Communiqués de presse Bretagne Vivante/LPO/FNE

France Nature Environnement

vendredi 14 janvier 2000

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Marées noires : arrêtez d'improviser !

La situation vécue, ces dernières semaines, par les associations de protection de la nature et de l'environnement après le naufrage de l'Erika montre que si les pouvoirs publics ont tiré les leçons des marées noires précédentes pour l'organisation du trafic maritime dans la Manche, l'improvisation reste encore trop fréquente dans d'autres aspects du controle de la circulation de navires transportant des substances dangereuses, dans la gestion d'une marée noire en mer et dans le traitement du pétrole lorsqu'il arrive à la côte. Sa récupération avec des méthodes non vulnérantes pour les milieux littoraux n'est pas toujours préférée à l'utilisation hative de produits nettoyants dont on sait depuis les travaux menés notamment après le naufrage du Torrey Canyon qu'ils peuvent être plus nocifs que le pétrole lui-même. Cette improvisation, partiellement compensée par le bénévolat aussi bien d' associations que de citoyens inorganisés, est scandaleuse lorsque l'on sait qu' il s'agit de la douzième marée noire touchant le littoral français depuis le naufrage du Torrey Canyon (1967) sans compter celles dues à des déversements volontaires d'hydrocarbures (dégazages) provenant de navires non-identifiés. A quoi sert le Secrétariat interministériel à la Mer? Comment accepter que, par incurie, se renouvellent ainsi des catastrophes écologiques aussi bien qu'économiques pour les hommes qui vivent d'activités liées à la bonne qualité du milieu marin ?

Au vu de cette situation France Nature Environnement demande au gouvernement, dans l'immédiat:

- que soit mis un frein aux opérations de nettoyage improvisées de la côte en l'absence de diagnostics écologiques initiaux ;

- que soit engagée une expertise indépendante sur les conséquences de la pollution des espèces et des milieux, les actions de dépollution en cours, l'état des milieux touchés et non encore nettoyés. Elle devrait comporter, en particulier, un bilan des dégâts immédiats aux populations d'oiseaux marins (bilan des mortalités), un bilan des techniques de démazoutage (bilan scientifique et financier) mais aussi un bilan, à terme, de l'impact sur les colonies de reproduction des divers pays de l'Union européenne dont provenaient une bonne part des oiseaux atteints par cette marée noire ;

- que le traitement des déchets pétroliers (ramassage, collecte, stockage provisoire, transport et traitement) soit conduit de telle manière qu' il ne provoque pas la dégradation de milieux terrestres et de nouvelles pollutions ;

- que soit constitué un organisme composé d' associations de protection de la nature et de l'environnement alors dotées des moyens nécessaires pour tirer le bilan des suites du naufrage de l'Erika et proposer aux pouvoirs publics des améliorations ou des innovations, y compris législatives et réglementaires, dans les domaines de la prévention, du traitement et du suivi d'une marée noire (par exemple, protocoles d' intervention pour les opérations de récupération du mazout et de nettoyage).Un tel organisme dont la mission doit dépasser l'épisode du naufrage de l'Erika aura évidemment à se préoccuper de la Méditerranée qui connait aussi des marées noires ;

- que l'Etat s'engage à rembourser ou faire rembourser la totalité des frais engagés par les associations de protection de la nature et de l'environnement pour la marée noire de l'Erika.

France Nature Environnement demande au gouvernement pour l'avenir :

- que les opérations de dépollution se fassent exclusivement sous l'autorité des Préfets, et que ceux-ci soient éclairés dans leurs décisions par l'aide systématique de naturalistes de terrain et de scientifiques, au sein des cellules de crise ;

- la mise en place d'un réseau pérenne de centres de traitement des oiseaux et mammifères marins étayé sur les centres déja créés par les associations de protection de la nature qui devront bénéficier de moyens adéquats permettant la coordination et le traitement en cas d'événements catastrophiques ;

- l'organisation d' un suivi permanent (veille écologique) du littoral français sur des sites touchés ou non par l'actuelle marée noire ;

- une meilleure définition du rôle du CEDRE dans l'élaboration des plans d'actions (choix des priorités, des moyens et des calendriers d'actions) et de la transmission des informations ainsi que la présence de représentants d'associations de protection de la nature et de l'environnement nationale et régionale, telles France Nature Environnement, la Ligue pour la Protection des Oiseaux et Bretagne Vivante-SEPNB, au sein de son Conseil d'administration.

Enfin, pour ce qui a trait aux problèmes plus généraux de sécurité du trafic maritime, transport du pétrole comme de tous produits dangereux, France Nature Environnement demande que la France, dans le cadre de sa prochaine présidence de l'Union européenne, reprenne à son compte et s'emploie à faire adopter les principes votés par le Parlement européen, le 21 janvier 1993, après le naufrage du Braer.

