Examens blancs
Entrez votre titre
Page d'accueil LAMPEDUSA, Le Guépard Contes et gravures Perrault Etre à la page: les sujets Première S et ES: tout un programme Muse-ique en corps La scène mousikale française Le monde de Kafka Ovide et ses métamorphoses Quel caractère ce La Bruyère! Bonnefoy- Les Planches courbes Un peu de méthode! Bac français - Première- Modalités Quelques fiches Les veilles de vacances! Levi: Si c'est un homme La page d'écriture Examens blancs Sophocle: Oedipe Roi Perceval, quel nice! Giono, Un Roi sans divertissemen Breton: Nadja Diderot, Le Supplément au Voyage La philosophie de Nadja

Examen blanc de Seconde


TEXTE 1
En 1851, la Seconde République est renversée par Louis Napoléon Bonaparte. Dans le roman
La Fortune des Rougon, Emile Zola évoque la mobilisation et l’insurrection des partisans de la république contre ce coup d’état.
La bande descendait avec un élan superbe, irrésistible. Rien de plus terriblement grandiose que l'irruption de ces quelques milliers d'hommes dans la paix morte et glacée de l'horizon. La route, devenue torrent, roulait des flots vivants qui semblaient ne pas devoir s'épuiser ; toujours, au coude du chemin, se montraient de nouvelles masses noires, dont les chants enflaient de plus en plus la grande voix de cette tempête humaine. Quand les derniers bataillons apparurent, il y eut un éclat assourdissant. La Marseillaise emplit le ciel, comme soufflée par des bouches géantes dans de monstrueuses trompettes qui la jetaient, vibrante, avec des sécheresses de cuivre, à tous les coins de la vallée. Et la campagne endormie s'éveilla en sursaut ; elle frissonna tout entière, ainsi qu'un tambour que frappent les baguettes ; elle retentit jusqu'aux entrailles, répétant par tous ses échos les notes ardentes du chant national. Alors ce ne fut plus seulement la bande qui chanta ; des bouts de l'horizon, des rochers lointains, des pièces de terre labourées, des prairies, des bouquets d'arbres, des moindres broussailles, semblèrent sortir des voix humaines ; le large amphithéâtre qui monte de la rivière à Plassans, la cascade gigantesque sur laquelle coulaient les bleuâtres clartés de la lune, étaient comme couverts par un peuple invisible et innombrable acclamant les insurgés ; et, au fond des creux de la Viorne, le long des eaux rayées de mystérieux reflets d'étain fondu, il n'y avait pas un trou de ténèbres où des hommes cachés ne parussent reprendre chaque refrain avec une colère plus haute. La campagne, dans l'ébranlement de l'air et du sol, criait vengeance et liberté. Tant que la petite armée descendit la côte, le rugissement populaire roula ainsi par ondes sonores traversées de brusques éclats, secouant jusqu'aux pierres du chemin.
Emile Zola, La Fortune des Rougon (1871)

Document 2
LA MARSEILLAISE
Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé.
Contre nous de la tyrannie
L'étendard sanglant est levé.
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils, vos compagnes.
Aux armes, citoyens !
Formez vos bataillons !
Marchons, marchons,
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !
Paroles et Musique ROUGET DE LISLE (1792)

DOCUMENT 3
HYMNE [imn] n.  XIVe ; ymne déb. XIIe ; lat. hymnus, gr. humnos
1• N.m. Chant, poème à la gloire des dieux, des héros. Les hymnes orphiques. Hymnes homériques, attribués à Homère. 2• N.m. ou f. (Dans la tradition chrétienne) Chant à la louange de Dieu. cantique, psaume. Chanter un, une hymne. « Toutes les hymnes de cet admirable office » (Mauriac). 3• N. m. Chant, poème lyrique exprimant la joie, l’enthousiasme, célébrant une personne, une chose. Hymne à la nature, à l’amour. « L’Hymne à la joie », de la IXe Symphonie de Beethoven. Un hymne de reconnaissance. 7 SPÉCIALT Chant solennel en l’honneur de la patrie, de ses défenseurs. L’hymne national français est « la Marseillaise ».
Dictionnaire ROBERT


QUESTIONS
I - Compétences de lecture (8 points)
1 - En vous appuyant sur les indices de vocabulaire , vous direz comment "La Marseillaise" est traitée dans le texte d’Émile Zola et vous commenterez la place qu’y occupe cette évocation. (3 points)
2 - Le dictionnaire Robert propose différentes définitions du mot "hymne".
Parmi celles-ci, relevez trois termes ou expressions qui, selon vous, peuvent être associés au texte d’Émile Zola . Justifiez votre choix. (5 points)

II- Ecriture (12 points)

Invention :
Rédiger un hymne à l’usage des lycéens afin de les guider dans leur avenir personnel ou/et professionnel.
Cet hymne commencera par « allons Lycéens du XXIème » et possèdera une strophe d’introduction, un développement, une conclusion. Il sera en vers et devra faire une cinquantaine de lignes.

