L'HISTOIRE DE MARQUISE

MÉMOIRES DU CANTON DE MARQUISE

Les grands noms de l'histoire sont tous passés dans notre région , de Jules César à Napoléon . Découvrez le patrimoine extraordinaire de nos  communes

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MARQUISE

 

 

description

A 20 kilomètres de Calais. Altitude: 6 à 66 mètres. Superficie : 1346 ha.

Les Marquisiens.

Année

1698

1801

1841

1881

1901

1939

1982

1990

1999

Habitants

896

1.359

2.108

4.331

3.600

3.815

4.793

4.453

4580

Contenances en 1850: terres labourables, 785 hect. 51 ares; prés, herbages, 188 hect. 21 ares; bois, 12 hect. 72 ares, pâturages, 232 hect. 06 ares; mines et carrières , 4 hect. 51 ares ; landes , bruyères et rochers, 62 hect. 45 ares ; propriétés bâties, 13 hect. 91 ares ; terrains non imposables, routes, chemins, rues, 43 hect. 9 ares.

 

Le bourg, aujourd'hui ville de Marquise, chef-lieu du canton de ce nom, est situé au centre du bassin de la Slack, à douze kilomètres nord-nord-est de Boulogne et à huit kilomètres de l'Océan. Son territoire est traversé par le chemin de fer de Boulogne à Calais, par l'ancienne route nationale qui relie ces deux villes l'une à l'autre, et par d'autres chemins de moindre importance, mais de la plus grande utilité, qui rayonnent vers Guines par Ferques et Landrethun-le-Nord, vers Samer par Wierre-Eff roy et Belle-Houllefort, vers Desvres par Réty et Le Wast, vers Hardinghen par Rinxent, vers Wissant par Noirbernes et Le Colombier, vers les autres villages de la côte par Bazinghen, au moyen d'un embranchement sur Audinghen et d'un autre sur Ambleteuse; aussi, le commerce y est-il florissant et l'industrie prospère.    Ce bourg est situé dans le bas de la prairie du vallon de la Slacq , vallon qui, à l'est de Marquise, du côté de Bouquinghen, hameau de sa dépendance , offre , sur chacune de ses rives, des masses énormes de marbres de diverses sortes, s'élevant les unes sur les autres à une, hauteur de plus de 30 mètres. Le surplus du vallon entre Marquise et le hameau de Slacq est beaucoup plus large et plus spacieux : c'est une prairie agréable et très abondante qui, selon les expressions mêmes de Henri IV, procure la nourriture aux bestiaux qui est le principal revenu du pays et servant à nourrir et à élever notre haras. Malheureusement les sables que la mer entraîne sur les bords, poussés par la violence des vents d'ouest dans le lit de la rivière arrêtent parfois le cours des eaux et occasionnent des débordements qui font de la prairie une espèce de lac, d'où le hameau le plus rapproché de l'embouchure de la rivière et la rivière même ont pris le nom de ce lac, et par corruption S'lacq, mot équivalent aux deux autres dans le patois boulonnais. C'est un des plus riants endroits de notre région, paré du titre de la Pompadour.

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HISTOIRE

 

Marquise, campagne inférieure; de Mark, plaine, campagne; et is au-dessous, inférieur.

En 55 avant Jésus-Christ, les Oromarsaci (guerriers des marais marquisiens) livrèrent aux légions de Jules César un combat sanglant au lieu-dit le Mont de Cappe.

C'est là également que cantonnait, au IV° siècle, un corps de cavalerie Dalmate recruté par les Romains. A cette époque reculée, Marquise (Markis) devait être en même temps une crique pour de petites embarcations et un nœud routier important où se rejoignaient les voies romaines venant de Sangatte, Landrethun-le-Nord, Samer et Boulogne. C'était le point où le passage de la Slack était toujours possible, on l'appelait : " le rivage des Saxons (littus saxonicus), sans doute parce que cette crique recevait fréquemment la visite des pirates saxons. Ce qui justifiait la présence des " équités Dalmatae " (les cavaliers Dalmates), placés sous les ordres de l'honorable Duc de Belgique Seconde.

