge formé sur un anthroponyme latin, peut-être Unicius. Cependant, aucun élément archéologique ne permet à l’heure actuelle de confirmer une telle ancienneté de ce fief
.
         Il existe, ailleurs en France, les villes de Moncy (61800), Onchy (14250), Once (40460) et l'Once (32120)
. A comprendre .....
 

  

 


                Pour l’exposition universelle de Paris en 1900, Le ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts, M. Georges Leygues, « invita » tous les instituteurs de France à rédiger une monographie sur leur village. Celui d’Oncy, Monsieur Papineau, eut quelques difficultés dans son travail car il ne trouva pas, sur place, dans la mairie, d’archives antérieures à la Révolution.
                        A propos du Prieuré qui fut fondé par l’abbaye Saint-Victor de Paris– le Prieur et seigneur d’Oncy en étant un chanoine.—il écrivit que cette propriété entourée de murs renfermait environ 7 hectares de terrain qui étaient couvert d’arbres,
(comme l’atteste le plan d’intendance établi en 1787). Après la Révolution, elle fut habité longtemps par la famille Gillet de la Renommière qui la vendit à la fin du XIX° siècle. Le nouveau propriétaire, après avoir abattu les arbres et défoncé le terrain, l’a livrée à la grande culture.

 

          D’après les registres de l’Etat-Civil, ou plutôt registres paroissiaux, on voit qu’en 1674, Oncy dépendait de la paroisse de Milly-en-Gastinois, diocèse de Sens. Il faisait partie du baillage de Melun. Il y avait à cette époque 44 feux– (ménages, familles). Ce qui prouve que la population d’Oncy n’a guère varié, puisqu’aujourd’hui, il n’y a que 52 feux. Les registres jusqu’à l’époque de la Révolution furent tenus par le prieur-curé.
En 1791, Oncy quitte le baillage de Melun pour faire partie du district d’Etampes. Les registres de l’Etat-Civil sont alors confiés aux municipalités et sont signés de l’Officier public.
          Un représentant du peuple nommé Couturier y vint en 1793 ainsi que le démontre l’acte de naissance inscrit aux registres de cette époque et que je reproduis textuellement : « A Oncy, canton de Milly, district d’Etampes, décadi dix frimaire l’an 2° de la République au nom de la loi et du peuple français : Moy, Jean-Pierre Couturier, représentant du peuple en course pour régénérer l’esprit public et les autorités constituées, m’étant arrêté audit Oncy, s’est présenté devant moy le citoyen Nicolas Victor René Sulleau, cidevant prieur-curé d’Oncy et universellement reconnu pour un excellent patriote. Ce citoyen m’a représenté qu’après avoir le premier dans le district rempli le vœu de la nature et de la loi, et brisé la chaîne des préjugés barbares en serrant les doux nœuds du mariage avec une républicaine, il avait encore le premier l’honneur et le plaisir d’être père, qu’il m’invitait dans la vue d’affermir l’esprit public et pour éteindre les restes de l’ancien préjugé, s’il en restait aucun, à constater solennellement sur les registres de cette Commune la naissance de la fille dont Marie Félicité Dufour, son épouse, est accouché le huit du présent mois frimaire, cinq heures du matin, et de signer moi-même le nom que cet enfant devra porter. J’ai en reconnaissance du zèle que ledit citoyen Sulleau a mis pour régénérer l’esprit public, accédé à sa demande, et après m’être assuré de ladite naissance par les témoignages de son épouse, et du sieur Denis Fautrois, chirurgien à Milly, son accoucheur, j’ai donné à cet enfant le prénom de Marie Jeanne Pétronille. – Présence de la citoyenne Marie-Louise, femme de Jean-Antoine Dufour, commis es-chef du bureau de la liquidation à Paris et aïeule maternelle de nouvelle née, et de la citoyenne Marie-Madeleine Chaudé
, fille majeure, domiciliée à Milly qui ont signé avec moi, ainsi que le déclarant, l’officier public, Charpentier, Membre du Directoire du département de Seine-et-Oise, Secrétaire de la Commission, et Gerosne, Président du district d’Etampes, les jour, moi et an dit. »

           
   En 1796, ce même Victor René Sulleau, ancien prieur-curé d’Oncy, devint commissaire du Directoire exécutif, près l’administration municipale.

            Victor René Sulleau avait un frère qui était  avocat au parlement de Paris avant de devenir publiciste, c'est-à-dire journaliste politique. Il était royaliste et devant les menaces auxquelles il avait à faire face,  vint à Oncy placer son épouse en sûreté. De retour à Paris, alors qu’il tentait, avec d’autres personnes, de secourir le roi, ils furent arrêtés aux Champs Elysée où une foule surexcitée les massacra .

