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        "La récompense des grands hommes, c'est que, longtemps après leur mort, on n'est pas bien sûr qu'ils soient morts."           Jules Renard

        HANNIBAL

"Hannibal (ou Annibal) fut non seulement un meneur d'hommes, mais aussi un brasseur d'idées. Derrière le capitaine qui fit trembler Rome se cache l'homme politique né dans une Carthage soumise aux influences de l'hellénisme. Hannibal se pose comme le continuateur d'Alexandre, comme l'homme du rassemblement des États méditerranéens. On peut dire que deux cents ans avant César, avant Auguste, Hannibal a compris que le monde ne pouvait retrouver la prospérité que dans l'unité. La « paix romaine » aurait fort bien pu être précédée par une « paix carthaginoise ». Hannibal a été le précurseur et sans doute l'artisan involontaire de l'entreprise d'unification que Rome, après l'échec et la mort du Barcide, mènera inlassablement jusqu'à son terme."
 

AL-KAHINA

"Surnom de la «reine des Aurès» signifiant «la Prophétesse». Al-Kahina régna sur plusieurs tribus de Berbères de l'Aurès, dont la sienne propre, celle des Djarawa, de 685 environ à 704 ou 705. À la fin du VIIe siècle, l'Afrique du Nord voit s'affronter trois forces : les Byzantins d'abord, solidement implantés sur les côtes, avec Carthage surtout et Septem (Ceuta) comme points d'appui ; les Arabes, ensuite, qui arrivent de l'est et tentent de pénétrer en Ifriqiyya (actuelle Tunisie) et, de là, dans tout le Maghreb (Occident) ; les Berbères enfin, habitants des lieux, groupe homogène du point de vue ethnique mais profondément divisé selon qu'ils sont nomades ou sédentaires, agriculteurs ou citadins commerçants, chrétiens ou juifs. Carthage tombe (695) devant Hasan ibn al-Nu'man al-Ghassani, nouveau gouverneur de l'Ifriqiyya. L'empereur Léontios réussit à reprendre la ville, mais seulement pour trois ans. De son côté la Kahina parvient à refaire l'unité berbère autour de sa personne et de sa tribu. Elle écrase l'armée d'Ibn al-Nu'mân, sur les bords de la Miskiyâna (près de Tébessa) dans le Constantinois et la repousse en Tripolitaine. En 798, Ibn al-Nu'man reporte ses efforts sur Carthage qu'il enlève, mettant les Byzantins en déroute : la maîtrise des mers dans le bassin occidental de la Méditerranée passe aux Arabes. Ibn al-Nu'man fonde Tunis.
Un seul obstacle se dresse encore devant l'avance des Arabes vers l'ouest : la Kahina et le royaume qu'elle a constitué au Maghreb. Âme d'une résistance intransigeante, elle aurait pratiqué la politique désespérée de la terre brûlée, saccageant le pays, détruisant les villes et brûlant les plantations pour en détourner les Arabes et les décourager. Cette politique lui aliène la population sédentaire, tant citadine (grecque et berbère) que campagnarde. Ibn al-Nu'man tire parti de cette situation, réclame et reçoit des renforts armés que le calife 'Abd al-Malik vient de lui envoyer (702) et reprend l'offensive. La tradition veut qu'à la veille de la bataille qu'elle savait décisive, la Kahina, plaçant l'intérêt de la famille avant celui de la tribu, ait intimé l'ordre à ses deux fils de rejoindre les rangs des Arabes. Y ont-ils, en sus, reçu un commandement et poursuivi la guerre contre les Berbères ; Certaines sources le prétendent. La bataille eut lieu à Tabarqa. La Kahina y fut vaincue et décapitée au lieu dit depuis Bir al-Kahina (le puits de la Kahina). La voie vers l'Atlantique était ouverte aux Arabes. L'histoire de cette femme fougueuse et indomptable (la «Déborah berbère») est en grande partie légendaire : les romanciers s'en sont emparés. "

