Avant la révolution
Né en 1758 à Arras; avocat en 1780, il appartient au cercle littéraire des
Rosati, apprécie les idées de Jean-Jacques Rousseau et fonde son idéal sur
des principes de libertés et de vertus. Il est peu galant et les femmes l'apprécient
peu; de plus, son cabinet d'avocat supporte les conséquences d'une plaidoierie
qu'il a faite contre une puissante abbaye des environs d'Arras. Il n'a pas
été invité au nouveau comité juridique du Conseil d'Artois. Il a infiniment
d'amour propre et cet échec le ronge...
Pendant et après la révolution
... puis député de l'Artois aux Etats Généraux, député de Paris à la convention. Personnalité importante au Club des Jacobins sous la législative, il commence à jouer un rôle de premier plan après le 10 août comme membre de la Commune insurrectionnelle et est l'un des principaux chefs montagnards. Son autorité s'accroît au cours du procès du Roi par la rigueur de son argumentation tandis qu'il demande non pas le déroulement d'un procès en bonne et due forme, mais l'éxécution par la Convention d'un acte de Salut Public. Dès mars-avril 1793, après la trahison de Dumouriez, Robespierre réclame la loi des Suspects ( qui sera votée en septembre), parce que le Salut Public l'exige. En ce début de 1793, il a pris résolument parti contre les Girondins ( discours du 31 mai). Le 10 juillet 1793, Robespierre entre au Comité du Salut Public. Il y reste jusqu'au 20 juillet 1794. A mesure que se créent et se précisent les institutions révolutionnaires et que le Comité du Salut Public est conduit à centraliser de plus en plus l'action gouvernementale pour un maximum d'efficacité, Robespierre entre davantage en conflit avec les Hébertistes dont la violence suggère l'idée de la provocation étrangère, et avec les Dantonistes dont la politique " indulgente" quand l'édifice révolutionnaire est encore fragile, lui semble suspecte. Il abat les uns et les autres (début de 1794) puis appuie avec force la fameuse loi de prairial ( 22 juin) qui supprime toute procédure et dont ses ennemis lui feront porter toute la responsabilité, bien qu'elle ait été présentée par Couthon et n'ait pratiquement pas soulevé d'opposition au Comité du Salut Public. Enfin Robespierre institue le culte de l'Être Suprême, dans lequel il voit, selon les idées de Rousseau, un ensemble de gestes symboliques destinés à créer une communion des idées révolutionnaires. Mais les désaccords s'étalent bientôt au sein du Comité du Salut Public dont le Comité de Sûreté générale supporte mal l'ascendant. Le petit groupe des Robespierristes est critiqué de divers côtés. Robespierre se retire quelques temps de la lutte. Délai capital qui permettra à ses ennemis, Montagnards d'abord, de préparer, en faisant appel à la Plaine, la coalition qui le renversera. Incarcéré puis délivré , il est conduit à l'Hotel de ville où il est arrêté dans la nuit par les troupes aux ordres de la Convention et envoyé le lendemain à l'échafaud avec son frère, Saint-Just, Lebas, Couthon, Coffinhal, Henriiot, etc. ( 27-28 juillet 1794) Célèbre par la rigueur de ses principes, il doit à son désintéressement le surnom d'incorruptible. On a fait de lui un précurseur du socialisme, non sans raison, puisqu'il s'est toujours montré défenseur absolu du droit de propriété. Son idéal a été celui d'une démocratie vertueuse sans trop d'écarts entre les fortunes et où les conquêtes politiques sont inséparables du mieux-être social. Il est en tout cas certain qu'il est le personnage le plus représentatif de la Révolution Française.

