ICI,
Un roman de Eric Marchal : www.multimania.com/icar

 
 

ICI,

Rien n’est écrit.
 

(Là, pas de couverture non plus)




A Jean Claude,

" Si tu as la chance de rencontrer un homme capable de te faire basculer dans le vide,
aie l'intelligence d'accepter." - Osho Rajneesh -

~ ~ ~

A Corinne, à Zoé, à Anatole et à Octave,

Simplement, quotidiennement, infiniment, maladroitement, … Merci.




PROPOS

(Avant et hors-de)




Chapitre Un : roman

Non.

Non, je n'écris pas un roman, non …

Fin


Chapitre deux : Mon héros
 
 

D'ailleurs, et qui plus est, je n'en suis pas même le héros.

Le héros de mon roman est un terroriste.

Le héros de mon roman est une femme.

...

(((et alors ???)))
 
 





Première partie :

La réalité




Chapitre trois : Premier du nom
 
 

Il ceci, il cela, mon héros.

Il a les cheveux mouillé, il pleut.

Il n’est pas très grand, dans ce café dont le garçon est une jeune et talentueuse Lituanaise sans papier. Il est assis, il a commandé un chocolat, chaud et liquide. Le bar est glauque. Il n’arrive pas. Le bar est sombre et les fumées voluptueuses de son chocolat chaud pourraient très bien se mêler au fumées cancérigènes brassées par le petit ventilateur, si cet avant dernier lui était servi, pense le héros. Le garçon arrive enfin avec, et il le sert. Ils n’ont pas échangé un mot, juste quelques menue money de singe. Pas même une grimace. Le chocolat non plus n’est pas d’ici.

En attendant, il n’est pas pressé et commande un deuxième café. Tout à coup, quelqu’un entre doucement et sans un bruit disparaît, par là même, d’où il était venu, porte. Il n’y a décidément personne à faire dans cet endroit. Il se sent seul. Il croit qu’il est fatigué, regarde ses mains. Quel âge ont-elles ? Elles sont encore jeunes, et belles, et fines, et belles comme s’il n’avait fait que du travail propre. Surtout la gauche. Juste un peu rongées par les dents, pas encore par le temps.

Il a maintes fois, comme maintenant, enlevé sont pardessus, et laisse à présent à voir le reste. Le pardessus, mouillé et pesant, gît. Le reste se porte bien. Les restes sont constitués d’un pull-over en laine crème, à gros col, mais trop échancré, comme s’il avait encore cette manie de se frotter à la naissance du cou. Comme quand il s’agrippait a son muscle trapézoïdal droit avec le plat de la main à chaque fois qu’il était gêné, étendant par la même ladite encolure, et tentant par ailleurs de masquer que dans ces moments là, il baissait aussi les yeux et le ton de la voix. Cette large ouverture bée sur son petit maillot de corps qui laisse entrevoir à son tour un petit bout de son corps, le muscle trapézoïdal justement. Ce muscle est fendu de tout son long par un petit grelin. On devine qu’à un endroit de la boucle, ficelé autour du cou, pend, sûrement sur la poitrine, un ornement non ostentatoire : une croix, un croissant de lune, un prénom dans un cœur, ou une plume de corbeau. Qui sait ? Il sait, lui ! C’est son seul ornement, pas son seul secret. Rien dans les cheveux, rien dans les doigts, fin et sans âge, pas le moindre percing ou tatouage. Il n’a pas même une montre. Pourquoi faire ? Il y a suffisamment de temps. La table où il est assis a une chaise, cache son pantalon de chaude couleur à rayures verticales quand il est debout. Hier encore il avait son short en toile mais de là, on pense qu’il a mis sa chaussure droite à son pied gauche. Qu’il a mis sa chaussure gauche à son pied droit, alors que simplement il a croisé les jambes. Son pied ne touche pas le sol, le gauche. Le cuir de la chaussure aérienne est parsemé d’orifices plus ou moins importants qui laisse à percevoir, une partie d’un ongle. Son gros orteil est tout en longueur. On suppose qu’il en est de même pour l’autre pied, mais l’angle étant différent il est impossible de s’en assurer de vive voix. Charmants pieds quoi qu’il en soi.

... voici pour les accessoires, voilà l’essentiel maintenant.
 
 
 



Chapitre trois : Deuxième du nom

Je commande à tout hasard un deuxième chocolat. Il va bien s’arrêter. Ce n’est qu’une averse. Je suis encore en transit de froid, et je laisse mon imperméable aux bons soins de ma compatriote qui m’apporte déjà la collation invoquée. Selvda ne me reconnaît pas. Je me suis juste souvenue de son accent quand elle m’a rendu la money tantôt. Je ne la connais pas non plus d’ailleurs. Pas plus que son prénom que j’ai inventé. J’aime inventer des prénoms et des histoires aux personnes que je croise. De toute façon c’est sans importance, je ne remettrai pas les pieds ici. C’est trop sombre, c’est le soleil que je suis venue chercher. Je les décroise et en profite pour distraitement enlever mes chaussures sous la table. Elles laissent une trace orangée sous ma cheville gauche qui fait écho à l’ombre de mon bracelet en bronze fin porté en cet endroit.

Je n’ai pas même deux chaussettes. Encore moins un collant, ni plus est de bas. Un porte jarretelles ou une attelle, pendant que j’y suis ? Qui donc trouve encore cela sexy ? pas mon ami ! Cet attirail sensé attirer le mâle, dont s’affublent parfois mes cons de sœurs, m’est étranger. Je ne suis pas de ces femmes qui s’habillent pour correspondre à l’image que l’homme se fait de la femme. Petites bourgeoises dans leurs petits tailleurs d’autant plus vulgaires que leurs bien-pensants de mari, ou amants, les aiment en putes, en objet de plaisir, en faire-valoir pour leur virilité. Elles sont des couvertures de " Lui ". Je suis Femme . Je ne suis pas femme de l’homme. Je suis nu-pied dans mes souliers que j’ai enlevés. Ce sont là les racines de ma féminité car, de par mes appendices posés sur le carrelage froid et sale, je suis sensible. Le contact n’est pas agréable, mais je l’accepte, je le devance, je l’écoute, il me parle. Il me parle de tous les traînes-savates qui m’ont précédé dans ce bar jusqu'à polir le joint entre les deux carrelages. Il me parle des humidités mêlées. Celle du dehors que j'’ai traîné sous mes semelles de crêpes. Celle du dedans, lavandé et javelisé que Smetana avait consciencieusement préparer en récurant et qui n’a pas eu le temps de sécher. Labeur inutile au regard maintenant de la boue sous la table, sous mes pieds. Ils me parlent d’autres temps et espaces où cette boue était ma terre mère, l’argile dont je suis façonnée. Jamais un pied crucifié par un talon aiguille ne saura la finesse du ressentir d’un pied de Femme.

Ailleurs la robe qui me sied les hanches nullement ne les serre. Elle laisse libre-cours à mes jambes. Elle est pomme d’automne. Elle est assez fine pour laisser passer la lumière du soleil et découper ma silhouette à contre-jour quand il y en a. Elle laisse aussi passer la lumière à la commissure des lèvres de mon sexe, si c’est à cela que tu penses. Je la sens aujourd’hui assez forte pour me séparer de la rugosité du banc où je repose, et des traces que des précédents non pas manqué de laisser sous mon séant, mais pas pour parer le froid. Mes cuisses sont glacées. J’y renverse justement par mégarde quelques gouttes de thé chaud et je suis intérieurement le parcours de la chaleur qui se diffuse à la surface de ma peau, comme en profondeur, pendant que le thé se refroidit de façon anthropique. Un passant dans la rue s’est retourné quand j’ai hoqueté sous l’effet de la brûlure, comme s’il avait pu m’entendre. Il s’appelle peut être aussi Pierre.

Je quitte ce lieu dans ma tête. Comme j’ai déjà quitté ma terre promise natale, la Palestine. Et je pleure un peu dans mon thé pour faire contre bonne mesure bon coeur. Sur le ticket de caisse que m’a laissé Fathia, il était le 11 octobre et nous étions 14h10. Nous sommes maintenant bien un quart d’heure plus nombreux.

Je remonte les manches de mes bras pour ne pas les laisser éponger le tohu-bohu dont je suis responsable à cette table. L’eau aromatisée au thé coule maintenant de la tasse sur le plateau qui la soutien et plus bas encore ; Trois humidités. C’est un véritable bain aromatique et harmonisant pour mes pieds, tant est si bien que je ne peux me résoudre à les faire regagner leur habitacle quand Selda s’approche pour passer l’éponge. Je lis dans son regard, que c’est elle, dans sa mini jupe qui pense : " la salope ".

Il ne pleut presque pluie. Je vais pouvoir quitter cet endroit affamée, comme j’y suis entrée, dès que le châle de mon tricot ornera mes épaules. Dès que j’aurai démêlé les boucles de mes oreilles et de mes cheveux. Dès que je serai d’attaque. Dès que j’aurai terminé ce chapitre.

J’arrive dehors juste à temps pour que le soleil brille.


Chapitre trois : ième du nom

On ne peut même pas dire que tu la connaissais.

Je ne peux pas dire non plus que tu ne la connais pas.

Quand as-tu acheté du pain pour la dernière fois ? C’était quand  ? Peux-tu te jurer qu’elle n'y est pas entrée dans ce magasin, alors que tu en sortais trop occupé à recompter ta menue money, pour la regarder. Insignifiant gâchis.

Quand tu m’as croisé dans ce café, je ne savais plus qui j’étais, ni toi, ni moi, ni à quelle personne du sexe opposé m’exprimer, ni à quels seins m’envoûter. Et ils se jouent à se passer la parole :

- " Pourtant une femme seule qui pleure, tu m’a déjà vue ". Dit elle.

