| JEAN-PAUL SARTRE : THE WEB ! |
|
|
|
Henri Bergson (1859-1941), philosophe français, prix Nobel de littérature, auteur d'une philosophie de la conscience et du vivant. Bergson fut le philosophe français le plus marquant du début du XXe siècle. S'opposant au néokantisme et au positivisme alors dominants, Bergson s'efforça d'élaborer une «!métaphysique de l'expérience!» axée sur le concret, à la fois sur le vécu de la conscience et sur les choses mêmes. Vie Né à Paris, le 18 octobre 1859, Bergson fut élève de l'École normale supérieure en même temps que Jean Jaurès. Agrégé de philosophie en 1881, il enseigna dans le secondaire jusqu'en 1898, année où il devint professeur à l'École normale supérieure puis, deux ans plus tard, au Collège de France. En 1914, il fut élu à l'Académie française. En 1917, Bergson se rendit à plusieurs reprises aux États-Unis où il rencontra le président Wilson pour tenter de le convaincre d'entrer en guerre contre l'Allemagne. En 1921, Bergson démissionna du Collège de France pour se consacrer aux affaires internationales et à la politique. En 1927, il reçut le prix Nobel de littérature. D'origine juive, il se tourna vers le catholicisme. Pendant les vingt dernières années de sa vie, il ne publia qu'un seul ouvrage : les Deux Sources de la morale et de la religion (1932), dans lequel il explore les prolongements religieux de sa philosophie. Il mourut le 4 janvier 1941. Œuvre philosophique
Le premier ouvrage publié par Bergson, en 1889, fut sa thèse, sous le titre : Essai sur les données immédiates de la conscience, qui suscita aussitôt un immense intérêt parmi les philosophes. Bergson, à travers une relecture d'Aristote, repose les questions traditionnelles de la philosophie (celles du temps, de la liberté, de la conscience)!; il renvoie dos à dos les théories antagonistes (par exemple, le déterminisme et l'indéterminisme) en montrant que la philosophie est restée prisonnière de faux problèmes. Aussi tenta-t-il de reposer les questions de façon «!concrète!», c'est-à-dire en suivant les «!données immédiates!» de la conscience et de prouver que, de cette façon, les faux problèmes (par exemple, les paradoxes de Zénon sur le mouvement) s'évanouissent d'eux-mêmes. Bergson y apparaît déjà en possession d'une partie de ce que sera le «!bergsonisme!» : opposition entre le temps spatialisé et la véritable durée vécue de la conscience, refus de la dialectique et des faux problèmes, souci de rejoindre l'expérience concrète. En 1896, Matière et Mémoire pose le problème des rapports entre la pensée et la matière, et tente de montrer que l'acte de la pensée est irréductible à de simples processus cérébraux. Parallèlement, il développe la conception de la conscience, présente dans son premier livre, en analysant les différents registres de la mémoire dans laquelle il voit la condition même de la conscience. En 1899, le Rire. Essai sur la signification du comique explore le phénomène du comique dans sa dimension à la fois psychologique, sociale et métaphysique. Annonçant un thème central de l'Évolution créatrice, Bergson oppose la vie dans ce qu'elle a de spontané, d'inventif, de libre, et le mécanique dans ce qu'il a de saccadé, de répétitif, d'incontrôlé. Si on ne rit à proprement parler que de l'humain, on rit de l'humain qui semble cesser momentanément d'être humain pour devenir pure mécanique, automate enfermé dans la répétition ou la caricature. D'où la célèbre formule : «!Le comique, c'est du mécanique plaqué sur du vivant.!» Comparant dans une dernière partie la tragédie à la comédie, Bergson est amené à formuler pour la première fois sa théorie de l'art : l'art tente de rejoindre la singularité qui échappe au langage comme à la vie quotidienne, même si la comédie, contrairement à la tragédie, forge des types (l'avare, le misanthrope, etc.) plutôt que des personnages singuliers. En 1907, l'Évolution créatrice entreprend, par un dialogue constant avec la biologie de son temps, de penser le vivant en rejetant aussi bien le mécanisme matérialiste traditionnel que le finalisme métaphysique de Leibniz. Il tente de montrer que ces deux positions reviennent en fait au même, consistant à abolir, dans les deux cas, l'action du temps en supposant tout donné d'emblée, d'avance, soit dans les éléments de la matière et l'ordre de l'univers, soit dans l'entendement et les desseins du Créateur. Insistant sur toutes les situations où la nature semble hésiter entre plusieurs solutions, il en vient à penser l'univers non comme la réalisation d'un plan (déposé dans la matière ou dans l'entendement divin) mais comme l'effet d'une poussée qui se différencie de plus en plus à mesure qu'elle se confronte à la matière : c'est la théorie de l'élan vital. L'unité de cet élan n'est donc pas à chercher à la fin mais bien au début, avant que cet élan ne se fragmente sous l'effet de la matière qu'il soulève. En 1932, les Deux Sources de la morale et de la religion appliquent à ces nouveaux domaines de réflexion les distinctions établies dans l'Évolution créatrice. De même qu'il y a dans la durée, d'une part, son élan créateur et, d'autre part, ses retombées mortes, de même il existe une société «!close!» et une société «!ouverte!» (distinctions qui seront reprises par le philosophe britannique Karl Popper), une morale «!close!» faite d'interdits et d'obligations, expression de la pression sociale, et une morale «!ouverte!», celle du saint et du héros!; de même aussi une religion statique au service de la cohésion du groupe et une religion «!dynamique!», celle des mystiques.
Encyclopédie Microsoft(R) Encarta(R) 99. Tous droits réservés. | |||
|
| ||||
|
Copyright © 1999-2001 Julbulus Web - Tous droits réservés. | |