Une des
caractéristiques essentielles du sonnet :
la chute (ou pointe ou concetto)
1. La chute vue par Banville
Le dernier vers du Sonnet doit
contenir un trait - exquis, ou surprenant, ou excitant
l'admiration par sa justesse et par sa force.
Lamartine disait qu'il doit suffire de lire le dernier vers d'un
Sonnet ; car, ajoutait-il, un Sonnet n'existe pas si la pensée
n'en est pas violemment et ingénieusement résumée dans le
dernier vers.
Le poète des Harmonies partait d'une prémisse très juste, mais
il en tirait une conclusion absolument fausse.
OUI, le dernier vers du Sonnet doit contenir la pensée du Sonnet
tout entière. - NON, il n'est pas vrai qu'à cause de cela il
soit superflu de lire les treize premiers vers du Sonnet. Car
dans toute oeuvre d'art, ce qui intéresse, c'est l'adresse de
l'ouvrier, et il on ne peut plus intéressant de voir :
Comment il a développé d'abord la pensée qu'il devait résumer
ensuite,
Et comment il a amené ce trait extraordinaire du quatorzième
vers - qui cesserait d'être extraordinaire s'il avait poussé
comme un champignon.
Enfin, un Sonnet doit ressembler à une comédie bien faite, en
ceci que chaque mot des quatrains doit faire deviner - dans une
certaine mesure - le trait final, et que cependant ce trait final
doit surprendre le lecteur - non par la pensée qu'il exprime et
que le lecteur a devinée -, mais par la beauté, la hardiesse et
le bonheur de l'expression. C'est ainsi qu'au théâtre un beau
dénouement emporte le succès, non parce que le spectateur ne
l'a pas prévu - il faut qu'il l'ait prévu -, mais parce que le
poète a revêtu ce dénouement d'une forme plus étrange et plus
saisissante que ce qu'on pouvait imaginer d'avance.
2. Exemples illustrés de chute
=> le dernier trait d'un tableau

=> une conclusion démonstrative

=> une
dernier pointe satirique

=> une surprise ... préparée
