Poutine de luxe
3 avril 1998
|
La nuit dernière, alors que le générique d'un excellent film chinois finissait de défiler sur notre écran, mon doux a eu une rage de bouffe nocturne. Guidé par son estomac, il s'est emparé de la pile de menus de livraison que nous gardons judicieusement à portée de main. Évidemment, après deux heures passées à contempler des gens en train de s'empiffrer de bons petits plats asiatiques, les pizzas et les poutines (des classiques la fringale de minuit) n'ont eu aucune chance. Une demi-heure plus tard, il s'attablait devant repas chinois complet "pour une personne" (qui aurait évidemment pu en nourrir quatre). Grapillant dans ses egg rolls et won ton frits, j'ai repensé à cette soirée où j'ai croisé M., dans un petit snack-bar miteux des Laurentides. Comme moi, comme mon doux aujourd'hui, elle avait de ces fringales tardives, et ne pouvait retrouver le sommeil que moyennant l'ingestion d'une poutine. Un soir, alors qu'elle avalait avec appétit de grosses fourchettées de frites, fromage en crottes et sauce BBQ, elle m'a confié l'histoire de ses expéditions nocturnes. Toute jeune, elle aurait souvent été éveillée en sursaut, vers minuit, par les craquements du plancher de la cuisine. Des pas allaient et venaient, des portes d'armoire s'ouvraient, puis quelqu'un sortait et démarrait une automobile. Avec son imagination rendue fertile par tous les films d'horreur qu'elle regardait à l'époque, il lui fallut plusieurs nuits avant d'oser aller à la rencontre de ce qui était probablement le zombie d'un ancien tueur en série. Lorsqu'un soir, elle osa s'aventurer dans la cuisine, c'en fut fait d'elle: comme le monstre (qui ressemblait finalement beaucoup plus à son père qu'au héros d'un mauvais film d'épouvante), M. joignit le rang des insomniaques qui ont des envies de poutine les soirs de pleine lune. À partir de ce moment, les craquements du planger ne l'ont donc plus faite trembler, mais plutôt saliver, car ils signalaient le moment d'une équipée nocturne avec son père au snack-bar du coin, celui-là même où je l'ai justement écoutée raconter son histoire. |
Ingrédients |
|
Pour les frites: 2 grosses pommes de terre Russet Pour la sauce:
1 tasse de sauce au poivre (ma favorite étant la Knorr, soit au poivre vert, soit aux cinq poivres, dans laquelle j'ajoute un peu de bière ou de vin rouge) |
|
| Préparation | |
|
|
| Temps
de préparation:
10 minutes. Temps de cuisson: 35 minutes. Rendement: 1 portion. |
© Jeanike Parent, 1998