Lionel Groulx

 

 

Lionel Groulx


La reconquête économique

Notre état français nous l'aurons

La conception d'une nation

En épilogue [au livre de Lionel Groulx, Le français au Canada]

Réplique à Lysianne Gagnon, ( journaliste à La Presse, quotidien férocement anti-indépendantiste)

L'anti-sémitisme Canadian

La conquête, la race et la civilisation canadienne-française.

 


 

 

Un État français ne se créera pas tout seul. Les idées marchent, mais à condition qu'elles trouvent des porteurs. Les pires ennemis de l'État français, les plus hostiles à cette idée, vous pouvez déjà le constater, ce ne seront pas ceux que vous auriez pensé; ce seront vos propres compatriotes canadiens-français. Un long asservissement politique, puis national, nous a pliés, habitués à la servitude, a fait de nous une nationalité hésitante, pusillanime. Avant d'avoir le simple courage d'accepter son avenir, notre peuple a besoin d'une rééducation politique et nationale.

Par conséquent, ne vous en laissez pas imposer, jeunes gens, par les timorés qui vous disent: « Votre État français, faites-le, si vous voulez; mais n'en parlez point. » C'est oublier, dans la vie d'un peuple, le rôle organisateur des idées d'importance centrale, leur valeur d'idéal et d'impulsion. C'est demander à un peuple un vaste, un immense et long effort, tout en lui refusant le stimulant, la mystique, aptes à solliciter cet effort.

Lionel Groulx

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La reconquête économique.
2.1 mo.
(25.09.01)

 

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Notre état Français, nous l'aurons.
1.3 mo.
(25.09.01)

 

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Il n'y pas chez Groulx l'idée d'une conception raciale de la nation.
667 ko.
(25.09.01)

 

 

En épilogue [au livre de Lionel Groulx, Le français au Canada], M. Georges Goyau résume plusieurs pages de Groulx en ce paragraphe: 

Il fallut s'acharner, durant les premières années qui suivirent 1760, contre l'impossibilité même de s'instruire: sur une terre ravagée par la guerre, les Canadiens français étaient, pour la plupart, devenus de pauvres gueux, complètement ruinés; comment faire vivre, désormais, ces quarante-quatre petites écoles qui, tant bien que mal, pourvoyaient naguère aux besoins de cent douze paroisses ? Les congrégations religieuses dissoutes ou paralysées, leurs biens souvent confisqués; le collège de Québec devenu caserne; un douloureux fléchissement dans le recrutement du clergé local, puisque trente ans après la conquête, pour une population qui avait doublé, il n'y aura pas plus de prêtres qu'en 1760; plus aucuns livres scolaires; nos Sulpiciens contraints à employer des manuels manuscrits; les élèves des Ursulines de Trois-Rivières obligées de défiler, chacune quelques minutes, devant le lutrin sur lequel reposait une vieille grammaire en lambeaux, la seule qu'on eût, et apprenant là leur leçon, avec défense de tourner elles-mêmes les pages déjà si usées; l'Angleterre s'opposant à ce que Québec, Montréal et Trois-Rivières fissent venir de France, en 1770, six professeurs « capables d'enseigner les hautes sciences »; et les illettrés, enfin, se multipliant à un tel point qu'en 1827, dans les sphères anglaises on décorera nos Canadiens, par dérision, du nom de chevaliers de la Croix, parce qu'au bas d'une pétition de 87,000 noms, 78,000 d'entre eux signeront d'une croix. Voilà l'état de déchéance auquel l'éloignement de nos fleurs de lis avait réduit la culture canadienne. Que ces gens-là apprennent l'anglais, disait, en 1784, le Très Révérend Charles Inglis, évêque anglican (p. 230-231).

 

 

Réplique à Lysianne Gagnon, ( journaliste à La Presse, quotidien férocement anti-indépendantiste)

Vous avez dit: «pléthore de commentaires férocement antisémites»?

