Le combat et le KO
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Le combat et le KO

Le combat :
Le combat
Shiai ("compétition") n'est pas kumite ("pratique à deux"), et les jeunes qui confondent les deux choses se trompent. Dans
le kumite, le Moi est toujours présent dans la recherche de la perfection, aussi bien à un niveau peu élevé - la technique-
que dan une action supérieure: Dans le combat, aujourd'hui réglementé en compétitions, la conscience individuelle cède la
place à une façon d'être non-ordinaire qui permet d'utiliser yomi, l'intuition qui est l'expression de jnana, la sagesse instinctive
des rishi ("savants") indiens.
Kumite est l'entraînement que les guerriers pratiquaient dans la cour du château, entre camarades. Ils se fortifiaient et
se préparaient. Shiai est la bataille où l'on fait appel à toutes ses énergies, celles que l'on connaît bien et celles que
l'on connaît moins bien. Elle ne peut pas avoir lieu à tout moment: c'est un événement exceptionnel, un examen, une expérience
qui fait le bilan du chemin que l'on a parcouru dans la Voie. Ce n'est pas la Voie elle-même.
L'esprit concentré sur la stratégie et la technique, lors d'un combat, permet peut-être d'obtenir le succès et de gagner,
mais il ne permet pas de parvenir à cet état supérieur de l'être qui distingue le combattant d'un simple sportif. L'Orient
nous dit d'ailleurs que la Voie du guerrier n'est pas accessible à tous; les autres peuvent parcourir la Voie du devoir (en
sanskrit, karma-yoga), de l'amour (bhakti), de la spéculation philosophique (jnana), du pouvoir (raja)
Aujourd'hui, la pratique sportive est entrée dans les mœurs en tant que forme d'activité salutaire-voire comme entraînement
militaire ou comme spectacle- et il est impossible de demander à chacun de faire le parcours de la caste des guerriers. Les
sportifs doivent coexister avec les pratiquants sincères qui recherchent la Voie; il n'y a rien de mal à cela; d'ailleurs,
c'est quelque chose qui a toujours existé.
Si, à cause de l'influence de la pratique sportive, certains secrets se perdent, ils resteront latents dans l'esprit de l'homme,
et quelqu'un les redécouvrira à l'avenir…
Sources : Cours complet de KARATE, CESARE BARIOLI, Editions de VECCHI



Le K.O. :
LE K.O.
Le terme K.O. vient de la Boxe Anglaise. Le Knock Out signifie qu'un boxeur est incapable de reprendre le combat après 10
secondes d'interruption. Médicalement, il existe 4 types de K.O.
1 Le K.O. cérébral Le K.O. cérébral est dû à une brusque et violente rotation de la tête.
Quelle est l'explication de ce K.O.?
C'est un mécanisme indirect. Le coup est encaissé sur la pointe du menton ou sur la mâchoire. Le cerveau est un mobile flottant
à l'intérieur de la boîte crânienne. Il est séparé de la boîte crânienne par les méninges et le liquide céphalo-rachidien.
Lorsque le combattant encaisse un crochet, il y a une brusque et violente rotation de la tête. Comme le cerveau flotte, il
suit avec retard la rotation de la tête et vient entrer en collision contre la boît crânienne. C'est ce choc qui provoque
le k.O., ce qu'on appelle la composante cérébrale du K.O., la perte de connaissance.
Il existe un deuxième aspect qui concerne l'équilibre et le tonus postural. Le corps humain possède 3 types de récepteur qui
le renseignent sur sa position dans l'espace:
· la rétine, qui enregistre l'image qui défile devant les yeux.
· l'oreille interne, au-delà du tympan, qui enregistre toutes les positions du cou et de la tête dans l'espace.
· des fuseaux neuro-musculaires placés à l'intérieur des muscles du cou, qui renseignent le cerveau sur la position de la
tête et du cou dans l'espace.
Donc 3 réceptions : la rétine, l'oreille interne et les muscles du cou.
Il existe 2 grands centres de régulation du tonus musculaire et de l'équilibre : le bulbe rachidien et le cervelet. C'est
là que vont être analysées les données fournies par les récepteurs. Cest de là que vont partir les ordres à destination du
cerveau.
Revenons à notre combattant qui encqaisse un crochet : brusque et violente rotation de la tête. Les 3 récepteurs, rétine,
oreille interne et muscles du cou vont être hyperstimulés : il s'agit d'une stimulation que l'individu est incapable de produire
seul.
L'organisme n'est pas programmé pour encaisser des vitesses et des violences pareilles. Chez tout être vivant, quand le système
nerveux ne comprend pas ce qui se passe, parce qu'il n'a pas àtà programmé pour cela, tout s'arrête pendant 3 à 10 secondes.
C'est comme une coupure de courant.
Y à-t-il des précautions à prendre après un K.O. de ce type ?
Il n'existe aucun médicament : seul le repos cérébral permet au cerveau de récupérer (au moins 1 mois), mais surtout ne pas
prendre de coups.
Quels sont les traumatismes qui peuvent résulter d'un K.O. cérébral?
Il y a toujours un œdème cérébral, plus ou moins important. Il s'agit d'un gonflement du cerveau à l'intérieur de la boîte
crânienne. Si on laisse le cerveau récupérer, l'œdème régresse au bout d'environ 3 semaines ou 1 mois. Par contre si l'on
reprend des coups, l'œdème devient irréversible.
Les conséquences graves du K.O.
Parfois la collision du cerveau contre la boîte crânienne est tellement forte qu'il y a contusion : le cerveau s'écrase, et
la substance cérébrale est lésée. Il existe des petites veines qui sont tendues entre le cerveau et la boîte crânienne. En
cas de rotation trop forte, la veine s'arrache et se met à saigner : cela provoque un hématome qu'on appelle hématome sous-dural.
La conséquence de la contusion et de dhématome, c'est l'œdème , le gonflement du cerveau dans des proportions faramineuses
qui provoque le coma.
Il n'a a qu'une seule issue : les trous par où passe la moelle épinière. Et là, tout passe et tout se coince. Il y a décérébration
et arrêt des fontions cérébrales : c'est la mort, avec électroencéphalogramme plat.
Ce gonflement du cerveau peut également être provoqué par une fracture du crâne, c'est-à-dire un coup très violent sur la
boîte crânienne.
Dans 75 pour 100 des cas, le coma consécutif à un K.O. est suivi de mort.

