Martha ArgerichL'incandescence du jeu de la soliste n'a d'égale que la puissance écrasante
de l'orchestre qui est tout sauf accompagnateur ici. Le jeune Abbado communique à ses
musiciens une énergie et une dynamique qui reflètent le tempérament enflammé de la
pianiste. C'est avec cet enregistrement que j'ai découvert ce concerto; et je vous
souhaite d'en faire autant.
Van Cliburn
Cliburn est un grand pianiste romantique qui joue son
Prokofiev avec vigueur et justesse. Mais un accompagnement un peu prosaïque ne permet pas
à l'oeuvre de s'exprimer entièrement. Très bel enregistrement néanmoins,
représentatif de l'art de ce pianiste à son sommet.
Horacio Gutiérrez
Le pianiste cubain ne fait pas généralement dans la
dentelle et il est ici accompagné par un chef pas toujours remarqué pour le raffinement
de ses conceptions. Il reste que la grande culture du Concertgebouw qui va obliger tout ce
beau monde à rester dans les limites du savoir-vivre. Une interprétation remarquable
donc, avec des tempi passablement lents.
Byron Janis
En 1962, en pleine guerre froide, le pianiste américain se
payait une tournée soviétique qui allait le couvrir de gloire. Lors d'une brève pause,
il en profitait pour faire quelques disques à Moscou avec la Mercury amércaine -
première présence d'une équipe de preneurs de son nord-américaine sur les lieux! Avec
l'accompagnateur subtil et dramatique qu'était Kondrachine, il produit une version
mémorable du 3ème concerto. Il rend avec imagination les diverses sections du grand
deuxième mouvement qui défait plus d'un soliste.
Yevguéni Kissine
Décidément, Abbado a la main pour ses solistes du concerto
de Prokofiev! Après la jeune (25 ans) Argerich, voici le jeune (21 ans) Kissine qui ne le
cède en rien à son aînée pour la virtuosité. Le tempérament est peut-être un peu
plus contrôlé mais pas moins dramatique que celui de la pianiste argentine. Et la prise
de son très brillante rend parfaitement l'enthousiasme de cette prise de concert. Notre
seul regret est le minutage chiche de cette production au prix fort.
Kun-Woo Paik
Cette sympathique version du coréen Paik réussirait à se
hisser au niveau des plus grandes pour la précision et la fantaisie du jeu du pianiste.
Comme c'est souvent le cas pour ces productions Naxos d'Europe de l'Est, l'orchestre un
peu gris de couleur et la prise de son "baignoire" de la Radio de Katowice nous
amènent à tempérer un peu notre enthousiasme. Mais au prix Naxos, peu d'acheteurs
seront déçus.