C'est le plus ancien monument de la ville. Elle était dans le château d'Issoudun le donjon. Elle date des célèbres guerres de Philippe Auguste contre Richard Coeur de Lion et il se trouve que des deux adversaires fameux, c'est l'un qui la commença et l'autre qui la finit. En 1195, un chef de bande du parti de Richard, Mercadier, se jeta sur Issoudun occupée depuis huit ans par les troupes de Philippe et la prit de vive force. Il fit ensuite fortifier la ville par la construction en face de la grosse Tour de Bourges édifiée par Philippe Auguste. Avant qu'elle fut terminée, celui-ci tenta de reprendre Issoudun mais échoua devant le château.
Ce fut un mariage qui rendit Issoudun aux capétiens. A la mort de Richard en 1199, Jean Sans Terre lui succéda et mit le fief d'Issoudun dans la dot de sa nièce, Blanche de Castille qui épousa Louis de France, fils de Philippe Auguste. Ce dernier fit achever la tour.


Elle présente un angle saillant vers l'est qui lui donne la forme d'un coeur. Une nécessité militaire et d'assises plus qu'un désir architectural l'a faite édifier ainsi, l'éperon étant tourné vers Bourges, c'est-à-dire contre le roi de France qui venait d'y faire construire la grosse tour.
Elle s'élève à 27m de hauteur et ses murs ont 4m d'épaisseur. Autrefois divisée en 4 étages, on y entrait par un pont volant reliant un autre ouvrage à mi-hauteur. Aujourd'hui, on peut y pénétrer par un trou percé dans la muraille en 1811.
Un escalier de bois datant de 1840 conduit directement à la salle principale située au second étage. Cette salle possède une vaste cheminée avec four et un puits. Deux portes en plein-cintre ouvrant sur l'extérieur devaient servir d'accès. Dans l'embrasure des fenêtres, gravées dans la pierre, des inscriptions hébraïques datant de 1304, rappellent que la tour Blanche servit souvent de prison. Louis XII, encore Duc d'Orléans, y fut enfermé en 1488 avant d'être transféré dans la grosse tour de Bourges.
Un escalier à vis, reconstruit en 1811 dans le sens inverse de celui d'origine, permet d'accéder à l'étage supérieur et à la plate-forme d'où la vue s'étend sur la ville et la campagne environnante. Par temps clair, on aperçoit la cathédrale de Bourges, le clocher de l'Abbaye de Déols et celui de l'église de Ménétréols-sous-Vatan.
Au pied de la tour, les ruines d'un petit temple gallo-romain et d'un oratoire chrétien furent découvertes en 1833.