Arrivé trop tôt à l'aéroport, je patiente 4 heures avant le départ de mon avion. Je voyage sur Cyprus Airlines, charmantes hôtesses. On nous offre bonbons, boissons et un petit repas. A Larnaka j'atterris sous un ciel étoilé. Plus de navette pour venir en ville, seuls stationnent des taxis. Après avoir payé le mien 3 Livres chypriotes, soit environ 30FF, je m'installe à l'Auberge de Jeunesse, une ancienne mosquée désaffectée. Le patron grec parle français. Il me propose un lit dans le dortoir des filles, "car il n'y a pas de femme ce soir" me dit-il. Je suis d'ailleurs le seul locataire. Je séjourne deux jours dans cette station balnéaire et touristique. Le premier jour je me fie à l'itinéraire signalé dans un dépliant. Je commence par le bord de mer, à 200m de mon hôtel. Véritable petite "promenade des Anglais", le boulevard Finikorides, qui veut dire "petits palmiers", a toujours ses palmiers plantés en 1822 mais qui ont grandi depuis. Tout au long s'alignent les meilleurs hôtels et certainement les plus chers. En face, sur la plage, fière d'arborer le pavillon bleu (signe de propreté), les parasols et transats attendent les touristes. A une extrémité commence la marina où peuvent s'amarrer 450 yachts. Je repère une jonque parmi les bateaux. C'est celle des parents de mon confrère journaliste à Jakarta. J'irai leur rendre visite plus tard. Toujours sur la promenade on peut voir le buste de Kimon, un général athénien. Il aida les Chypriotes à chasser les Perses en 499 avant notre ère. Il décéda dans cette ville qui s'appelait Kition à l'époque. Une vieille, mais bien conservée, demeure avec balcon circulaire, propriété d'une riche famille au nom de Piérides, renferme actuellement une riche collection d'objets et de tableaux anciens et contemporains acquis par la famille. Certaines antiquités datent du Néolithique. A l'extérieur on a disposé quelques sculptures très modernes. L'église est à deux pas de l'hôtel, j'en admire l'architecture et surtout la richesse à l'intérieur. C'est une église orthodoxe construite dit-on sur l'emplacement du tombeau de St Lazare, patron de la ville, qui fut le premier évêque de Chypre après sa résurrection par le christ comme le mentionne l'évangile. Le troisième jour, en une heure, un car confortable me conduit à Nicosie la capitale. L'auberge entourée de verdure est agréable. Je la partage avec un égyptien et un espagnol. C'est tout. En arrivant je croise une manifestation (une de plus) en faveur du peuple kurde et de son leader Abdullah Oçalan (à ce moment là en résidence surveillée en Italie). Il y a des grévistes de la faim et la foule danse le sirtaki. Evidemment je filme la scène et les grévistes allongés sur des matelas.
Dans l'après midi je cherche un Internet café. En parcourant les rues je tombe sur la "ligne verte" (les Chypriotes l'appellent la ligne de la honte) qui démarque la partie chypriote et la partie occupée par la Turquie. L'endroit me parait un peu sinistre. Je respecte l'interdiction de filmer. Je n'ai aucune envie de me faire arrêter ou pire de recevoir une balle d'un fusil que portent les militaires qui patrouillent aux environs. Un mur de l'époque des vénitiens ceinture la vieille ville. Chypre est le premier pays européen que je visite depuis le début de mon voyage (Dans certains atlas on le mentionne en Asie). L'île d'Aphrodite se veut européenne. A la douane de l'aéroport vous avez des portes de contrôle spécialement pour étrangers du Conseil de l'Europe (notez bien qu'ici on dit Conseil de l'Europe car les Chypriotes, bien qu'ils l'aient demandée, ne sont pas encore dans l'Union Européenne). C'est la première fois depuis le Japon que j'ai le plaisir d'admirer les minijupes des filles ! Quel contraste avec les pays arabes. Je me suis rendu ce matin au central téléphonique pour appeler la France par ligne directe (je ne l'avais pas fait depuis le Yémen). Près de là se présente une petite statue bien faite qui m'incite à vouloir la filmer. Après cette opération je remarque un panneau interdisant de photographier. Je veux en connaître la raison et je constate que, sans le savoir, je suis à 5 mètres des barbelés turcs... Heureusement, il n'y a pas de police ni d'armée, seul stationne un véhicule des Nations Unies. Au centre ville, près des remparts se tient un marché de plein air hebdomadaire (le mercredi). J'achète quelques bananes et oranges. Plus loin une immense statue du Président Makarios III montre le chemin du Musée byzantin ou sont exposées les précieuses icônes provenant de plusieurs vieilles églises de l'île, partie occupée comprise. Malheureusement il est interdit de filmer. Le souvenir de ces pieuses images ne restera que pour moi. Non loin de là on a édifié un monument de la liberté représenté par une femme aux pieds de laquelle deux hommes, un religieux et un militaire, soulèvent une grille et libèrent de nombreux personnages laïques et ecclésiastiques. Ici c'est le quartier diplomatique, de nombreux pays y ont leur ambassade.
