CONSEIL
NATIONAL DU MANIFESTE AMAZIGH
COMMUNIQUE
Le Conseil National du Manifeste Amazigh qui se
compose du Comité National et des trois Comités Régionaux du Nord, du Centre et
du Sud s’est réuni le dimanche 23 septembre au siège de l’association Asidd de
Meknès. Après l’étude d’une série de questions organisationnelles et l’analyse
des questions d’actualité, le Conseil a décidé de :
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Convoquer la troisième rencontre
des signataires du Manifeste pour les 2, 3 et 4 novembre 2001 à Rabat. Le
Conseil a pour ce faire mis sur pied un comité préparatoire composé des membres
du Comité National et des membres des Comités Régionaux.
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Confirmer l’accueil favorable
réservé aux développements du discours du Trône relatifs à la réhabilitation de
l’amazigh en tant qu’identité, langue et culture ; en ce sens que ledit
discours a considéré que la diversité culturelle et linguistique constitue un
substratum nécessaire à la démocratie et a annoncé la création de l’Institut
Royal de la Culture Amazigh. Le Conseil a insisté sur la nécessité d’une prompte
mise en application de cette décision avec la participation des compétences du
Mouvement Amazigh, de mettre l’Institut Royal au service de la langue et de la
culture amazighes et d’éviter toutes déviations possibles. Le Conseil a
également réaffirmé son attachement à toutes les autres revendications légitimes
et démocratiques figurant dans le Manifeste Amazigh, dont, à leur tête, la
reconnaissance constitutionnelle de l’Amazigh.
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Considérer la décision
d’instituer des interprètes amazighes dans les tribunaux comme un simple premier
acte dans une action devant viser l’intégration de l’Amazigh dans l’espace
judiciaire et, donc, l’abrogation de la loi qui interdit aux magistrats
d’utiliser dans les juridictions toutes autres langues que l’arabe.
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Dénoncer le projet du ministre de
la fonction publique qui vise à interdire l’utilisation d’autres langues que
l’arabe dans l’administration. Le Conseil considère que ce projet constitue une
tentative de priver Imazighen de leur droit d’utiliser leur propre langue dans
l’administration publique.
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Prendre acte de l’abstention du
gouvernement de traiter de la question amazigh lorsqu’il s’est penché sur le
discours du Trône lors de son premier conseil de la rentrée politique (selon le
compte rendu du porte-parole du gouvernement qui a évoqué tous les points
traités par le discours du Trône et repris par le conseil du gouvernement, à
l’exception de la question amazigh). Le Conseil considère que c’est là un
aspect de la discrimination et de l’exclusion pratiquées à l’encontre de
l’Amazigh en tant qu’identité, langue et culture de la part des partis de la
coalition gouvernementale.
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Condamner tous les agissements
contraires à la loi de certains officiers de l’état civil qui continuent de
refuser d’enregistrer les prénoms amazighes.
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Dénoncer toutes sortes de
dérangement et de gêne causés aux militants amazighes par certains agents
d’autorité ainsi que les interdictions qui frappent les activités des
associations culturelles amazighes.
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Considérer que les événements
vécus par les USA le 11 septembre 2001 sont des actes terroristes condamnables,
quelle que soit leur origine. Le Conseil condamne également l’exploitation des
liens religieux, raciaux et culturels afin de pratiquer le terrorisme et la
violence à l’encontre soit des Etats soit des peuples pauvres. Il appelle à ce
propos la société internationale à œuvrer en vue de répandre une culture
humaniste basée sur le principe du respect de l’être humain en le considérant
comme une valeur suprême, dans le cadre de l’égalité absolue sans considération
aucune de la race, de la confession, de la couleur de la peau ou de la langue.
Le Conseil invite également toutes les grandes puissances à reconsidérer leurs
politiques extérieures et leurs rapports avec les pays du tiers monde pour les
bâtir sur un esprit de coopération et de solidarité en vue de construire un
monde plus humain et plus tolérant.
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Inviter tous les militants du
Mouvement Amazigh à se mobiliser en vue d’assurer le succès de
« tawada », la marche nationale pour appuyer toutes les revendications
amazighes.