Dissertation :

L'hymne de la haine ne profite pas à l'humanité (Gandhi)

Dans un devoir composé (intro-dév-cclusion), vous expliquerez si vous adhérez ou non à cette opinion puis dans une seconde partie, vous démontrerez que l’affection ou la haine peuvent changer la face de la justice.
Vous appuierez votre devoir sur des exemples précis.


Premiere: EAF - L'APOLOGUE



OBJET d’étude : l’apologue.

Texte 1 :
L’homme dans la société.

Hugo, Victor (1802-1885)

Sur une barricade

Sur une barricade, au milieu des pavés
Souillés d'un sang coupable et d'un sang pur lavés,
Un enfant de douze ans est pris avec des hommes.
- Es-tu de ceux-là, toi! - L'enfant dit : Nous en sommes.
- C'est bon, dit l'officier, on va te fusiller.
Attends ton tour. - L'enfant voit des éclairs briller,
Et tous ses compagnons tomber sous la muraille.
Il dit à l'officier: Permettez-vous que j'aille
Rapporter cette montre à ma mère chez nous ?
- Tu veux t'enfuir ? - Je vais revenir. - Ces voyous
Ont peur ! Où loges-tu ? - Là, près de la fontaine.
Et je vais revenir, monsieur le capitaine.
- Va-t'en, drôle! - L'enfant s'en va. - Piège grossier !
Et les soldats riaient avec leur officier,
Et les mourants mêlaient à ce rire leur râle
Mais le rire cessa, car soudain l'enfant pâle,
Brusquement reparu, fier comme Viala,
Vint s'adosser au mur et leur dit: Me voilà.

La mort stupide eut honte, et l'officier fit grâce.




Texte 2 :

Qui s'y frotte...
Par une froide journée d'hiver, un troupeau de porcs-épics s'était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s'éloigner les uns des autres. Quand le besoin de se chauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de façon qu'ils étaient ballottés de çà et de là entre les deux souffrances, jusqu'à ce qu'ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendit la situation supportable. Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur propre intérieur, pousse les hommes les uns vers les autres; mais leurs nombreuses qualités repoussantes et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau. La distance moyenne qu'ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c'est la politesse et les belles manières. En Angleterre, on crie à celui qui ne se tient pas à distance : Keep your distance! - Par ce moyen, le besoin de chauffage mutuel n'est, à la vérité, satisfait qu'à moitié, mais en revanche on ne ressent pas la blessure des piquants. - Celui-là cependant qui possède beaucoup de calorique propre préfère rester en dehors de la société pour n'éprouver ni ne causer de peine.

Arthur SCHOPENHAUER, Parerga et Paralipomena (1851)





QUESTIONS : 4 points
1- Quelles particularités de l’apologue (langage, public visé, propos, tonalité…) le document 1 et le document 2 mettent-ils en valeur ? Appuyez-vous sur des éléments précis du texte pour répondre. (2pts)

2- Identifiez la morale de chacun des deux textes. Reformulez-la et expliquez brièvement en quoi elle consiste. (2pts)


ECRITURE AU CHOIX : 16 pts

COMMENTAIRE :
Vous ferez un commentaire composé du poème de V. Hugo.

DISSERTATION: "Condamnée par Rousseau, figée dans le didactisme par l'institution scolaire, la fable peine à se renouveler". Pensez-vous que cette forme d'apologue mérite d'être réactualisée?

INVENTION : Vous rédigerez un apologue en prose ou en vers qui s’achèvera sur une morale de votre choix: (a ou b)

a- Aucune idée sur terre n'est digne d'un trépas*. (Brassens)
b- Pour faire un soldat, il faut défaire un civil. (Vian)

L’ensemble respectera le style de Brassens, les exigences d’un apologue et fera une cinquantaine de vers ou lignes minimum.

*décès, mort