les CD des Loungecore Poets et Mauro Serri
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The Loungecore Poets 2nd take


Ce CD est le deuxieme de ce quintet originaire de Freiburg en Allemagne, le groupe s’articule autour de Stefan Merkl: Clavier/Composition et Sven Kestel, Contrebasse qui fait également office d’agent artistique du groupe. Les autres musiciens sont Arno Pfunder: Batterie/Percussion, Stefan Nommensen: Trompette/Bugle et enfin Ralph Baumann: Saxophones.

L’album s’ouvre avec “Kristall” swing aux accents modernes hérités du bop et dans la lignée de l’album référence du jazz post-bop Kind of blue. La rythmique swingue avec aisance et les cuivres sont aériens, le piano quant a lui pose ces harmonies avec des réminiscences de Bill Evans. Excellent chorus du sax et du trompettiste.

Deuxieme composition du disque “Udu nirgends”, climat très cool-jazz sur fond de percussions africaines (l’udu drum cruche en terre cuite originaire du Niger).
Le climat est très soft et la trompette attaque le premier chorus sur de magnifiques accords du pianiste. la rythmique prend alors son essor cependant que le sax et la trompette attaque une mélodie en contrepoint puis à l’unisson pour revenir sur le thème.

“Ralf Fur die insel” jazz fusion articulé sur une rythmique drum&bass et un accompagnement piano dépouillé. Le thème exposé par les cuivres est très léger et atmosphérique .Des accents d’Erik Truffaz par ci par là notamment dans le chorus de trompette

Vient ensuite mon petit préféré, eh oui bluesman dans l’âme, j’adore ce “Bluesscale mit quittencliché” blues groovy à souhait qui nous renvoie à l’excellent quintet des frères Nat et Canonball Adderley, c’est jouissif et hautement dynamique ! Écouter le piano et ses dérives “monkiennes”, que du bon.

“Ballade pour Ralphine” comme l’indique son titre nous propose une incursion dans le coté suave du jazz: rythmique délicate et cristalline saupoudrée de lyriques envolées du sax soprano. A noter le très joli chorus de contrebasse exécuté avec beaucoup de sensibilité.
L’album se clôture sur “Streicht” un autre de mes favoris une basse omniprésente un canevas rythmique à la limite du hip-hop et des harmonies complexes ou les mélodies s’entrecroisent avec bonheur, un sax alto tourmenté et un riff entêtant qui achève l’ envoutement;

Bref un excellent disque déjà assez mâture et qui reflète bien la musique joué par le quintet sur scène (voir contrendu du “Off”de jazz à Mulhouse).

Chronique réalisé par Jipes 09/09/2002

Ordre des morceaux sur l’album.

1/ Kristall
2/ Udu nirgends
3/ Ralf Fur die insel
4/ Bluesscale mit quittencliché
5/ Ballade pour Ralphine
6/ Sreicht

Mauro Serri Trio ” Live au Cristal


La voici enfin cette galette tant attendue par les fans et sans doute également par Mauro lui-même. Que dire pour présenter le guitariste/chanteur parisien ? Depuis quarante ans Mauro Serri a promené ses guitares sur les routes de France et d’Europe accompagnant au passage des stars tel que Eddy Mitchell (souvenez vous du brûlot live a l’Olympia ) ou bien Bill Deraime avec qui il joue depuis 1980 jusqu’a nos jours sans oublier J.J Milteau son complice depuis les années 80.
Faire la liste des artistes et des disques sur lesquels Mauro a joué tient de l’exploit (voir sa bio sur http://www.mauroserri.com) .

Mais après toutes ces années un vrai projet solo n’avait jamais abouti ( Robben Ford et son trio avaient même donnés leurs accords pour participer au disque de Mauro !). Hélas il nous a fallu attendre ce concert enregistré live au “Cristal” lieu mythique pour les fans de blues et malheureusement fermé depuis par des autorités tatillonnes sur les décibels.

Ce concert de Mauro enregistré le 24/07/2001 étant le dernier avant la fermeture du lieu, le public s’ etait déplacé nombreux et ce là s’entend sur les plages du C.D.

Entrons dans le vif du sujet avec la présentation du combo proprement dit Johnny Ferraci à la basse et Kiko Mattioli à la batterie, Mauro assurant quant à lui les guitares et le chant.
Le concert démarre avec une adaptation du standard de Sonny Boy Williamson “One way out”. Le ton est tout suite donné l’énergie et la cohésion du groupe sont frappantes, la basse est bien ronde et en avant d’emblée Mauro met les pendules à l’heure, la dextérité et la connaissance de l’idiome blues sont évidents.
La version de ce standard est plus proche des Allman Brothers que de Sonny Boy, les amoureux de blues trio ne pourront que s’en réjouir.

Viennent ensuite tour à tour deux clins d’oeil en direction de Robben Ford avec les versions de “Talk to your daughter” et “Help the poor” ou Mauro démontre qu’il n’a rien a envier à de nombreux guitaristes américains (une petite citation de Clapton au passage !) y compris les plus connus ! Le soutien chaleureux du public montre leur joie d’assister à un tel concert. La voix est chaleureuse et s’adapte bien au répertoire avec l’aide des choeurs du bassiste.

Suit un premier original de Mauro “Tu manques”, dédié à une de ses grande influence James Marshall Hendrix . Assez curieusement ce morceau est joué à la slide sur une rythmique qui nous rappelle Dust my broom. En slide Mauro a un jeu très proche du défunt Duane Allman et fait montre d’une grande maîtrise .

“You don’t love me”swingue tout le long de ses 4’10 et la guitare se la joue câline échangeant des riffs harmonisés avec la basse,excellents choeurs également sur ce standard de Willie Cobb.

Retour au compositions de Mauro avec un slow-blues “La Collectionneuse” qui l’a co-écrit avec Bill Deraime. La surprise vient de la voix de Mauro qui semble venir du tréfonds de ses tripes pour nous raconter en français les déboires d’un ex-Don Juan au prise avec une “mante religieuse”. Très beau morceau convaincant sur une grille aux harmonies originales.

“Statesboro blues” de Blind Willie Mc Tell nous emmène lorgner de nouveau vers l’Allman Brothers Band (Live at the Fillmore) avec sa slide acérée et son boogie puissant. Mauro se fait plaisir en reprenant ses morceaux et force est de constater qu’ils lui vont comme un gant ! L’ambiance monte de plusieurs crans après un chorus survolté de la guitare et Mauro enchaîne avec le “Sunshine of your love” des Cream qui comptaient dans leurs rangs un certain Eric Clapton!

La voix est en accord avec la guitare déchaînée (qui a sorti sa wha-wha) et tout le groupe tire vers le haut pour une excellente version de ce classique. l’album se clôture avec un autre standard “Crossroads” le swing du groupe est excellent et ca déménage franchement (des regrets de ne pas avoir été là ce soir là !).

Conclusion un disque réalisé avec beaucoup de coeur et dynamisme et les moyens du bord mais qui met en avant les qualités de ce guitariste excellent que tant d’artistes ont adorés avoir à leurs cotés.

Un voeu, un seul qu’un producteur intelligent ait enfin la bonne idée de permettre à Mauro de réaliser un second CD solo ou il pourras de nouveau faire montre de tout son talent !

Chronique réalisé pour JazzBreak par Jean-pierre Dangy le 19/09/2002