- " Pourtant c’est impossible cette année là je n’y étais pas " dit il

- " Vous n’y êtes pas du tout, il doit s’agir d’une autre personne monsieur ".

- " Excusez moi "

Tu as bien fait de ne pas m’arrêter et de course poursuivre ton autoroute à but unique, non lucratif, sans air de repos ni chemins de traverses.

Ainsi qu’à ma première communion. Te souviens tu du sermon du prêtre ? Tu n’as vu que mes cheveux. Tout doux du long de la cérémonie tu n’as vu qu’elle et tu te voyais déjà à ses cotés, déjà adulte, dans cette église. Tu t’es imaginé te mariant et tu as répondu " Oui, je le veux ". Mais cette fois c’était une autre question qu’il te posait. Ta déconvenue fut telle (?) qu’à la mesure de ton orgueil, elle te mura dans un silence pour moi que tu ne quittas plus.

Alors à travers mes larmes coulantes et la vitre fumante du bar, aujourd’hui, tu as cru ne pas me reconnaître, pour être sûr de ne pas avoir à me justifier.

Et puis, un accident est si vite parti en nettoyant les larmes.

Tout comme sept autres fois, mais c’était en vacances et tu était encore plus jeune que moi, où tu m’as laissé médusé sur la plage pendant des années. 12.500 Km2 à t’attendre étendu sur le sable du temps qui passe. Tu n’est jamais venu terminer le château de sable que tu m’avais promis et c’est la mère tentaculaire qui l’a englouti. Souvenirs d’enfants qui ont faillit jouer ensemble. De toutes les façons je ne t’aurais pas prêter ma pelle et mon seau rouge.

La seule fois peut-être où tu m’a regardé, ce n’était pas moi. C’était mon image, glacée sur papier dans un chaud journal, et tu étais seul dans ce magazine à 69 francs que tu avais chapardé. Tu n’avais pas l’âge de l’acheter. Suis-je si vielle que toi ? J’avais besoin d’argent.

Et toutes les fois où tu ne m’a pas rencontré par lâcheté. Comme dans le train de 23H17 en tête à tête, dans ce wagon couchette surchauffé, je ne t’ai pas entendu murmurer mon nom. Et ne me dis pas que je dormais.

Et toutes les fois où tu n’étais pas là. Je te voyais bien moi, mais tu n’y étais pas. Une enveloppe si peu charnelle toute et trop occupée par un intellect hypertrophié. Hydrocéphale au grotesque cortex perdu en d’absurdes abstractions, dans des divisions de l’esprit mathématique, scientifique, politique, ou schizophrénique. Tu ne m’a même pas regardé.

Et toutes les autres fois où tu me regardais, mais si mal. Je ne suis pas ta secrétaire. Je ne suis pas ta collègue. Je ne suis ni la vendeuse ni ta voisine sans titre de transport. Tu m’a éroniquement épinglée, classée, étiquetée comme un papillon que tu t’étonnerais ensuite de ne plus voir voler. Tu est toujours incapable d’appréhender la complexité et ce que tu ne peux entrevoir d’un seul regard est suspect, te mets en danger. Si au moins tu n’étais pas pris devant la même angoisse en ce qui concerne le changement. Mais il est trop tard, je suis dans ta boite et notre relation mort-née n’aura jamais la chance d’évoluer.

Et toutes les fois où j’étais trop laide, ... la bonne excuse.

Tu t’émeus, t’insurges et t’écries que ce n’est pas possible que ce n’était pas moi toutes ces fois là. Que je ne suis pas elle. Tu as raison, je suis nouvellement arrivée dans la ville, étrangère, inconnue. Nous ne nous ne nous sommes jamais croisés ni multipliés. C’en étaient d’autres, quelle différence, quelle importance ?

Tu sais maintenant qui je suis pour toi. Assieds toi, je vais te raconter une histoire.


Chapitre quatre : D’aussi loin que je me souvienne

Des images, il ne reste que des images. Cette femme, qui me regarde partir dans ce train. Je souris, je suis heureuse, c’est la première fois que je prends le train. C’est la dernière fois que je vois ma mère.

Des images. N’en déplaise aux critères institutionnalisés de la beauté chez les occidentaux, la silhouette bréviligne et courbée de ma mère est belle et triste comme un Modigliani.

Des images, d’autres images. Je suis Mongole. Quelles images s’imposent à toi, quand je te dis que je suis mongole ? Gengis Khän et de grandes étendues sauvages et belles, ou les baraques de Oulan Bator, la ville, le bruit, la saleté et la misère. Pas la misère pittoresque et dépaysante d’un orient fantasmatique et fantasque, la misère simple et anonyme des quartiers périphériques d’une capitale de cette fin de 20eme siècle. Je te laisse le choix. Moi je ne l’ai pas eu. On ne choisit pas sa condition sociale.

Des images, et des sons parfois. Le son de ma langue maternelle, en particulier quand mon père me racontais une histoire pour m’endormir, moi qui ne trouve plus le sommeil. Ma langue c’est le " Khalkha ", et invariablement tu me répond, étonné, " Kelkal ? ... Khaled Kelkal ? ". Et cela fait 3 "K", j’ai bien compté. K.K.K. Comme pour me rappeler l’injustice, l’intolérance, l’intransigeance et le sort que vous nous réservez à nous autres les terroristes boucs - émissaires.

Des images et de la magie aussi, quand mon grand père, en transe, au chant du tambour, me parlait et, de là où il est, me parle encore aujourd’hui, de là d’où je viens.

Des images d’un certain " Likk ". Deux images de Likk.

Des images, des couleurs, des odeurs, des sons, des sens, tous mes sens... tous s’imposent, éveillent et me souviennent. Tous sauf le goût, de la vie, que je n’ai plus.

Des images de Likk dont une à cheval et pas l’autre.

Des images qui sont mes liens, dans cette Asie, où se noue mon passé et mon devenir.

Des images de Likk, décolorées, qui laissent plus de place à l’imagination qu’au souvenir. Likk est une page blanche qui m’est proche. C’est un homme enfant, un peter pan qui me hante par delà le temps et les kilomètres. Il a la perfection de la cristallisation de l’amour que j’épreuve encore pour celui que j’ai connu. Il est si loin maintenant, et si loin de ma représentation aussi sûrement... Mais j’aime à me laisser hanter par son égregore. Quand j’en aurai fini avec Li Peng, ce sera son tour.

Des images et un nom, puisque il faut bien m’appeler : "Dzamïn Uüd"


Chapitre cinq : D’aussi loin qu’elle se souvienne, avant l’attentat

Des images.

La réalité est une image. Cette femme qui tend une fleur à ces hommes en armes. Cet homme, seul, debout, qui fait hésiter, s’arrêter, toute une colonne de char. Et puis un autre visage, des visages, des étudiants tout souriants... jaunes.

Et puis le lendemain, pas d’image du tout. Des commentaires qui vont bon train, mal-gré sur le printemps de Pékin. Des intellectuels qui n’y sont pas à Tien An-men. Elle ni est pas non plus. Ce n’est pas son histoire, pas encore.

Et puis, plus tard, beaucoup plus tard, il y a notre président, celui pour lequel elle n’a pas voté. Elle ne rêve pas. Ils se serrent la main, " chaleureusement " commente même le commentateur affable. Elle est écoeurée. Ce premier ministre chinois reçus si dignement avec tous les égards dûs à son haut rangs, elle l’a déjà vu. Sept ans à l’échelle de l’histoire de notre planète, il y a sang nul doute prescription, mais elle écrira quand même cette lettre qu’elle ne postera jamais :
 
 

Monsieur le Président de la République Palais de l’Elysée

55, rue du fb Saint Honoré

75008 Paris
 
 

Objet : Lettre ouverte au président de la république

après la venue en France du Dalaï Lama

Strasbourg, le 10 Novembre 96
 
 

Monsieur le président,
 
Au nom de notre association, nous aimerions vous poser quelques questions concernant votre façon de mener la politique extérieure de la France, et particulièrement, la façon dont vous souhaitez représenter l’ensemble des Français en ce qui concerne le douloureux problème du Tibet.

Rappelons que le Tibet est envahi par la Chine depuis 1949. Le gouvernement Chinois s’y livre depuis, et jusqu’à nos jours, à de nombreuses atrocités (massacres de moines tibétains, déplacement de population, stérilisation de femmes par milliers, emprisonnement politique dans des camps de travail, destruction de monastères...). Face à cette barbarie, le Dalaï Lama a dû s’exiler en Inde en 1959. Sa première action de souverain en exil fut de construire une école (plutôt que de soulever une armée !). En 1963, il a promulgué une constitution démocratique pour le Tibet, que le gouvernement tibétain en exil met en œuvre depuis. Depuis cette époque le Dalaï Lama oeuvre pour un Tibet libre et démocratique. Son travail s’est vu récompensé en 1989 par l’attribution du prix Nobel de la Paix en hommage à son combat pacifique.

Le 24 Octobre dernier, au cours de son voyage en France, le Dalaï Lama était reçu officiellement par les plus hautes instances Européennes à Strasbourg.

Comment expliquer qu’en cette occasion, ni vous, ni aucun membre du gouvernement de Monsieur Juppé, n’aient souhaité recevoir officiellement le Dalaï Lama  alors que Monsieur Li Peng, Premier ministre Chinois, a lui été reçu de façon officielle en Avril dernier ?

Nous pensons que votre choix politique est d’autant plus regrettable, que, comme vous le savez, Monsieur Li Peng est tenu pour l’un des principaux responsables de l’écrasement par l’armée Chinoise du mouvement démocratique de la Place Tian Anmen en 1989.

