CommuniqueCMA CONGRES   MONDIAL   AMAZIGH
AGRAW AMADLAN AMAZIG

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Communiqué en réaction au discours du Président de l' Algérie:


Après 10 longs jours de feu, de sang et de larmes, après des dizaines de
morts et des centaines de blessés, le président algérien a enfin daigné consacrer
quelques minutes de son précieux temps à son peuple. Son silence depuis le
début des événements sanglants de Kabylie est tout simplement l'expression
de l'indifférence, voire du mépris que cultive le chef de l'Etat
algérien à l'égard des populations. En poursuivant ses voyages à
l'étranger comme si de rien n'était, il ne faisait
qu'encourager la poursuite des crimes commis par les forces de
répression contre les jeunes citoyens de Kabylie.

Dans ces conditions, la population n'attendait rien de décisif de son
discours du 30 avril et effectivement celui-ci n'a non seulement
apporté aucune réponse concrète aux revendications de la jeunesse kabyle mais ses
omissions et ses propos, y compris dans leur forme, n'ont été que des
provocations supplémentaires. En effet,

-       En usant d'une langue arabe classique des plus inaccessibles à la
grande majorité des algériens y compris arabophones, il a confirmé à la fois la
distance entretenue entre le pouvoir et le peuple et l'attachement
indéfectible de Bouteflika à une idéologie arabo-baathiste
d'importation.
-       Le chef de l'Etat algérien n'a à aucun moment condamné les
assassinats de jeunes innocents par les forces de répression ni promis des
sanctions exemplaires tant réclamées par la population.
-       Concernant la question identitaire, Bouteflika travestit la réalité pour
mieux convaincre qu'aucune mesure nouvelle ne sera mise en oeuvre en vue de
restaurer réellement et pleinement l'amazighité (histoire, langue et
culture) dans ses droits les plus légitimes.
-       Quant à la fameuse annonce de la création d'une commission
d'enquête sur les événements de Kabylie, est-ce la même qui a conclu
que le jeune Massinissa tué dans les locaux de la gendarmerie était un « voleur
» ? Est-ce la même que celle qui a « enquêté » sur l'assassinat de Lounès
Matoub ?

En définitive, Cette intervention illustre toute l'incapacité du
pouvoir algérien à gérer les crises qu'il ne cesse d'enfanter et à
répondre aux aspirations du peuple autrement que par la violence meurtrière.

C'est pourquoi, le Congrès Mondial Amazigh (CMA) recommande la
poursuite de la mobilisation pacifique en se préservant des nouvelles provocations et
appelle les populations des autres régions d'Algérie à se solidariser
avec la Kabylie.

Tout en exprimant ses plus vifs remerciements à tous ceux et celles qui ont
déjà manifesté leur solidarité avec la Kabylie, le CMA renouvelle son appel
solennel à tous les pays démocratiques, aux organisations internationales (ONU, UE,
CE) et aux ONG des droits de l'homme de faire pression sur le gouvernement
algérien, chacun selon ses prérogatives, afin que cessent au moins les
atteintes au droit à la vie des jeunes citoyens.

Paris, le 1er mai 2001
Le Bureau du CMA.