| Les
pilotes
Les voitures L'équipe Alpine |
La R8 Gordini : sportive et populaire... La première GTi ? The Renault 8 Gordini : popular sports car... The first GTi ? |
The
pilots
The cars The Alpine team |
Le rallye des années 65-75 |
Rally in the years 65-75 |
| La course automobile en général et le rallye en
particulier ont connu plusieurs époques. Alors qu'en monoplace on
découvrait les merveilles du moteur central-arrière, en rallye
la Mini Cooper ouvrait la voie des victoires à moteur avant.
Car rallye et monoplace ont toujours évolué dans des directions différentes ; alors qu'en 1976, en Formule 1, l'on abandonnait le Nürburgring sous prétexte de sécurité, en rallye naissaient les Gr5 "silhouette", qui précédèrent les Gr.B de douloureuse mais superbe mémoire. Alors qu'en 1986 les F1 tentaient d'éradiquer de leurs circuits les monstrueux turbos qui écrasaient la concurrence malgré des handicaps toujours supérieurs, en rallye la Lancia S4 arborait monstrueusement un turbo complé à un compresseur : puissance et couple maximaux assurés à tous les régimes... |
Auto racing, and especially rallying, lived several eras. While Formula
1 was discovering the marvelous abilities of the mid-engine layout, in
rallying, the Mini Cooper was giving the front-engine layout its first
victories.
Rally and Formula 1 always change in different ways. When in 1977 F1 left the Nurburgring for safety reasons, rallying was making the first Gr5 'silhouette' that were followed by the superb but dangerous Gr.B era. When in 1986 F1 was trying to ban turbos which were still winning in spite of greater and greater handicaps, in rallying the Lancia S4 had both a turbo and a compressor : optimum power and torque at every speed... |
| Le rallye a connu deux périodes grandioses, qui marquèrent
à jamais l'Histoire du sport auto : les années 1980-1985,
avec les superbes et monstrueuses Groupe B, desquelles je ne dirait rien
car tout est dit dans ce merveilleux site en Anglais que je vous conseille
ardemment de visiter dans ma page d'accueil, et les années 1965-1975,
qui virent naître une foule d'innovations dont certaines font encore
aujourd'hui référence.
Ainsi, lorsqu'en 1964 les Mini Cooper se présentent au départ du Monte-Carlo, l'on en rigole : que veulent-elles faire, ces minuscules puces, au ras du sol, avec leur petit moteur avant ? Que veulent-elles faire face aux superbes Alpine, face aux grosses et surpuissantes Porsche à moteur arrière ? Elles veulent tout simplement gagner le Monte-Carlo. Et si l'on excepte une disqualification discutable en 1966 (éclairage non conforme), elles l'ont dominé durant quatre années consécutives, et il faudra pour les déloger toute la puissance des Porsche 911 T. |
Rallying lived two great eras that are still part of the
auto racing History : the Gr.B years in 1980-1985 (I won't say anything
about it because everything is said in the marvellous site about which
I spoke in my welcome page) and the years 1965-1975, which saw a lot of
new concepts that are still used today.
For exemple,
when the Mini Coopers were on the starting
line of the Monte-Carlo rally, everybody laughed : what do they think they
are, these little insects, almost on the ground, with the little engine
in the front ? What do they expect to compete against the superb Alpine,
against the great and powerful Porsche with the engine in the rear ?
They simply wanted to win the Monte-Carlo. We can't forget their being banned in the 1966 edition (because of illegal lighting), and how they dominated for four years, and only the powerful Porsche 911 T was able to beat them. |
| C'est, je crois, une nouvelle ère du rallye qui commence.
1963 voit en effet la naissance de trois grandes stars de la discipline : la Mini Cooper, bien sûr, mais aussi les inoubliables Porsche 911 et les mythiques Alpine Berlinette A110. La Cooper gagne tout de suite ; puis la puissance de la 911 lui permet de détrôner la petite reine. Pas pour longtemps, car la elle aussi petite Alpine A110 monte peu à peu en puissance ; et lorsqu'elle emprunte le moteur de sa grande soeur R16, c'est pour gagner. |
I think it was a new era that started in rally history.
1963 was the birth year of three great rally stars : the Mini Cooper of course, but also the unforgettable Porsche 911 and the mystical Alpine A110 Berlinette. The Cooper wins at once ; then the power of the 911 allows it to win against the little rally queen. it didn't win for a long time, though, because the also little Alpine A110 grows little by little ; and when it steals the engine of it's great sister, the R16, it wins. |
| Les qualités de l'Alpine ? Simple. Conçue
par Jean Rédélé, sans doute un des grands génie
de la mécanique au même titre que Gordini ou Abarth, elle
est née pour les routes tordues. "Alpine ? Ca m'évoque le
plaisir de conduire sur des petites routes de montagne...", disait-il.