Vous nous répondrez sans doute Monsieur le président, que les intérêts économiques ont leurs raisons que la raison démocratique ignore. Mais, même dans ce cas, Monsieur le Président, nous ne sommes pas d’accord avec votre calcul :

A notre avis, même en suivant votre logique d’ordre strictement économique (qui n’est pas prioritairement la notre), il vaut mieux parier sur une Chine démocratique dans un proche avenir et rester ferme en ce qui concerne la question des droits de l’Homme en Chine tant que ceux ci seront violés. Il y a fort à parier que le milliard de consommateurs potentiels que représente la Chine, une fois libéré de ses oppresseurs, se tournera plus facilement vers les investisseurs qui l’auront aidé à se libérer, que vers ceux qui auront collaboré avec la dictature aujourd’hui en place.

Etablir des liens diplomatiques avec la Chine aujourd’hui, en espérant des retombées économiques pour demain, c’est non seulement faire le pari d’une Chine totalitaire pour longtemps, mais également y contribuer.

Nous rappelons qu’en Afrique du sud, par exemple, le boycott international à l’époque de l’apartheid, a grandement contribué à son abolition. Or aujourd’hui, nous pouvons nous réjouir d’entretenir des relations diplomatiques et économiques saines avec le pays de Nelson Mandela (autre prix Nobel de la Paix).

En outre, comment ne pas déceler une " parfaite contradiction " entre votre attitude pour le moins frileuse vis à vis de cet homme de paix, universellement reconnu, (le Dalaï Lama) à la tête d’un état annexé par la force et vos récentes déclarations au proche orient, qui insistaient, à juste titre, sur la nécessité de créer un état Palestinien.

Peut on Monsieur le Président, à la fois affirmer le droit d’un peuple à disposer de lui même et de sa propre terre en Palestine et d’autre part, à l’autre bout du monde, mener une politique diamétralement opposée ?

Notre responsabilité de citoyens, Monsieur le président, est de vous avertir de notre désaccord avec votre politique à l’égard du Tibet, mais également et surtout, de vous rappeler qu’une autre politique est possible.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, pourquoi pas dans des prises de positions concrètes sur l’échiquier international, nous vous prions néanmoins d’agréer, Monsieur le Président de la République, nos salutations respectueuses.

De quelle " association " parle-t-elle ? C’est encore un secret pour l’instant et vigipirate, qui meurt mais ne se rend pas, vise encore ces " barbus " d’islamistes, pas encore les femmes.

La prochaine fois que Li Peng reviendra, ils seront prêts, elle et les siens.
 


Chapitre six : L’attente

STEPAN, se retournant. Brusquement.

Le grand-duc va passer.

Dora va vers la fenêtre et se colle aux vitres. Long silence. Et puis, dans le lointain, la calèche. Elle se rapproche, elle passe.

STEPAN

S'il est seul...

La calèche s’éloigne. Une terrible explosion. Soubresaut de Dora qui cache sa tête dans ses mains. Long silence.

STEPAN

Boria n’a pas lancé sa bombe ! Yanek a réussi. Réussi ! ô peuple ! ô joie !

DORA, s’abattant en larmes sur lui.

C’est nous qui l’avons tué ! C’est nous qui l’avons tué ! C’est moi.

STEPAN, criant.

Qui avons-nous tué ? Yanek ?

DORA

Le grand-duc.
 
 

RIDEAU




Dzamïn Uüd referme toujours " les justes " de Camus après ce troisième acte. Aujourd’hui plus que jamais elle ne veux pas lire la suite, la fin. Encore une fois elle le reprendra au début, car aujourd’hui elle a décidé de ré-écrire la fin, l’Histoire.

Et si ailleurs (*), Tchen à la chance de pouvoir planter son couteau dans sa propre chaire avant de poignarder pour de bon, juste pour connaître la résistance de la peau humaine, ici, Dzamïn joue nerveusement avec le percolateur.

Elle a encore le temps de penser à Likk. Pas l’envie, mais le temps. Demain c’est sûr, elle le jette dans les bras d’une égérie tout aussi virtuelle que lui.

Mais que va t’elle faire de tout ce temps qui lui reste avant d’agir ? Et l’autre, Li Peng ? C’est elle qui sait et qui compte à rebours. Tout ce temps dont elle ne sait que faire. Si lui savait, au moins il en profiterait. C’est trop stupide de dilapider ces derniers instants de vie ainsi. Quelque soit la haine, Dzamïn serait prête à le prévenir et même à lui faire don de ses heures d’attente à elle. Non pas par charité pour lui, mais juste pour se débarrasser de ses heures d'attente à elle.

C’est long...

C’est la troisième fois qu’elle refait mentalement tous les gestes une dernière fois. C’est plus fort qu’elle, comme a son habitude, elle termine par esquisser réellement les gestes. Les gens, s’il y en avait, l’eut cru folle. Mais elle est seule. Si seule en cet instant. L’organisation, les compagnons, où sont-ils à cette heure ? Elle est désespérément seule, il faudra qu’elle s’y fasse... surtout si ça rate

NON, PAS DE PENSEE NEGATIVE, PAS MAINTENANT

Oui, maintenant...
 




 
 

Deuxième partie :

L’attentat




Chapitre sept : ici et maintenant

Quel sera le son de la bombe ?

Le cortex tout occupé à cette question, le cerveau reptilien prend les commandes : Action.

Quel sera le son de la bombe ?

Elle agit. Ce sont ses pieds d'abord, ses mains et tout son corps qui agissent. Elle a encore le temps de les apercevoir quelques instants : flou. Le temps ralenti ? L’espace temps n’est pas un continum tranquille, et en ce noeud se focalisent, s’entremêlent et fusionnent tant d’énergie, de chemins, de voies et de voix... que les 5 forces coercitives de l’univers ne font plus qu’une. Bien au delà de la mécanique traditionnelle et de la mécanique quantique, elle évolue dans un magma primaire, dans le vortex des boues originelles. Sans espace, sans temps, tout mouvement lui est impossible. Pourtant elle s’avance encore car elle fait un avec ce monde. Et dans un geste sublime, en extase et en parfaite harmonie avec l’univers, elle lance la bombe.

Quel sera le son de la bombe ?

D’abord, au commencement, la lumière, juste un flash... même pas encore un son ! Un éclair, comme la morsure d’un Cobra. " Une bombe lettriste qui crache son venin situationniste" se plairait elle à penser si elle pensait encore.

Quel est le son de la bombe ?

Bientôt, un corps à terre, couché, sur le coté, comme un tableau de Kandinski qui ne veux plus rien dire, qui a perdu son sens, et qui en est devenu beau. Attrait de l’abstrait, éthique de l’esthétique... cortex comblé !

En avant pour la révolution, changement de paradigme, deux point à la ligne...

Quel est le son de la bombe ? Boum ?

Latent attentat, attend ta mort

Je veux le soleil debout

...

Quel est le son de la bombe ?

OUI

Ahhhaaaaaarg !

oaouaojcdj jkfdh sjdjdjjdjj jjksauearui jck hj hcvjchvjk a jkj j sjkmmmmammmmmmmmmmmMMMMmMMMMdfd skl jjjjaklj jjjjjjlk jkl d

MMMMMME vMERMERM EMRvM EFMsm sm s GJMoM OOOdf FDF GO AOAö GGgg

OOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Quel est la leçon de la bombe : " Bang ? "

" Big - Bang ? "

"Mon héros n’est plus.

Elle est là : la mort !"

Quel est le son de la bombe :

ÔM - AUM
 
 


 
 



Troisième partie :

" RéalitéS "




Chapitre huit : Comment peut on mourir avant la fin d'un roman ?

Comme cela. Bêtement.

Comme par enchantement ou par accident. Comme si ça n’avait aucune importance, aucune conséquence.

Comme cette silhouette qui parce qu’elle a beaucoup à faire, s’affaire et traverse la route sans voir le camion. Et voila que tout à coup, ce qu’elle avait à faire de si important, si important qu’elle n’a pas regardé d’abord a gauche puis à droite pour traverser, éclate en mille morceaux et se mélange aux débris de son corps. D’abord sous 38 tonnes et puis 6 pieds sous terre. Et ici comme ailleurs, l’importance mise dans de vils préoccupations empêchera toute réalisation. C’est con !

Il est vrai que cet exemple et trop réaliste et bien peu romanesque. Des gens qui meurent avant la fin de leur histoire nous en connaissons tous, mais, me direz vous, des gens qui meurent avant la fin de leur histoire, ca n’arrive que dans la réalité, et pas dans les livres heureusement !

C’est une vérité, parmi d’autres, mais surtout c’est idiot !

Et si dans un roman cela ne se fait pas, c’est une fort mauvaise habitude à perdre ; usitons du contre-pied.

Quelles conséquences cela pourrait-il avoir d’ailleurs ? La mort avant la fin du roman ne peut même pas entraîner la fin du roman sinon elle devient une bête et classique " mort à la fin du roman " !

Alors ? !

Et s'il suffisait d'avoir un peu confiance, en notre capacité de créer l'avenir. Pas l'imaginer à l'avance, non, juste le créer à chaque instant, nouveau. Car pour ce qui est des grands prédicateurs ! Avez-vous déjà remarqué comme dans les feuilletons futuristes des années 60, les uniformes des spacio-kitchonnautes rappellent étrangement les combinaisons moulantes à pattes d'éléphants, complètement dépassés des Claudettes. Avez-vous remarqué comme dans "Orange mécanique", la projection dans le futur qui nous est proposée et qui devrait universellement nous rappeler toutes les époques totalitaires présentes, passées et futures, reste immanquablement collée aux années 70. Comme dès un an après, qu'importe quel documentaire sur la dernière découverte scientifique, passe pour un documentaire " du temps... ". Comme nous n'avons plus rien à secouer de l'exploit sportif qui secouait hier encore les supporters et amateurs d'exploits sportifs. Comme la chanson de l'été n'a pas supporté l'automne. Comme le super ordinateur H.A.L. pensé comme l'intelligence artificielle à venir dans "2001 : Odyssée de l'espace" n'est pas même doté de l'interface graphique d'une (oh combien vulgaire) console de jeux vidéo actuelle. Comme les temps modernes sont d'un autre âge. Comme ce qui est moderne et mode, est mort et dépassé.