A présent nous sommes cinq à l'auberge, l'Egyptien et l'Espagnol déjà signalés auxquels se sont joints un Grec et un Allemand, moi étant le Français. L'aubergiste, lui, est Chypriote et vient de temps en temps prendre part à nos discussions. Il nous fait confiance et nous laisse l'entière liberté de gérer la maison. Nous parlons ordinairement en Anglais bien que chacun d'entre nous "baragouine" un peu la langue de l'autre. Nos échanges d'idées tournent sur Chypre, sur nos langues, nos différences et les religions. Nos entretiens sont des plus cordiaux, bien que parfois le ton se hausse lorsqu'il s'agit de religion (je l'ai souvent constaté). Nous bavardons très tard le soir et nous nous séparons toujours dans la franche amitié. Comment voulez-vous qu'il existe un soupçon de conflit, de guerre entre nous ?
Je me réserve un jour de plus à Nicosie (les Chypriotes l'appellent Lepkosia) pour effectuer un ultime tour de ville. J'en profite pour m'informer de l'horaire et du lieu de départ de mon car pour Troodos. Au cœur de la vieille ville à l'intérieur des remparts qui datent de l'époque vénitienne 1489 ~ 1571, on a aménagé des rues piétonnes très commerçantes. Une fois de plus, visitant des églises orthodoxes, j'aboutis au "No man's land" séparant Chypre la Grecque de Chypre la Turque (les Turcs occupent militairement 37% de l'île depuis 1974). Sur le mur du poste de police quelques photos en noir et blanc montrent des enfants, des familles recherchant un parent disparu après avoir été arrêté par l'armée turque. Des sentinelles grecques (Chypre n'a pas d'armée), montent la garde près des sacs de sable entassés les uns sur les autres laissant apparaître des meurtrières derrière lesquelles je devine un fusil ou une mitrailleuse.
Je ne connais pas le grec, mais je peux le lire, l'ayant étudié comme langue morte avec le latin au cours de mes études secondaires. Je passe donc devant un imposant bâtiment et je lis au fronton "PARTHENA GOGEIN" Lisant très bien, mais ne comprenant pas le sens, je suppose qu'il s'agit d'une administration ou d'un établissement gouvernemental. Je demande l'explication. "C'est une école pour jeunes filles" me dit-on. En souriant avec un air malicieux mon interprète ajoute : "Voulez-vous connaître la traduction littérale ? Ca veut dire école pour filles vierges !". Je termine ma promenade par le musée de Nicosie qui relate toute l'histoire de la ville depuis l'époque néolithique, 7000 ans avant notre ère jusqu'à nos jours, époque chalcolithique (le travail du cuivre), l'âge du bronze, le temps des grands royaumes, l'intégration de Chypre à l'empire d'Alexandre le Grand, le rattachement de l'île à la Grèce, la période romaine, la province byzantine, l'occupation de Richard Cœur de Lion qui en profite pour se marier à Lemesos (Limassol) avec Bérangère de Navarre où elle est couronnée Reine d'Angleterre, le gouvernement des Francs, les périodes vénitienne, ottomane et britannique, la déclaration de la république et de l'indépendance et les années noires de l'occupation turque. Très bien entretenu, ce musée municipal a reçu le titre de "Musée européen pour l'année 1991" dû à sa présentation originale de l'histoire de la capitale. Un autre site qui a aussi reçu le prix "Europa Nostra" est l'une des deux portes restantes de la vieille cité construites alors (actuellement on a pratiqué plusieurs entrées), la porte de Famagouste "Pyli Ammochostou".