L'archéologie, au défaut de l'histoire, témoigne de l'antiquité du bourg de Marquise. Groupons ici les diverses découvertes qui ont été faites sur son territoire :

  En 1750 et 1751, des ouvriers occupés à extraire du caillou et de la pierre pour la confection de la grande route de Calais, ont rencontré dans le lieu dit la Fosse du Mont de Cappe, une quantité considérable d'ossements humains, des casques, des glaives, des poignards en fer et en bronze, des hachettes en silex poli. et beaucoup d'autres objets fort curieux, vendus ou donnés quelques années plus tard à un M. de Bois-Robert de Montreuil-sur-Mer, dont une note manuscrite nous a conservé ces détails.

Plus tard, vers 1782, on a trouvé le long d'une très ancienne rue nommé le Chemin poissonnier, une soixantaine de médailles des empereurs Néron, Vespasien et Antonin le Pieux, avec une certaine quantité de fers à mulets 

Pendant la Révolution française, des fragments de briques, de tuiles et de poteries romaines au lieu dit le Moulin-Brûlé 

Vers 1810, deux plaques en bronze ciselé et une clé romaine en fer, à l'endroit nommé le Puits de la ville; une pierre de moyen appareil, offrant sculpté en relief un gros cordon de perles alternativement rondes et oblongues, fragment de corniche ou de piédestal, recueilli, vers la même époque, avec des médailles romaines et quelques petits dés ou cubes en marbre bleu, gris-jaune et rouge-brun, à peu de distance de la Fontaine Gazeda. Il est à remarquer, ajoute M. A. Guilmeth, que les habitants de Marquise, à la fin du XVIII°siècle, attribuaient encore à cette fontaine qu'ils qualifiaient bénite et merveilleuse, plusieurs vertus bienfaisantes et y rattachaient, ainsi qu'à la Planche du Lutin et à la Planche-à-la-Laine, des traditions plus ou moins bizarres qui paraissent être des réminiscences des anciennes croyances celtiques.

Le musée de Boulogne s'est enrichi (13 septembre 1833) de deux grandes urnes romaines en terre cuite, monuments d'incinérations, provenant des environs de Marquise.

On y a déposé en 1841 un tombeau en pierre oolithique, sorte de coffre de 53 cent. de longueur sur,45 cent. de largeur et 27 cent. de hauteur, fermé d'un couvercle de même matière. Il renfermait des ossements calcinés, les fragments d'une urne cinéraire en terre cuite et d'une fiole lacrymatoire en verre. Deux autres vases, dont l'un d'une pâte assez grossière et de teinte jaunâtre, étaient déposés dans la terre à côté de ce petit tombeau, trouvé sur le bord du chemin de Marquise à. Rinxent, au. lieu dit les Warennes.

Le 21 mai 1842, les registres de cet établissement signalent l'entrée de nouvelles poteries romaines, venant de Marquise.

Au mois de novembre 1856, en établissant des conduites d'eau à travers le même terrain des Warennes dont il vient d'être parlé, M. H. Killick Kent, qui en était l'entrepreneur, a trouvé des sépultures dont les ossements examinés par un homme de lart ont été reconnus appartenïr à des hommes de haute taille morts dans la fleur de l'âge. La tranchée ouverte pour la pose des tuyaux de conduite a donné, en outre, deux urnes contenant des cendres, plusieurs médailles sur l'une desquelles on lisait le nom de l'impératrice Crispina, femme de Commode, et enfin un autel votif en pierre sculptée, dont la face antérieure représente un hercule armé de sa massue. Ce précieux monument de sculpture a été donné au musée par M. Kent.

Outre ces vestiges d'une provenance incontestable, qui démontrent l'existence d'une colonie gallo-romaine habitant le territoire de cette localité, on en a signalé d'autres, qui n'étaient point de nature à être recueillis par le Musée : de nombreux fragments de larges tuiles à rebord qui rappellent les traces d'une mansion romaine, dans les terres de la Liégette.

Plusieurs aussi de ces découvertes n'appartiennent peut-être pas à l'époque romaine, et l'on reste indécis sur leur origine. Tels sont, par exemple, les tombeaux en pierre, en forme d'auges, trouvés en 1688 au hameau de Canet, et en 1776 dans une pièce de terre voisine du vieux château d'Hardenthun; telles encore sont les fondations et les ruines que les ouvriers ont rencontrées sous leur pioche en 1750, au lieu dit la Capelette du Haut-Pichot, où la tradition prétend qu'il y avait autrefois un temple, tels sont enfin les deux monticules, dont l'un s'appelle le Mont-Crapette et l'autre n'a point de dénomination connue, que l'on voit à peu de distance l'un de l'autre dans les champs de la Haute-Liégette. Sont-ce des tombelles celtiques ? Sont-ce même des tertres factices ?

