Porsche 3,3 Turbo II 1990

Porsche Turbo 3,3 II 1990

 
Avec ce modèle, Porsche apporte encore une fois la preuve que le concept du moteur "tout à l'arrière" est loin d'être mort. L'usine prouve également qu'elle maîtrise parfaitement la technologie de la suralimentation turbocompressée, n'en déplaise à ses détracteurs. En matière de turbo, Porsche s'affirme désormais comme une référence en la matière. Bien que le concept de base soit resté le même tout au long de ces années, une série de modifications et d'améliorations sont venues parfaire le modèle. 

L'auto est restée la même, les gros élargissements d'ailes arrières, les pneus extrêmement larges et l'aileron subsistent. L'aileron devient de plus en plus indispensable lorsque l'on sait qu'il abrite le volumineux échangeur air/air. Contrairement à la Carrera, il n'est pas question d'escamoter cet aileron. La carrosserie reprend les éléments de la Carrera, pare-brise collé et pare-chocs intégrés en plastique. Les rétroviseurs ont changé, ils ont adopté une ligne plus aérodynamique. Les jantes reçoivent un alliage injecté, 5 branches et 17 pouces. 

Passé les considérations esthétiques de la carrosserie, l'amateur éclairé aura tôt fait de soulever le capot pour découvrir le moteur suralimenté de 3,3 litres de cylindrée fournissant 320 chevaux. Une boite à cinq vitesses a remplacé l'ancienne boite à quatre vitesses. 
  
L'équipement est complet et comprend une direction assistée, ABS,  un différentiel autobloquant, un système à airbags conducteur et passager, une climatisation automatique, sièges réglables électriquement, système d'alarme et un intérieur cuir. La nouvelle 911 Turbo développe 20 chevaux de plus que la version précédente avec une cylindrée identique et un poids d'environ 130 kg de plus. Grâce à la boite à cinq vitesses, les accélérations sont encore meilleures que sa devancière, bien que le rapport poids/puissance soit plus important. 

Cette auto n'est pas faite, à proprement parler, pour la conduite sage mais au contraire pour une utilisation vigoureuse révélant son caractère sportif. Les reprises à bas régime sont d'ailleurs bien moins bonnes qu'elles ne le sont sur la Carrera 2 de 250 chevaux. 

La conduite d'une auto d'une telle puissance nécessite une sensibilité empreinte d'une certaine attention lors de vitesses élevées.  La tenue de route a été sensiblement améliorée, les réactions dues aux changements d'appui sont maintenant nettement plus neutres, bien que le coté survireur en cas de lâcher brusque des gaz n'ait pas totalement disparu. 
 

Les disques de freins sont plus puissants et enfin équipés d'un système ABS. La 911 Turbo est munie d'une direction assistée qui, heureusement, voit son effet limité et n'enlève pas les sensations éprouvées en cas de conduite sportive. La dureté de la suspension ajoutée à la largeur des pneus est loin de contribuer à un confort routier en dessous de 200 km/h, même les plus légères inégalités de la route secouent encore les occupants. 

Le nom de code interne de cette Turbo est 964, car avant le départ à la retraite du Prof. Bott, le projet admettait l'idée d'équiper l'auto de quatre roues motrices. Cette option, aussi bien que d'autres, a été abandonnée pour réduire la complexité, le poids et également le prix du véhicule. 

En conclusion, force est d'admettre que l'usine Porsche, comme à l'accoutumée, a encore frappé en commercialisant une voiture de sport hors du commun. La solidité légendaire ne fait pas défaut sur ce véhicule qui semble promis à une longévité quasi éternelle. 

 
Porsche 911 turbo II  "S" 3,3 1992
 
En 1992, suite aux nombreuses préparations privées qui ont vu le jour, Porsche s'est décidée à réagir et à étoffer la puissance de son modèle. En premier lieu, l'usine propose un modèle spécial, Turbo "S", version musclée et allégée de la Turbo de 320 chevaux. Cette version de la Turbo "S" comptabilise 381 chevaux et le poids a été remené à 1290 kg en enlevant tout ce qui a trait au confort, climatisation, direction assistée, vitres électriques, etc. et la vitesse a été portée à 290 km/h. L'usine prévoit de commercialiser 80 exemplaires de ce modèle. 

Parallèlement le marché suisse voit le jour d'un kit de transformation "S" pour la Porsche 3,3 de 320 chevaux portant la puissance à 355 chevaux. Ce kit sera facturé un peu moins de Sfr 20'000,- et sera monté exclusivement par l'usine. Cette transformation sera sanctionnée d'un certificat de transformation de la part de l'usine. L'avantage de cette opération est double, en premier lieu, l'auto conserve toute ses options de confort, et d'autre part,  elle reçoit un caractère exclusif qui en fait une voiture d'exception vouée à la collection. Les 35 chevaux supplémentaires par rapport à la version de base permettent de descendre en dessous de la barre des 5,0 secondes de 0 à 100 km/h. 

L'auto visible sur ce site a reçu cette modification dont l'auteur de ce dossier est très fier. Egalement, en option, cette auto a été équipée d'un intérieur spécial sport, c'est à dire sièges sports englobants en cuir, toujours dotés d'un réglage électrique.

 
 
Données techniques
Performances Vitesse de pointe 270 Kmh
Accélérations 0 - 100 Kmh 5,0 secondes
  0 - 200 Kmh 18,4 secondes
  Km départ arrêté 24,1 secondes
Poids à vide   1460 Kg
Rapport poids/puissance   4,6 Kg/ch.
Moteur   6 cylindres opposés (boxer)
  Cylindrée 3299 cm3
  Puissance 320 chevaux à 5750 tours/minute
  Couple 45,9 mkg à 4500 tours/minutes
Compresseur   Turbocompresseur KKK 27.2
  Puissance de suralimentation 0,7 bar
    intercooler
Nombre de vitesses   5 + marche arrière
Pneus Avants 205/50 ZR 17
  Arrières 255/40 ZR 17
Prix en Frs suisses (à l'époque)   157 200,00
Nombre d'exemplaires produits
3876
 
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