En un peu plus d'une heure je rejoins Troodos. J'ai toujours cru qu'il s'agissait d'une ville. Or il n'y a que deux hôtels, quelques restaurants et commerces, un poste de police et une agence postale au pied des pistes de ski. Nous sommes à 1970 mètres d'altitude, dans une forêt de pins centenaires. L'air est pur et vivifiant. Il y a aussi une petite auberge de jeunesse. Elle est fermée et je suis obligé d'aller à l'hôtel (180FF). L'hôtel s'appelle "Jubilee Hotel". C'est le moins cher des deux. On aperçoit les énormes sphères blanches de l'observatoire à la crête du mont Olympos. Deux téléskis fonctionnent lorsque la neige est là de mi-janvier au mois de mars.
Je dois me rendre à Limassol selon mon itinéraire établi. Mais il n'y a aucun moyen de transport depuis Troodos. Je fais la moitié des 9 km à pied, l'autre moitié en stop pour arriver à Platres. Le directeur de l'office de tourisme, Alexander Nicolaou, avec qui je sympathise m'annonce qu'il n'y a plus rien ce samedi pour Limassol. Comme le dimanche il n'y a rien non plus je dois patienter jusqu'à lundi pour prendre un taxi "transurbain" de 7 places (2LC). Je passe deux nuits dans un coquet petit hôtel : "Village restaurant". L'après midi j'accomplis 14 km (aller retour) pour voir le monastère Trooditissa. Je n'en vois que les murs extérieurs, car les personnes étrangères ne sont pas admises. Je n'ai que le plaisir du parcours en forêt et un beau coucher de soleil (un de plus pour ma caméra)
Pour mon dimanche de nombreuses excursions s'offrent à moi. J'en choisi deux : "Kaledonian waterfall" et "Millomeri waterfall". "Kaledonian waterfall" est l'aboutissement d'un sentier long de quatre kilomètres, une à deux heures de marche (on doit s'arrêter souvent devant des panneaux où sont expliquées plantes, fleurs et roches). Il démarre près de la rivière Kryos Potamos où se trouve la résidence d'été du Président de la république. Je mentionne ce détail, car cette demeure a été construite pour le gouverneur britannique en 1880~81 et Arthur Rimbaud y travailla. On peut lire sur une plaque de marbre "Arthur Rimbaud, poète et génie français, au mépris de sa renommée, contribua de ses propres mains à la construction de cette maison". Je mets quatre heures pour accomplir ce parcours commenté, car, mal m'en prend, je veux escalader une pente raide pour atteindre le haut de la cascade. Je crois ma dernière heure arrivée. Je ne peux plus avancer, je commence à trembloter jusqu'au moment où conscient du fait, je réagis ne voulant pas rester collé à la paroi dans l'attente du secours. Ma fierté de Français de 67 ans me pousse à continuer. La "grimpette" est loin d'être de tout repos. A cet effort s'ajoute la roche qui s'effrite. Je dois surveiller les pierres pour qu'elles ne se détachent pas afin d'éviter qu'elles atterrissent sur la tête de quelqu'un plus bas. Je dois aussi prendre des précautions pour ma caméra, mon appareil photo, un sac contenant mon casse croûte de midi, une gourde attachée à ma ceinture, mes lunettes et en plus mon pantalon blanc, le seul que j'ai, l'autre étant resté dans mon grand sac à Larnaka. J'ai un œil également sur l'unique paire de tennis qui s'use trop vite. Lorsque j'étais plus jeune et que je pratiquais un peu l'alpinisme dans les montagnes savoyardes, on m'a toujours indiqué de grimper en s'assurant de trois prises. Ce conseil m'est fortement utile. Mais je suis comme le héros de la comédie "L'auberge du cheval blanc", celui qui, après avoir sué pour accéder au sommet d'une montagne, constate une fois arrivé qu'il y a une belle auberge au bout d'une très bonne route. Et bien il en est de même pour moi, car après tous ces efforts j'aperçois non loin de mon but, un restaurant qui propose des truites meunières à son menu. Fatigué, mais pas découragé, j'entreprends ma seconde randonnée dominicale : les cascades de Millomeri. C'est une suite de petites cascades sur un petit parcours sans difficulté. Ca calme ma tension nerveuse. Au bord de l'eau je "casse la croûte" d'une boite de sardines et d'un fromage. Enfin passant devant l'église, je rentre à l'hôtel, fourbu, mais très content. J'écris quelques cartes, je me repose et je m'endors.
