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n.
m. invar. : faculté de voir ce qui n'est pas (encore), de penser
ce qui pourrait (déjà) être et de trouver des réponses
impossibles
Tout d'abord, sachez qu'il
n'a jamais été formellement prouvé que je puisse être
plus intelligente que vous.
Même si quelques
tests à valeur pseudo-scientifique (cliquer ici) et dont la validité
n'excède jamais 60% prétendent que si.
Pour moi, ces tests n'ont
qu'une valeur indicative : le QI.
Et jusqu'à nouvel
avis, le QI est seulement une échelle arbitraire indiquant l'aptitude
à répondre à des tests.
L'intelligence ne se
mesure pas !
Qu'importe, de tout manière
?
J'ai surtout eu de la chance
: de naître au bon endroit, au bon moment.
En fait, je suis humaine,
j'ai quatre membres et une tête, à peu près correctement
faite, comme vous.
(Sinon, vous ne vous seriez
pas aventurés par ici.)
Je réfléchis
sur ce monde, mais je ne le dissèque pas à tout prix.
Mais, j'aime réfléchir,
oui.
Vilain défaut puisqu'il
me faut une bonne heure pour trouver le sommeil.
Epuisée d'avoir trop
réfléchi, je finis par m'endormir.
Je réfléchis
même trop, si bien que j'en oublie parfois de ressentir certaines
choses.
Parfois, seulement.
Mais, la réflexion
n'est-elle pas propre à
tous les sujets du genre humain ?
Pourquoi certains s'échinent-ils
encore à classer, eugéniser
post partum, hiérarchiser,
sous prétexte que certains seraient surdoués, sous-doués
ou normaux ?
Quelle est la définition
de la normalité, d'abord ?
L'intelligence se mesurerait-elle
donc malgré tout ?
Quelques mots sur les enfants
surdoués (cliquer ici) et leurs caractéristiques essentielles,
à travers une série de questions-test : de quoi tordre le
cou à tous les préjugés que vous pourriez encore avoir
à ce sujet. Si vous les imaginez tous comme des petits Mozart ou
Einstein réincarnés, c'est le moment où jamais de
les rectifier !
Les intelligences sont
multiples et cela fait longtemps que des psy(chiatres/chologues) se
sont penchés sur la question de la douance.
Plutôt que de vous
présenter ces concepts sous mon couvert, je vais vous énumérer,
sans parti pris, quelques-uns de ces chercheurs et leurs contributions
majeures.
Ces chercheurs se divisent
en deux catégories bien distinctes : il y a ceux qui font l'apologie
du QI tête baissée, et ceux qui en dénigrent totalement
ou partiellement la portée, et prônent la théorie de
la multiplicité sociale et culturelle.
(On pourra noter que les
QI-sceptiques n'apparaissent qu'au milieu des années 70.)
Dans l'ordre chronologique
de leurs publications :
| Terman |
1921 |
critères de définition
du surdoué : niveau du quotient Intellectuel et réussite
scolaire |
| Hollingworth |
1942 |
définition du QI,
élaboration de tests, QI > 180 = génie |
| Hildreth |
1954 |
test avec 65 aspects possibles
pour 6 catégories :
qualités intellectuelles/manipulation
du langage, réussite scolaire, aptitudes/talents spéciaux,
caractère, développement |
| Getzels,
Jackson et Chauvin |
1962 |
reprise de la définition
du QI de Terman |
| Zazzo
Rapport
Marland
Oléron
|
1969
1972
1974
|
adaptation de la grille
de Binet aux élèves français
surdoués = ceux dont
les aptitudes exceptionnelles les rendent aptes à des performances
élevées
le terme de surdoué
ne se justifie guère, doué serait approprié pour exprimer
la même idée
|
| De
Vries, Rader, Keating et Olson |
1974-78 |
par l'analyse d'interactions
entre l'enfant et son milieu et du processus de transition entre les stades
cognitifs piagétiens, pas besoin de tests de QI pour dépister
les enfants à haut potentiel (HP) |
| Layzer,
Lawler et Fischbein |
1975-80 |
facteur d'interaction des
gènes et du milieu, influence de ceux-ci sur le développement
de l'intelligence |
| Eysenck |
1977 |
facteur de personnalité,
presque tous les surdoués ont un QI élevé, mais ce
n'est pas l'unique composante |
| Bitan
Duché
|
1979
1979
|
le pourcentage des enfants
doués ou surdoués est restreint à 1 ou 2 pour cent
de la population
"le QI
n'est pas l'unique critère de douance"
|
| Gallagher |
1979 |
influence du milieu ambiant
sur les manifestations de l'intelligence |
| Orback,
Pickser et Schwartz |
1979 |
QI = facteur de discrimination |
| Sisk |
1979 |
QI > 120 = surdoué,
mise en évidence de la créativité exceptionnelle de
celui-ci |
| Tannenbaum |
1979 |
explication du déclin
de la notion de QI entre 1930 et 1957 (Spoutnik) |
| Larivée |
1980 |
adaptation des tests aux
différentes cultures nécessaire |
| Passow |
1980 |
aspect limitatif des tests |
| Bitar |
1981 |
les enfants surdoués
sont trop divers pour les rassembler tous dans une catégorie unique |
| Jacquard |
1981 |
QI = aberration, montre
les prétentions de certains chercheurs |
| Terrassier |
1981 |
surdoué = grande
précocité dans le développement intellectuel |
| Feldman |
1982 |
douance = puissance de faire
des contributions significatives en tout domaine estimé socialement,
implications pour l'étude des enfants doués |
| Gardner |
1982-96 |
7 sphères d'intelligence
(linguistique, musicale, logico-mathématique, spatio-visuelle, kinesthétique,
sociale, intrapersonnelle), (1996) : 8e sphère (du naturaliste) |
| Davidson |
1983 |
inventaire d'identification
des enfants surdoués en milieu scolaire |
| Sternberg
Renzulli
|
1983
1986
|
doués -> contribution
importante à la société
surdouement = aptitudes exceptionnelles,
faculté créatrice et fort investissement dans le travail
|
| Hart |
1991 |
indication d'un potentiel
latent ou manifesté dans des domaines d'habiletés intellectuelles,
talentueuses ou créatives qui se traduit par une interaction des
causes ou des différences liées à l'hérédité,
au milieu, à l'intelligence et à la personnalité,
aboutissant à un développement personnel ou social |
etc. etc.
Vous aurez sans doute noté
l'absence de ce cher Binet
(1903), qui a établi les premiers "tests d'intelligence"... |