Premices

 
 
-1- Prémices

Je l'ai rencontrée dans une taverne un soir après le travail. Elle était assise au comptoir et sirotait un martini, seule apparemment. Je l'ai contemplée pendant trois quarts d'heure sans qu'elle ne semble s'intéresser à moi. Finalement elle s'est commandé un autre martini et s'est tournée vers mois avec un demi sourire.

Elle était certainement la plus belle femme que j'aie eu l'occasion de voir ces dernières années. Ses cheveux noirs, coupés court, pas trop, ses lèvres carmin foncé et le maquillage de ses yeux assorti me subjuguaient.

Elle portait un tailleur gris, genre femme d'affaire, assez sobre, et des bas sombres. Sa jupe, relevée au-dessus du genou, me permettait d'imaginer le reste sans trop lorgner dans sa direction. J'avais la bouche sèche.

Ses pieds reposaient le long du bar, des escarpins fins, cuir noir et talons aiguille d'au moins 8 cm. Quelque peu fétichiste, j'avais du mal à détacher mon regard de ses chaussures. Elle semblait s'en amuser en me regardant de temps en temps.

Après d'une demi-heure, elle s'est levée pour aller aux toilettes. Dieu ! qu'elle était belle, 1m80 dans ses talons, très, très bien proportionnée. Ma langue devait traîner par terre lorsqu'elle est passé près de moi pour aller au WC. . Je ne pouvais m'empêcher de la fixer, les yeux sur ses escarpins, un 37 sans doute. Sa démarche féline, hautes jambes perchée sur ses talons, m'attirait irrésistiblement. Il m'a semblé qu'elle mettait une heure à aller du comptoir aux toilettes.

Elle a souri mais n'a rien dit en passant. J'étais trop timide pour l'aborder, je lui ai simplement adressé un sourire en retour.

Pendant son absence, j'ai commandé une autre boisson et j'en ai profité pour lui commander un autre martini, le sien étant déjà fini.

Sentant une main sur mon épaule, je me suis retourné pour me trouver face à face avec de magnifiques yeux bleus.
 

- Merci pour le verre

- Mmm

Sur le coup je n'ai pas pu sortir un mot, elle a continué :
- Demande au barman de l'apporter ici, je m'appelle Sharon.

J'arrivai à peine à croasser :
- Je m'appelle Bill Maden, asseyez-vous, je vous en prie.

- Je me disais que si je me rapprochais de toi, tu n'aurais pas à te tordre le cou pour me regarder. Il y a un problème avec mes chaussures ? Tu sembles être fasciné.

Elle s'était assise de coté, les jambes croisées, et pointait un pied dans ma direction comme pour me permettre de regarder de plus près.

- Non, je, euh, non, je pense qu'elles sont magnifiques.

- Hmm, peu d'hommes remarquent les chaussures des femmes. En tout cas, j'en ai rarement vu aussi fascinés que toi par une paire de talons aiguille.

Ma langue s'est collée au palais et je n'ai pas pu articuler un mot pendant quelque secondes, j'ai fini par bafouiller que j'étais effectivement attiré par les pieds des femmes, surtout par les belles femmes chaussées de hauts talons. J'ai péniblement terminé ma phrase en murmurant que ses escarpins me faisaient un effet terrible.

Elle a tenu sa jambe tendue vers moi un petit moment avant de la reposer, elle semblait elle aussi fascinée. Puis elle s'est tournée pour siroter une petite gorgée de son martini.

- Au moins, tu as bon goût

Je ne l'ai pas entendue tout à fait et lui ai demandé pardon. Elle m'a jetté un regard noir en disant qu'elle n'avait pas l'habitude se répéter.

Puis dans un demi-sourire elle s'est reprise :

- Essayes de faire plus attention quand je parle... J'ai dit, au moins, tu as bon goût. Je me rends bien compte que j'ai des pieds magnifiques et je porte toujours des talons aussi hauts que possible. L'important, c'est que mes pieds soient à l'aise dans mes chaussures.

- Je suis désolé et je partage votre opinion à 100%. Ce sont non seulement vos pieds et vos jambes qui sont magnifiques, mais vous êtes sans doute la plus belle femme que j'ai jamais vu. Je sais que cela à l'air un peu plat comme compliment, mais je pense vraiment ce que je dis.

- Merci. Termine ton verre et allons à mon appartement pour un dernier verre, nous pourrons parler plus au calme.

J'engloutis rapidement mon verre et payais l'addition avant de la suivre dehors.