Comme l'imagination de l’homme est pauvre quand il s'agit d'imaginer le futur fruit de l'imagination de l'homme.

Alors ? !


Chapitre neuf : Droit et Justice

Et Yahweh dit au Satan : " As-tu pris à coeur mon serviteur Job ? Il n’a point son pareil sur la terre : C’est un homme intègre et droit, craignant Elohim et se détournant du mal. "

Et le Satan répondit à Yahweh et dit : " Est-ce gratuitement que Job craint Elohim ? N’as-tu pas mis haie vive autour de lui, autour de sa maison, et de ce qui est à lui à la ronde ? L’oeuvre de ses mains, tu l’as bénie, et son troupeau a surabondé dans le pays. Mais veuille étendre ta main et frapper tout ce qui est à lui ! Tu verras s’il ne te maudit pas à ta face. " Et Yahweh dit au Satan : " Voici tout ce qui est à lui dans ta main ! "

Le livre de Job
L’horreur, le tragique, la violence et la mort ont encore frappé comme fanatiquement pourraient titrer grassement les feuilles de choux. " Si c’est pas malheureux de voir cette violence aveugle, si jeune ! ". S’esclaffent les badauds sous la visée de l’oeil de verre unique des cameras médiatiques et médisantes ou autres charognards. " Y’a plus de justice mon bon monsieur. Doit on tolérer encore longtemps cette intolérance  " s’insurge sincèrement devant tant d’iniquité une brave dame, qui hier encore fustigeait, cynique, les étrangers irréguliers. Et chacun y va de son prêt-à-penser. Et le grondement des flâneurs et en crue, son écho renchéri, grave reflet des verbiages insensés d’une moyenne inconsciente, fruits trop murs d’une majorité pathologique de bien-pensants.

" Ha oui, ha oui, ha oui " répond lâchement un passant heureux de se trouver promu au rang du journal de treize heures. Et la légende enfle en se couvrant de pustules. Et de quelque coté que l’on se place, l’instant d’avant, le dernier, vécu pleinement, superbe et absurde, n’est plus. En lieu et place demeure une histoire qui se meure et que d’aucun chargerait bien de justifications, de sentiments, d’affects, de sens, d’audimat et du cours branlant de l’Histoire qui s’écrit avec nos cris.

Violence ! Violence commise, violence subie, corporelle ou symbolique. Oppressions asthmatiques et passages à l’acte névrotiques se répondent sans fin ni loi. Cercle viscéral où chacun creuse la tombe du voisin, sa propre tombe, et celle de sa pelle avec ses ongles et ses dents. Nous sommes collectivement tout autant responsable de Vigiepirate que des terroristes. Cette petite réalité, née du bain de notre médiocrité et du magma de la somme de nos pensées, s’est matérialisée à nos yeux un peu plus qu’une autre, voila tout. Nous récoltons les fruits de nos semailles et qui parle de justice ? Pourtant nos enfants intérieurs bien qu'essoufflés, étouffés et réprimandés sont capable d’imaginer et donc de créer des réalités non ordinaires où il fera bon vivre, ces rires, ces fleurs et ces chansons.

"Human Bombe" lui, pendant ce laps de temps, dans son école maternelle, craint de s’envoler, de s’évanouir, de se fondre dans le néant. L’insoutenable légèreté de l’être. Il se leste le corps de dynamite, tout entouré d’enfants qu’il est.

Mais à quoi bon s’acharner sur l’ombre. Il est une espèce particulière de parasite qui ne se nourrit que de la chaire des charognards.

" Le soleil a-t-il une ombre ? " demande innocemment Zoé du haut de ses 4 ans.

Faux. Cela est faux.

Cela ne se peut ! C’est trop injuste, inacceptable, injustifiable, partial et sans fondement ce sont de ces sornettes comme celles qui font la véracité de toutes les histoires inventées.

Et pourtant ce corps, ce qu’il en reste, il existe bien !

La bombe, le bruit, le sang, et l’odeur de mort sont bien palpable eux.

Qui git là ?

" Pas moi. Pas cette fois. " Répondent en cœur et à tripes les anonymes attroupés.

La foule ainsi rassurée, rassasiée de sang, cherche un sens et ressasse sans refrain cette question approximative :

" De quel droit, qui, peut-on empêcher une histoire d'aller au bout d’elle même ? "

Alors Satan sortit de devant Yahweh et il frappa Job d’un ulcère malin de la plante du pied au sommet de la tête. Alors Job prit un tesson pour se gratter et il était assis au milieu de la cendre. Et sa femme dit : "Tu demeures encore attaché à ta perfection ? Maudis Elohim et meurs ! " Et il lui dit : " Comme parlerait une des femmes folles, tu parles ! " Si d’Elohim, nous acceptons le bien, n’acceptons-nous pas aussi le mal ? ". En tout cela Job ne pécha point par ses lèvres.

le livre de Job



 

Chapitre 10 : L’Histoire Utopique (qui n’a pas de lieu, n’en a jamais eu, et n’en aura, peut être, jamais)

- La tuée -

Etre là, au mauvais endroit, au mauvais moment, et ne plus être du tout.

Une histoire simple fauchée en pleine course. Une suite probable qui n’arrivera pas, parmi tant d’autres.

Ensuite, elle serait rentrée chez elle, après avoir fait les courses et, en hâte, elle aurait donné à manger, dans l’ordre décroisant de stridence; au chat, au bébé, à son mari (qui rentre tard et repart vite), aux plantes, et enfin, dans le temps personnel qu’elle s’accorde, en débarrassant, elle aurait grignoté. S’il y avait eu un ensuite pour elle.

Mais.

Elle avait des amis, des amies, des relations, de la famille lointaine avec qui elle s’entendait pourtant bien, un amant potentiel, des enfants et le bébé. Des enfants et le bébé qui étaient avec elle, ou n’était pas avec elle, au mauvais moment. Comme il vous plaira selon votre degré de sadomasochisme. Elle les aurait vu grandir. Ils auraient bien pris quelques branlées, surtout le petit dernier qui les aurait bien cherchés. Elle aurait pleuré à leurs mariages, ou pleuré parce qu’ils ne se serraient pas mariés, ne se reconnaissant pas dans ce rite d’un autre âge, alors qu’elle avait mis de coté, pour l’occasion depuis des années, plus de 50 bonnes bouteilles. Elle aurait pu accorder à ses petits enfants tout ce qu’elle avait refusé à ses enfants. Par contre, elle ne leur aurait rien laissé en héritage !

Mais, son mari était la cible.

Elle aurait eu le temps de se débarrasser de ce tic qui l’a gênait tant, et qui ne la gène plus du tout maintenant. Claudine lui avait donné l’adresse d’un grand spécialiste. Et jamais plus, dans les cocktails où elle s’ennuyait, son muscle de la lèvre supérieur gauche ne se serait remis à battre la chamade nerveusement, montrant à tous un rictus irrité, signifiant à la ronde, comme le nez sur la figure, " tu m’emmerdes ". Maintenant, de toute façon, jamais plus elle ne remettrait les pieds dans ces cocktails autrement que comme sujet de conversation. C’est d’autant plus dommage que maintenant qu’elle était morte, dans ces " party " clinquantes où l’on singe si mal la vie, elle dirait tout haut ce que son rictus disait tout bas.

Mais, elle accompagnait son mari qui était la cible de l’attentat.

Elle aurait enfin commencé son cours de danse africaine. Elle aurait payé 230 francs d’amende pour stationnement gênant, alors qu’elle déposait juste une lettre, Monsieur l’agent ! Elle se serait fait voler son téléphone portable et on aurait libéré ses nains de jardin. Elle se serait trompé deux fois de suite en tournant à gauche après la grande écluse. Elle aurait ramené deux statuettes et un méchant microbe de son séjour au Laos. Elle aurait pincé ses lèvres jusqu’au sang, dans un lieu inadéquat aux ébats, de peur d’être découverte. Elle n’aurait gardé aucun souvenir de sa visite de l’Abbaye de Fontevaud mais aurait pu citer Foucault dans le texte. Elle aurait soigné un roitelet femelle pendant deux semaines et l’ingrate, à la première occasion se serait envolée par la fenêtre. Elle aurait vu le premier Homme sur Mars et aurait refusé de manger la langouste qu’on lui présentait encore vivante. Et dans le fjord de Geirangerfjord à 6h45 elle aurait eu la peur de sa vie. Elle n’aurait jamais compris le principe de la fission nucléaire, malgré toutes les explications, sans doute par conviction. Ni remords ni regret quant à son mariage arrangé, juste un peu d’aigreur quand serait venue la ménopause au fur et à mesure que s’envoleraient les rêves de princes charmants. Elle aurait flâné ici, baguenauder là et erré tout du long, sans jamais se retourner.

Mais par le plus grand et le plus ingrat des hasards, avec d’autres, elle était au centre de la sphère épicentrique au moment de l’impact. C’était presque plus qu’improbable. Les chances étaient quasiment nulles. Comment sur les 510.000.000 Km2 de surface de la Terre, et sur ces 4,6 milliards d’années d’âge, peut-on se trouver exactement où il ne faut pas au mauvais moment ? C’était comme de gagner la super cagnotte du loto trois fois de suite. Impossible, ou presque. Mais c’était aussi un peu différent, non ? Elle qui ne voulait pas jouer aux jeux de hasard, préférant amasser du pécule pour ses vieux jours !

