Juillet 2003 L'instant clic Le net journal d'Ophélie

L'INSTANT CLIC - Le Net Journal d'Ophélie

Juillet 2003

plume.gif (2 Ko)


Au coeur du temps

Je trouve que cette semaine passe trop vite. Heureusement, je sais qu'il y a du temps devant moi. Du temps pour inspirer et expirer. Ce qu'il y a de plus difficile dans la vie de tous les jours, c'est de devoir tout compresser. Dans le mot compresser, il y a presser. Et c'est de tout faire en étant pressée qui me stresse le plus.

S'il me faut des vacances un peu plus longues, c'est justement pour évacuer ce stress et me permettre de m'allonger paresseusement sur le temps. Malgré tout, l'habitude d'en faire trop et d'assumer ne se perd pas du jour au lendemain. Je sais consciemment qu'un de mes plus vilains défauts est de vouloir tout contrôler. Ce besoin de contrôler trouve certainement son origine dans un sentiment d'insécurité dont je suis incapable de me débarrasser, pas plus que de cette peur viscérale d'être abandonnée. Et aussi de ne pas être aimée. Pourtant, cette conscience de l'origine du problème ne m'apporte pas la solution.

Je suis quand même heureuse de constater que je suis un être en évolution. Je grandis, je ne cesse d'apprendre et je crois que je progresse dans la bonne direction. Même si la progression se fait lentement, j'apprends à apprivoiser ce rythme et à le respecter. Si je pousse trop, je risque de m'écrouler. Alors pourquoi essayer de courir plus vite que mes jambes me le permettent ?

Les vacances sont un moment privilégié pour faire le point sur différents aspects de la vie. Regarder où les choses s'en vont et évaluer si les directions sont toujours les bonnes. Je quitterai bientôt la maison pour quelques jours et je compte sur ce temps passé en dehors de mon univers habituel pour méditer sur quelques questions. Je sais que le contact avec la nature m'est toujours grandement bénéfique. Je sais que dans ces moments-là, toutes les inquiétudes me semblent futiles et toutes les interrogations trouvent une réponse simple, évidente.

Ma passion pour l'écriture se confirme et j'ai bien l'intention de l'exploiter sous différentes formes. D'ailleurs, j'ai conçu récemment une série de nouvelles pages que vous pourrez consulter à partir des Coups de coeur d'Ophélie, une page de liens qui vous mèneront aux différentes sections. Elle contient également quelques liens vers des sites de collègues diaristes. Je ne saurais cacher que j'ai mes préférences, mais je dois avouer humblement que je lis de moins en moins de journaux. Je dispose de peu de temps pour le faire et je préfère demeurer fidèle à ceux que je lis depuis un certain temps. Toutefois, j'aime bien me laisser porter par un choix fait au hasard sur le site de la CEV ou simplement me fier aux recommandations des autres. Je sais que je trouverai certainement des mots qui me toucheront, peu importe le site que je visiterai. Mais il faut bien faire des choix, puisque le temps n'est pas extensible.

Parlant de choix, si vous vous attardez à la page des Coups de coeur pour leurs mots, vous constaterez que les extraits choisis ne sont pas très récents. J'avais effectivement compilé ces extraits l'automne dernier et je n'ai pas ajouté de nouveaux extraits depuis ce temps. Mais maintenant que ces pages sont en ligne, il y aura certainement des mises à jour régulières que je signalerai ici.

Je souhaite que ces pages vous plaisent et vos commentaires seront toujours appréciés.

Ophélie, le 2 juillet 2003
plume.gif (2 Ko)


Aux chandelles

Grasse matinée après une nuit chaude passée chez mon copain, où ronronnait un petit ventilateur qui arrivait à peine à rafraîchir la pièce. Lui n'a pas beaucoup dormi. J'ai constaté son absence quand j'ai ouvert l'oeil vers 6 h 30, mais je me suis rendormie sans peine. Je savais qu'il n'était pas très loin. Il était d'ailleurs de retour à mes côtés quand je me suis réveillée vers 9 h 00.