Cette région montagneuse est très belle. De grands arbres couvrent les pentes et il y pousse de multiples plantes et fleurs uniques à Chypre, sauf une qui vient, tenez-vous bien, de France et plus particulièrement de Montpellier. C'est la Ciste, son nom scientifique "Cistus Montpeliensis". J'ai récolté des mûres et j'ai mangé des arbouses. Enfin j'ai ramassé des pissenlits et me suis préparé une bonne salade.
Limassol est un petit port, une station touristique et balnéaire. C'est dans cette ville que Richard cœur de Lion épousa et fit reine d'Angleterre Bérangère de Navarre, dans le château médiéval transformé depuis en musée. On y trouve des armes et des armures, de nombreuses pierres tombales des chevaliers francs, des poteries de diverses époques. Du haut du château, on a une magnifique vue panoramique sur la ville et sur la mer. Rue St André (Agios Andreou) une vieille maison restaurée abrite une petite, mais bien présentée, collection d'art populaire chypriote du siècle dernier.
Il fait doux, arrivé très tôt, j'ai pu visiter ces deux musées et j'ai eu assez de temps pour me promener le long de la mer et de la plage où l'on se donne au plaisir du bronzage. J'ai pu voir aussi deux églises, l'une orthodoxe qui a pourtant le nom de "Katholiki", l'autre catholique dédiée à St Catherine. Toutes deux sont fort belles et bien entretenues. La courte après midi sera consacrée au jardin municipal et son zoo, et au vieux port de pêche. Je loge au "Icaros Guest House" tenu par une vieille bonne femme à l'abondante chevelure blanche. Particularité : c'est sa demeure. Il y a énormément de plantes vertes, d'oiseaux chanteurs et de bibelots. Il y a aussi deux salles de bain identiques, mais l'une est payante (!), 50 cts. Je n'ai pas su pourquoi. Enfin voici Paphos, la ville ou naquit et fut adorée Aphrodite, la déesse de l'amour. Il est temps que je vous parle un peu d'Aphrodite, car toute l'île est associée à cette déesse (elle est également déesse de la beauté). Dans l'Iliade d'Homère, Aphrodite est la fille de Diane et de Zeus, le roi des dieux. Mais un autre mythe mentionne qu'elle est née de l'écume de la mer, tout près des côtes Est de Chypre. On vous montre le rocher d'où elle est sortie de l'eau, le "Petra Tou Romiou" (21 km de Paphos). La légende raconte qu'Aphrodite émergeât de la mer vêtue seulement de sa belle et longue chevelure, comme on peut le voir sur le célèbre tableau de Botticelli "Naissance de Venus" (Aphrodite est la Vénus romaine). Toujours sur la route de Paphos, il reste quelques ruines du Sanctuaire de cette déesse qui fut un lieu de pèlerinage important jusqu'au quatrième siècle de notre ère. Il y a aussi un petit village du nom de Geroskipou "Hieroskepos", Le jardin sacré d'Aphrodite. Tout est beauté mythologique dans ces lieux. Ne visite-on pas le sanctuaire d'Apollon ? On peut prendre le sentier d'Adonis. A Polis, petit village maritime, se trouvent les "Bains d'Aphrodite", un peu d'eau dans une grotte. On dit qu'Aphrodite aimait se baigner dans cette grotte. Je n'en sais pas plus sur cette déesse. Mais croyez-moi, l'atmosphère et le décor enchanteur font trotter votre imagination.
