| JEAN-PAUL SARTRE : THE WEB ! |
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Paul Nizan, philosophe, essayiste et romancier français qui est une
figure marquante de la littérature engagée de l'entre-deux-guerres. Ami de
Jean-Paul Sartre, qu'il rencontra au lycée Henri IV, de tempérament
dépressif, Nizan fut un élève brillant mais indocile. Il interrompit sa
scolarité à l'École normale supérieure et partit pour Aden, sur la mer
Rouge. L'organisation de la vie coloniale qu'il y découvrit explique en partie
son adhésion au Parti communiste et le militantisme dont il fit preuve jusqu'en
1936. Nommé professeur au lycée de Bourg-en-Bresse après l'agrégation de
philosophie, obtenue en 1929, en même temps que Sartre et Simone de Beauvoir,
il se distingua par ses activités politiques - il fut surnommé le «messie
rouge» par la presse - ainsi que par deux pamphlets virulents : Aden Arabie,
(1931), qui raconte les désillusions éprouvées lors de son voyage, et les
Chiens de garde (1932). Collaborateur à l'Humanité, il effectua un séjour
d'un an en URSS en 1934, mais rompit avec le Parti communiste en 1939, à
l'annonce du pacte germano-soviétique, qui lui apparut comme une infamie. Ce
geste de protestation lui valut l'hostilité posthume de plusieurs auteurs
communistes (dont Aragon), et il fallut attendre les années soixante pour voir
ses livres réédités grâce à Sartre. Interrompue prématurément (Nizan fut
tué au combat), son œuvre romanesque est un témoignage de la vie
intellectuelle, sociale et politique de l'entre-deux-guerres. Ses romans
relèvent de la littérature à thèse, et s'inspire parfois des théories du
réalisme socialiste. Ainsi, Antoine Bloyé (1933) décrit l'aliénation d'un
ouvrier embourgeoisé!; le Cheval de Troie (1935) est le récit d'une grève
dans une ville de province, tandis que la Conspiration (1938) rapporte
l'histoire de jeunes bourgeois entichés de révolution qui conspirent contre
leur classe sociale. Reste que son œuvre constitue l'un des rares exemples français
de romans politiques de qualité. Acerbe, lucide, passionné et pessimiste, il
refusait l'idée qu'une utopie puisse justifier la mort d'un homme, au point de
remettre en question la volonté de «changer le monde» proclamée par certains
de ses personnages. Outre ses pamphlets, il a laissé une étude philosophique
(les Matérialistes de l'Antiquité, 1936) ainsi que des articles de critique
littéraire et de politique générale. Encyclopédie Microsoft(R) Encarta(R) 99. Tous droits réservés. | |||
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