Stéphane Stapinsky

À mon grand regret, je dois vous dire que je n'ai jamais vu autant de bêtises, autant d'affirmations non fondées en si peu de lignes! Vous battez presque Esther Delisle sur ce chapitre

 

Chère Madame,


Permettez-moi de vous exprimer mon désaccord à la suite de vos deux derniers articles relatifs à l'Affaire Michaud (14 et 16 déc.).

En premier lieu, vous écrivez (14 déc.): «De la pléthore de commentaires férocement antisémites écrits par le chanoine durant les années 30 et 40, M. Michaud extrait une phrase où le chanoine exprime son admiration pour la solidarité et «l'armature morale» du peuple juif. (L'antisémitisme, on le sait, est une obsession. Comme tous les antisémites, le chanoine Groulx nourrissait à l'égard des juifs des passions paradoxales: il les admirait et les haïssait, mais toujours il les stéréotypait et les diabolisait, et il aurait été fort heureux de les voir disparaître de la face du Québec.)»

À mon grand regret, je dois vous dire que je n'ai jamais vu autant de bêtises, autant d'affirmations non fondées en si peu de lignes! Vous battez presque Esther Delisle sur ce chapitre!

Vous parlez donc d'une «pléthore de commentaires férocement antisémites». À quoi faites-vous référence? À quels propos en particulier de Groulx? Sur quelle base affirmez-vous cela? Avez-vous fait vous-même des recherches sur le sujet ou s'agit-il de racontards?

Pour ma part, je travaille depuis une dizaine d'année sur Groulx et je ne vois tout simplement pas à quoi vous faites allusion lorsque vous parler d'une «pléthore de propos férocement antisémites». Ce qu'il importe de rappeler, au préalable, c'est qu'aucune recherche exhaustive, c'est-à-dire prenant en compte l'ensemble des écrits de Groulx, n'a été faite à ce jour sur la représentation des juifs dans sa pensée. Cela étant dit, mon expérience du dossier me permet d'affirmer certaines vérités. D'abord, il n'y a rien dans le dossier présenté jusqu'ici contre lui par ses détracteurs qui dépasse les préjugés du membre moyen d'une Église catholique qui, rappelons-le, recommandait jusqu'à Vatican II de prier pour les « Juifs perfides ».

Fouillons davantage l'histoire canadienne et québécoise, et nous trouverons assurément bien des traces de pareils préjugés contre les juifs, les Canadiens français et d'autres groupes, chez des figures importantes originaires de toutes les communautés. Les préjugés de Groulx, regrettables certes, comme tout préjugé, ne sont ni plus ni moins importants que ceux du recteur Arthur Currie, inspirateur à la même époque de la politique de quotas pour les juifs à l'université McGill, et des membres de l'élite anglophone qui l'appuyaient.

Rappeler cela n'est pas banaliser l'antisémitisme, c'est le situer dans une juste perspective, au-delà des clivages ethniques, religieux et même politiques. Si Groulx avait été un intellectuel foncièrement antisémite comme certains le colportent, cet antisémitisme aurait occupé une proportion notable de son discours et de ses actions. Il aurait écrit des pamphlets antisémites, organisé des événements en ce sens, prôné une conduite belliqueuse à l'égard des juifs, etc. Ce qu'il n'a jamais fait. Groulx serait bien le premier « chef de file » d'un mouvement antisémite, comme quelques-uns l'ont un jour désigné, à n'avoir à peu près jamais parlé des juifs, et lorsqu'il le faisait, c'était le plus souvent en des termes positifs. Il incitait ses compatriotes à pratiquer le sens de la solidarité et à cultiver l'attachement à leur culture que ses compatriotes juifs manifestaient. Observant un parallèle dans la situation des deux groupes, il a même été un jour jusqu'à écrire que les Canadiens français étaient les «juifs de l'Amérique».