Mon amour dort peu et il réfléchit beaucoup. Il vit un important tournant dans sa carrière et les remises en question sont nombreuses. Pour ma part, je dors beaucoup. Ce sommeil, qui devait me manquer sans que j'en sois réellement consciente, n'est pas toujours tranquille. Cette nuit, j'ai beaucoup rêvé. Des rêves sans grande importance, mais quand je rêve beaucoup, j'ai l'impression de me réveiller moins reposée.

Ce matin nous avons flâné un peu et nous sommes sortis prendre un café à notre endroit favori. Comme d'habitude, le café était parfait et la clientèle majoritairement masculine. Ensuite, nous sommes allés acheter quelques épices et du thé. Au magasin, j'ai aperçu une dame qui remplissait un grand sac avec ce qui m'a semblé être des fruits secs multicolores. Lorsque je me suis approchée, j'ai constaté qu'il s'agissait de croustilles de légumes : un mélange de légumes déshydratés, légèrement frits et assaisonnés. Nous avons goûté et adoré. Mais ce n'est pas donné : 28 dollars le kilo. Une gourmandise que je me permettrai tout de même à l'occasion.

J'ai fait une balade à vélo cet après-midi, mais la chaleur suffocante m'a vite coupé l'inspiration. Je manque d'énergie et ça me déprime. Je me dis qu'après 12 jours de vacances, je devrais au moins sentir un peu plus d'élan. Je me sens vieillir tout d'un coup, comme les enfants qui donnent l'impression d'avoir grandi de 5 centimètres en une journée. Est-ce la nuit que tout se passe ? La nuit que les enfants grandissent et que les adultes vieillissent ?

Dans quelques minutes je pars pour une soirée aux chandelles. Pas une soirée romantique non. Une soirée où on nous fera la présentation de chandelles et de chandeliers. Mon budget est limité, je ne veux (peux) pas faire de folie. J'aurai le plaisir de revoir quelques collègues de travail avec qui je m'amuse bien.

A plus tard...

Il faisait très chaud, mais la soirée a été très agréable. J'ai respecté mon budget, même si la marchandise était fort attrayante. Par contre, les prix étaient loin d'être compétitifs, compte tenu du fait que de nos jours, on trouve des chandelles à petit prix un peu partout. Néanmoins, il faut bien se gâter un peu (quelle consolation) !

Ophélie, le 3 juillet 2003
plume.gif (2 Ko)


Hier et aujourd'hui

Il fait encore très chaud, mais la chaleur ne m'a pas empêchée de faire mes confitures de fraises. Au marché, nous avons parcouru les allées pour examiner la marchandise et comparer les prix. La concurrence n'est pas féroce, puisque tous les marchands offrent leurs fruits à peu près au même prix. Alors, il ne nous restait plus qu'à choisir les fraises les plus belles et les plus appétissantes.

Les pots de confitures étaient alignés sur le comptoir, j'étais satisfaite du devoir accompli. Pourtant, toute la journée je me suis sentie terriblement moche. On dirait que je souffre d'une morosité dont je n'arrive pas à me débarrasser. Rien n'y fait, je suis triste et je soupire. Nous avons terminé la soirée en visionnant le film " Les gangs de New-York ", qui ne fera certainement pas partie de mes coups de coeur. Je déteste la violence, et ce film en est rempli du début à la fin.

Aujourd'hui, je prépare les bagages car nous partons demain pour la Mauricie. J'ai jeté un coup d'oeil sur les prévisions météorologiques et ce que j'ai vu m'attriste un peu. J'espère que la grisaille et la pluie ne gagneront pas trop de terrain et que le vent poussera les nuages pour nous offrir de belles journées de soleil.

Ce matin, j'ai lu un article intitulé " Cessez de rêver, osez ! ". On y raconte les expériences de personnes qui ont changé de vie pour réaliser leurs rêves. L'une a quitté son travail en ressources humaines pour devenir humoriste, l'autre a renoncé à un emploi fort bien rémunéré pour démarrer sa propre entreprise. D'une histoire à l'autre, on comprend aisément qu'il faut du courage et de la détermination, mais surtout une grande confiance en soi, pour laisser ce qu'on a acquis et suivre ses passions. Tous ces gens ont l'air heureux et ne regrettent rien.