Et sa voiture fut donc faite pour ça.
Sa puissance était plutôt modeste, puisqu'elle ne dépassa guère les cent soixante-dix chevaux, en rendant ainsi trente ou quarante aux Porsche. Mais la Berlinette avait avec elle un petit secret : un gain de poids de trois cents kilos face aux concurrentes. La Berlinette reposait en tout et pour tout sur une simple poutre, à laquelle étaient fixés le berceau moteur et les suspensions. Une poutre, une coque plastique, et le tour est joué : vous avez une voiture de sept cents kilos. Bien sûr, les esprits chagrins critiqueront le confort spartiate, le manque de place pour les grands, les acrobaties nécessaires pour pénétrer dans le minuscule habitacle ; mais après tout, même le pourtant grand et large Jean-Luc Thérier arrivait à y rentrer ! Alors, la petite Berlinette, armée de sa légèreté et d'une répartition des masses remarquable - pour l'époque, on était quand même loin du 50/50 -, a couru, a gagné. En 1971, elle rentre définitivement parmi les grandes, en marquant un remarquable triplé au Monte-Carlo. En 1973, on sent que l'Alpine arrive au pinacle de la gloire. La 1800 se sent pousser des ailes - au sens propre - et est prête à tout rafler. L'équipe est consolidée et devient un "dream-team" comme l'on en reverra sans doute jamais en rallye. Un superbe triplé, de nouveau au Monte-Carlo, n'est qu'un épisode d'une domination remarquable. Malgré sa relative fragilité, elle gagne même le Safari, terrain hostile s'il en est ! Mais cette saison, qui apportera à Alpine le tout premier titre de champion du monde des rallyes, est un chant du cygne. En 1974, la nouvelle arme de Fiat, appelée Lancia Stratos, reconaissable au premier coup d'oeil, entre en service. Elle parvient à se mettre en jambes malgré la crise pétrolière, et en 1975 la Berlinette est définitivement perdue. |
Alpine qualities ? Simple. It's concept was by Jean Rédélé,
one of the great mechanic geniouses with Gordini and Abarth, and it was
made for curved roads. 'Alpine ? It reminds me of the pleasure of driving
on tight mountain roads...', he said. So his car was made for them.
Its power was modest : it never went far above one hundred and seventy horsepower, thirty or forty less than Porsche's. But the Berlinette had a little secret : it was about three hundred kilograms lighter than other rally cars. The Berlinette's
frame was a simple beam, on which the engine and suspensions were attached.
A beam, a plastic body, and that's it : a seven hundred kilogram car. Of
course, some people will criticize the lack of comfort, the lack of space
for big drivers, and the acrobatic feats that were necessary to enter the
small car ; but even the big and wide Jean-Luc
Thérier was able to enter it !
Then , the little Berlinette, with its lightness and a very goof weight repartition - for this time, it was still far from 50/50 -, raced, and won. In 1971, it entered definitively the halls of fame, with a 1-2-3 win in the Monte-Carlo. In 1973, Alpine wins it's gloria. The A110 1800 was ready to win everything. The team gets stronger and becomes a real "dream-team" like there probably never will be any other in rallying. Another 1-2-3 win in the Monte-Carlo is only one victory in a year of domination. Despite it's fragility, it wins even the Safari, in hostile conditions. But this year, which saw Alpine win the first World Rally Championship in the world, was also the last. In 1974, Fiat's new weapon, called the Lancia Stratos, immediately recognizable, started running. Despite the petrol crisis, it gets prepared and in 1975 the Berlinette is out. |
| La Stratos faisait figure d'extra-terrestre. Basse, plate,
affutée comme une lame de rasoir, avec un arrière tronqué
presque à la verticale au-dessus des roues. Disegno Bertone, disent
les Italiens. Elle est issue d'un concept-car délirant et génial
de Gandini, pour le compte de Bertone. Le concept-car était une
véritable crêpe de quatre-vingt-huit centimètres d'épaisseur,
aux formes anguleuses, et dont la portière était tout simplement...
Le pare-brise, qui s'ouvrait à la manière d'un haillon de
coffre de R16.