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Après l'époque romaine sont venus les Francs Mérovingiens, qui se sont établis dans les environs de Marquise. Leur présence y est signalée par le tiers de sol d'or qui a été offert au Musée de Boulogne, le 10 octobre 1828, comme trouvé en cet endroit. Ce fait est confirmé d'ailleurs de la manière la plus éclatante par les magnifiques découvertes qu'ont produites les fouilles du cimetière d'Hardenthun, lors de la construction du chemin de fer de Boulogne à Calais, en 1863. Ce n'était pas en effet, comme il arrive quelquefois, un ossuaire de bataille, mais un cimetière de campement, où des individus de tout âge et de tout sexe étaient inhumés les uns près des autres dans le pêle-mêle que comportent les hasards de la destinée humaine. Les guerriers s'y trouvaient ensevelis avec leurs armes, comme avec la seule distinction qui convenait à leur bravoure ; mais leurs filles et leurs épouses avaient voulu descendre dans la mort avec tous les joyaux dont elles s'étaient parées au jour de leurs fiançailles, semblables à la femme du duc Rauchingue, qui, d'après Grégoire de Tours, s'avançait glorieusement dans les rues de Soissons, fière de ses énormes bijoux ciselés, riche de pierreries sans nombre, et couverte d'un or étincelant. Si Augustin Thierry avait pu assister à des fouilles aussi palpitantes d'intérêt, avant d'écrire ses Récits des temps mérovingiens, je ne doute pas que son pinceau n'y eût trouvé des couleurs plus vivantes encore que celles qu'il a employées, pour- faire revivre et défiler sous nos yeux les compagnons de Mérovée, de Childéric et de Clovis !  

[voir article de l'Impartial commentant la découverte du cimetière ]

Ce qui faisait la célébrité de Marquise en ces temps reculés, c'étaient ses carrières de pierres à bâtir, d'une matière solide et compacte, facile à tailler, propre à la sculpture, qu'on appelle la grande oolithe. On en faisait usage sous les Romains, comme le prouvent les monuments d'architecture qu'on a rencontrés à Boulogne, soit dans les fouilles de Bréquerecque, soit dans la crypte de la cathédrale, soit dans les arênes de la rue Royale, et partout ailleurs. Il est difficile de dire sur quel point précis du territoire de Marquise on l'exploitait alors; mais tout porte à croire que c'était dans le terrain qu'on appelle les Warennes, dont le sol n'est formé que de remblais irrégulièrement disposés. Plusieurs ont voulu voir dans les nombreux monticules qui y sont accumulés, les traces d'un campement; mais cette idée n'est pas soutenable. Remarquons seulement que ces remblais sont de date bien ancienne, puisqu'ils renferment des sépultures gallo-romaines d'incinération, ainsi que nous l'avons vu plus haut.

Les carrières de Marquise (Petreiam, vel Petrarum quadraturamn Marchisioe), sont citées dans Lambert d'Ardres comme le lieu où fut atteint le fameux comte Régnier de Boulogne, poursuivi par les gens d'Ordre et de Caïeu; mais rien n'en fait mieux connaître la renommée que la démarche de l'abbé Scollandus au XI° siècle. En effet, ce religieux qui gouverna de 1067 à 1087 le monastère de Saint-Augustin de Cantorbéry, ayant résolu de faire reconstruire cette abbaye célèbre, envoya un architecte à Marquise pour y faire tailler des bases, des colonnes et des chapiteaux dont on chargea un navire. Plus tard, il y vint lui-même embaucher des ouvriers et faire tirer des pierres en grande quantité pour les employer à la construction de cet édifice. On était alors sous le règne du marquis de Flandre, Robert Le Frison, qui faisait la guerre au pays Boulonnais, probablement après la bataille de Cassel (1071) où le comte Eustache avait été fait prisonnier. L'historien anglais ( Gotcelin, auteur du récit ) cite à ce propos une anecdote qui ne manque pas d'intérêt, Un des ouvriers carriers employés par Scollandus avait sa mère qui, avec une vache, demeurait à trois milles de là. Les soldats de Robert le Frison, vrais Prussiens de l'époque, faisaient main basse sur tout. Que fait l'ouvrier ? Il conduit sa mère dans une église, où il la laisse sous la protection du droit d'asile; et lui-même s'enfuit avec la vache dans un bois où, grâce à la protection de St. Augustin, les ennemis ne parviennent pas à le dépister.

