Hyppolyte
BAYARD
(1801 - 1887)
Autoportrait avec appareil sur
pied.
c. 1850.
Epreuve albuminée montée sur papier. 34,6
x 27,5 cm
prov: Coll. Albert Gilles puis Coll. André Jammes.
Vente Sotheby's Londres, 27 octobre 1999, lot
21.
Exposition
: French
primitive photography, Philadelphia
Museum of Art, 1969, n°171.
Littérature : André JAMMES
, Ein verkannter Erfinder und Meister der
Photographie, Lucerne/Francfort,
1975, pl.75.
Une autre épreuve de cette
photographie figure dans la collection de la Société Française
de Photographie :
J-Cl. GAUTRAND et Michel FRIZOT : Hyppolyte
Bayard, naissance de l'image photographique. Paris,
1990, pl. 70.


Hyppolyte BAYARD
(1801
- 1887) était fonctionnaire au Ministère
des finances. En mai 1839 il présenta un procédé pour
obtenir directement des images photographiques positives sur papier : il avait
foncé une feuille de papier avec du chlorure d'argent et de l'iodure
de potassium sur laquelle la lumière agissait comme un décolorant
lorsque la plaque était exposée dans l'appareil de prises de
vues. Bayard réalisa ainsi des dessins photogéniques (voir ill.
ci-dessous) puis des positifs faits directement sur papier (appelés
positifs directs) .
Ces images qui constituent la genèse de l'art photographique
furent réalisées peu après l'arrivée de la nouvelle
du procédé de Fox Talbot en France mais avant la présentation
officielle du procédé de Jacques-Louis-Mandé Daguerre
en Aout 1839.
Cependant le procédé ingénieux et inédit de Bayard ne fut pas rendu public à cause de pressions politiques (Arago s'était engagé à soutenir son ami Daguerre et à promouvoir son invention : le daguerréotype, lequel connut immédiatement un succès international ).Pourtant en France certains photographes manifestèrent un vif intérêt pour un procédé sur papier de belle qualité de préférence au daguérréotype.
Les premiers travaux de Bayard furent des études de sculptures, des toits parisiens, des impressions florales (sujets statiques obtenus après de longues pauses) ainsi que des portraits de jeunes filles. Il multiplia les positifs directs, photographiant bustes et plâtres dans une complexité très orchestrée captant ses premiers panoramas et réalisant de nombreux autoportraits (en "noyé" ou dans son jardin). Puis les monuments parisiens eurent sa faveur, allant jusqu'à être sélectionné en 1851 pour faire partie de la Mission héliographique.
La plupart de ses travaux expérimentaux sont aujourd'hui conservés à la Société Française de Photographie ainsi que dans un album de la Collection du Musée Getty à Malibu (Californie).
Autodidacte modeste et méritant, Bayard parvint à s'imposer comme l'un des personnages de premier plan dans l'invention de la photographie. Esthétiquement, il fut l'initiateur d'une nouvelle manière d'investir visuellement le monde en rupture avec l'imagerie de son temps. Il afficha clairement dans ses oeuvres une volonté créatrice évidente qui lui conféra une place prépondérante dans les années 1840-1850.
Ph. DAVAL-KLEIN.

Bibliographie :
FRIZOT, Michel, JAMMES,
André, GAUTRAND, Jean-Claude et JAY, Paul : 1839,
la photographie révélée.
Centre
National de la photographie et Archives nationales. 65 pp.
GAUTRAND, Jean-Claude
et FRIZOT, Michel : Hyppolyte Bayard, naissance
de l'image photographique.
Amiens, Ed. des Trois cailloux, Maison de la Culture, 1986, 240 pp. ill.
GERNSHEIM, Helmut et Alison : Louis-Jacques-Mandé Daguerre, the history of the Diorama and the daguerréotype. 2ème édition, Dover Publications. New York, 1968, 226 pp. ill.