France Nature Environnement, le moment venu, tirera le bilan des réponses apportées par le gouvernement à ses demandes. France Nature Environnement saura en faire part, lors des échéances électorales, à l'opinion publique qui comme l'indiquent les sondages de ces dernières années fait majoritairement confiance aux associations de protection de la nature et de l'environnement pour la défense de l'environnement en général et du littoral en particulier.

Contact presse:
Jean-Pierre Raffin (FNE) tel: 01 44 27 28 62/ 01 45 25 65 27
Bernard Guillemot (Bretagne Vivante-SEPNB) tel: 02 51 12 32 54
Jean-François Louineau (LPO) tel: 05 46 82 12 34

Fédération française des Associations de Protection de la Nature et de l'Environnnement
Pavillon de Chevreul - Muséum National d'Histoire Naturelle
57, rue Cuvier 75231 Paris cedex 05
Tél.: 01 43 36 79 95 - Fax: 01 43 36 84 67
E-Mail: fneparis@aol.com



Bretagne Vivante-SEPNB Guidel et Lorient
C/o Annie Rio, tel 02 97 32 82 47

jeudi 6 janvier 2000

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Les sections Bretagne Vivante-SEPNB de Guidel et Lorient attirent l'attention des autorités qui assurent le nettoyage des plages.

Les dunes comme les falaises, les rochers et les plages sont des espaces fragiles complexes qui abritent un monde vivant autant animal que végétal. La marée noire a déjà fait des dégâts considérables. Le nettoyage doit éviter d'allonger la liste des victimes.

Après avoir dégagé les plus grosses plaques de pétrole des plages, il est sûrement plus sage d'attendre avant d'entreprendre tout nettoyage systématique du sable et des rochers. La nature a une certaine faculté d'auto-épuration et d'auto-réparation dont il faut profiter.

Toute action humaine entreprise sur ces milieux doit être mesurée en termes de conséquences écologiques, en premier lieu. La propreté visuelle ne doit pas conduire à la stérilisation de la nature.



Bretagne Vivante - SEPNB, 186 rue Anatole France, BP 32, F-29276 BREST cedex
Tél. 02 98 49 07 18, Fax. 02 98 49 95 80, E-mail : sepnb.brest@wanadoo.fr

jeudi 23 décembre 1999

CONFÉRENCE DE PRESSE

Au moment où les nappes de pétrole vont atteindre les côtes de Vendée, la situation en Bretagne se dégrade d'heure en heure.

L'épave de l'Erika continue de laisser échapper sa cargaison de 18 000 tonnes, alors même que les dégazages sauvages se multiplient.

C'est pourquoi le nombre d'oiseaux atteignant nos côtes ne cesse de croître (déjà près d'un millier), les nappes de pétrole de l'Erika touchant aussi des mammifères marins.

La situation météo laisse présager une arrivée encore plus massive d'oiseaux sur les côtes du sud de la Bretagne à partir d'aujourd'hui. Les centres de soin de l'Ile Grande et de Nantes sont d'ores et déjà saturés.

Le centre opérationnel le plus proche se trouve maintenant à Allouville-Bellefosse, en Seine-Maritime, soit à plus de 7 heures de route de Quimper... Les chances de survie des oiseaux sont dès lors réduites à néant.

Nous demandons à la société Total-Fina d'assumer ses responsabilités à court, mais aussi à moyen terme.

A court terme, nous lui demandons de faciliter l'organisation du transport rapide des oiseaux vers le centre de soin non saturé le plus proche.

Sur le long terme, nous demandons à la société Total-Fina de réparer dans la durée, par des mesures compensatoires, ce qui peut l'être. Bretagne Vivante - SEPNB, avec ses 40 réserves d'oiseaux, oeuvre depuis 40 ans à la préservation de ce patrimoine naturel exceptionnel. Elle n'acceptera pas de voir ses efforts anéantis sans réagir.

La société Total-Fina est aujourd'hui responsable. Elle deviendrait également coupable si elle n'assumait pas correctement ses responsabilités.

Par ailleurs, nous demandons à tous ceux qui ont recueilli ou vont recueillir des oiseaux mazoutés de nous communiquer par écrit leurs témoignages. Ils permettront de mieux apprécier l'ampleur des dommages écologiques, etle cas échéant, de soutenir une action auprès des responsables de la catastrophe.



