CHANSONS

                

 

                                                                                           

Pour télécharger quatre magnifiques musiques

 

L'hymne national Israelien       images/chanson hatikva.mp3   

Le plaidoyer d'Herbert Pagani   images/chanson plaidoyer.mp3

Une étoile d'or d'Herbert Pagani                        etoile d'or.mp3

                                                  Ofra Haza                                Yerushalaim shel zahav  

 

 

TRADUCTION DE L'HYMNE NATIONAL ISRAELIEN

 

Aussi longtemps qu'au fond du coeur 

l'âme juive vibre

et que vers les confins de l'orient

un oeil sur Sion se fixe

nous n'avons pas encore perdu l'espoir

vieux de deux mille ans

de vivre librement dans notre pays 

en Sion et Jérusalem.

 

 

PAROLES DU PLAIDOYER D'HERBERT PAGANI


PLAIDOYER POUR MA TERRE:
11 Novembre 1975..25 Ans déjà...Et pourtant toujours d'actualité.

Hier, j'étais dans le métro, et j'entends deux dames dire : « T'as vu, encore ces Juifs avec leurs histoires à l'O.N.U
.... Quels emmerdeurs !... »

C'est vrai, nous sommes des emmerdeurs. Ça fait des siècles qu'on emmerde le monde. C'est dans notre nature, que voulez-vous... Abraham avec son Dieu unique, Moïse avec ses Tables de la Loi, Jésus avec son autre joue toujours prête à la deuxième baffe, puis Freud, Marx, Einstein...

Tous ont été des gêneurs, des révolutionnaires, des ennemis de l'ordre.
Pourquoi ? Parce qu'aucun ordre, quelque fût le siècle, ne pouvait les satisfaire puisqu'ils en étaient toujours exclus...

Remettre en question, voir plus loin, changer le monde pour changer de destin, tel fut le destin de mes ancêtres. C'est pourquoi ils sont haïs par les défenseurs de tous les ordres établis. L'antisémite de droite reproche aux Juifs d'avoir fait la révolution bolchevik. C'est vrai, il y en avait beaucoup en 1917.
L'antisémite de gauche reproche aux Juifs d'être les propriétaires de Manhattan. C'est vrai, il y a beaucoup de capitalistes juifs. La raison est simple : la religion, la culture, l'idéal révolutionnaire d'un côté, les portefeuilles et les banques de l'autre, sont les seules valeurs transportables, les seules patries possibles pour ceux qui n'ont pas de Patrie. Et maintenant qu'il en existe une, l'antisémitisme renaît de ses cendres - Pardon, de nos Cendres -, et s'appelle anti-sionisme. Il s'appliquait aux individus, il s'applique à une nation.

Israël est un ghetto. Jérusalem, c'est Varsovie. Les nazis qui nous assiègent parlent arabe. Et si leur croissant se déguise parfois en faucille, c'est pour mieux piéger les gauches du monde entier. Moi qui suis un Juif de gauche, je n'en ai rien à faire d'une certaine gauche qui veut libérer tous les hommes du monde aux dépends de certains d'entre-eux, car je suis précisément de ceux-là. D'accord pour la lutte des classes, mais aussi pour le droit à la différence. Si la gauche veut me compter parmi les siens, elle ne peut pas faire l'économie de mon problème.

Et mon problème est que depuis les déportations romaines du premier siècle après Jésus-Christ, nous avons été partout honnis, bannis, traqués, dénoncés, écrasés, spoliés, brûlés, et convertis de force. Pourquoi ?... Parce que notre religion, c'est-à-dire notre culture était dangereuse... Et oui... Quelques exemples ? Le judaïsme a été le premier à créer le shabbat, Jour du Seigneur, c'est-à-dire le jour de repos hebdomadaire obligatoire. Vous imaginez la joie des pharaons toujours en retard d'une pyramide... Le judaïsme interdit l'esclavage. Vous imaginez la sympathie des Romains, les plus importants grossistes de mains d'oeuvre gratuite de l'Antiquité. Il est dit dans la Bible : « La terre n'appartient pas à l'homme mais à Dieu. » De cette phrase découle une loi, celle de la remise en question automatique de la propriété foncière tous les quarante-neuf ans ! Vous voyez l'effet d'une loi pareille sur les papes du Moyen-Âge et les bâtisseurs d'empires de la Renaissance... Il ne fallait pas que les peuples sachent... On commença par interdire la Bible. Puis ce furent les médisances, des murs de calomnies qui devinrent murs de pierres et qu'on appela ghettos.

Ensuite ce fut l'inquisition, les bûchers, et plus tard les étoiles jaunes. Auchwitz n'est qu'un exemple industriel de génocide. Mais il y a eu des génocides artisanaux par milliers. J'en aurais pour trois jours rien qu'à nommer tous les pogroms d'Espagne, de Russie, de Pologne et d'Afrique du nord... À force de fuir, de bouger, le Juif est allé partout. On extrapole et voilà : il n'est de nulle-part... Nous sommes parmi les peuples comme l'enfant à l'Assistance publique. Je ne veux plus être adopté. Je ne veux plus que ma vie dépende de l'humeur de mes propriétaires. Je ne veux plus être un citoyen locataire. J'en ai assez de frapper aux portes de l'Histoire et d'attendre qu'on me dise : « Entrez !... » Je rentre. Et je gueule. Je suis chez moi sur terre, et sur terre, j'ai ma terre. Elle m'a été promise. Elle sera maintenue. Qu'est-ce que le sionisme ? Ça se réduit à une simple phrase : « L'an prochain à Jérusalem ! » Non, ça n'est pas un slogan du Club Méditerranée.

C'est écrit dans la Bible, le livre le plus vendu et le plus mal lu du monde. Et cette prière est devenu un cri, un cri qui a plus de deux mille ans. Et le père de Christophe Colomb, de Kafka, de Proust, de Chagall, de Marx, d'Einstein et même de monsieur Kissinger l'ont répétée cette phrase, ce cri, au moins une fois par an , le jour de Pâques. Alors le sionisme, c'est du racisme ? Faites-moi rire ! Est-ce que « Douce France, cher pays de mon enfance » est un hymne raciste ? Le sionisme, c'est le nom d'un combat de libération. Dans le monde chacun à ses Juifs. Les Français ont les leurs, ce sont les Bretons, les Occitans, les Corses, les travailleurs immigrés, les Italiens ont les Siciliens, les Yankees ont leurs Noirs, les Espagnols leurs Basques...

Nous, nous sommes les Juifs de tous. À ceux qui me disent :
« Et les Palestiniens ?... »

Je réponds : je suis un Palestinien d'il y a deux mille ans, je suis l'opprimé le plus vieux du monde, je discuterai avec eux, mais je ne leur céderai pas ma place. Il y a là-bas de la place pour deux peuples et deux nations. Les frontières sont à déterminer ensembles. Mais l'existence d'un pays ne peut en aucun cas exclure l'existence de l'autre, et les options politiques d'un gouvernement n'ont jamais remis en cause l'existence d'une nation quelle qu'elle soit. Alors Pourquoi Israël ? Quand Israël sera hors de danger, je choisirai parmi les Juifs et mes voisins arabes ceux qui me sont frères par les idées. Aujourd'hui, je me dois d'être solidaire avec tous les miens, même ceux que je déteste, au nom de cet ennemi insurmontable, le racisme.
Descartes avait tort : « Je pense, donc je suis », ça ne veut rien dire. Nous, ça fait cinq mille ans qu'on pense, et nous n'existons toujours pas.

Je me défends, donc je suis.