Qu'est-ce que j'attends ? Est-ce que mes rêves sont réalisables ou suis-je en train d'essayer de croire à un conte de fées ? Est-il vraiment essentiel qu'aujourd'hui soit comme hier ? Pourquoi ai-je si peur de demain ?

Pour conclure son article, l'auteur a subtilement mentionné les rôles qu'ont joués les conjoints des protagonistes et le fait que sans l'implication, et parfois les sacrifices des uns, le rêve des autres ne se serait probablement pas réalisé. Je ne sais plus quel humoriste raconte que certains couples finissent par ne former qu'une seule personne, tout en se demandant lequel des deux finit par devenir l'autre...

Je ne crois pas que je réussirais à m'oublier pour suivre la passion de quelqu'un et je n'oserais jamais demander à quelqu'un de tout abandonner pour me suivre. Par contre, j'aimerais bien que des passions puissent se conjuguer et former un Nouveau Monde où nous serions, à deux ou à plusieurs, heureux hier comme aujourd'hui. On peut toujours rêver !

Ophélie, le 6 juillet 2003
plume.gif (2 Ko)


De retour

Le chalet était parfait : confortable, très bien équipé et magnifiquement situé. J'ai découvert avec plaisir le petit quai, juste devant, et je n'ai pas tardé à aller m'asseoir au bout pour pratiquer mon activité favorite : me mettre les pieds dans l'eau. Quant à ma fille, elle n'a pas hésité une seconde à sauter dans le lac et à apprivoiser les grosses pierres qui rendaient la baignade un peu difficile.

Nous étions à quelques kilomètres du Parc national de la Mauricie, alors nous avons profité de cette proximité pour aller nous baigner aux cascades à deux reprises et explorer quelques sentiers. A chaque visite, nous étions seules sur la route et le paysage se déroulait sous nos yeux comme s'il s'agissait d'une projection privée. Curieux contraste entre cette route déserte et les habituels embouteillages que je dois affronter presque tous les jours.

Je me suis bien reposée et j'ai apprécié ces moments passés avec ma fille, où nous nous sommes retrouvées à rigoler très souvent. Ce sont des instants précieux, car la vie ne nous donne pas assez souvent la chance d'être aussi disponibles l'une pour l'autre.

Nous avons beaucoup lu dans le silence du soir. Ma fille lit trois fois plus que moi et j'en ai presque honte. Non, au fond, je suis plutôt fière d'elle et heureuse de lui avoir transmis cette passion pour la lecture. Elle écrit aussi et elle s'enfermait dans la chambre chaque matin pour son petit rituel intime. Lorsque je lui ai demandé ce qu'elle écrivait comme ça, elle a répondu : « Des mots, des phrases, des paragraphes... ». Ma question était naïve, la réponse intelligente. Peut-être publiera-t-elle un jour ses écrits ?

De retour à la maison, je dois prendre conscience du bien-être qui m'habite et tenter de prolonger cet état le plus longtemps possible. Demain, je retourne au travail, je reprends là où j'ai laissé, avec un peu plus d'énergie pour tenir le coup.

Ophélie, le 13 juillet 2003
plume.gif (2 Ko)


Le choc

Je me sentais bien seule au travail ce matin, puisque presque toutes mes collègues sont en vacances. À mon arrivée, l'état de mon bureau m'a fait dresser les cheveux sur la tête. Des dossiers éparpillés un peu partout, des piles de livres qui menaçaient de s'écrouler et, tout près de mon clavier, une feuille sur laquelle était déposé un bonbon au caramel (mes préférés). Je me doutais bien que quelqu'un me demandait une faveur sur ce papier...