Mais voilà. La présence, chez lui, de commentaires positifs est la preuve pour vous qu'il est un antisémite forcené! Beau sens de l'analyse! Bravo! Votre explication sur la présence simultanée, chez Groulx, de préjugés négatifs et de jugements admiratifs me paraît procéder d'un conception simpliste de l'être humain. Selon vous, cela tiendrait simplement d'un tiraillement dû à «l'obsession antisémite» de Groulx. Cette obsession, en fait, relève davantage de vos propres fantasmes que de la réalité historique. Les gens qui l'ont connu, les écrits qu'il nous laisse, rien ne permet de croire qu'il était «obsédé» par cette question. Pour quiconque a réfléchi sur l'histoire des idées et s'est penché sérieusement sur cette période de notre histoire et sur les écrits qu'il nous en reste, un tel dualisme n'est en rien surprenant.

Cette tension entre des préjugés acquis au cours de la petite enfance et des valeurs intégrées à l'âge adulte (je pense ici à la notion de charité, fondamentale pour tout chrétien de cette époque) est on ne peut plus fréquente. On la trouve même au plus haut échelon de l'Église catholique, notamment dans la fameuse Encyclique cachée de Pie XI sur les Juifs et l'antisémitisme (à la fin des années trente). Dans ce texte, à côté d'une dénonciation radicale de l'antisémitisme et de toutes les doctrines qui nient l'unité du genre humain, on trouve en effet des attaques contre l'influence corruptrice sur la morale, sur les moeurs, des Juifs... On voit donc que ces préjugés étaient bien enracinés parmi les catholiques de cette époque et on se demande comment Groulx, en raison de son âge (il est né en 1878, ne l'oublions pas), y aurait échappé.

Vous concluez enfin ce paragraphe par une affirmation gratuite et dangereusement ambiguë de votre part (puisque vous laisser entendre, de manière tordue, que Groulx aurait souhaiter voir «disparaître» (lire mourir) les Juifs du Québec). J'espère que vous êtes consciente qu'une telle affirmation, proférée contre une personne vivante, vous amenèrait devant les tribunaux. Mais il est tellement facile et commode de s'en prendre aux morts. Ils ne répliquent pas...

Chère madame Gagnon, en matière d'histoire on ne doit pas confondre ses propres préjugés idéologiques avec la vérité historique. L'histoire s'écrit avec des faits, non pas avec des rumeurs et des clichés.

*****

Dans votre autre article (16 déc.), vous dites: «Pour des raisons qui m'échappent, mais me désolent profondément, M. Michaud semble avoir fait des juifs, plus que de tout autre groupe, le bouc émissaire de ses frustrations d'indépendantiste convaincu que la défaite de son option tient essentiellement au vote «ethnique».»

Permettez-moi à nouveau d'être en désaccord. Vos propos me semblent trahir une méconnaissance de la question et surtout travestissent l'intention véritable de M. Michaud.

Ce dernier n'exprime pas en effet de ressentiment contre «la communauté juive du Québec» dans son ensemble ni ne professe une quelconque «banalisation de l'Holocauste» comme certains l'ont dit. Il dénonce toutefois certains groupes d'activistes juifs (comme B'nai Brith) qui se cachent malheureusement trop souvent derrière le paravent de l'Holocauste pour promouvoir des positions étroitement politiques et clore tout débat réel sur la politisation des rapports inter-ethniques au Canada.

Le point de vue critique que je viens d'énoncer est partagé, en Europe et aux États-Unis, par plusieurs intellectuels au sein même de la communauté juive. Vous trouverez ci-joint deux références trouvées sur Internet, que je ne commenterai pas davantage tant elles sont éloquentes.

Le premier article, «La Shoah comme religion», tiré du quotidien français de gauche Libération, est signé par une éminente spécialiste de l'histoire juive.

Le second, rédigé par un autre spécialiste, provient d'un site internet réputé de défense contre le négationnisme du génocide juif.

Contrairement à ce que vous semblez croire, il y a bel et bien, chez certaines activistes juifs, une «obsession de l'Holocauste». Ces deux textes, qui le démontrent, sont par ailleurs absolument inattaquables sur le plan éthique. On ne peut certes accuser leurs auteurs de banaliser et encore moins de nier l'Holocauste.

Je vous prie d'accepter mes salutations distinguées.

Stéphane Stapinsky
Historien

lefinmothistoire@netscape.net

 

 

 

Le nazisme version Canadian

 

Le nazisme version Canadian.