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Les seigneurs de Marquise remontent haut dans l'histoire mais il faut se garder de les confondre avec les vicomtes de Markenes, comme l'a fait M. A. Guilmeth. Lambert d'Ardres en son histoire des comtes de Guines, fait mention vers 1070, de Geoffroy, seigneur de Marquise et de Mahault sa fille et son unique héritière, laquelle épousa Arnould, 1er du nom, seigneur d'Ardres, sénéchal du Boulonnais. C'était un guerrier plein de valeur, qui avait l'estime du comte de Boulogne et qui exerçait auprès de ce prince les fonctions de sénéchal, de bailly et de justicier. Lambert affirme qu'Eustache aux Grenons s'intéressait à la famille du seigneur de Marquise au point d'avoir personnellement travaillé à conclure cette alliance. Mathilde de Marquise ayant donné à son mari sept enfants, mourut en couches du dernier, et fut inhumée dans la collégiale d'Ardres.

Les deux aînés, Arnoul et Gonfroi, furent successivement introduits par le comte Eustache à la cour de Guillaume le Conquérant, où ils servirent durant plusieurs années avec réputation, de manière à obtenir les plus grandes récompenses. Le roi leur accorda même la jouissance de plusieurs domaines confisqués sur les Anglais vaincus; mais Gonfroi les céda tous à son frère, en échange de la terre de Marquise, qu'il voulut avoir, pour en relever le titre sous le nom de Gonfroi II Nous ne savons rien de plus sur Gonfroi d'Ardres, si ce n'est qu'il fut père de Baudouin de Marquise, surnommé l'ancien, dont le fils Baudouin II, dit d'Engoudesent, de Marquise ou de Caïeu épousa, vers la fin du XII° siècle, Adeline de Guines, huitième fille du comte Baudouin le Magnifique.

Là s'arrête, dans Lambert d'Ardres, la généalogie des seigneurs de Marquise.

Quand on veut la contrôler par le témoignage des chartes contemporaines, on la trouve pleine d'obscurités. Le nom. de Marquise ne figure, en effet, dans les documents diplomatiques du XII° siècle, que pour Robert de Markia ou de Marchia, témoin des donations de Warin de Fiennes en 1107 et de la charte d'Eustache III de 1121 en faveur de Saint-Wulmer de Boulogne où on l'appelle Robert de Markise, suivant la forme vulgaire de ce nom.

Cette famille a sans doute porté successivement plusieurs noms différents. Si le nom de Caïeu en est un, on pourrait reconnaître Baudouin II dans le Baudouin de Caioht ou de Chaiol, qui signe les chartes d'Eustache III de 1107 et de 1125 des cartulaires de Samer et de Rumilly. Si le nom d'Engoudesent leur appartient, on retrouverait Baudouin II dans le Balduinus de Engoldesem des chartes de Saint-Josse-sur-mer, de 1168, 1173, 1174; mais ces exercices de haute voltige sont bien périlleux, et il n'y a pas moyen de rattacher à Baudouin de Marquise tout le reste de la lignée des seigneurs de Caïeu, qui pullule au XIII° siècle, et qui a ses racines dans la seconde moitié du X°, avec Anselme et Etienne, tenanciers de l'évêque Frameri de Thérouanne !

Il y a moins de difficulté pour l'identification des seigneurs de Marquise avec ceux d'Engoudesent. D'abord, il est à remarquer que la présentation de la cure de cette paroisse, avec deux gerbes de la dîme, appartenait au prieur de Beussent, village dont le hameau d'Engoudesent fait partie. Ensuite, les chartes de Notre-Dame de Thérouanne, celles de Licques et de Sainte-Austreberthe de Montreuil, de 1164, 1170, 1171 font mention d'Eustache d'Engoldessem, ou d'Engodessem, qui pourrait bien être le Wistasse de Marquise dont parle le roman d'Eustache le Moine. 

Ce Vassaus Grans et hardis et fors et biaus, " osa relever, pour Hainfrois de Heresinguehans, le gant que lui jetait Manessiers, champion du moine, pour venger la mort de Baudouin Busket, occis près de Basinguehans, et il tua son adversaire dans un combat singulier, livré à Etaples.