Je suis toujours étonnée du grand calme qui m'habite lorsque je reviens de vacances et de la facilité avec laquelle je fais face à ce scénario, qui se répète immanquablement année après année. Je sais que je finirai toujours par tout régler, en temps voulu. Mais je sais aussi que je risque de terminer la semaine sur les coudes. C'est loin d'être facile de trouver le juste équilibre, surtout pour quelqu'un de perfectionniste comme moi.

J'en suis à me demander pourquoi j'écris tout ça ? Je n'arrête pas d'effacer des phares phrases (les lapsus sont toujours très révélateurs) que je trouve inutiles ou complètement inintéressantes, même pour moi. J'imagine combien elles pourraient ennuyer le lecteur. Des phares ? Oui, peut-être bien que chaque phrase est susceptible de devenir un phare, qui éclaire une partie un peu plus sombre, pour me guider vers quelque chose. Alors que deviennent celles que j'ai effacées ? Elles disparaissent comme la rosée du matin, quand le soleil se lève et qu'il réchauffe le sol. Alors s'élève une légère brume, comme le fantôme des idées égarées, le spectre des mots disparus.

J'aimerais bien cesser de me raconter un quotidien qui ne ressemble plus à rien. Trouver un vrai sens à mes écrits, ouvrir le chemin qui me mènerait à moi. Comme c'est facile de tomber dans la facilité. Comme c'est facile de parler de la pluie et du beau temps, de photographier des clichés et de bégayer des mots usés. Comme c'est facile de tomber dans la banalité, car au fond, vivre, c'est tout à fait banal non?

Dans ma boîte aux lettres, pas assez de lettres, mais encore une revue qui me parle du bonheur et de oh ! combien il est facile au fond de se l'approprier ce bonheur. Pourtant, j'ai beau acheter des billets loterie, je ne tire jamais les bons numéros. Erreur, les millionnaires de la loterie ne sont pas les plus heureux ! C'est bien connu, le bonheur ne s'achète pas au dépanneur.

C'est peut-être la fatigue qui me fait délirer. Mes doigts sont agités, on dirait que je suis possédée. Qui est-elle ? À qui sont ces yeux qui scrutent l'écran et qui exterminent le moindre mot mal placé? Mais qu'est-ce qu'elle a à vouloir changer la vie ? Mais qu'est-ce qu'elle a sa vie hein?

Ouf ! Mon regard s'embrouille, comme l'écran d'un téléviseur qui a perdu son antenne. C'est peut-être ce qui me manque justement, une antenne pour replacer mes ondes. Tout un choc de retomber dans la plate réalité, faudra que je m'y adapte.

Ophélie, le 14 juillet 2003
plume.gif (2 Ko)


Fatigue

Même s'il fait très chaud, je déguste mon thé épicés. J'ai préparé le mélange moi-même et je suis très fière du résultat. Le goût est parfait, juste assez poivré, un pur délice.

Je suis restée un peu plus tard au bureau ce soir, pour terminer quelques dossiers et je suis rentrée très fatiguée. Je me demande si cette fatigue n'est pas carrément malsaine. Ce n'est pas la fatigue qu'on ressent après une longue marche ou après avoir pratiqué un sport pendant quelques heures. Non, c'est une fatigue qui pénètre lentement le corps et l'esprit, qui provoque des douleurs à des endroits précis : dans le cou, dans le dos, dans les épaules.

Ces douleurs font partie de ma vie depuis déjà quelques années. À une certaine époque, je n'arrivais presque plus à bouger mon cou. Un beau jour, j'ai pris conscience des profondes tensions incrustées dans mon corps et j'ai décidé de les éliminer. Tout d'abord, il fallait les ressentir. C'est pendant ma première séance de massage que j'ai compris combien j'ignorais ces tensions et à quel point j'avais développé de mauvais comportements pour pallier au stress. J'ai eu très mal au début, chaque fois que la thérapeute manipulait une zone sensible, à tel point qu'il m'arrivait de pleurer silencieusement.

Je sais très bien que ce que je fais subir à mon corps je le fais aussi subir à mon esprit, à ma conscience, à mon âme. L'opération camouflage, qui me permet en quelque sorte de survivre aux agressions, agit sur tous les aspects de ma vie. Les massages sont très bénéfiques pour mon corps, mais que puis-je faire pour le reste ?

