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jeudi 4 octobre 2001, 18h07

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Algérie: le pouvoir interdit la marche d'Alger après avoir promis de reconnaître la langue berbère

ALGER (AP) -- Le ministère algérien de l'Intérieur a interdit jeudi la marche prévue vendredi à Alger à l'appel des comités de villages de Kabylie (Aârchs) en appelant les organisateurs ''à la sagesse et à la responsabilité''.

Pour justifier cette interdiction, le ministère rappelle dans un communiqué l'interdiction de toute manifestation de rue dans la capitale décidée en conseil de gouvernement le 18 juin. Quatre jours plus tôt, une manifestation massive avait réuni au moins 600.000 personnes à Alger avant de tourner à l'émeute, faisant sept morts et des centaines de blessés.

Depuis cet épisode violent, qui avait marqué un point culminant du bras de fer engagé depuis la fin avril entre la population kabyle et le pouvoir central d'Alger, deux autres manifestations organisées à l'appel des Aârchs ont été interdites, le 5 juillet et le 8 août.

Cette nouvelle interdiction intervient au lendemain d'un communiqué du gouvernement annonçant, au nom du président Abdelaziz Bouteflika, la future reconnaissance du tamazight, la langue berbère, comme langue nationale algérienne au même titre que l'arabe. Cette décision aurait été communiquée mercredi aux représentants des Aârchs par le Premier ministre, Ali Benflis.

Principale revendication des manifestants kabyles depuis une vingtaine d'années, la reconnaissance du tamazight devrait être évoquée lors de la prochaine révision constitutionnelle, régulièrement promise par le chef de l'Etat.

Mais les principaux animateurs de la coordination des Aârchs démentent jeudi avoir pris contact avec les autorités qualifiant le communiqué du gouvernement de ''manoeuvre'' visant à destabiliser leur mouvement à la veille de la manifestation de vendredi.

Dans un communiqué publié jeudi, la coordination des Aârchs de Tizi-Ouzou, capitale régionale de la Kabylie (110km à l'est d'Alger), ''dément toute entreprise de rencontre avec la présidence de la République'' en rappelant qu'elle n'a mandaté personne pour ''dialoguer ou négocier''.

''Toute personne qui s'est déplacée à Alger au nom de notre mouvement est un traître'', a déclare jeudi un délégué des Aârchs de Béjaïa, deuxième ville de Kabylie, dans les colonnes du journal ''Liberté''.

Le mot d'ordre de la manifestation de vendredi, qui est donc maintenu, est de remettre à la présidence de la République ''la plateforme d'El Kseur'', un document de 15 revendications ''non négociables'', adopté le 11 juin après deux mois d'affrontements dans la quasi-totalité des localités de Kabylie entre la population et les forces de gendarmerie. Ces émeutes avaient éclaté fin avril après la mort d'un lycéen dans une caserne de gendarmerie à Beni-Douala, une localité au sud de Tizi-Ouzou.

 

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