Jean Paul SARTRE : THE WEB
  JEAN-PAUL SARTRE : THE WEB !

JEAN GENET



Sa Vie
Chronologie
Son Oeuvre
Photos
Citations
Multimédia
Liens
E-mail

           Jean Genet (1910-1986), écrivain français qui, dans son œuvre romanesque et théâtrale, mit en scène avec provocation sa fascination pour le mal et la culpabilité.

Né le 19 décembre 1910 à Paris, Jean Genet grandit à l'Assistance publique. Accusé injustement de vol à dix ans, il fut envoyé dans une maison de correction : ce fut le début d'une existence marquée par la délinquance, et où alternent périodes de liberté, de vagabondages et d'emprisonnement. C'est en prison qu'il commença à écrire, avec un poème, le Condamné à mort (1942). Son talent lui valut en 1948 la protection de quelques figures littéraires importantes, parmi lesquelles Cocteau et Sartre, qui purent lui éviter la relégation. Mais Jean Genet ne cessa d'être à ses propres yeux, et aux yeux de beaucoup, un marginal. Comme il avait été réfractaire à toute normalité sociale, il le fut à toute norme littéraire. Il évoqua dans le Journal du voleur (1949) cette transformation, qui fit du jeune voleur un écrivain. Cette problématique est au cœur de toute son œuvre. Genet fut aussi un auteur engagé!; il prit parti pour les Black Panthers, aux États-Unis, et pour les Palestiniens en lutte contre Israël.

Jean Genet est mort à Paris le 13 avril 1986.

L'œuvre romanesque de Genet est nourrie par son expérience : prison, homosexualité, fraternité, crime, trahison et sentiment de culpabilité hantent ses romans, écrits dans une langue extrêmement raffinée, presque précieuse, et pourtant brutale. Après ses deux textes écrits en prison, le Condamné à mort (1942) et Haute Surveillance (1944), Genet se tourna vers des récits oscillant entre l'autobiographie et le roman poétique, comme Notre-Dame-des-Fleurs (1944) ou le Miracle de la rose (1946). Citons aussi Pompes funèbres (1947) et Querelle de Brest (1947), qui mettent en scène sa fascination érotique pour les criminels et les hors-la-loi.

Mais c'est par son théâtre surtout que Jean Genet s'est imposé. Sanctification du mal, sublimation des prostituées, antimilitarisme, le théâtre chez Genet est extrêmement provocateur. La pièce les Paravents, qui montre des colons, des fellaghas et des légionnaires, s'affrontant dans l'Algérie en guerre, fit d'ailleurs scandale lorsqu'elle fut montée en 1966 par Roger Blin.

Le lecteur ou le spectateur pourrait croire, a priori, que ses pièces défendent une cause sociale particulière : les Bonnes (1947) se présentent comme un plaidoyer sur le sort des domestiques, tandis que Haute Surveillance (1949) apparaît comme un témoignage sur la condition des prisonniers de droit commun!; le Balcon (1956, remanié en 1962) peut être lu comme une expérience de la lutte des classes!; les Nègres (1959) et les Paravents (1961) semblent une protestation contre le racisme et le colonialisme. En réalité, il n'en est rien car, loin de vouloir créer un théâtre engagé, Genet se veut le chantre des marginaux, dont il se sent proche (les Noirs américains, les homosexuels, les prisonniers, etc.) pour exorciser en même temps que célébrer leurs crimes, leurs «!vices!» ou simplement leur différence. Il expose ainsi ce qui, en général, n'a sa place, ni dans la société ni dans la littérature.

En outre, son théâtre n'est pas réaliste : la scène théâtrale est pour Genet un espace cérémoniel et liturgique, où se joue une sorte de gigantesque messe noire, qui consiste à ériger les crimes au rang de vertu. Cet aspect est très net dans le Balcon, par exemple, où le décor d'un bordel, transfiguré, finit par devenir l'allégorie d'un espace sacré. L'emploi constant des artifices — déguisements, travestissements, masques, miroirs, décors — souligne l'importance de l'illusion et l'insignifiance du réel.

La biographie que Jean-Paul Sartre consacra à Genet, Saint Genet, comédien et martyr (1952), mit en valeur simultanément le caractère blasphématoire de l'écriture de Jean Genet et l'importance de son œuvre, étrange et marginale.



Encyclopédie Microsoft(R) Encarta(R) 99.  Tous droits réservés.

 

             



 

 

  Copyright © 1999-2001 Julbulus Web - Tous droits réservés.