La
production industrielle de la betterave
I)
Introduction
En France 24 000 ha de champs de betteraves sont cultivés pour
obtenir du bioéthanol. Environ 1 ha de betteraves permet de produire 6 000 à
7 000 L de bioéthanol.
Comment
peut-on obtenir du carburant à partir de plantes? Il existe 2 types de
plantes qui intéressent les fabricants de biocarburants :
-
« Les plantes
à huile » telles que le colza ou encore le tournesol.
-
« les plantes
à sucre » telles que la betterave ou la canne à sucre. Le sucre de la
betterave sert à produire du bioéthanol pour qu’il soit par la suite mélangé
à l’essence classique.
Le sucre est donc une des principales voies de fabrication de l’éthanol.
Il peut être produit à partir de nombreuses plantes comme l’érable, le
palmier dattier ou encore le raisin, mais les deux principales voies
d’extraction sont la canne à sucre et la betterave sucrière.
La fabrication du bioéthanol à partir de la betterave se fait en deux
étapes : la fabrication du sucre, ou plutôt de la mélasse obtenu au
troisième jet, puis la fabrication de l’éthanol à partir de cette mélasse.
Schéma
des principales étapes de fabrication du bioéthanol

II) Le sucre
a) Analyse des betteraves
Une fois que les
betteraves sont arrivées à l'usine, on prélève un échantillon qu’on pèse
immédiatement, puis on le nettoie avant de le repeser. La différence de
poids entre la première et la seconde pesée permet de déterminer une
"tare terre" (généralement 0,5% à 2%) et d'évaluer par conséquent
le poids de betterave effectivement livré après nettoyage. Les racines de
betteraves sont ensuite, pendant environ deux jours, stockées dans des silos.
Pendant cette période, le métabolisme respiratoire de la plante continue de
se faire, il faut donc qu'elle soit la plus courte possible afin d'éviter une
trop grande perte en sucre.
Processus
de fabrication du sucre à partir de betterave sucrière

Une tonne de betterave = 135 kg de sucre

Analyse
des betteraves, d’abord broyées et pesées puis filtré avec de l’eau
chaude pour déterminer le taux de sucre des betteraves.

Stockage
de betteraves.
b)
Les étapes de transformation de la betterave sucrière
Pour commencer la transformation, il faut laver les betteraves
afin de les débarrasser des corps étrangers (comme par exemple, la terre,
l’herbe, des graviers,…) avec, en principe, un trommel, un épierreur
et un tapis balistique.
Jet hydraulique

Hydro-Epierreur
Ramassage des herbes:

Les betteraves sont entraînées par jet
hydraulique dans les Hydro-Epierreur, alors que les betteraves flottent, les
pierres coulent, les herbes qui flottent à la surface de l’eau sont retiré
par un « tapis grillagé » (tapis balistique).
Cossettes

Diffuseurs

Ensuite, on découpe
les racines en "cossettes" de un à deux millimètres
d'épaisseur, ainsi une plus grande surface de la racine est en contact avec
l’eau chaude lors de la phase de diffusion. Ceci va permettre, au cours de
la phase de diffusion, d'augmenter la surface de la racine en contact avec
l'eau chaude et ainsi accroître la quantité de sucre récupéré. L’étape
de diffusion consiste à expédier les cossettes dans un diffuseur
où circule de l'eau chauffée à environ 70°C qui se charge en sucre en
traversant les tranches. Après
cette opération qui dure environ une heure, on obtient un jus de diffusion et
des drèches (pulpes).
Jus de diffusion : Liquide
à la sortie du diffuseur contenant entre 15% et 20% de saccharose et environ
1% à 3% d’impuretés.
Drèches ou pulpes : Résidus
fibreux et humides qui sortent de la phase de diffusion. Ils contiennent alors
moins de 10% de matière sèche. Pour être utilisé dans l’alimentation du
bétail (leur utilisation principale), on faut les sécher.
On effectue un processus d'épuration (ou de purification) pour
séparer le sucre des impuretés, après avoir extrait le jus. Cette étape se
fait par chaulage et carbonatation. On ajoute du lait de chaux
(chaulage) et du dioxyde de carbone (carbonatation) pour obtenir un précipité
des impuretés. Ensuite on filtre le tout, le précipité devient alors le décantât
et est utilisé en tant qu’amendement pour réduire l’acidité des sols.
Décantation

A gauche : lait de chaux + jus sucré, à droite : lait de chaux:

Evaporateur

Le jus obtenu après la purification va ensuite subir une étape de décoloration.
Utiliser de la chaux entraîne une calcification du jus, pour éviter un
encrassage du matériel utilisé lors des étapes suivantes, on procèdera à
une élimination des ions calcium (Ca2+), cette opération de décalcification
se fait par le passage à travers des résines d'échange d'ions. L'étape
suivante est celle dite d'évaporation du jus, cela consiste à amener
le jus à ébullition. Ainsi, il y aura un dégagement de vapeur d'eau
et le jus sera plus concentré, sous forme de sirop qui contient 60% à 70% de
saccharose. Ensuite ce sirop va entrer dans le processus de cristallisation,
c'est-à-dire qu’il est mis dans une cuve sous vide à une pression
d'environ 0,2 bar et maintenu à température inférieure à 80°C, ainsi le
jus n’est pas caramélisé et l’eau restante s’évapore. Le sirop
continue donc à se concentrer jusqu'à formation des cristaux. Pour accélérer
ce processus, il est possible d’introduire des cristaux de sucre d’une
taille de 5 à 10 microns appelé germe (comme du sucre glace) dans la chaudière
(c'est l'étape du grainage). Pour
contrôler le niveau de grossissement des cristaux de sucre et leur quantité,
le mélange est agité continuellement et le sirop est déversé au fur et à
mesure.
Ajout de germe

Cristallisation

Le mélange (appelé masse cuite) est ensuite introduit dans des essoreuses
pour supprimer l’eau restante. Cette eau (appelée égout pauvre) va
subir un deuxième voire un troisième traitement, elle est donc
renvoyé aux phases d'évaporation et de cristallisation. Les
cristaux de sucre ainsi obtenu au premier jet sont lavés par une pulvérisation
d’eau, ce qu’on appelle clairçage. On obtient alors 2 produits :
l’eau qui est appelé égout riche et les cristaux qui sont appelés sucre de
premier jet et qui contiennent 99,9% de saccharose.
Lors des deuxième et troisième traitements,
le sucre encore présent est retiré par les mêmes processus. Le sirop final
qui ne peut se cristallisé est qualifié de jet d'épuisement (mélasse).
La mélasse : La
mélasse se présente sous la forme d’un sirop visqueux et épais et se
reconnaît à sa forte odeur. Elle représente 3% à 6% de la quantité de matière
première utilisée. Elle est obtenue grâce au troisième jet, c’est en effet
le sirop final qui ne peut se cristallisé. Sa concentration en saccharose est
variable, mais généralement comprise entre 40% et 50%. Elle est utilisée dans
l’alimentation (quand elle subit une transformation) et dans l’industrie
de la distillerie.
*Amendement :
Substances incorporée au sol pour le rendre plus fertile.
III) L'éthanol
L’éthanol, ou alcool éthylique, de formule C2H5OH se présente sous la forme d’un liquide incolore et inflammable. Il
a une masse moléculaire de 46,07 g.mol-1, bout à 78°C et gèle à
-112°C. L'éthanol ou alcool éthylique (C2H5OH)
se présente sous la forme d'un liquide inflammable et incolore. Il est fabriqué
à partir de produits biologiques contenant du sucre tels que la betterave sucrière
(ou la canne à sucre) ou à partir de produit contenant de l’amidon pouvant
être transformé en sucre, comme le mais. La betterave sucrière et la canne à
sucre représentent 60% de la production mondiale d’éthanol.

Processus
de fabrication de l'éthanol à partir du sucre
L'éthanol est produit par le biais de la distillation de jus de
betterave.
1030 kg de betterave sucrière =
100 litres d'éthanol.
Après le troisième jet de la formation du sucre, on obtient un sirop
visqueux : la mélasse. C’est elle qui va être utilisé pour la
fabrication de l’éthanol car elle contient beaucoup de sucre. On procède
ensuite à une étape de fermentation, c'est-à-dire que les moûts* sont
ensemencés avec une levure (de type Saccharomyces), pour pouvoir être
transformer en éthanol. Ensuite, on concentre l’éthanol par distillation (l’alcool
est séparé de l’eau par évaporation). A ce niveau, il est possible
d’obtenir un produit d’une pureté d’environ 95,6% d’éthanol, le reste
étant constitué d’eau. Si l’on veut obtenir un produit d’une plus grande
pureté, il faut le faire passer par une étape de rectification qui est
un enchaînement de phases d’évaporation et de condensation de l’alcool.
Afin d’obtenir un alcool « absolu », on supprime le résidu
d’eau grâce à un réactif du type baryte ou benzène dans une colonne de déshydratation.
L’alcool final est alors pur à 99,98%.
*Moût: jus qui n’a pas encore fermenté.