John Mooney All I want Enfin un album qui détonne un peu dans ces temps de blues rock urbain en provenance de New York ou dailleurs, en effet John Mooney pour son sixième opus nous délivre un disque brut de décoffrage. Le qualificatif de Raw blues sapplique parfaitement a cette production, son rêche et arrangements minimalistes; Je sais vous vous dites déjà tiens un autre Fat Possum ! Et bien non! pas du tout. Pour ceux qui ne connaissent pas John il faut revenir quelque peu sur son parcours, compagnon de route de Son House pendant plusieurs années il a appris auprès de son mentor le sens de lessentiel. Spécialiste de la slide électrique ou sur son National, il était basé à New Orleans pendant de nombreuses années, avant de prendre du recul (comme Anders Osborne !) et a quitté Crescent City pour échapper à la tentation des paradis artificiels.
Changement de style et de climat, nous voici a la Nouvelle orleans avec She aint no good rumba blues chaloupé sur fond de Second Line rythme célèbre des fanfares de ce berceau du jazz. Les percussions sont omniprésentes et permettent à John de développer sa virtuosité. Feel like Hollerin creuse la même veine avec un supplément de venin bien venu, les amoureux du Swamp blues seront comblés ! lalbum se déroule comme un serpent musical, le lien ensemble naturel passant des rags électrifiés à un hommage a son modèle Sons bluespur merveille de concision et respect a la tradition du blues.
Hey little girl morceau funky en diable nous rappelle que le blues sait être une musique dansante, les pieds me démangent déjà !
Allez je vous laisse, faut que je bosse la slide en jammant avec John !
Blind Pig records / 2002
Au total douze titres alternant les morceaux en solo et les brûlots ou john est accompagné par Jeff Sarli à la basse et Bernard Johnson à la batterie, formation complétée par Alfred Roberts qui officie aux percussions.
Le boogie de All I want annonce la couleur :pas de quartier ! La slide est tranchante et la voix colle à la guitare comme la boue au semelles dans un bayou de Louisiane. Baby please en solo démontre la parfaite complémentarité entre le jeu de guitare du bonhomme et son chant qui fusionne en une incantation quasi vaudou-esque ! Même chose pour Buried treasure qui nous fait découvrir un texte très intéressant très proche des rag des années trente, John seul avec sa National guitar: Un régal !
Clotûrant ce disque la ballade If you love me épuré à lextrem avec lomniprésence du pied de John qui tape le tempo.
Chronique réalisé par Jipès le 11/10/2002