Et malgré les efforts de ce beau et talentueux jeune diplômé de médecine, penché sur elle, s’agitant, haletant, plein d’énergie et d’attention à son égard, elle ne reviendrait pas à la vie. C’est dire !


Chapitre 11 : L’Histoire Utopique (qui n’a pas de lieu, n’en a jamais eu, et n’en aura, peut être, jamais)

- La morte -

Dzamïn Uüd est morte.

Dzamïn Uüd est morte elle aussi.

Sacrifiée, martyre, auto-détruite, mais surtout morte.

Elle ne se réveillera pas demain. Ni après demain d’ailleurs. Ni aucun autre jour qui plus est. De toute façon elle n’était guère matinale, et ce n’était jamais son heure. Sauf la dernière, qui une fois venue, arrivait trop tard pour y changer quelque chose et profiter de tous les matins du monde.

Ses cheveux ni longs ni courts, voilent encore pudiquement son visage resté figé dans la douleur. Dans la douleur ou la dans la surprise, comment savoir, puisque ses cheveux ni longs ni courts voilent encore pudiquement... etc... Et sa mâchoire qui permettra de l’identifier lors de l’autopsie ne croquera plus la vie dans un croissant encore un peu chaud. Son corps dont elle n’avait jamais cru en la beauté ne lui fait plus mal maintenant. Ses pensées non plus.

Au moins elle n’aura pas eu d’enfant. Au moins ils ne pleureront pas la mort de leur mère aujourd’hui. Tant mieux pour eux. Tant pis pour elle.

Nostalgique prospective d’instants qui auraient aimés advenir, tranches de vie éparses, histoires utopiques :

Le 31 Décembre prochain, au soir, Dzamïn aurait fêté la nouvelle année, comme tous les vivants, mais pour elle, s'eut été la première fois. Avant, elle se moquait de ces fêtes " petit bourgeois". Fêtes obligatoires, où il est l’heure de s’amuser et d’être heureux ensemble. Aujourd’hui le fait d’être morte lui aurait donné envie demain, de ne retenir pour la prochaine Saint Sylvestre, que le mot " ensemble " !

Le 8 Janvier elle aurait glissé sur le sol gelé à s’en fracasser la tête. Une fois à terre elle aurait un peu pleuré, senti le contact froid du sol sur sa joue, vu la vapeur qui sortait de sa bouche sous forme de brume, attendu que quelqu’un l’aide a se relever, attendu encore un peu, ressenti la laine de ses gants s’accrocher encore un instant au givre sur l’asphalte, attendu toujours, il n’y a décidément personne dans ce parc gelé ce matin. Et elle aurait ri. Ri si fort.

Le 24 Février, Hakim le fils du forgeron, qui décidément ne se ferait jamais à la prononciation de ces noms étranger, lui aurait trouvé se surnom qu’elle aurait tant aimé porté : " TAZ " (en souvenir des défuntes, elles aussi, Zones d’Autonomies Temporaire du Cyber Espace).

Au printemps il lui serait arrivé un sentiment, si fort, en même temps que les derniers flocons de neige, en plein visage, par bourrasque, à l’en faire rougir de plaisir. Si fort qu’elle n’aurait pas accepter d’en parler ici.

Le 1er mai ce n’est pas la fête du travail comme Pétain à réussi à le faire croire à la majorité collaborationniste et à ses descendants. Le 1er mai est une fête populaire, un jour des fous, ou les masses laborieuses rêvent depuis toujours et par tous les temps. Dzamïn le savait. Elle l’aurait dit à tout le monde encore cette année. A Valentine qui se serait abrité sous la banderole " y’a t’il une vie avant la mort ?". Et encore, elle lui aurait répondu : " qu’elle différence ? Qu’elle importance ? "

Et puis ce jour de crash (boursier ? aérien ?...) où elle n’aurait pas lu les journaux, pas écouté la radio, pas parlé a son voisin de palier, et, ignorant tout du drame, se serait permis, naïve, du bon temps.

Et la Saint Valentin ? La Saint Valentin est-elle à sa place chronologiquement ? A-t-elle même simplement une place ici ou là ?

La fête naZionale, ça non plus elle n’aimait pas. Et le jour du 14 Juillet, elle serait restée aussi dans son lit douillet. Et cette année là, ils seraient restés ensemble dans son lit douillet. Ce jour, ils se seraient aimé pour toujours.

Le 15 Juillet, ils se seraient quittés, sans parjure !

Mais qu’est ce que Dzamïn aimait alors ?

Tout.

Rien.

L’espace entre tout et rien. Allez savoir, si jeune, elle n’a pas eut le temps de tout essayer. A choisir, je crois quand même qu’elle préférait le " tout ".

Peut-être, sûrement, était-ce là, son plus grand handicap, sa majeure inadaptation ; cette difficulté maladive à aimer. Certes, elle aimait les pages blanches, tous les possibles, les utopies, les grands espaces vierges, la toundra, et le vide. De toute évidence, ce handicap était le simple pendant de son incapacité à faire des choix, des deuils. Aimer c’est mourir un peu, choisir, c’est abandonner d’autres possibles. Comment remplir les pages blanches alors ? Dzamïn Uüd justifiait son attrait pour le vide alternativement, par ces origines mongoles, et par de grandes théories nihilistes. Elle ne savait pas elle même. Cet attrait du vide était son plus sûr moteur, mais aussi son frein le plus certain. Incapable de choisir ce qu’elle aimait, de prendre une décision, même simple parfois, elle recourait d'ordinaire à un stratagème :

- Prendre une feuille blanche de format A4

- Tracer une ligne noire, verticale, en son exact milieu

- A gauche noter, tous les arguments " Pour "

- A droite noter tous les arguments " Contre "

- Quand la tempête de cerveau est finie, et que les listes sont pleines, jeter dans un geste désinvolte, la feuille à la poubelle, ou mieux, la brûler, la pendre ou la noyer.

- Et puis tirer à pile ou face, si c’est oui ou non !

De toute façon, pensait elle, tant qu’on a encore le choix entre deux options c’est qu’il est trop tôt pour choisir. Alors elle attendait, encore un peu, que le choix se fasse pour elle.

Ou, comme d’autres avant elle dans les rues de Strasbourg, (Goeth ? les Situationnistes ? ...) tourné a droite, tourné a gauche à chaque croisement, indifféremment, juste pour voir où cela nous mène, où cela ne nous mène pas, et puis pour une semaine, un mois, dire " oui " à toute les propositions, toutes les sollicitations, toutes les avances, à ce que la vie nous propose, ou pas. C’est tout !

En tous cas, elle savait ce qu’elle n’aimait pas, et c’est déjà beaucoup. Elle savait aussi mettre le prix pour être en accord avec ces convictions, ne jamais faire ce qu’elle ne voulait pas faire. Elle avait cette intégrité qui conduit bien souvent à s’écorcher vif. Jusqu'au-boutiste, sans concession, sa fierté, sa faiblesse itou. Ne pas continuer à dormir, faire tout les efforts pour se réveiller, se révolter, souffrir souvent, surtout au début, mais surtout ne pas s’arrêter là, continuer à avancer, à chercher.

Qui peut en dire autant ? Qui va parler de faux pas maintenant ? Nous qui la regardons d’en bas, sur la terre ferme, évoluer entre le 351ème et le 352ème barreau de l’échelle de Richter ? A partir de qu’elle hauteur la chute est elle mortelle, se demande Bob, l’expert-pépiniériste-comptable, avant de se lancer à l’assaut du premier barreau, en relisant les petits caractères de son contrat d’assurance. Comme de jeter la première pierre.

Et déjà la moitié d’une année est passée. La moitié d’une année qu’elle n’a pas vécue. Il y en aurait eu d’autres, pas très nombreuses, mais quelques-unes auraient vraiment value la peine d’être vécues.

Dzamïn Uüd méritait elle-la peine de mort ? Est ce que cela valait la peine de mourir ?
 



 

Chapitre 12 : L’Histoire Utopique (qui n’a pas de lieu, n’en a jamais eu, et n’en aura, peut être, jamais)

- La Cible -

La cible était un homme. Cet homme avait une fonction sociale. La fonction était la cible.

Dans un raccourcit dont Dzamïn avait le secret, en supprimant l’homme, elle supprimait la fonction. Plus de vendeur d’armes, plus de tortionnaires, de dictateurs, de chefs de guerre sanguinaires, de représentants de commerce, de commanditaires de massacres. Plus de méchants de tous poils, becs et ongles...

Mais putain, quel salaud quand même !

Dzamïn savait beaucoup de chose sur lui, son ascension, ses responsabilités, ses choix, ses décisions, ... leurs conséquences.

Dzamïn savait beaucoup de chose de lui, elle le connaissait presque intimement. Il était comme un proche parent que l’on n’a pas vu depuis des années, peut être même un parent enterré. Absent ? Présent ? Comme cet homme qui une nuit s’était penché sur son lit de fillette, parce qu’il aimait les enfants, juste pour les regarder dormir. Cet homme n’avait aucune arrière pensée, mais il lui avait fait tellement peur quand elle avait ouvert les yeux. Cet homme, depuis, était toujours présent quand elle fermait les yeux. Comme tous ces fantômes qui n’existent plus que dans sa tête. Celui qui lui avait dit, parce qu’elle ne voulait pas manger de poisson : " Essaye, c’est bon pour la mémoire, je vais te dire un truc et tu t’en rappelleras à chaque fois que tu mangeras du poisson : COUIC ! ! ! ". Et Dzamïn avait été consciente de ce moments, elle l'avait vécu à sa place, mais aussi un peu plus haut , comme si elle avait regardé la scène d'ailleurs. Et bien sûr, Dzamïn s’en rappelait à chaque fois qu’elle mangeait du poisson. Absent ? Présent ? Est-ce uniquement aux choses et aux êtres présents physiquement, que l’on peut décerner le titre honorifique de : " réel " ?

