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Lettre de Jacqueline de Bavière à son 3ème époux, Humphrey, duc de Glouchester , l’appelant à son secours(1424) " Mon très-redouté Seigneur et Pere, je suis la plus affligée et la plus indignement trahie de toutes les femmes : Dimanche 13 de Juin les députés de votre ville de Mons revinrent et rapportèrent un traité fabriqué par les ducs de Bourgogne et de Brabant en l'absence de ma mère et à son insçû, comme elle m'en a fait assûrer par maître Gerard son chapelain. Comme elle ne sçavoit quel parti prendre, ni quel conseil donner, elle me prie de consulter le Conseil de la ville de Mons. Le lendemain 14. du mois je fus à l'Hôtel-de-Ville, où je leur fis remontrer qu'à leurs prieres vous m'aviez laissée à vôtre depart sous leur garde pour vous en rendre bon compte, comme doivent faire des sujets fidéles et engagez par un serment solemnel fait devant le très-Saint Sacrement de l'Autel et sur les Saintes Evangiles ; ils me répondirent qu'ils n'étoient pas assez forts pour me défendre contre mes ennemis, et que mes gens vouloient les assassiner : là dessus il se fit une émeute à l'instant ; et malgré moi, ils prirent Maquart un de vos Sujets et lui firent trancher la tête sur le champ. Ensuite ils prirent tous ceux qui vous aiment et tiennent vôtre parti, tels que Bardoul de la Porte, Collart son frere, Gille de la Porte, Jean du Bois, Guillaume de Leuze, Samson vôtre Sergent, Pierre Baron, Sandrart, Dandre, et plusieurs autre jusques au nombre de deux cens cinquante. Ils vouloient prendre le Trésorier, Loüis de Montfort, Haulnere, Jean de Fresne, et Estiennes d'Hestre, qu'ils n'ont pas encore pris, et je ne sçai ce qu'ils feront dans la suite. De plus ils me dirent hardiment que si je ne consentois au traité fait, ils me livreroient entre les mains du Duc de Brabant ; selon le traité, je n'ai plus que huit jours pour aller en Flandre, ce qui m'est bien dur ; d'autant plus que je n'espere plus de vous voir, si vous ne vous pressez de me venir secourir ; vous êtes mon unique appui, ma joie en ce monde, et c'est pour l'amour de vous que je souffre tout ce que je souffre ici ". Source : "Histoire de la Ville de Mons, ancienne et
nouvelle"
Gilles-Joseph de BOUSSU, 1725 |
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Dernière révision faite le : 14 mai 2003 Copyright ©2003
"MGV-asbl" |
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