IBN KHALDOUN

"En ce XIVe siècle (VIIIe de l'hégire), les rivalités dynastiques déchirent le Maghreb. La Reconquista chrétienne entreprend de mettre un terme au destin d'al-Andalus presque réduit à la gloire de Grenade. L'Orient arabe subit la terrible invasion de Timur Lang et connaîtra bientôt la puissance ottomane, déjà lancée vers l'Europe. L'empire d'Islam vacille et nie dans l'impuissance le rêve de son unité. La pensée même s'y fige : Ibn Tufayl et Ibn Rusd sont morts depuis plus d'un siècle. Le conservatisme a tari la réflexion théologico-dogmatique, figé la controverse juridique, réduit les sciences et les lettres.
C'est en ces temps de déchirement que survient Ibn Haldun (Ibn Khaldun) et qu'il s'engage dans l'histoire, pour lui lieu d'expérience et champ d'analyse. Du diplomate à l'historien, il établit l'itinéraire d'une réflexion qui fut géniale. Au moment où la conduite du monde va échoir à d'autres mains, il fonde une science en ébauchant une anthropologie culturelle de la civilisation arabo-musulmane.
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FARHAT HACHED

 

 

"Farhat Hached est né le 02 Février 1914 aux îles de Kerkennah dans la région de Sfax.

Au début de 1944, Hached et plusieures autres syndicalistes Tunisiens quittèrent la CGT et créèrent à Sfax l'Union des Syndicats du Sud (USIS) fixant comme priorité la justice sociale, l'égalité entre les travailleurs tunisiens et leurs homologues français et l'indépendance nationale.

A Tunis, il crée en 1945 l'Union des Syndicats Indépendants du Nord (USIN) et la Fédération Générale des Fonctionnaires (FGF).

Cette date marque officiellement la création de l'UGTT dont Farhat Hached était son premier secrétaire général.

Après l'arrestation en Janvier 1952 des dirigeants politiques nationalistes, Farhat Hached a assumé la responsabilité de diriger la résistance politique et armée contre les autorités coloniales françaises.

Le matin du 05 Décembre 1952, Hached fût assassiné par l'organisation terroriste ultra-coloniale (la main rouge). Un mouvement de grèves et de protestation a paralysé tout le pays et s'est étendu au reste des pays du Maghreb notamment au Maroc (les émeutes de Casablanca du 07 Décembre 1952)."

(source:ugtt)

 

MAHMOUD MESSADI

"(1944-1947), secrétaire général de l'Union générale des travailleurs tunisiens (1948-1953), ministre de l'Éducation nationale (1958), Mahmud Masadi (Messadi) est ensuite devenu inspecteur général de l'enseignement.
Masadi publia en 1955 une pièce écrite quinze ans auparavant, Le Barrage (Al-Sodd ), qui fut saluée comme un chef-d'œuvre par le critique égyptien Taha Hussein et fut étudiée par les orientalistes Massignon et Berque. Le héros de cette pièce, Ghaylan, est un surhomme qui voudrait améliorer la cité, produire, créer, « secouer brutalement les gens jusqu'à ce qu'ils fassent pénitence de leur faiblesse, de leur lâcheté, de leur aversion pour l'eau et de leur amour pour la sécheresse ». Selon Taha Hussein, Masadi a su concilier dans cette pièce la philosophie musulmane avec l'existentialisme, traiter, sous l'influence de Camus, le mythe de Sisyphe, décrire la révolte qui pousse la raison humaine à s'insurger contre l'inhumanité de l'absurde. Mais Massignon qualifie Al-Sadd de « pièce ibsénienne », probablement parce qu'elle a certains points communs avec Brand . Néanmoins, l'auteur affirme qu'il n'a subi aucune influence étrangère et définit Al-Sodd comme un « hymne à l'action »."

 

HABIB BOURGUIBA

"De tous les hommes d'État d'une époque qui en vit paraître beaucoup de flamboyants ou d'abusifs, Habib Bourguiba est probablement celui dont le nom se confond le plus totalement avec la fondation et les premiers développements d'un État. Créateur de la première organisation qui posât avec sérieux le problème de l'indépendance tunisienne, chef de parti et d'insurrection, négociateur, prisonnier, fondateur de l'État, « combattant suprême » et guide incontesté, il aura de 1934 à 1987 dominé de sa puissante personnalité la vie du peuple tunisien."