Autographe MarieStuart

Lettre Autographe Signée de

Marie STUART (1542 - 1587)
Reine de France et d'Ecosse

Fille de Jacques V d'Ecosse et de Marie de Lorraine. Reine de France de 1559 à 1560., puis Reine d' Ecosse de 1560 à sa mort.
Lettre adressée à Antoinette de Bourbon, Duchesse de Guise. [ fin Aout - début Septembre 1558 ]. 1 page in Folio.
Bibliothèque Nationale de France, Coll. Morrison, n°777.
Allusion à la fâcheuse nouvelle de la prise de Saint-Quentin par les espagnols. Remerciements pour des collets dont la Duchesse de Guise lui a fait présent.

Mariée à seize ans en 1558 au Dauphin François (l'éphémère François II) , veuve à dix huit ans et prisonnière à vie à l'âge de vingt six, la reine blanche apparaît dans ce rôle d'héroïne tragique que retiendra la postérité.
Mais nulle trace d'emphase dans cette lettre d'une jeune Dauphine promise à un brillant avenir. En
un amalgame des plus courants dans le discours catholique du temps des guerres de religion, la Réforme est synonyme de bouleversement social et de renversement de l'ordre établi.
La Dauphine Marie fait ici grand cas de la prise de Saint-Quentin, ce texte sobre dans sa forme traduit tout nûment la pression pathétique des circonstances de cette époque tumultueuse.

Ph. DAVAL-KLEIN.

 

Transcription littérale :

Madame ma grand mère , je este bien ayse de avoir entendu de vos bonnes nouvelles mays il en [est] venu de si fascheuses qui sont de la prise de sinquantin que je scay comme nous pourrons rapaiser l'ire de Dieu qui nous donne tous les jours des plus grandes ocasions de le reconnoitre si de sa bonté il n'a nos prières trop tardives pour agréables car nous sommes si malheureus que nous ne le reconoyssons jamays que quant nous sommes du tout despérés de bien et pour ce que je parie que Monsieur le Cardinal mon oncle n'aura failli de vous advertir du tout , il vous tiendra plus long propos, sinons de prier Dieu qu'il veuille avoir maséricorde de nous et qui vous dont Madame ma grand mère enfante très heureuse et longue vie vous remercie bien humblement des beaus collets que m'avés envoyés et vous suplie me tenir en votre bonne grâce à laquelle je me recommande bien humblement.

Votre bien humble et obéissante fille,

MARIE

 

 

Marie STUART (1542 - 1587)
la Reine maudite.