Elle le connaissait bien parce qu’il était aussi dans sa tête.

Lui ? Un autre ? Le même ?

Mais putain, quel salaud quand même !

Dzamïn était bien terroriste elle, alors, pourquoi n’aurait elle pas aussi lové in - synapses, sa partie de démence, de violence, de lâcheté, de haine. Tout ce qu’elle haïssait chez les autres, dans ce monde extérieur, toute cette société qu’elle rejetait, tout ces êtres qu’elle vomissait, étaient tapis en son ventre fécond comme la bête immonde. Tout cela était insupportable. Tout cela avait pris corps en dehors d'elle. Tout cela c'était matérialisé dans cette cible.

Le bougre, lui, s’était laissé aller au coté obscur de la force, à la facilité et aux honneurs. Encore un qui avait loupé une marche de la grande échelle. Le plus pitoyable de toute cette grande famille, sans doute.

Il y a ceux qui restent au pied de l ‘échelle, comme l’expert-pépinieriste-comptable ; Dommage.

Il y a ceux qui, sans filets, tentent l’ascension et se crachent comme Dzamïn ; Dommage.

Il y a ceux qui montent encore ; Hommage !

Il y a, peut être, ceux qui sont hauts ; Oh - mages inaccessibles !

Et il y a ceux comme Li Peng, la cible, qui sont arrivés en haut, qui le croient, et qui ont triché, bien sûr !

Ronger ses ongles sous prétexte d’avoir les mains sales.

Et le pire restait-il à venir ? Est ce parce qu’on pouvait espérer un repentir de Li Peng, qu’il fallait qu’il espère un pardon ?

Li Peng, aurait pu couler de vieux jours heureux. Il aurait fait son auto-critique. Pas sous la torture lui ! Auto-critique dans un best seller que Clara aurait pu feuilleter à la gare de Perpignan, qui lui aurait assuré la douceur soporifique de ceux qui savent que jusqu’au bout il ne manquerons de rien. Manquerons de rien matériellement !

Li Peng, aurait dormi 1/3 de sa vie, couché sur ses deux oreilles, et fait peu de cauchemars, comme la majorité des êtres humains. Et si Li Peng était un être humain ? En quoi se réincarnerait il ?

Mais putain, quel salaud quand même !

Dzamïn a eu sa peau.


Chapitre 13 : L’Histoire Utopique (qui n’a pas de lieu, n’en a jamais eu, et n’en aura, peut être, jamais)

- L’histoire d’Amour -

(la plus belle)

" Likk a des yeux qui traversent les murs... ".

C’est la première chose qu’aurait pensé Dzamïn en l’accueillant à l’aéroport. Likk était un homme qui avait mûri dans l’Urga entre les steppes, la Taïga et le désert de Gobi. De temps en temps son horizon était limité; par les tentures de la " Gher " familiale, quelques nuits seulement. Le reste du temps l’horizon était si loin ! Par manque d’occasions, ses yeux n’avait jamais vraiment réussi à régler la focale à moins de 15 mètres. C’était la distance qui les aurait séparés maintenant. En s’approchant plus, Likk savait qu’il verrait Dzamïn un peu floue... Peu importe, il lui aurait resté une bonne demi-douzaine d’autres sens en éveil.

" Fils du grand ciel bleu " : Temudjin alias Gengis Khan.

C’est la première chose qu’aurait pensé Dzamïn en l’accueillant à l’aéroport. Parce que ce n’est pas seulement Likk qu’elle aurait retrouvé, c’eut été aussi ses racines, sa langue, son histoire et sa géographie. En prenant Likk dans ses bras elle aurait serré, sa famille, ses amis, ses ancêtres et ses descendants, son peuple, des hommes et des femmes, des enfants aussi, l’humanité perdue, retrouvée. En le tenant par la main, c’eut été une farandole joyeuse, longue, longue, longue de tous ces visages qui eut jaillit de sa mémoire, longue de l’aéroport Alsacien jusqu’à Oulaan Bataar, plus longue même que cette phrase, longue de 10 ans, soit environ 9 460 800 000 000 Km à la vitesse de la lumière.

" Sukhbaatar, héros de la révolution mongole et dézingueur de la féodalité ".

C’est la première chose qu’aurait pensé Dzamïn en l’accueillant à l’aéroport. Par ce qu’il était beau et fier, comme la statue de Sukhbaatar sur la place principale de Oulaan Bataar. Parce qu’elle les aimaient tous les deux infiniment et qu’aucun n’eut été jaloux de l’autre car jouissant chacun d’un amour infini. Parce que Sukhbaatar était mort assassiné, comme elle, avant de voir ce que les autres feraient de ses belles idées, comme elle.

" Avraga ".

C’est la première chose qu’aurait pensé Dzamïn en l’accueillant à l’aéroport. Parce qu’il émanait de lui la force tranquille de celui qui de haute lutte à conquis le titre supprème de " Avraga ", le Titan. La force tranquille de ceux qui ayant tant lutté n'ont plus besoin de lutter. La puissance du loup invulnérable. La présence du Saint Bernard qui n’a besoin d’aucune arrogance dans la tempête, qui attend avec la même assurance, l’accalmie, le printemps ou la mort. L’énergie pure, l’intensité et la sagesse, comme seule les montagnes. Mais même Avraga quelle que fut sa force, quelle que fut la force de son Amour, Avraga n’est pas Orphée descendant aux enfers pour chercher son Eurydice.

" Il existe. Il est vivant. Il est là. Il est ".

C’est la seule chose qu’aurait pensé Dzamïn en accueillant Likk à l’aéroport. Et puis elle n’aurait plus jamais eu besoin de penser. Tout cela, bien plus encore, aurait continué ailleurs que dans un coin sombre de son mental. Il existe vraiment, elle avait fini par en douter. il existe vraiment, comme ce Öldzii en pendentif, (dont le motif sans début ni fin est le noeud du bonheur) qu’il lui tend maintenant en cadeau de bienvenue. Il lui tend à elle qui n’avait aucun bijou, elle qui n’avait aucun pendentif, elle qui n’existe plus maintenant.

Dzamïn et Likk se serraient aimé au delà de leur personne. Comme si aimer une personne c'était juste "apprendre a aimer" avant de savoir "être en Amour".

Des sons, de quelque part et d’autres seraient sortis, comme amplifiés et résonnants sans fin dans cet aéroport qu’ils quitteraient tout deux maintenant. Quelques choses, des mots échangés, un bout de phrase contenant " ... Saïn Avaraï ... " (bon voyage), c’est sûr, mais émis par qui ?

Couvert, en tous les cas.

Couvert par les harmoniques.

Couvert par les harmoniques d’un chant diphonique. La musique des sphères plein la tête, la terre qui appelle au divin. L’Amour Divin.
 



 

Chapitre 14 : L’Histoire Utopique (qui n’a pas de lieu, n’en a jamais eu, et n’en aura, peut être, jamais)

- Le Sexe -

Une scène sexuelle, une vraie.

Voilà comment Dzamïn se serait exprimée au début de ce " roman ", quand elle était encore vivante :

Une scène sexuelle, une vraie.

"Parental advertissement : Explicit lyrics." Ici comme ailleurs, peuvent se nicher des mots crus de cul. Alors sachez parents, protéger vos enfants. Mettez les à l'abri. Brûlez ce livre et tout ceux qui osent écrire :

BITE
 
 

Partez en croisade contre tous les Salam Rushdie de la décadence sexuelle. Rejoignez les rangs des armées de pudibonds qui font la guerre à la plus belle trouvaille de la nature. Société de cons, de merde, où l'on peut montrer au journal de 20 H toutes les pires images de massacres, de guerres, de maltraitante de l'homme par l'homme (sang majuscule à l'Homme s'il vous plaît !). Images qui permettent de faire patienter avant la diffusion en prime-time d'un navet américain sanguinolent et patriote s'il en fût, mais attention, pas de sexualité explicite avant 24h et encore, cryptage de rigueur. Société que je vomis donc, où en bon père de famille il est de bon ton d'avoir un fusil de chasse qui vous foudroie un éléphant en plein course, installé paisiblement sur la cheminée à portée de main des enfants pour assurer leur sécurité tout en réclamant la réhabilitation de la peine de mort, pour au cas où... . Société inqualifiable où des assassinats commis par l’état sont justifiés au nom de "frappe chirurgicale", "raid de représailles" ou "pilonnage de position stratégique". Société pitoyable où le dicton "Si tu veux la paix, prépare la guerre" devance largement et lamentablement le "la fin est dans les moyens" de Gandhi. Exécrable société où chaque jour tout autour de moi tend à justifier, que dis-je, ennoblir le recours à la violence. Société de cons, de merde, où, donc, la nature de l'homme est belliqueuse et où l'amour et la sexualité sont normalement moralement tabous, cachés, réprimés, honteux, bas et vils péchés dont l'évocation n'est tolérable que sous la formule du : " repos du guerrier ".

Le sexe est politiquement incorrecte. Il est subversif car c'est la vérité.

Dzamïn dans sa recherche absolue d'absolu s'y est adonné à corps et a cœur joie.

Une scène sexuelle, une vraie donc.

Pas une scène calibrée comme on en retrouve dans les re-productions Hollywoodiennes au scénario ficelé par un impitoyable algorithme, fruit de 10.000 ans d’études des moeurs et du marché :

- Le premier baiser entre la 12éme et 17ème minute à condition qu’il ne dure pas plus de 8 secondes et ne remplisse pas plus d’un quart de l’écran pour ne pas choquer la ménagère de plus de 35 ans, sans blaser le lycéen qui représente quand même à lui seul 22% des parts de marché des produits dérivés.

Et puis, les 5 règles d’or de la loi de 5 :

- jamais plus de 5 minutes sans une jolie fille à l’écran.

