TO SPITI TOU HYLAS ...
Mémoires d' HADRIEN... |
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…Antinoüs était Grec : J'ai remonté dans les souvenirs De cette famille ancienne et obscure Jusqu'à l'époque des premiers colons arcadiens Sur les bords de la Propontide. Mais l'Asie avait produit sur ce sang un peu âcre L'effet de la goutte de miel Qui trouble et parfume un vin pur. Je retrouvais en lui les superstitions d'un disciple d'Apollonius, La foi monarchique d'un sujet oriental du Grand Roi. Sa présence était extraordinairement silencieuse : Il m'a suivi comme un animal Ou comme un génie familier. Il avait d'un jeune chien les capacités infinies D'enjouement et d'indolence, La sauvagerie, la confiance. Ce beau lévrier Avide de caresses et d'ordres Se coucha sur ma vie. |
Pour tout ce qui n'était pas son délice ou son culte : Elle lui tenait lieu de désintéressement, de scrupule, De toutes les vertus étudiées et austères. Je m'émerveillais de cette dure douceur ; De ce dévouement sombre qui engageait tout l'être. Et pourtant, cette soumission n'était pas aveugle ; Ces paupières si souvent baissées Dans l'acquiescement ou dans le songe Se relevaient ; Les yeux les plus attentifs du monde me regardaient en face ; Je me sentais jugé. |
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Mais je l'étais comme un dieu l'est par son fidèle : Mes duretés, mes accès de méfiance (car j'en eux plus tard) Etaient patiemment, gravement acceptés. Je n'ai été maître absolu qu'une seule fois, Et que d'un seul être. Si je n'ai encore rien dit d'une beauté si visible, Il n'y faudrait pas voir l'espèce de réticence D'un homme trop complètement conquis. Mais les figures que nous cherchons désespérément nous échappent : Ce n'est jamais qu'un moment… Je retrouve une tête inclinée sous une chevelure nocturne, Des yeux que l'allongement des paupières Faisait paraître obliques, Un jeune visage large et comme couché. Ce tendre corps s'est modifié sans cesse, A la façon d'une plante, Et quelques unes de ces altérations Sont imputables au temps. |
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Modele : Julian ARMANIS... Acteur chez BEL AMI |
L' enfant a changé ; Il a grandi. Il suffisait pour l'amollir D'une semaine d'indolence ; Une après-midi de chasse lui rendait Sa fermeté, Sa vitesse athlétique. Une heure de soleil le faisait passer De la couleur du jasmin à celle du miel. Les jambes un peu lourdes du poulain se sont allongées, La joue a perdu sa délicate rondeur d'enfance, S'est légèrement creusée sous la pommette saillante, Le thorax gonflé d'air Du jeune coureur au long stade A pris les courbes lisses et polies D'une gorge de Bacchante. La moue boudeuse des lèvres s'est chargée D'une amertume ardente, D'une satiété triste. En vérité ce visage changeait Comme si nuit et jour Je l'avais sculpté…
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