Faja de las flores Tozal del Mallo 23-06-2001 Christiane, J. Paul, J. Pierre Dénivelée : 1285m Total : 8H50 Orageux puis grand beau temps. Carte Ordesa y Monte Perdido |
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Départ d'Anglet le vendredi à 17h50; nous passons à Bielle à 19h30 et au col du Pourtalet à 20h10, nous descendons jusqu'à Biescas (20h30) où nous tournons à gauche en direction d'Ordesa. Nous arrivons à Torla à 21h00. Le samedi matin, après une bonne nuit au refuge Lucien Briet (tel. 00 34 974 486 221), nous quittons Torla à 6h55 pour arriver au parking d'Ordesa à 7h10. Les parois du Tozal del Mallo sont éclairées par la lumière du levant. Les nuages envahissent le ciel, l'atmosphère est lourde, orageuse... - 7H15 (1230m) Sans se poser trop de questions, nous nous engageons sur le large chemin d'Ordesa à l'Est. Sur le bord, nous remarquons la tâche claire d'un Orchis à deux feuilles. Un peu partout s'épanouissent les petites têtes ébouriffées du Trèfle des montagnes; çà et là, la pelouse est parsemée d'Orchis de Fuchs. - 7H25 A l'intersection où se trouve une Vierge, nous prenons le chemin de gauche (un panneau indique la direction de Cotatuero et de la Brèche de Roland). - Nous montons dans la forêt en suivant le "barranco de Cotatuero" qui fait un vacarme assourdissant... L'atmosphère est lourde, le pas n'est pas léger mais appuyé... Nous progressons dans une lumière et un environnement surréaliste! L'Ancolie des Pyrénées semble bien fragile, l'Érine des Alpes apporte quelques touches de couleur, les premières fraises commencent à rougir, mais nous ne prenons pas le temps de les déguster... - Il est 8H00, 1555m, voici une superbe orchidée, habituée des bois feuillus très ombragés: la "Néottie nid d'oiseau", mais nous ne prenons pas non plus le temps de profiter de son odeur de miel... Une surprise nous attend: la Ramondia pousse en abondance sur un rocher, c'est la première fois que nous la rencontrons, la journée n'est pas perdue! | |||
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- 8H12 - 1645m Nous atteignons une cabane en rondins. La vue sur la cascade de Cotatuero est impressionnante, surtout quand j'annonce que nous devrons déboucher dans le cirque juste au sommet de celle-ci.... Les Géraniums des Forêts poussent en abondance dans ce sous-bois. La Grassette, plante carnivore, digère les moucherons; nous croisons la Vipérine, puis le Dompte-venin... - 8h30 - 1755m Nous laissons sur la gauche le sentier de la Faja Racún qui rejoint directement le cirque de Carriata, pour prendre à droite la direction de Cotatuero. - 8H40 - 1835m Le sentier sort de la forêt et nous montons dans les rochers en suivant les cairns. Nous franchissons une petite cheminée facile qui nous conduit à un belvédère vertigineux sur la cascade. Derrière nous, les parois du Gallinero sont superbement éclairées. - 8H55 Nous nous engageons dans la première cheminée des Clavijas de Cotatuero. De solides barres de fer facilitent le passage depuis 1881... Elles furent installées à l'époque par un chasseur anglais! La seconde partie est franchement plus délicate et exposée... Elle est constituée sur une trentaine de mètres par une vire horizontale, avant de remonter verticalement sur 3 ou 4 mètres pour rejoindre la seconde partie horizontale (au dessus du vide...) équipée d'une chaîne. Nous nous encordons pour assurer une sécurité maximum. Ce passage est à déconseiller si on est sujet au vertige. Dans tous les cas, préférer le passage en montant, car la descente est encore plus délicate... | |||
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- 9H35, 1940m Nous avons rangé la corde, l'orage ne menace plus, l'atmosphère devient franchement optimiste. Nous sommes accueillis dans le cirque de Cotatuero par les marmottes et... un bouquet d'Edelweiss! Nous faisons une pose gourmande au milieu des Pulsatilles blanches. Le Barranco de Cotatuero dévale en cascades successives avant de plonger dans la vallée. - Nous repartons à l'Ouest en suivant la rive droite du Barranco de Cotatuero. Tout à coup, un isard nous défie de son souffle... Il nous domine de quelques mètres sur un ressaut rocheux. Peu craintif, il descend derrière nous en direction de la cascade, se retournant à peine pour nous surveiller... | |||