- jamais plus de 5 vêtements différents sur le corps de l’héroïne (les 2 chaussettes comptent pour un !).

- jamais plus de 5 secondes pour un même plan dans une scène " amoureuse ".

- jamais plus de 5 plans d’affilé dans la même scène dite amoureuse (mais ralenti autorisé).

- ni plus ni moins que 5 moments libidineux.

D’aucuns prétendent qu’il existe une sixième règle d’or de la loi du 5. Sixième règle qui serait tenue secrète. Les pourfendeurs de cette vision des choses rappellent, à juste titre, que s’il y avaient 6 règles à la loi de 5, elle se serait appelé la loi de 6, évidemment. Mais, loin de se laisser démonter par de tels arguments basiques, les premiers rétorquent, non sans bon sens également, que cette sixième règle existe au moins tacitement car les faits l’attestent :

- " jamais plus de 5 étalons pour enculer l’héroïne en même temps dans toute bonne grosse production commerciale qui vise le prime time ".

Quel périlleux grand écart, en tous cas, entre la scato sainte morale et les pulsions libidinales que l’on connaît en chacun de nous.

Qu’est-ce donc que le marketing sinon l’alliance diabolique, des psys de tout poil, avec la loi du marché. " Maintenant que nous connaissons vos besoins, nous allons vous vendre, en viager, des ersatzs qui ne feront qu’attiser votre soif ! " La prostitution du docteur Freud par l’oncle Sam et toute la world compagnie.

Comment ferait Melissa, du haut de ces 12 ans seule dans sa chambre au 8ème étage de son immeuble avec ses montées d’hormones pour résister au pouvoir attractif certain de : Boby, Brendo et Plouf, les 3 spartiates lobotomisés aux corps génétiquement modifiés, qui se trémoussent sur les posters de sa chambre. Et Rolf ne sait même plus qu’il pourrait regarder Melissa autrement, tout gavé qu’il est de vidéos pornos machistes et dégradantes.

Comment peut-on se construire une sexualité saine, entre les tabous, les non dits familiaux, les morales religieuses qui arguent les anges à ne pas avoir de sexe, le marché du sexe qui se porte bien inversement proportionnellement à la satisfaction des consommateurs potentiels, et le sida ? Comment ?

Loin du tantra, l’éducation sexuelle se résumant à un cours d’anatomie, chacun cherche son chat où il peut : dans la pornographie "hard over trash" ou dans les manuels de prévention des risques pêle-mêle toxicomanie sida.

Savez vous pourquoi c’est la lettre X qui symbolise le sexe ?

Parce que le S et le E étaient déjà utilisé respectivement pour Dollars ($) et Euros (€).

sexe ¹ $€X€

Le $€X€, c’est la mort.

Voilà ce que ne se privait pas de dire Dzamïn sur tous les toit, sur tous les tons, surtout en le criant quand on aurait aimé qu'elle murmure, chuchote ou se taise.

"Il faut l'entendre en considérant" qu'elle le criait "sciemment dans l'intention de nuire à la société spectaculaire."

Et de toute façon la projection est une protection comme une autre pour ne pas s’avouer simplement son incapacité à vivre pleinement sa sexualité, alors ....

- - - - -

Le sexe est beau, naturel et innocent.

Le sexe c’est la vie !

Voilà ce que Dzamïn aurait dit maintenant qu’elle est morte :

Il la regarde, elle est en pleine lumière, et le contre jour laisse à voir l’espace entre ses cuisses. Elle le voit qui cligne des yeux, ébloui. Elle brille, elle est la lumière.

L’espace d’un râle, il est le son. Avant même le premier contact, tout séparé qu’ils sont encore par des mètres de vide et quelques millimètres de tissu inopportun, en même temps que le râle, monte un premier spasmes, presque douloureux, d’une violence animale, ancestrale, mâle et primaire : " l’appel de la vie à elle même ". Il s’est levé d’un bon, félin, et les pieds ancrés dans le sol, attend maintenant l’impact.

Elle fait encore un pas et s’effeuille un peu plus. Il l’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, à la folie, ... à la folie et elle s’arrache les pétales.

Encore un pas, et elle sera dans ses bras. L’impact et l’inertie ne le feront pas même broncher, tout retourné qu’il est déjà intérieurement, et de ses jambes trop arquées pour être honnêtes, des racines ont germé jusqu’au centre de la terre où elles puisent leur stabilité et leur énergie. Son ventre lui fait mal. " Putain - Dieu - elle est belle " se susurre t’il en sourdine, en boucle, et entre ses dents. Dents à l’émail infiniment blanche et crispée a-t-elle le temps de remarquer avant d’y glisser la langue.

Impact.

Il n’a pas bougé. Pas reculé d’un pas, pas vacillé d’un pas, pas vibré d’un, pas ondulé d’un, pas même tremblé. Une montagne. Du bronze dont sont faites les statues de dieux grecs. Du bronze, il a aussi la couleur de peau ; chaude. De l’airain, du cuivre et de l’ébène. Du santal, du safran et de l’ivoire aussi. Du poivre, de la courge et du persil, non, stéréotypes obligent !

Elle évalue cependant les dégâts d’une oeillade. Ses cils vibrent comme les ailes d'une libellule. Sa tête à elle s’est encastré violemment juste au-dessus de ce pectoral qui en dehors de ses muscles tendus et vibrants doit bien contenir quelque coeur battant la chamade. Ses épaules et ses seins, presque aussitôt, ont percuté âprement son bras qui se voulait pourtant accueillant. Il peut bien lui caresser les cheveux maintenant ! Son bassin enfin, épicentre de gravité, d’énergie et de désir, s’est écrasé sauvagement, de coté, contre sa hanche.

Elle s’en sort bien. Elle n’avait pas imaginé un tel choc tout d’abord. Et puis dans son élan…, mais trop tard, elle avait eut le temps de deviner son implacable présence physique. En se jetant dans ses bras elle avait eut le temps d’avoir peur de s’y broyer. C’était sans compter sur la souplesse de son corps à elle.

Ils roulent maintenant, par ce que leurs corps le veulent. Il gobe délicatement sur sa tempe, une goutte, la première de sueur ou la dernière larme ? Et le désir gonfle son sexe. Elle lutte d’arrache-pied pour lui enlever ses chaussettes et mordiller son talon.

Plus de situations, de décors ou d’éclairage. Elle et lui.

Plus de vêtements, d’accessoires ou de pensées. Lui et elle.

Maintenant, le rugueux de sa toison pelvienne où il descend sa main tenant sa verge. La douleur à la racine de ses cheveux, longs, emmêles et couard sous son genou. Leurs sexes qui enflent, se gorgent de sang, aux rythmes accéléré de leurs coeurs, souffles et vibrations. Un rictus aussi enfle. Il expire et la vapeur est chaude. Elle in-spire, trance-spire et s'enroule. Vite, ici, une épaule à caresser. Narines dans l'oreilles. Lèvres sur la pomme d'adam. Genou, qui pousse et fraye, gauche. Tout goutter avec la bouche. Les doigts sur, sous et dedans. Sur soi : Sève, sucs, salive, sang, sperme, sueur, sur toi, sur moi. Excès d'"S" (comme Serpent), mais c'est excellent. Et tombe à la bascule presque.

L'un liche le sexe de l'autre. Des sucs titillent les papilles. Mordilleraient presque si ce n'était déjà fait. Et toujours la peau, toute la peau qui appelle. L'attrait de l'appeau élastique qui nous fait croire qu'elle nous sépare ! Ces pi (å ) mètres carrés de surface qui nous délimitent ; dedans - dehors - dedans -dehors - … "bouge en moi, maintenant".

Unissons nous ! Qui dedans ? Qui dehors ? un seul et même mouvement. Un. Le mouvement est premier, c'est lui qui nous donne corps et matière. Pèse. S'accroche. Tire. Glisse. Tourne et tourne et… Serre. Change. Prend. Donne.

Et ils jouissent, ensemble, l'un après l'autre, l'un sans l'autre, l'un de l'autre… ? Qu'importe, ils jouissent et les dieux sont comblés.

Il offre son sperme à ses reins, son culs, sa bouche et ses seins. Elle fond, se tétanise, explose et mûrie, pleure et vit, chante, mord et crie, danse, dort et à chaud. Leurs doigts collent des humidités partagées. Le poids de leurs corps les aide à redescendre. Plongées dans les souillures sacrées, dormir et recommencer, … ou demain.
 
 



Quatrième partie :

" Doutes "




Chapitre 16 :

Fondu vers le blanc.

Blanc.
 
 
 



 

Chapitre 17 :
 
 

Ensuite seulement tu peux t'esquiver et laisser la place aux mots. Ne gaspille pas tes mots, d'aucun (*) dirait que tu t'essouffles à remplir le vide avec du néant.

Enfin, saches à qui tu t'adresses. Tout comme tu as changé, tout comme tes mots ne reflète plus l'adolescente que tu fus, ne t'adresses plus à d'autres adolescents. Bien sûr, peut-être cette société en est pleine, mais ne t'adresse plus non plus à la société, ni à ses individus, ses pantins, ses idées, tous, chacun. Ou peut être, plutôt, oublies à qui tu t'adresses, donne juste le meilleur de toi-même. Chacun , où il est, récoltera ce qu'il peut à travers le tamis de ce qu'il est. Cesse donc simplement de t'adresser à si peu…

Je t'écoute…

… la veille de passer à l'acte tu es venue me voir.

… On pourrait aussi dire que j'accompagnais une délégation de moines tibétains, proches du Dalaï Lama. Il serraient venu à Strasbourg pour réaliser le Mandala de Kalachakra, celui qui rayonne comme 100.000 soleils, et apporte la paix en Europe …

… Ensuite, par exemple, nous aurions parlé. Tu m'aurais fièrement expliqué, tes raisons, ta motivation, ton engagement, ta sympathie pour les tibétains, tes projets, ton abnégation, ton plan d'attentat pour le lendemain.

