Philibert Aspairt

Philibert Aspairt

Voici l'histoire, bien réelle, que tout cataphile se doit de connaître (les connaisseurs voudront bien pardonner les répétitions).

Or donc, Philibert Aspairt, portier au Val de Grâce de son état, vivait à l'époque trouble de la Révolution. Les Chartreux ayant abandonné depuis peu leur monastère pour des raisons que tout un chacun se doit de connaître, Philibert décide, dans le plus grand secret, un jour de Novembre 1793, de partir seul fouiller les catacombes, très certainement dans l'espoir de trouver l'arrière cave des bons Chartreux, dont les alcools ont fait la réputation jusqu'à nos jours. L'accès des souterrains lui était d'autant plus facile qu'un escalier de descente, construit au XVIIème siècle existait dans l'intérieur même du Val de Grâce.

Il descendit, seul, pour ne plus jamais reparaître! Dans l'époque troublée, sa disparition n'inquiéta personne.

Onze ans plus tard, les ouvriers d'une brigade topographique chargés de relever le plan souterrain de la rue d'Enfer (l'actuelle rue Henri Barbusse) découvrirent, dans la rue de l'Abbé de l'Epée, un squelette décharné rongé par les rats. Une ceinture de cuir, des débris de vêtements, mais surtout un trousseau de clés permirent d'identifier l'ancien portier du Val de Grâce qui avait disparu.

On imagine son calvaire : la lumière lui fit sans doute défaut, et il se mit à tourner en rond dans le noir, tâtonnant le long des parois dans un noir absolu, se heurtant à la roche et s'y égratignant, agonisant lentement, et s'écroulant enfin, désespéré et sans force, à quelques dizaines de mètres d'une sortie!



Le corps fut inhumé à l'endroit même de sa découverte.

On y lit encore l'épitaphe:


A LA MEMOIRE

DE PHILIBERT ASPAIRT

PERDU DANS CETTE

CARRIERE LE III NOVEMBRE

MDCCXCIII RETROUVE

ONZE ANS APRES ET

INHUME EN LA MEME PLACE

LE XXX AVRIL MDCCCIV

 

La découverte semble avoir été tenue secrète, et par la suite on peut remarquer la même discrétion chez les inspecteurs des carrières lors de la découverte d'autres cadavres ces quelques dernières années...