- Alors que nous progressons parmi les Gentianes printanières, les Gentianes acaules, les Linaires et les Silènes acaules, nous observons les marmottes et les isards accompagnés de leurs petits. Nous faisons une pause à l'ombre d'un rocher pour admirer le cirque de Cotatuero avec en fond le Mont Perdu et le Monte Arruebo. - A 10H45 - 2300m Nous parvenons sur un plateau karstique, sur notre droite apparaissent le Taillon, la Brèche de Roland et le Casque du Marboré. Au pied des névés, s'épanouissent des Soldanelles des Alpes. | |||
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- Nous tournons à gauche, plein Sud, sur une sente très bien cairnée qui suit la courbe de niveau 2300, pour nous conduire à la Faja de las flores. La vue plongeante sur les Canyons d'Arazas est saisissante. Nous cheminons ensuite sur cette "vire des fleurs" dans un décor extraordinaire... exceptionnel! Nous rencontrons pas mal de monde, et surtout des groupes qui viennent de Carriata. Ils nous rassurent sur la poursuite de ce sentier incroyable qui semble ne pouvoir aboutir, tant il est suspendu dans la falaise! Les Anthyllide des montagnes poussent à profusion, un Orchis Sureau ajoute une touche jaune au paysage. - 11H40 Nous passons près d'un abri sous roche perché 1000 mètres au dessus du parking où nous avons laissé la voiture. Au Sud-ouest nous reconnaissons le Pélopin et au Sud-est le Sestrales que nous avons escaladés en début de saison. La faja nous réserve des émotions à chaque virage, le décor est grandiose! - 12H10 Le sentier se faufile derrière un gros bloc rocheux, alors que les Androsaces se blottissent en pied de falaise. - 12H20 Nous aboutissons dans le cirque de Carriata, enthousiasmés par cet itinéraire que nous déclarons être le plus beau de notre vie... Nous remarquons des fossiles de coquillages ( à 2350 mètres d'altitude... ) dans les rochers. Nous faisons une pause pour le repas... et la Manzana. - 12H50 Nous descendons le sentier de Carriata jusqu'à un cairn posé sur un rocher à 2130 mètres d'altitude, qui sert de repère pour le départ du chemin qui nous conduira au Tozal del Mallo (également appelé Retablo del Altar) que nous nous offrons en prime. Le sentier est facile au départ, mais est assez exposé à l'approche du col qui précède le sommet (2254m) que nous atteignons à 13H25. Quel belvédère! De l'extrémité Est de la crête sommitale, la vue plongeante sur les canyons d'Arazas est exceptionnelle. - 13H45 Nous revenons sur nos pas parmi les Orchis vanillés et les Renoncules des Pyrénées, jusqu'au cairn du sentier de Carriata, sans tourner à droite vers les clavijas de Salarons. Nous descendons par un chemin qui se rapproche de la cascade pour franchir le Paso de la Fajeta situé un petit peu plus à l'Est que les clavijas, sur la rive droite du barranco de Carriata. - 14H35 - 1975m Nous atteignons une vire équipée d'un câble formant main-courante, et nous descendons à gauche juste avant la petite cascade. - 14H38 Nous passons l'intersection avec le chemin qui descend des clavijas et poursuivons notre chemin parmi des champs d'Asphodèles blancs. - 14H55 - 1850m Un isard tente de nous intimider de son souffle pour nous éloigner de son chemin... Nous ne bougeons pas, il préfère donc nous contourner dans un calme relatif. Au dessus de nous se dressent les parois du Tozal del Mallo A l'Est, la Faja de las flores nous semble totalement inaccessible. - 15H05 - 1785m Nous admirons les Lis de Saint Bruno, puis nous traversons bientôt une cascade où nous laissons sur la gauche le sentier de la Faja Racún (qui rejoint le sentier de Cotatuero). - 15h20 Nous passons devant une cabane en rondins, non loin de laquelle nous observons l'étonnante Pédiculaire feuillue. A 1600m, nous trouvons une Céphalanthère à longues feuilles. - 15H52 Nous rejoignons la route que nous remontons jusqu'au parking où nous retrouvons la voiture à 16H05. - Nous dégustons un Orangina bien frais en s'étonnant de la silhouette impressionnante du Tozal del Mallo, et de l'altitude des falaises qui nous surplombent au Nord, dominées par la Faja de las flores dont nous arrivons... Un dernier carré de chocolat, assis à l'ombre à côté d'un pied de Douce-amère, et nous reprenons la route du Pays basque. | |||