L'arbre et la fôret.
"Transformer
une forêt en parc et l'entretenir comme tel peut sembler utile.
Mais c'est
en fait alors de sa richesse et de ses dons."
Albert Schweitzer.
Les bienfaits de la forêt.
La forêt retient les sols :
Cette action est particulièrement nette dans quelques cas
bien connus :
- Les sols des fortes pentes en montagne, ceux des collines en
région méridionale avec violentes averses, ou encore ceux des
collines en sols affouillables, sont sujets à être érodés.
Sans le manteau forestier, certaines régions montagnardes
deviendraient des déserts de pierre comme il y en a déjà tant.
- Les sols limoneux et poussiéreux des plaines et plateaux, dans
les régions très ventées subissent une forte dégradation.
Moins spectaculaire que la précédente, souvent insidieuse,
cette érosion éolienne est, néanmoins, souvent forte : les
U.S.A. en ont fait la triste expérience.
Les forêts apparaissent donc comme des "banques de
sols et d'humus".
Les forêts agissent sur le régime des eaux.
Elles influent :
- Sur la régularité des sources et des cours d'eau. Un massif
boisé agit comme une immense éponge, avec des pulsations
régulières du niveau de l'eau dans le sol. Il libère l'eau
vers les nappes et les rivières de façon progressive et
régulière.
- En sol sec, ou climat sec, sur l'existence même des sources,
et sur les niveaux des nappes phréatiques.
- Une action apparement inverse, mais non incompatible est
l'assèchement des sols trop humides. (Un hectare de pins 'pompe'
23 tonnes d'eau par jour, un hectare de bouleaux 47 et un hectare
de hêtres 53.)
Les forêts agissent sur les climat.
- Les forêts, surtout celles de résineux, augmentent
légèrement les pluies. L'air est localement plus froid, ce qui
provoque parfois la condensation des nuages qui passent.
- Les forêts ont une action sur les vents.
- Souvent la forêt diminue la température, et les écarts y
sont moins brusques.
- Sous bois, il gèle moins que hors bois.
- Les forêts augmentent les brouillards (30 à 50 %), les
rosées (100 mm par an), l'humidité relative de l'air (2 à 10
%) ceci par l'action conjuguée de l'ombrage, du ralentissement
des vents, de l'évaporation de l'eau de pluie, de la
transpiration du feuillage ...
- Les forêts purifient l'air : les poussières, germes et
spores, les gouttelettes d'hydrocarbures se déposent sur les
feuilles par simple action mécanique (ou attraction
électromagnétique, comme le pense Isablokoff).
- Elles produisent de l'oxygène à partir du gaz carbonique de
l'air.
Les forêts sont des foyers de vie sauvage.
Elles hébergent, en particulier, le monde des oiseaux, et de nombreux auxiliaires de l'homme, dans la chaîne complexe de la biodiversité.
Ainsi donc, par ses bataillons d'arbres, la forêt peut constituer une armée capable de sauver l'homme de plusieurs des multiples périls qui le guettent.
Sans compter les agréments de la forêt, et ses vertus proprement physiques !
Au XVII e siècle déjà, Bernard Palissy
jetait un cri d'alarme.
Au XVIII e siècle, Rauch avait
écrit 'les Harmonies hydrovégétales'.
Au XIX e siècle, Surell, Becquerel,
Demontezey, Matthieu, Fautrat
ont magnifiquement argumenté et témoigné.
Au XX e siècle, Henry, Mougin,
Engler, Eidmann, Naegeli,
L.A. Fabre, Descombes, Cardot,
Cailleux, Tkatchenko, Burger,
Doignon, Noirfalise, ... et
tant d'autres ont apporté de nouvelles preuves, on se sont fait
les défenseurs de la "cause forestière". Seront-ils
entendus alors que souffle le vent de l'oubli ? !
Au XXI e siècle, que nous réserve-t-on ? En
Amazonie des hommes meurent parce qu'ils veulent
défendre la forêt, partout, dans l'ombre la 'mafia blanche'
oeuvre pour que les dons de la nature ne soient plus que de
simples marchandises. Jusqu'à quand ?
Restera t-il un arbre pour nos petits-enfants ?
Dernière révision : 25 mars, 1999.