Ces temps-ci, j'éprouve l'étrange sensation d'avoir changé. Je ne peux pas dire exactement pourquoi, mais je me sens différente. Je n'ai pas envie d'analyser ce sentiment, j'ai juste besoin de profiter de l'agréable sensation qu'il me procure. Comme j'aimerais que cette impression se prolonge...

Ophélie, le 16 juillet 2003
plume.gif (2 Ko)


Mauvaise humeur

Toutes ces heures de sommeil manquantes ont eu des conséquences sur mon humeur et surtout sur ma tolérance. Jeudi matin, je me sentais très maussade quand je me suis levée. La veille, mon copain avait écourté une conversation téléphonique, prétextant qu'il était très fatigué, mais en me promettant de me rappeler plus tard. Il ne l'a pas fait. Je me suis couchée sans le rappeler et j'ai très mal dormi cette nuit-là. Je m'inquiétais.

Je sais, je m'inquiète souvent sans aucune raison valable, mais je m'inquiète tout de même. Le lendemain, mon copain était en pleine forme lorsqu'il a répondu au téléphone. Je lui ai fait remarquer qu'il avait omis de me téléphoner comme prévu et que je m'étais inquiétée pour rien. J'étais un peu fâchée. Il l'a senti et il me l'a dit. J'avais hâte de raccrocher, je me sentais mal. J'ai donc mis fin rapidement et plutôt sèchement à la conversation.

Ensuite, j'ai senti monter en moi une colère immense. Le genre de colère qui paralyse, qui coupe le souffle, qui exige un temps d'arrêt pour être apaisée. Le problème, c'est que je n'arrivais pas à comprendre pourquoi un événement si anodin provoquait en moi une réaction si vive, si démesurée. Tout d'abord, je me suis assise sur le lit, j'ai croisé les jambes et j'ai fermé les yeux. J'ai pris une grande respiration, en espérant que celle-ci m'apporte un peu de soulagement. Je ne me suis pas sentie soulagée. Tout ce que j'entendais en moi, c'était cette frustration qui montait, qui prenait toute la place, que je n'arrivais pas à chasser. Je savais qu'aucune méditation ne parviendrait à calmer mon esprit.

Je me suis levée. J'étais seule et j'arpentais le salon comme un lion en cage. J'essayais de me raisonner. Puis je me suis mise à pleurer. Mon Dieu que ça fait du bien de pleurer ! La tension s'est dissipée peu à peu et tout m'a semblé un peu plus clair. J'ai en moi cette peur, cette peur gigantesque contre laquelle je me bats sans arme. Je ne sais pas comment la vaincre, comme la chasser, comment l'affronter. J'ai peur d'être abandonnée, ignorée, oubliée. J'ai peur que le silence s'installe et qu'il creuse un abîme que je ne pourrai pas franchir.

Mais ce qu'il y a de merveilleux, c'est qu'aujourd'hui je sais reconnaître cette peur. Je la nomme, je la ressens et je la définis. Et le plus beau dans tout ça, c'est que l'amour de l'autre et l'attention qu'il me porte me permettent de me sentir de plus en plus en confiance, de plus en plus rassurée. J'aurai de moins en moins peur, je le sais. Et chaque fois que ces colères viendront frapper, comme des revenants, pour me rappeler que la peur est toujours là, j'y ferai face, courageusement, du mieux que je le peux.

J'ai très bien senti que je n'avais pas le contrôle sur ce flot d'émotions qui m'ont chavirée. Je n'avais pas le contrôle, parce qu'entre ma tête et mon coeur, entre l'esprit et l'âme, la connexion était coupée. Les larmes ont aidé à rétablir le lien, parce qu'elles ont fait tomber la tension qui perturbait la communication. Une fois cette tension tombée, j'ai clairement ressenti que mes résistances s'évanouissaient pour laisser place à la compassion. J'ai cessé de me juger et de me condamner, je me suis écoutée et consolée.