D'une seule traite je suis allé à Polis en changeant de bus à Paphos. Trois heures plus tard, après avoir vu les "Bains", je suis revenu à Paphos où je loge à l'Auberge de jeunesse, petite, mais familiale. Je découvre l'aubergiste et mes compagnons, nous sommes quatre. En cour de route mon attention s'est portée sur un vaste feu de forêt - dommage -, sur des sources d'eaux sulfureuses et sur un hôtel, en ce pays d'Aphrodite, baptisé "Lovers' Hotel" (hôtel des amants). Paphos a été la capitale de l'île du temps des romains. En témoignent de remarquables mosaïques bien conservées dans quelques villas de la fin de la période romaine. Les plus importantes sont dédiées au dieu Dionysos et racontent son histoire. J'ai marché toute la journée à la recherche des lieux et monuments prévus à mon programme : Les ruines du château byzantin détruit par un tremblement de terre, un autre château situé près du port creusé par Alexandre le Grand, les mosaïques, le poteau où St Paul, d'après la légende, aurait été attaché et flagellé. Près de ce poteau, bien conservée s'élève une belle et petite église dont le culte est partagé entre les catholiques et les anglicans. Un grand arbre, aux branches duquel on a pendu des mouchoirs dans l'espoir de voir la réalisation d'un vœu, surplombe une petite catacombe. J'ai vu d'immenses champs chargés de rocs creusés pour renfermer les tombes des rois. Enfin j'ai terminé ma journée en me rendant à un musée ethnologique, simple mais intéressant. Sur mon parcours, je n'ai pas manqué de photographier, bien qu'ayant un problème mécanique avec mon appareil photo, quelques monuments, jardins, l'hôtel de ville, la bibliothèque de style hellénique et quelques scènes de rue. Le lendemain de ce jour chargé en explorations, je pars pour Larnaka via Limassol. Je voulais prendre le bus bon marché 2,50LC mais mon horaire était périmé. Après une âpre et belliqueuse discussion avec la jeune fille du bureau des bus je prends un taxi. Encore un arnaqueur de taximan qui m'informe qu'il n'y a plus de "Taxi service" (taxi collectif) et qu'il n'y a que son taxi privé. Il me réclame 17LC !!! jusqu'à Limassol (68 km). A Limassol je monte dans un "Taxis service" pour Larnaka, je paie 2,50LC pour 66 km (vous voyez la différence). Plus tard, après renseignement, il existait bien un car à Paphos à 9h30 et aussi des "Taxi service".
De retour à la "Youth Hostel" de Larnaka, j'y trouve une Anglaise comme dame aubergiste. Une vraie globe-trotter qui travaille sur les yachts en été et aux auberges de jeunesse en hiver. Je téléphone aux parents de mon confrère journaliste d'Associated press (AP) que j'avais rencontré à Jakarta. Ils ont une jonque, je vous l'ai dit, ainsi qu'un appartement à Larnaka et... un ordinateur avec Internet. Ils m'invitent à partager leur repas et à utiliser leur ordinateur. Je profite de mes derniers jours pour aller au fort médiéval, à l'aqueduc, au musée paléontologique et au vieux Kition. J'assiste à des danses chypriotes au bord de la mer. Je dîne en compagnie de Philippa, une ravissante anglaise et Anssama, un très intelligent libanais. A Paphos j'ai connu un couple italien hôtelier en station de sport d'hiver en Suisse, Falco Pascal et son épouse. Je les retrouve à Larnaka. Ils m'invitent à monter dans leur voiture et nous allons à Lefkara, un petit village entièrement voué à la dentelle et aux bijoux en argent. J'achète pour mes petites filles Marion et Mégane des petites ombrelles dont la toile est remplacée par une dentelle.
(J'ouvre une parenthèse dans le récit de mon voyage pour vous livrer une idée qui me trotte en tête. Il commence à faire froid à Chypre, il pleut aussi. J'ai appris qu'il y a de la neige et une basse température en Europe et je n'ai pas d'habits d'hiver... Que dois-je faire ? Ou j'achète de chauds vêtements en Turquie ou en Grèce ou je prolonge mon voyage par le Liban, la Syrie, etc... Vous connaîtrez ma décision dans les prochains paragraphes...)
Les Chypriotes manquent d'eau, principalement dans les villes et sur la côte. Aussi voit-on des réservoirs d'eau sur tous les toits des maisons. L'eau potable distribuée par la ville n'arrive pas tous les jours, seulement une ou deux fois par semaine. Il faut donc savoir s'approvisionner. Dans les auberges de jeunesse, par exemple, on la stocke dans de multiples bouteilles en plastique. Dans l'attente de mon avion pour Istanbul je reste deux jours de plus sans histoire. Je fais un peu de lèche vitrine sans rien acheter. Les commerçants pensent à Noël tout proche et décorent leurs magasins de guirlandes et de Santa Claus. Les rues de la ville, elles aussi, ont leurs illuminations. Je fais un bout de film lorsque tombe la nuit. Comme il fait froid dans le reste de l'Europe que je dois visiter, j'avais envie de prolonger mon tour en me rendant soit en Syrie, au Liban ou tout bonnement aller au Sinaï. Ou bien je continue selon mon programme initial : la Grèce. L'Albanie, l'Italie en achetant toutefois des vêtements chauds à Istanbul. Ici, à Chypre, je trouve une boutique de bric-à-brac, de seconde main. J'y trouve un pantalon et un pull over. Il me reste à voir en Turquie pour un blouson et une paire de chaussures.
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