CMA_solidarite CONGRES MONDIAL AMAZIGHE
AGRAW N IMAZIGHEN N UMADAL

                    La Kabylie brûle !
 

     Appel à la solidarité avec les insurgés amazighs de Kabylie
 

        Le mercredi 18 avril, un jeune lycéen amazigh de Kabylie, Massinissa
Guermah, seulement âgé de vingt ans, plein de vie, est assassiné par la
soldatesque du corps de gendarmerie de l'Etat algérien à At Dwala, que
l'arabisme a baptisé Beni Douala, pourtant tamurt  n Matub Lwenes.
        Depuis, des dizaines de morts et de blessés sont signalés et les
affrontements opposent partout la jeunesse rebelle amazighe aux militaires
et suppôts du pouvoir qui en appellent au calme, ce qui veut très
précisément dire à la résignation, à l'acceptation du déni qui est fait de
leurs droits, dans leur propre pays.
        La Kabylie s'insurge contre l'Etat central bureaucratique et jacobin
algérien. Et pour cause, ses gendarmes assassinent les enfants kabyles, et
répondent par des tirs à balles réelles aux pacifiques manifestants indignés
par le mépris étatique, qui est le fond de la politique officielle,
qu'assume très clairement le président Abdelaziz Bouteflika depuis sa
campagne électorale d'avril 1999.
        L'Etat central jacobin et national montre qu'il est ainsi clairement ennemi
de la Kabylie à laquelle il n'a apporté que déni des droits, bureaucratie,
flicage, corruption, répression, assassinat, déracinement, pollution,
urbanisme anarchique, délinquance, insécurité permanenteŠ
        La liste est longue des crimes de l'Etat en Kabylie, pour y installer
l'ordre de la mafia bureaucratico-militaire arabo-islamiste, rejeton
monstrueux du nationalisme, dont la lutte anticoloniale pour l'indépendance
et la liberté à été dévoyée et trahie au profit d'une caste étatique et
militaire, parasite et criminelle.
        Aussi, tout ce qui représente l'Etat est maintenant à juste titre attaqué
et brûlé par la jeunesse amazighe de Kabylie, qui ne se trompe pas de cible,
exactement comme en 1980, lors de la grande Tafsut Imazighen, dont ils
célébraient cette année encore l'avènement et le triomphe prochain.
        L'Etat central et ses relais, qu'ils soient administratifs, policiers,
militaires, politiques ou autres travaillent depuis 1962 avec acharnement à
détruire les bases ancestrales de la société amazighe de Kabylie, dont
tajmaât  est encore l'illustration la plus vivante et la défense résolue de
l'identité et de la mémoire amazighes notre bien le plus précieux.
        La langue amazighe est combattue avec constance, de Ben Bella à Bouteflika,
par toute la caste politique nationaliste et/ou arabo-islamiste, avec le
concours de quelques mercenaires d'origine kabyle ayant abdiqué leur
amazighité, comme Ouyahia, ministre de l'arabétisation, ou ceux qui siègent
au Conseil des ministres, conseillent Bouteflika et donc cautionnent
officiellement  l'assassinat de la jeunesse kabyle. Il s'agit là, comme l'a
si justement chanté Lwenes Matub, d'une claire trahison de la cause
amazighe, d'aghurru !!
        Comme à l'accoutumée, les pompiers du pouvoir, partis et comités suscités,
appellent au calme et à la soi-disant préservation des édifices, qui sont
autant d'épines plantées dans les yeux de la Kabylie pour mieux l'aveugler.
Ce qui est détruit peut être reconstruit, là n'est pas le problème, mais sur
une base radicalement amazighe, au seul profit des Imazighen, et non sur les
bases pourries de l'Etat central et colonial national.
        Les édifices ne sont rien à côté de la destruction des femmes et des
hommes, de leurs vies et de leur identité. Les larmes de crocodile versées
sur les édifices détruits font fi de la célérité avec laquelle l'Etat se
propose de reconstruire sans délai ni problème de budget la salle Harcha,
détruite par les flammes à Alger. Quant il s'agit de reconstruire un édifice
dédié à la propagande étatique arabo-islamiste, les moyens ne
manquentjamais.
        Les Kabyles d'At Dwala sont à l'avant-garde de nos revendications, ils
veulent en finir avec l'oppression de l'Etat central. Ils exigent le départ
immédiat de toute la gendarmerie. Il faut exiger naturellement davantage, le
départ de toute représentation étatique de l'Etat arabo-islamiste. Nous
avons tajmaât  pour régler nos problèmes, nous n'avons besoin ni de vos
gendarmes ni de vos flics !!
        Au demeurant, L'armée algérienne vient d'investir la Kabylie avec force
chars et armes lourdes pour y mener un massacre comme à son habitude. La
main des assassins doit être stoppée, d'urgence !!
        Aussi, le Congrès mondial amazigh appelle à la plus grande solidarité avec
les insurgés amazighs de Kabylie afin d'empêcher les assassins de la
jeunesse amazighe de continuer leur sale besogne et d'assassiner à nouveau
et encore nos Massinissa.
Solidarité avec la lutte de la jeunesse amazighe de Kabylie !
A bas l'Etat central arabo-islamiste !
Pour tajmaât, la démocratie et l'autogestion amazighes !Congrès mondial
amazigh
 

Paris, le 28 avril 2001