L'abbaye de Notre-Dame de Boulogne possédait en 1208 une terre et des revenus dans la paroisse de Marquise (in Markisa).

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Le bourg de Marquise, fut plusieurs fois ravagé par les Anglais, qui y campèrent au mois de juin de l'an 1513, qui en brûlèrent une partie en juillet 1543 et qui se fortifièrent l'année suivante à Hardenthun. L'armée de Henri II les en délogea en 1549. Plus tard, ce furent les royalistes et les ligueurs qui se disputèrent la possession de cette place, au grand détriment de la population du lieu.

A cette époque, dit M. Guilmeth, il existait à Marquise plusieurs fabriques d'étoffes de laine, dites draps d'Estienfort, ou Estamfort. On y comptait plusieurs teintureries pour la laine, un moulin foulleur, deux moulins à huile, etc. Suivant le même auteur, un haras y était établi depuis l'an 1519 pour l'élevage des chevaux, sous la direction des agents du domaine royal.

Au mois de juin 1544, le duc de Suffolk avec l'avant-garde de l'armée anglaise, forte de quinze mille hommes, vint camper à Marquise.

Après la reddition de Boulogne aux Anglais, le 14 septembre suivant, l'armée française vint en ce bourg; mais le dauphin n'ayant pu faire subsister son armée dans un pays entièrement dévasté, dut congédier les Suisses et les Grisons, laisser à Dubiez, commandant .à Montreuil, le reste des troupes françaises et italiennes et regagner la capitale.

Le bourg de Marquise était administré par un bailly, qui assiste avec les maïeurs des villes de loi aux Assemblées provinciales du Boulonnais. Le livre des archives communales cite notamment Jean-Alexandre, bailli de Marquise, qui comparaît en une semblable occasion le 5 septembre 1575.

Il y avait alors à Marquise un marché, où l'échevinage de Boulogne ordonne de faire diverses publications d'intérêt public.

Depuis longtemps déjà, le Boulonnais, région frontière, était astreint à recevoir et entretenir les troupes du Roi. En 1659, la " paix des Pyrénées " devait, en principe, mettre fin à cette obligation mais contrairement elle fut maintenue, les Boulonnais jouissant de nombreux privilèges auxquels le pouvoir central souhaitait mettre fin.

La révolte de 1662 connue sous le nom de guerre de Lustacru, eut son retentissement à Marquise. Le 27 juin, une bande armée y força plusieurs maisons, à la recherche des cavaliers royaux qui s'y trouvaient logés. On cite particulièrement celles de Jacques Courtois, dit la Cavalle, le presbytère du curé Le Boeuf, et le château Mollack appartenant à Marc Frest d'Imbrethun. En punition de ces faits, les cloches de Marquise furent dépendues pendant un an.

Pour finir, un bon nombre de rebelles se retranchèrent dans le château d'Hucqueliers mais les forces royales s'en emparèrent sous la conduite du Marquis de Montpezat. Postel du Clivet, le chef de la bande, fut pendu ainsi que plusieurs de ses lieutenants. Trois cents autres furent envoyés aux galères. Les Boulonnais consternés et terrorisés, s'inclinèrent devant une telle force et Marquise retrouva son calme.

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Marquise a été au XVIII° siècle le chef-lieu de la première des circonscriptions rurales, formées pour le recrutement de l'Administration provinciale du Boulonnais. Ce canton ou cet arrondissement, comme on disait alors,. se composait de 21 communautés, comprenant ensemble 1431 feux, savoir : Marquise, Audembert, Audinghen, Audresselles, Bainghen, Bazinghen, Boursin, Caffiers, Ferques et Elinghen, Fiennes, Hardinghen, Hidrequen et Rinxent, Houllefort, Landrethun, Leubringhen, Leulinghen, Offrethun, Réty, Saint-Inglevert, Tardinghen et Inghen, Wierre-Effroy (1766-1790).

La seigneurie de Marquise, comme seigneurie de clocher, ayant droit aux prérogatives honorifiques dans l'église, appartenait dans le siècle dernier à la famille de Tutil de Guémy; la seigneurie du bourg était réunie à celle de Longvilliers et de Recques, dans la famille de Longvilliers. Les deux parties nommaient chacune un bailli pour exercer en leur nom leurs droits de justice; mais c'étaient les seigneurs de Longvilliers qui percevaient à leur profit les droits établis sur les foires et marchés.