            Ce qui est arrivé à Oncy, avec son curé, est arrivé également à Milly. Voici ce qu’écrit l’abbé Chanut dans la notice qui se trouve dans l’église de Milly:
    1793: Le 8 Septembre, le révolutionnaire COUTURIER, représentant du peuple, rassemble les habitants de Milly dans cette église. Il donne lecture de sa délégation, destitue la conseil général de la commune de la juridiction de paix et nomme !a nouvelle municipalité. Sa proclamation est couverte d'applaudissements et des cris de "Vive la République, vive la Montagne, vive les Sans-culottes". Le 23 Octobre, il fait ouvrir le caveau construit sous la chapelle de la Vierge. Treize cercueils de plomb sont ouverts, les ossements jetés dans un coin du caveau. Le 20 Novembre, des commissaires sont envoyés dans toutes les paroisses du district d'Etampes pour "recueillir l'argenterie des églises, les cloches, les grilles en fer et autres matières propres à la République". Vers cette époque, le Curé RUELLE, les chanoines DRIGON et LE-PROVOST ainsi que le vicaire COMBE renoncent au "métier de prêtres".
    1794: Vers cette époque, l'église Notre-Dame est transformée en "temple de la Raison". L'assemblée générale de la commune s'y tient le 16 pluviôse an II, à l'occasion de la venue à Milly du représentant du peuple CRASSOUS.
    1840: Vers cette époque, la vie religieuse prend un nouvel essor. Le témoignage en est fourni par le rétablissement de certaines inscriptions.


            Comme « inscriptions », on peut prendre en compte, à Oncy, la date de 1857 sur la croix de saint Jean et la croix de saint Augustin, ainsi que « Jubilé de 1875 » sur la croix du Closeau.
            La vie religieuse avait eu des difficultés à reprendre après une première séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1794 et malgré le Concordat de 1801. En 1827, lors de la discussion du budget des cultes, le ministre concerné annonçait qu’il y avait encore 10 000 paroisses sans prêtre et qu’il espérait pouvoir en nommer 250 chaque année.

        1852 est également l’année où Oncy est devenu une ville "célèbre" : M. Bellier de la Chavignerie, après de longues recherches, avait découvert que c’était la ville natale du peintre Lantara et organisé une souscription pour la pose d’une plaque commémorative; la fête de ce jour qui fut racontée dans la presse locale et parisienne perdure encore de nos jours, chaque année, au mois de juin.

        Le plan d’intendance de 1787 est très instructif, outre qu’il montre des chemins qui n’existent plus, il en montre qui n’existent pas encore, ou incomplet, comme le chemin du clos d’Artois. Il donne des noms de lieux différents de ceux d’aujourd’hui: « La femme glise » se nommait alors « La femme grise », ce qui semble plus compréhensible et prouve un glissement de prononciation.


            Un deuxième intérêt est que la nature des cultures y est représentée : l’espace boisé est plus réduit qu’aujourd’hui et la vigne est présente sur environ 20 hectares (200 000m²). Ce ne devait pas être un grand cru, mais une boisson pour la consommation locale. Le phylloxéra en aura raison en 1894.  Notre ami Claude Martin se souvient que les oncéens se pressaient du cidre — on rencontre encore chez nous de vieux pommiers dans nos jardin — et qu’ils le distillaient quand il devenait trop piquant, au mois d'avril.          Monsieur Pierre Normand en a embouteillé pour en faire du cidre bouché jusqu’à la fin des année soixante-dix.

        Un autre intérêt de ce plan est qu’il donne les limites de la « paroisse »  qui ne se nommait pas encore « commune ».  Des chemins et des croix servent de bornage:

 

  
            - la croix Orneille
, à la sortie du village, au croisement de l’actuel chemin du clos de la rue blanche; là où il y a, aujourd’hui, la  croix de saint Augustin



             - la croix Cornilleau
, dans le prolongement de ce chemin à l’un des coins de la propriété du Prieuré;



                        - la croix du Closeau, là où il y en une actuellement;   

            
 

                    - la croix de Châtillon, au lieu qui porte toujours ce nom.
Il y en a toujours une, mais si le socle est ancien, la croix ne l’est pas;

                      - La croix de 18 sols (prononcer 18 sous) à l’intersection du chemin royal ( de Malesherbes à  Milly) et du chemin de Milly à Boigneville ( aujourd’hui labouré). Le chemin de la croix de 18 sols, aujourd’hui disparu dans les bois, formait avec les autres un carrefour.