J'ai ressenti un bien-être immédiat, mais je mentirais si je disais que je me sentais totalement soulagée. J'avais maintenant besoin de l'entendre me dire que je comptais encore pour lui. Oui je sais, ce que j'écris ici peut paraître totalement stupide, enfantin et immature. Mais je l'écris en toute sincérité, pour moi d'abord et ensuite pour celui ou celle qui saura comprendre. Je sais que je ne pourrai pas avancer ou évoluer sans faire face à ces " bébittes " émotives que je traîne depuis longtemps.

Ophélie, le 19 juillet 2003
plume.gif (2 Ko)


D'attaque

J'ai très bien dormi et j'ai récupéré un peu le sommeil qui m'a manqué cette semaine. Toutefois, j'écris ceci sans grande conviction; je ne suis par certaine que l'on puisse réellement récupérer des heures de sommeil. Peu importe, ce qui compte c'est que je me sente mieux et d'attaque pour une autre semaine où je devrai assurer quelques tâches pour compenser l'absence de mes collègues de travail.

Ma fille participera à un camp de jour d'une durée de 2 semaines, ayant le cinéma pour thématique. J'ai hâte d'entendre ses commentaires car j'espère réellement qu'elle aimera cette activité.

Hier, nous avons vu le film La Grande séduction. Vous trouverez mes commentaires dans la section Coups de coeur au cinéma.

Ophélie, le 20 juillet 2003
plume.gif (2 Ko)


Danger virtuel

Le rythme de travail est beaucoup plus acceptable cette semaine, et même si je n'ai pas vu le temps passer, je me sens moins stressée que la semaine dernière. Ma fille est très heureuse de participer à ce camp de jour d'initiation au cinéma. Elle fait preuve d'un grand enthousiasme devant le projet qu'ils vont réaliser pendant ces ateliers. J'ai bien hâte de voir le résultat. Nous serons invités à visionner le chef-d'oeuvre dans quelques jours.

Le temps est vraiment moche, lourd et très instable. J'imagine que ces perturbations influencent l'humeur des gens. À la télé, on parle beaucoup des mésaventures de jeunes femmes à la suite de rencontres sur Internet. Le mot mésaventure est bien faible, puisqu'il s'agit d'un meurtre et d'une disparition. Les médias en profitent pour répéter les mises en garde et les appels à la prudence. Personnellement, je suis persuadée que sur Internet comme ailleurs, il existe autant de gens honnêtes que de gens malhonnêtes. Il faut, bien sûr, demeurer prudent et ne pas accepter de rencontrer n'importe qui n'importe où.

Il existe une grande part d'illusions dans ce monde virtuel. Le plus grand danger est probablement de croire que tout y est plus beau et plus vrai. De nombreuses personnes ont certainement beaucoup plus de facilité à communiquer sur un site de clavardage que dans un salon. D'abord, la barrière de l'apparence disparaît derrière (ou devant?) l'écran. On peut facilement leurrer son interlocuteur, pour peu qu'on ait le talent de jouer avec les mots, l'audace de tromper, de faire semblant. Ce sont certainement les êtres sensibles, vulnérables, qui sont le plus à risque.

Je me demande parfois comment ce monde évoluera. Je parle du monde virtuel. Certaines choses évoluent très lentement, les humains en l'occurrence, mais d'autres vont très vite, trop vite peut-être ? Avons-nous réellement le temps de mesurer les conséquences qu'ont sur nos vies l'apparition des ordinateurs et l'avènement de l'Internet ? La facilité avec laquelle on peut aujourd'hui se connecter sur le monde, se renseigner sur tous les sujets et croire qu'on a trouvé la vérité me porte à croire que le réseau peut constituer, d'une certaine manière, un réel danger. Mais en même temps, je sais que je pourrais difficilement me passer de cet outil qui fait maintenant partie de mon quotidien.