Les délégués de Marquise à l'assemblée électorale de Boulogne pour la nomination des députés aux Etats-Généraux de 1789 furent Pierre-Maxime Dupont, notaire royal, bailli de la seigneurie du clocher, Le Porcq, ancien maïeur de Boulogne, et Louis-Marie Bouclet. On y comptait alors 250 feux.

En 1790, Marquise devrait chef-lieu de canton dans le District de Boulogne, avec Ambleteuse, Audembert, Audinghen, Audresselles, Bazinghen, Leubringhen, Leulinghen, Saint-Inglevert, Tardinghen et Inghen, Wissant. Onze autres communes y furent ajoutées en 1801, pour former le canton actuel.

C'est sur la place du " Franc-Marché " que le criminel d'Audresselles " Ptit Joseph " fut décapité le 15 décembre 1871.

L'auberge du Grand Cerf est un ancien relais de diligence du maître de poste Leducq ; il hébergea Napoléon qui logea chambre 4 et Victor Hugo qui affectionnait s'asseoir sur le banc de pierre situé prés de l'auberge. A l'époque, les diligences pouvaient entrer dans la cour par la grand-porte de l'avenue Ferber et sortir par une autre rue Nationale ; une importante écurie assumait aux chevaux repos et picotin.

Toujours avenue Ferber, coté gauche, direction Calais, une façade à porte cochère, fenêtres surmontées de ronds et de losanges : c'est là que Achille Daguebert, 28 ans, garagiste, reçut, le 29 novembre 1920, un anglais Mr William Gourlay, venu lui revendre sa " Peugeot ".

Après maints apéritifs, le marché fut conclu. Daguebert, seul avec Gourlay, lui verse l 'argent et tandis que l'anglais vérifie son compte, il l'abat de deux coups de revolver à la tête ; il reprend son argent et enterre le corps dans son jardin. Il part ensuite au " café de l'union " pour avertir le chauffeur qui attend Mr Gourlay que celui-ci est reparti directement pour Boulogne avec trois anglais.

Après enquête, le cadavre est retrouvé par la police dans le jardin de Daguebert ; celui-ci est inculpé et condamné à mort le 17 juin 1921. Il obtient la grâce présidentielle et terminera ses jours au bagne de Cayenne.

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HAMEAUX ET LIEUX-DITS HISTORIQUES

Baudrethun, ferme connue en 1286 sous le nom de Boudertun, comme chef-lieu d'une tenanche dépendante de l'abbaye de Beaulieu.

Bléquenecque, hameau, le Blekenaker, ou champ brûlé, du terrier de Beaulieu de 1286.

Bouquinghen (" hameau des fils de Bouq ") était le siège d'une seigneurie dont les seigneurs Baudewins de Bokinghem et Pierron de Bokinghem sont cités dans une charte d'Engelrans de Leaune, du mois de mai 1259, pour l'abbaye de Licques.

Canet, où il y eut une maladrerie, que M. A. Guilmeth croit avoir été établie sur les ruines d'une ancienne église, édifiée dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, et dédiée à Saint-Sauveur. Le nom de Canetum, dit-il, coïncide d'un manière remarquable avec celui du temple de Mercure, situé à Berthouville, prés Brionne (Eure), le Breviodorus des Romains.

Le Château Mollack, ferme aux portes de la ville, ancien manoir des Frest d'Imbrethun, dernièrement propriété deM.Marteau. C'est une construction du XVI° siècle avec un plafond voûté en briques sur poutres, une cheminée monumentale dans la chambre du rez-de-chaussée, des meurtrières, etc. Ce château a beaucoup perdu de sa splendeur mais on peut encore remarquer sur la façade nord le " moucharabi " qui surmonte la porte d'entrée et deux inscriptions datées : " Spes mea in Deo " (" Mon espoir est en Dieu ") et " Misericordias Domini in aeternum cantabo " (" Eternellement je chanterai les miséricordes du Seigneur "), datées de 1651. La façade sud a été modifiée au début du siècle mais on y voit encore un cadran solaire.