 

 

                           Ces croix durent disparaître au moment de la Révolution. Seules trois furent érigées au milieu du XIX° siècle et une plus récemment ,comme il est écrit plus haut.
    Celle que l’on nomme — à tort — aujourd’hui « croix de 18 sous » n’est absolument pas à l’emplacement de l’ancienne, ni sur le tracé d’un ancien chemin. Les noms et les dates gravés sur la pierre qui la porte laisseraient penser à un acte de piété de la famille Codet (de Milly) à la fin du XIX° siècle; certainement avant le 1er janvier 1906, date à partir de laquelle il fut interdit d’élever des croix ailleurs qu’en des lieux bien déterminés (article 28 de la loi du 9 décembre 1905).

          C’est Napoléon 1er qui ordonna l’établissement, sur la France entière, d’un cadastre à l’échelle 1/1250. Celui d’Oncy fut réalisé en 1815. Il nous permet d’avoir la certitude que les construction qui y figurent et qui existent encore aujourd’hui ont été bâties avant cette date.
       Une carte IGN de 1969 et des cartes postales de l’époque  montrent une densité d’habitation à peine plus importante; ce que confirme les recensements commencés en 1790 :

    C’est après 1968 que la population d’Oncy augmente de façon significative.



                             La population elle-même a beaucoup changée: Maintenant, presque tous les travailleurs doivent prendre leur véhicule pour se rendre à leur entreprise; il y a encore peu, on travaillait sur place; ou non loin. Voici les différentes professions, par ordre alphabétique,  relevées lors des recensements de 1836 à 1936 (Il y a des doublons, le libellé des métiers changeant selon les années):
    anciens cultivateurs, bergers , blanchisseuses , boulanger ,  boulanger , bouviers , bûcherons chefs , bûcherons , buralistes , cabaretiers , cantonniers , carrier (chef) , carriers , carriers/cultivateur , cerclier (ouvrier) , chanteur ambulant , charcutier (apprenti) , charpentiers , charpentiers (ouvrier) , charretiers , charron , chaudronnier , clerc de notaire , commerçants , commis en bois , cordonnier (ouvrier) , cordonnier apprenti , cordonniers , couturières (apprenties) , couturières , cuisinières , cultivateurs , cultivateurs (propriétaires) , culture (ouvriers de) , dame de compagnie , domestiques , domestiques de ferme , employé des PTT , enfants en nourrice , épicier/vin/buraliste , épiciers , épiciers (ouvriers)  , fermiers propriétaires , forgeron , garde champêtre , garde forestier , gardes particulier , géomètre , herboristes , herboristes (exploitant) , Indigents , instituteur , jardinier (exploitant) , jardiniers , jardiniers (ouvriers) , journaliers , lingères , maçon buraliste , maçon/épicier , maçons , maçons (maître) , maçons (ouvriers) , maître ouvrier , manœuvre , manouvriers , maraîcher/maçon , maraîchers , marchand de bois/buraliste , marchand de plâtre , marchand de veaux , marchand de vin/épicier , marchande fruitière , marchands de bois , marchands de vin , mécaniciens , ménagères , métayer , nourrices , oiseleur , peintre en bâtiment , plantes médicinales (cultivateurs) , plantes médicinales (producteurs) , propriétaires , pupille de l'assistance publique , rentiers , retraité à la solde de l'État , sabotier (ancien) , sabotier (ouvrier) , sabotiers , secrétaire de mairie , serrurier , soldat , tailleurs , Tailleurs de pierre , tisserand (compagnon) , tisserands , tourneur (industrie du luxe) , vigneron .

    Les recensements de 1866 et 1872 ont même dénombré les animaux; voici celui de 1872:
   
4 poulains, 22 étalons, 2 chevaux hongres, et 4 juments. 3 ânes et 3 ânesses. 33 veaux, 12 génisses, 1 taureau et 85 vaches.  4 agneaux, 125 moutons et 25 brebis, 5 cochons, 2 chèvres, 383 poules et poulets ainsi que deux pigeons. 58 ruches sont en activité. On comptait également 21 chiens.

    Les choses ont bien changé; non ?




Maurice Gelbard  Août 2008
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces liens vous permettent d'accéder au livre de M. Bellier de la Chavignerie à propos de Lantara
ainsi qu'au mémoire sur Oncy en 1900 (attention, ce peut être long à charger)