Et puis c'est là que tout aurait basculé ! Tu avais fini de parler, de t'expliquer, de te déverser. Tu aurais pu me quitter et le tuer, te tuer, tuer qui tu voulais, ce n'est pas moi qui t'en aurais empêché, je n'avais rien trouvé à redire à l'implacable construction logique et justificative de ton monologue. Tout cela se tenait fort bien ma foi, si ce n'est que… tu n'est pas partie tout de suite … tu as attendu … Oh ! pas bien longtemps ! Tu as attendu quelques secondes, tu as attendu quelque chose de ma part : une autorisation, un encouragement, un acquiescement, un "oui" de la tête, une bénédiction, mon amour ou un coup de pied au derrière.

Et c'est là que tu t'es rendue compte que tu le faisais pour toi, et pas pour les tibétains. Tu avait besoin de moi et des tibétains et non l'inverse ! C'est là que tu a compris que c'était tout le sens que tu avais donné à ta vie et que tu était prête à mourir pour sauvegarder le sens de ta vie, plutôt que d'y renoncer ou de te trouver nez à nez avec son origine. Tu avait besoin de ma réponse, d'un sourire de quelque chose … sacre-bleu … et j'étais resté indifférent, comme non concerné ! Tu faisais tout cela pour plaire à papa, ou pour le choquer, pour être aimé d'untel ou regardé par tel autre. Tu mettais en branle toute cette machine infernale par ce que tu ne savais plus comment combler ton vide intérieur avec ces appels désespérés vers l'extérieur. Très bien, et alors ? Tout le monde fait ca ! Sauf que toi, pour ton malheurs, tu t'étais choisi un sens à la vie "altruiste" ! Quelle injonction paradoxale : "le but de ma vie, c'est de réaliser ce que je crois que veulent les autres. Le but de ma vie c'est de réaliser le but de leur vie". Pas de chance; les tibétains ne te demandaient rien ! Plouf ! Pourquoi courir après cet attentat dans ces conditions ? Tu ne l'a pas fait ! Ta vie n'avais plus aucun sens et c'est comme cela que tu as sauvé ta peau ! Ca te va ?

Dans ce cas, "ce qui est" (la réalité), n'est que le résultat d'une bête soustraction : "Tout les possibles" moins "tout ce qui n'a pas été" (le faux, l'imaginaire, le mensonge, la poésie, etc…) égale la réalité ! un vulgaire reste ! Voilà l'univers réel remis à sa (petite) place ! La réalité est là, toute seule, abandonnée par tous les autres possibles qui ne sont pas advenus. Elle a voulut faire la maligne, se montrer au premier rang, se différencier des autres possibilités, des autres univers, bien mal lui en pris, la voilà figée à présent, écrite, déjà de l'histoire ancienne, bref morte. La réalité est morte, tous les autres possibles continuent, ensembles, de ne pas exister, merci pour eux.

Mais je te propose, plus près de nous, d'aller beaucoup plus loin. Certains personnages de romans n'ont jamais existé, nous le savons toi et moi. Pourtant il nous ont véritablement appris beaucoup, et change réellement notre vie. Autre chose, parlons de ton grand père a présent : Il y a longtemps qu'il n'est plus de se monde pourtant il te permet encore aujourd'hui de réaliser l'impossible. Tu as bien de la chance, chez moi le fantôme familial m'a longtemps interdit de vivre vraiment ma vie.

Je te sens septique tout a coup.

Je t'ordonne de Douter ! C'est un bon début pour toi, aujourd'hui, où tu en est. Je ne dis pas que c'est une voie à suivre pour tous. Je t'ordonne de Douter, mais dans le même temps, je t'interdit de ne pas douter du bien fondé de mon ordre !

Cette diversion devrait occuper ton cortex assez longtemps pour nous laisser les mains libres pour la suite. Assez en tout cas pour mettre fin a ce brouhaha sans importance…

(silence emprunté)

D'une voix trop mielleuse : D'une voix trop forte, théâtrale : "Balivernes !" La tempérance est l'excuse des lâches ou des morts. Et si demain tu ne te réveillais pas ?

Ton corps d'aujourd'hui ne contient plus une seule particule identique à ton corps d'il y a un an. L'atome de fer dans tes globules rouges qui conduisaient si bien l'oxygène c'est fait la malle. Aujourd'hui il s'oxyde sur une plage de sel fin. Celui d'hydrogène qui était dans cette larme que, trop avare de sentiments, tu n'as pas versé, c'est associé à toute une foultitude dans ce gros nuage qui ne pleut décidément pas au dessus de l'Irlande aujourd'hui. Tel autre sert a cet instant de matériaux de construction au corps d'un insecte. Tel autre attend profondément sous terre pour quelques millions d'années, tel autre c'est tout tassé dans un alliage quelconque…

Qui est tu toi ? De qu'elle continuité te réclame tu ? Qu'elle pérennité représentes tu pour oser croire qu'il te faille dépendre autant de ce que tu étais hier encore ? Change ! Ose !

Je te fais encore cet ultime cadeau pour la route, mais le dans ta besace tu le dégusteras plus loin :

"La solution est pourtant simple, disons comme par hasard, qu'il n'y à pas de question, voilà tout mon secret. Sort d'"ICI". Va là où rien n'est écrit, ne m'écoute pas, cherche, travaille, expérimente, VIS, … "

Au revoir…
 
 

Pour lui même :

- "Pfff !!! Donneur de leçon, moi ?! Restons sérieux !"

Rires.

Elle n'est pas encore loin, pourtant il hurle, presque comme si c'était une insulte :

- "Va t'en vivre, ta deuxième chance !"
 



 

Chapitre 18 :

Dzamïn Uüd erre.

Elle est un peu perdue, et les dédales des ruelles ne sont rien comparé à celles de son esprit tout tarabiscoté du choc. Dzamïn Uüd déambule.

Sur le chemin, après le virage, elle entend même une phrase résonner musette. Une phrase que tente encore de lui souffler son intellect, un peu comme : " l’esthétique de l’esthète se fige en la mort. Contre culture, choisi la VIE ", mais elle n'y prête pas attention, elle n’est pas Jeanne d’Arc et ne se laisse pas compter fleurette. Cela ne l'abuse plus. Elle sourit. Maintenant elle sait quand elle est agie, elle sait quand elle agit, et surtout elle sait qu’au plus profond, même si elle n’agit pas, elle est !

"Quand l'Humanité sera heureuse se sera la fin de l'Histoire" prophétisait-on.

A cet instant précis, Dzamïn Uüd, parfaitement consciente, par la porte de service, sort de l'histoire.


Chapitre 19 :

Une taupe.

Bien sûr qu'elle est un peu éblouie. Bien sûr ses yeux ne sont pas fait pour se soleil de midi, mais c'est encore l'Aurore, alors … Elle a le nez couvert de terre, les griffes usées et néanmoins un pelage que l'on devine doux. Pourquoi cette coquetterie ? Personne le la caresse jamais pourtant.

Mais dans ce pré, aujourd'hui, c'est comme s'ils rivalisaient tous de beauté : Le coquelicot rouge arrogant et fragile, la libellule telle une fée/luciole d'herbe en herbe, le chant d'une chouette attardée dans la clarté et le parfum des boutons qui éclosent. "Ils rivalisaient tous", que l'expression sied mal aux formes de la faune, de la flore et à Dame Nature où chacun à sa place joue son acte à merveille, fait encore trois petit tours et puis s'en va.

Un détail encore attire l'œil, c'est une grenouille. C'est une Reinette qui s'est jetée bruyamment dans l'étang. On ne la vois plus maintenant, seuls les nénuphars s'agitent encore sur l'onde de son impact. L'eau en est toute troublée. Comme le champ, l'étang grouille et on pourrait le voir pour la première fois.

Et puis il y a aussi, l'odeur de l'humus qui se lève avec la vapeur de rosée. Un délicieux fond sonore empli tranquillement la vallée en bourdonnement d'insectes multiples et variés. Et là, un jappement peut-être, le court appel d'un renard sûrement. Seul, en contrebas, un vieil arbre et une grosse pierre qui lui sert de compagne, restent impassibles et silencieux. C'est qu'ils en ont vu des soleils de Mai se lever. Non qu'ils soient blasés. Juste le plaisir plus tranquille, de ceux qui savaient, contre tous les impies que cela allait recommencer, comme chaque matin, unique. Et sur la colline en face, cet autre champs, de blé celui-là, qui danse avec les vents, les jaunes, et quelques cris stridents.

Car, bien sûr la taupe prend des risques et déjà un milan l'a repéré et tournoie dans le ciel à sa verticale. Mais le milan à la tête ailleurs se matin, une chance pour elle, il est grisé d'espace, il mangera plus tard, si l'occasion se présente. On le dirait tournoyant encore plus haut que les montagnes les plus hautes de la région., plus haut que les quelques traînées de nuages. Si haut dans le ciel, plus haut que la lune, le soleil, jupiter et saturne. Il regarde sans nulle doute loin, au delà de notre système solaire, de la voie lactée. Il regarde sans nulle doute cette nébuleuse a tête de cheval qui le regarde à son tour. Et il n'en finisse pas de s'admirer, l'un l'autre, au delà de leurs différences, au delà de leurs échelles sans commune mesure, au delà de l'entendement.
 
 






Vain Chapitre 20 :
 
 

…Début.


Epilogue :




Peut être un peu moins égocentrique que le prologue ¿

Comme libéré de plusieurs couches, après un cheminement, celui de Dzamïn Uüd, le mien.

- qu’est ce qui reste quand on a enlevé toutes les couches d’un oignon ?

- rien !

- si ; … l’univers...