Ophélie, le 23 juillet 2003
plume.gif (2 Ko)


Apprendre les règles

En rentrant ce soir, j'éprouvais cette étrange impression d'être sortie de mon corps. J'observais la vie qui palpite autour de moi, un peu à la manière d'un félin qui surveille sa proie. Mon regard percevait le moindre mouvement, mes yeux envoyaient rapidement l'information à mon cerveau, qui interprétait avec précision chaque élément. Ici, un père, qui d'une main porte un bouquet de fleurs et de l'autre maintient l'équilibre de la bicyclette de sa fillette. J'imagine la maman qui recevra les fleurs. Elle sera certainement très heureuse. Là, quelqu'un traverse la route si lentement qu'on dirait que le temps s'arrête et que tout à coup, plus rien ne presse.

Je ne sais pas si c'est la voix aérienne d'Emma Shapplin qui m'a envoûtée, mais j'étais réellement dans un état second. J'adore cette sensation.

Mes pensées sombres de ce matin se sont envolées. Bien. La nuit dernière, j'ai fait un cauchemar. J'habitais une maison hantée où des objets apparaissaient, sans qu'on puisse les identifier. Il y avait un berceau en bois, qui ressemblait un peu au berceau dans lequel ma fille a dormi ses premières nuits. Non, à bien y penser, ce n'était pas un berceau, c'était un petit lit à barreaux. Mes souvenirs sont vagues. Les rêves me laissent souvent cette impression d'avoir raté quelque chose. Je devrais noter tout ce que j'arrive à me rappeler dès mon réveil.

Hier j'ai fait du pain. Il y avait longtemps que je n'avais pas pétri la pâte, geste que je répétais régulièrement il y a de ça quelques années. J'ai perdu la main. Mon pain était plutôt fade et la croûte un peu dure. Ça ne m'a pas empêchée de le dévorer dès sa sortie du four.

Je me suis un peu disputée avec ma fille. Je m'en suis voulu, comme toujours. Si elle savait combien il m'est difficile de " jouer à la mère ", combien ça me déchire de lui imposer des règles et de m'efforcer de les faire respecter. Ai-je le choix ? Je dois tenir mon rôle, même si j'ai très souvent envie de jouer à autre chose ou de cesser de jouer.

J'ai pourtant bien joué mon rôle de mère lorsque ma fille m'a annoncé qu'elle avait ses premières règles. La nouvelle ne m'a pas étonnée. Son corps s'est totalement transformé ces dernières semaines et le poids qu'elle a repris (à mon grand plaisir) a certainement contribué à accélérer le processus.

J'ai profité de l'occasion pour aborder le sujet en profondeur et l'inciter à observer les changements qui surviennent dans son corps. J'ai reçu une grimace en guise de commentaires, ce qui m'a bien fait rire, mais pas du tout dissuadée. Je tiens à ce que ma fille apprenne, à son rythme, à connaître et à observer son corps. Mais par-dessus tout, je tiens à ce qu'elle apprenne à l'aimer ce corps et à le regarder sous toutes ses coutures, pour mieux le comprendre et en apprécier toutes les subtilités.

Entre ma génération et la sienne, beaucoup de choses ont changé. Non seulement le nombre de marques de serviettes hygiéniques a quintuplé, mais aujourd'hui, les adolescentes ne voient plus les menstruations comme une punition ou un empêcheur de tourner en rond. Ma fille n'a pas donné le moindre signe de mauvaise humeur, de fatigue ou de tristesse. Cette tristesse que je me souviens très bien avoir éprouvée quand j'avais 11 ans et que les premières gouttes de sang sont apparues. Je me sentais punie, isolée, malade.

Alors tant mieux si ma puce vit cet événement comme une étape comme les autres, ni plus ni moins que quelque chose qu'elle n'a, de toute manière, pas le choix d'accepter . Ce sont les règles, celles qui font que la femme pourra recevoir la vie en elle, la porter et la mettre au monde. La vie qui coule, qui déchire et qui fait parfois souffrir.

Ophélie, le 28 juillet 2003
plume.gif (2 Ko)


Mois précédent accueil.gif (3 Ko) Mois suivant