2 Le K.O. vasculaire
On le voit parfois en boxe thaï ou en karaté contact : c'est un K.O. consécutif à un choc au cou, par exemple frappe circulaire
avec le tibia sur la carotide.
Que se passe-t-il ?
L'artère carotide va irriger le cerveau. Le danger, en cas de lésion, peut être une coupure de cette artère, un peu comme
un tuyu qu'on sectionnerait ou qu'on écraserait : le cervau est alors privé de sang, ce qui entraîne la paralysie d'un côté
du corps (hémiplégie).
Qu'est-ce qui provoque le K.O.?
C'est la douleur. L'artère est richement innervée : la douleur à elle seule va provoquer le K.O., par exemple dans un étranglement,
ou si l'artère a été lésée sur un coup. L'artère est élastique : en cas de coup, soit il y a une lésion qui entraîne la paralysie,
soit il n'y a rien et l'artère reprend sa forme initiale. Dans nos sociétés occidentales, où l'on mange trop, au-delà de 35
ans, un choc sur une artère peut provoquer un décollement de l'athérome : c'est une plaque de cholestérol, de graisse, qui
se trouve collée à l'intérieur des artères et qui les obstrue en partie. Suite au choc, ce petit pragment va partir dans la
circulation sanguine et va provoquer un accident vasculaire cérébral avec une paralysie.
Y à-t-il des précautions à prendre après un K.O. de ce type ?
Pas de précaution particulières si le combattant récupère en quelques minutes.
Bien sûr, il faut qu'il arrête le combat, et éventuellement qu'il consulte un médecin.
Si le K.O. se prolonge, si le combattant présente soit des troubles de la conscience, soit une paralysie, il faut l'emmener
d'urgence à l'hôpital.
3 Le K.O. neurovégétatif
Il se produit sur un coup au plexus ou un coup au foie.
Que se passe-t-il?
Il existe dans le corps humain un système nerveux qui règle le fonctionnement des viscères (cœur, poumons, foie, intestin…),
sans intervention de la conscience. C'est ce qu'on appelle le système neuro-végétatif.
Le plexus solaire est constituéde rameaux nerveux qui dépendent du système neuro-végétatif. Ces rameaux nerveux vont vers
l'estomac, le foie, l'intestin. Quand un coup est encaissé au plexus ou au foie, si l'onde de choc est très forte, elle va
traverser les muscles abdominaux et atteindre ces rameaux nerveux. On ressent une douleur associée à un vide d'énergie.
Dans ce type de K.O., il passe 1 à 2 secondes entre l'instant où le boxeur prend le coup et celui où il s'écroule. L'influx
nerveux qui va véhiculer la sensation de douleur au cerveau est très lent dans le système neuro-végétatif.
Y à-t-il des précautions à prendre après un K.O. de ce type ?
Ce type de K.O. au plexus ou au foie ne présente aucun danger. Il faut simplement laisser le combatant récupérer. Il n'y a
pas de lésion.

4 Le K.O. par la douleur
Il EN EXISTE PLUSIEUR EXEMPLES.
Cela peut être une fracture (du bras, de l'avant-bras…).
Il peut être dû à un coup de pied circulaire à la cuisse ou encore un coup de pied sur une articulation qui provoque une entorse
(on donne et on se fait mal!).
Le K.O. n'est pas provoqué par une perte de conscience, mais par une douleur tellement intense qu'elle entraîne un arrêt de
l'activité musculaire, que les mpédecins nomment sidération.. Parfois le combattant s'écroule et ne peut plus se relever.
Il n'y à pas d'explication physiologique : la douleur provoque un incapacité motrice.
Y à-t-il des précautions à prendre après un K.O. de ce type ?
Ne pas reprendre le combat, surtout s'il y a fracture ou entorse. Attention en cas d'entorse du genou : c'est une lésion grave
qui peut interrompre la carrière d'un combattant.
Sources principales: magazine "Karaté-Bushido" (No 252)