Bretagne Vivante - SEPNB, 186 rue Anatole France, BP 32, F-29276 BREST cedex
Tél. 02 98 49 07 18, Fax. 02 98 49 95 80, E-mail : sepnb.brest@wanadoo.fr

Station ornithologique de l'île Grande, F-22560 PLEUMEUR-BODOU
Tél. 02 96 91 91 40, Fax. 02 98 91 91 05

jeudi 23 décembre 1999 à 07h00

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Journée noire en perspective à la veille de Noël

Dicton du jour : "au réveillon... dinde au goudron"

Les nouvelles reçues de Bretagne sud hier soir, mercredi 22 décembre, sont alarmantes. Le vent de secteur sud est ramène à la côte plusieurs dizaines d'oiseaux mazoutés par le fuel de l'Erika, oiseaux qui dérivaient au large depuis plusieurs jours. Il apparaît hautement probable que le nombre d'oiseaux échoués va augmenter très rapidement dans les heures à venir, après le lever du jour et les premières prospections sur les plages.

Dans le même temps, en Bretagne nord, des oiseaux victimes de dégazages clandestins continuent d'arriver sur les plages.

Les bilans partiels dressés hier soir faisaient déjà état de plus de 500 oiseaux recueillis sur le littoral breton.

Mais les moyens mis à la disposition des associations de protection de la nature engagées dans le ramassage et le traitement des oiseaux mazoutés restent dérisoires pour le moment.

 

Coordination régionale

centre de soins - LPO île Grande, Pleumeur Bodou, Gilles BENTZ, 02 96 91 91 40 ou 02 96 91 91 02

Bretagne Vivante-SEPNB, Brest, Bernard CADIOU, 02 98 49 07 18 ou 06 87 89 61 27

 

Rappels des consignes :

Sur la plage, approcher l'oiseau côté mer pour ne pas le repousser à l'eau.

L'attraper le plus doucement possible.

Mettre l'oiseau dans un carton percé de trous, sur du papier journal, puis entreposer le carton au chaud et au calme.

Indiquer sur le carton la date et le lieu de la découverte (lieu-dit et commune).

Surtout ne pas essayer de le nettoyer, ni de lui donner à manger ou à boire.

Les oiseaux morts sont également à récupérer pour pouvoir dresser des bilans exhaustifs de l'impact de la marée noire.

Contacter la coordination régionale ou le centre de secours le plus proche.


lundi 20 décembre 1999 - 12h45

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Dès l'annonce du naufrage du pétrolier Erika il apparaissait évident qu'une fois encore les oiseaux allaient payer un lourd tribut à la marée noire. L'inconnue était, compte tenu des conditions météorologiques et de la distance à la côte, où et quand arriveraient les premiers oiseaux souillés par les hydrocarbures. La LPO et Bretagne Vivante-SEPNB ont aussitôt mis en alerte un réseau en Bretagne sud pour parer à tout échouage massif d'oiseaux mazoutés.

Mardi 14 décembre, la première victime de l'Erika, un guillemot de Troïl, est ramassée dans le secteur de Lesconil et aussitôt transférée au centre de soins de la LPO à l'île Grande. Les jours suivants d'autres guillemots mazoutés sont également récupérés sur le littoral de Bretagne sud.

Ce week-end, la situation a rapidement évolué, et plusieurs dizaines d'oiseaux ont été récupérées en Bretagne sud, dont plus d'une vingtaine à Belle-Ile. Aux guillemots s'ajoutent maintenant des macareux moines et d'autres espèces, et la liste risque fort de s'allonger dans les jours à venir.

Dans le même temps, comme si cela ne suffisait pas, des oiseaux ont été signalés en Bretagne nord, victimes non pas de l'Erika mais de dégazages clandestins de navires peu scrupuleux, pollution chronique malheureusement constatée tous les hivers sur nos côtes.

En une semaine ce sont donc 130 oiseaux mazoutés qui ont déjà été accueillis à l'île Grande, auxquels s'ajoute une dizaine d'oiseaux actuellement en soin au relais LPO de Lorient et une cinquantaine d'oiseaux à l'école vétérinaire de Nantes. Soit un total de près de 200 oiseaux dont une moitié environ directement victime du fuel de l'Erika, l'autre moitié étant victime des dégazages. Et ce bilan n'inclut pas les quelques dizaines d'oiseaux encore sur les lieux de dépôt depuis hier dimanche en fin de journée. En outre, il ne fait aucun doute que les oiseaux récupérés ne représentent qu'une infime proportion des oiseaux mazoutés, déjà morts ou encore vivants mais très affaiblis, qui dérivent actuellement à plusieurs kilomètres des côtes.

Pour la coordination régionale

LPO île Grande, Pleumeur Bodou, Gilles BENTZ, 02 96 91 91 40

Bretagne Vivante-SEPNB, Brest, Bernard CADIOU, 02 98 49 07 18

 

Rappels des consignes :

mettre l'oiseau dans un carton percé de trous, sur du papier journal. Indiquer sur le carton la date et le lieu de la découverte. Surtout ne pas essayer de le nettoyer, ni de lui donner à manger ou à boire. Contacter la coordination régionale ou le centre de secours le plus proche.