Immédiatement, Lancia est séduite. Il s'agit d'abord de rendre le projet viable, en le dotant de portières et d'une hauteur de pavillon permettant à d'autres qu'Andruet de s'y asseoir (Andruet était réputé pour sa taille de jockey), ce qui impose de redessiner toute la voiture. Lancia appartient à Fiat, qui possède Ferrari ; voilà pourquoi l'on y retrouve le superbe V6 Dino de la marque au Cavallino. Un moteur génial, integrant la boîte de vitesses dans un second carter à coté du bloc principal : de quoi imaginer une voiture ultra-compacte, avec ce moteur en position centrale-arrière ; solution qui fera école jusqu'aux dernières groupe B. A part le radiateur d'eau, à l'avant, pas un gramme ne sera laissé dans les porte-à-faux ; aussi la simple répartition de ses masses en fera-t-elle une voiture à part. Aussi, personne n'est-il vraiment étonné - sinon par ses formes - lorsqu'elle remporte trois Monte-Carlo consécutifs. Il y avait elle, et il y avait les autres. La Stratos, pourtant, fut pas mal critiquée. Ses pilotes la trouvaient instable, elle décrochait parfois de l'arrière sans vraiment prévenir. Mais lorsqu'un pilote avait compris comment la prendre... En 1978, Fiat tue la Stratos trop élitiste pour une "voiture du peuple" : la 131 Abarth. Mais deux fidèles parmi les fidèles rejetèrent cet horrible propulsion à moteur avant, lourde, dure et... Moche. Munari arrête là sa carrière de pilote, allergique à la 131 ; Darniche continue à piloter la Stratos, une Stratos privée engagée par l'équipe de Chardonnet. Il offrira à la belle sa dernière gloire en remportant un quatrième Monte-Carlo en 1979. |
The Stratos seems like an extra-terrestrial rocket
: low, flat, sharpened like a razor blade, with a curtailed rear, almost
vertical above the rear wheels. Disegno Bertone, say the Italians. It is
based on a delirious concept car by the genious Gandini, on behalf of Bertone.
The concept car is a real pancake : 88 cm thick, angular, and with, as
a door,... the windscreen, that was opened like an R16 boot.
Immediately, Lancia was charmed. First, it was necessary to make the car viable, to give it classic doors and a hood height that would allow other pilots than Andruet to sit in (Andruet was famous for his jockey size), which involved completely redesigning the car. Lancia belongs to Fiat, who also owns Ferrari ; that's why the car is given the Dino V6 engine from the Cavallino firm. An ingenious engine, integrating the gearbox in a second casing along the main block which allowed a highly compact car, with the engine in the middle of the car ; a solution that will be used up to the last Group B cars. Except for the water radiator, in the nose, there was no cantilevered weight ; therefore, it's weight distribution made the Stratos an exceptional car. That's why nobody is really amazed - except by it's shape - when the Stratos wins three consecutive Monte-Carlo rallies. There was the Stratos, and there were others... The Stratos, however, was often criticized. It's pilots said it was unsteady, it did loose traction without warning. But when a pilot understood how to use it... In 1978, Fiat kills the too elitist Stratos and replaces it with a "people car" : the 131 Abarth. But two faithful pilots refused this horrible front-engined rear-propelled car, heavy, hard, and... ugly. Munari, allergic to the new car, retires from competition ; Darniche continues to drive the Stratos, a private Stratos run by the Chardonnet team. He will offer the pretty car it's last victory, winning a fourth Monte-Carlo in 1979. |
| Ce sera là encore la fin d'une époque. Les groupes 4
et 5 vont être dissous et laisser la place aux groupes A et B ; la
nouvelle ère verra quelques voitures perveilleuses (Lancia 037 et
S4, Audi Quattro S1, Peugeot 205 T16, Ford RS200...), de grands pilotes
(Toïvonen, Ragnotti, Vatanen, Kankkunen, Röhrl, Salonen et, ne
l'oubliez surtout pas, Michèle Mouton),
mais c'est une autre histoire...
http://www.cube.icestorm.com/groupb/ pour en savoir plus. |
It will be the end of an era. Groups 4 and 5 will be cancelled and
replaced by groups A and B ; the new era will see some marvellous cars
(Lancia 037 and S4, Audi Quattro S1, Peugeot 205 T16, Ford RS200...), some
great pilots (Toïvonen, Ragnotti, Vatanen, Kankkunen, Röhrl,
Salonen, and, don't forget her, Michèle
Mouton), but it is another story...
Go to http://www.cube.icestorm.com/groupb/ to learn more about it. |
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herisson26@multimania.com
Le rallye vers 1970 - par Franck Méé.