Avec le château, on trouvait un moulin à eau alimenté par les eaux du ruisseau de Bouquinghen : le moulin du Lutin. Ce moulin à eau, avec celui de la route de Wierre, assurait la reléve des vieux moulins à vent ( du Guindal, de Bernes, de la rue Pasteur et de celle du cimetière) dont les tours se dressent encore dans la localité. En effet, depuis longtemps, Marquise était un centre agricole important où chacun venait faire moudre son grain ; les meuniers comptaient parmi les principaux notables du pays.

Clocheville, petite maison dans les champs, entre Marquise et Hardenthun, fief aux Du Quesne, qui en ont porté le nom, aujourd'hui éteint, mais dont le souvenir se perpétuera par les fondations charitables établies à Boulogne et à Tours au moyen des dispositions testamentaires de son dernier représentant.

Hardenthun, hameau, nommé Hardentuna en 1208 dans les chartes de N.-D. de Boulogne. Les d'Anvin d'Hardenthun se sont immortalisés dans l'histoire du Boulonnais. Jeanne de Hardenthun fut abbesse de Montreuil en 1481.

Le fort d'Hardenthun, qui existait déjà en 1372 est représenté en 1549 comme " une maison de gentilhomme, bien fossoyée d'eau tout à l'entour, où se trouvaient treize ou quatorze Anglois, qui, avec trois ou quatre arquebuses à crocs, pensoient tenir bon contre l'armée d'Henri II; mais, dit le rapport, ils ne durèrent pas longtemps. ". Le fief et le château d'Hardenthun relevaient du roi à cause du château de Boulogne, au relief de cinq livres et douze butteaux d'avoine de rente.

Un cimetière mérovingien a été découvert au lieu dit les Yeulles.

Ledquen, hameau ,sur la berge nord de l'ancien fjord de la Slack, à l'ouest de Marquise: promontoire entouré de marécages sur les 4/5 de son pourtour. On l'appelle en 1286 Legteghem dans, le terrier de Beaulieu, Laitekem, en 1294 dans une charte d'Artois, et Lestquem dans un titre de Fiennes de la même époque. Un château, ancienne résidence de M. Bouclet d'Hallewyn et de Mr Jacquolliot, directeur de la Cie des compteurs Montrouge de Rinxent y est construit, ainsi que deux fermes : celle de Bodrethun 1892 et la ferme Lorge.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Allemands avaient créés un aérodrome dont on retrouve quelques traces au nord de la ferme Lorge. L'Etat-major était installé en partie au château Jacquolliot et en partie rue Ferber. Un jour des officiers allemands en provenance du front de Russie se présentèrent munis de leurs ordres de missions et pièces d'identité ; ils sont affectés à l'escadrille et l'un d'eux loge au 57 rue Ferber. Un beau jour, deux messerchmit prennent leur vol et reviennent mitrailler l'aérodrome : les aviateurs, faux allemands, étaient des espions anglais !

On a découvert des vases romains dans une carrière au sable, sur le territoire de Ledquen, en 1862.

La Liégette, hameau, sur le chemin qui conduit à, WierreEffroy. Morice de Boudertun de Liegethe était un des trois tenanciers que l'abbaye de Beaulieu avait à Markise en 1286. Guichard de Ligete servait en 1297 sous les ordres du comte d'Artois.

La Quenouille, ferme, connue dans le compte de Jeanne de Boulogne de 1340, pour le nom de son propriétaire Robert de Kenoilles, un des tenanciers du domaine de la Motte de Marquise.

Le Bail  : fief aux Selingue situé à l'extrémité du cimetière actuel où se trouve encore une motte sur le sommet de laquelle il existe des fondations et où il a été trouvé divers objets en métal il y a quelques années .C'était encore vers 1400 le chef-lieu de la seigneurie , qui fut plus tard à la famille de Guémy .Le chateau du Bail contenait alors huit mesures .La Motte s'appelle encore de nos jours "le Catieuw"

Autres lieudits : Baudredalle ; La Comté ; La Couture ; Imbrethun ; Le Guindal ; Lenclos ; Le Puis ;

                           Le Lutin la Planche à l'Laine ; Le Haut Pichot ; la rue de Hollande

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ARMOIRIES

le blason de Marquise

D'argent à une ruche de gueules, deux pics de mineur de sable posés en sautoir et un fléau de même posé en pal, les trois pièces brochant sur la ruche, accompagnés de deux abeilles de même à dextre et à senestre.

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