
Cette page vous ouvre grand la porte de l'Histoire de France.
L'Histoire, que les petites gens ont forgée au fils du temps, au fil des ans, au fil des siècles. Vous verrez que chacun de nos ancêtres a participé, à sa manière à la construction, non seulement de ce que nous sommes aujourd'hui, mais encore au pays, au monde, dans lequel nous vivons. Peut-être cette approche nous aidera t elle à préserver ce dont nous avons hérité : Ce don de la vie que nous avons reçu appliquons nous à le déguster, jour après jour . Appliquons nous aussi à laisser les lieux, dans l'état où nous les avons trouvé, pour qu'à notre tour, nous léguions à nos enfants et petits enfants, une Terre où il fait bon vivre. Que jamais nous n'oubliions que ce monde ne nous appartient pas. Il appartient à l'humanité toute entière, aux générations passées, présentes et futures . Nous n'en sommes que les locataires.
Haut de page Retour à ma page d'accueil. ou Retour à ma page d'échange
Mon grand père maternel, Edouard Henry, fut durant la Seconde Guerre Mondiale pompier volontaire à Dieppe. J'ai retrouvé aux Archives Municipales beaucoup de documentation sur lui. Je vous livrerai dans quelques mois, une nouvelle page qui retracera son histoire, puis, celle de ma maman, obligée de quitter Dieppe en septembre 1942 pour aller se réfugier près de Bosc le Hard, tout près d'une grande base de V1. Elle avait 4 ans. Cette page retournera aussi sur les traces des tisserands, dont les aïeux de sa maman, Andrée Suzanne Petit était issus.
Les vestiges archéologiques permettent de penser que le site aurait été habité dès lépoque du paléolithique, soit plus de 9 000 ans avant Jésus Christ. Cependant, la première installation attestée remonte à lépoque gallo-romaine. Les habitations se situaient alors, plus à lEst, vers lemplacement actuel de Neuville.
Au V ème siècle, Dieppe est envahie par les Francs, puis au VIII ème siècle, par les Normands. Cette conquête marque en réalité la vraie naissance de Dieppe. Ils sont, en effet, les premiers à utiliser le site actuel, dune part, et dautre part, cest à eux, que lon doit le nom de Dee " Dieppe ". A lorigine de « Deep » qui veut dire « profond » par allusion à la profondeur de la vallée. Ce nom apparaît pour la première fois au X ème siècle, et pour la seconde au XI ème siècle, dans la chartre de Gosselin, vicomte d'Arques et de Rouen, donnée en 1030, pour la fondation de l'abbaye de la Trinité-du-Mont, depuis Sainte Catherine lès Rouen. La fondation de la ville de Dieppe remonterai à Charlemagne, qui, avec l'existence, lui aurait donné le nom de Bertheville, en l'honneur de sa mère ou de sa fille. Toutefois, comme séjour de l'homme, comme localité bâtie et habitée, Dieppe revendique une plus haute antiquité. La période gauloise fait à peu près défaut sur le sol, à moins que l'on ne rattache à cette civilisation, une pierre, dite Pierre du bonheur, qui parait avoir existé au Pollet. La droite et la gauche de la baie sont gardées par deux monuments celtiques, le Câtelier de Varengeville, qui passe pour être le tombeau du petit doigt de Gargantua, et la grande enceinte de la Cité de Lîmes, des ruines de laquelle un historien du MOYEN-AGE prétend que Dieppe fut bâtie " Ex ruinis Lymarum civitatis condita est Deppa"
A moins que ce nom, ne soit tiré du nom que portait la rivière de lArques : « Deep » ?
Nous pouvons voir à Dieppe, de chaque côté de la vallée, deux points romains forts intéressants. Le premier est au Faubourg de la Barre. Le pied du Mont de Caux est rempli de débris antiques, surtout au point encore appelé la Cour aux Étuves ( hypocaustes antiques ).On y a découvert des piliers et des hypocaustes ( voir le Mercure de France de 1760 )
En 1826, un cimetière romain fut découvert dans la cavée de Caude-Côte, contenant urnes et vases aux offrandes, des monnaies de bronze. Ce faubourg aboutissait à deux voies romaines: l'une venant de Rouen ( Rotamagus ) et de Radepont ( Ritumagus ) appelée aussi chemin des fées; et l'autre venant du pays de Caux qu'elle traversait dans presque toute sa longueur, passait par deux villes principales, Juliobona ( Lillebonne ) et Gravinum (Grainville la teinturière ), et se rendait à Gesoriacum ( Boulogne ) par Auguste ( Eu ). Cette voie, traversait la vallée de Dieppe, alors emplie par les eaux de trois rivières et de la mer, au moyen d'un gué dont le nom est resté longtemps attaché à la rue d'Ecosse, autrefois rue des gués ou des Wées.
De l'autre côté de la vallée la voie rencontrait la station de l'Est ou du Pollet. Malgré les érosions de la mer et des eaux terrestres on pouvait encore voir, il y a quelques années encore, le long de la Retenue, une suite d'habitations romaines qui n'avaient guère moins d'un kilomètre de longueur. La trace de ces habitations étaient parfaitement marquée avec des murs, des tuiles à rebords, des poteries rouge, noires et grises, des monnaies de bronze, et surtout des débris d'huîtres, de moules, de patelles et de poissons de toutes espèces. Dès 1820 on a observé ce dépôt antique. Au lieu dit la Tour de Jérusalem, une couche de déblais antiques à été retrouvé. Il ne faisait pas moins de 6 mètres de profondeur. Cette position romaine est connue des archéologues sous le nom de station de Bonne Nouvelle. Elle était longée, dans toute son étendue par la voie qui, de Dieppe, se rendait à Coesamagus ( Beauvais ) par Envermeu, Londinières, Epinay- Sainte-Beuve et la vallée de l'Eaulne.
Le cimetière de cette station était situé au haut de la colline. En 1845, ce cimetière d'incinération fut découvert près de l'église de Neuville dans des jardins appartenant, à l'époque à Mme Levasseur et à M Vincent Duval. Plus de 500 vases de terre, de verre et de bronze y ont été découverts. Ces vases étaient partagés par groupe de sépultures dont quelques unes en contenaient jusqu'à 15 ou 20. Tous trouver dans un périmètre de 25 mètres de long sur 10 de large. Tous remontaient au I er et au II ème siècle de notre ère.
Un
cimetière franc fut aussi découvert au hameau d'Epinay, aujourd'hui Saint
Pierre en janvier 1847, lors de la confection des travaux de la tranchée du
chemin de fer, qui borde le chemin d'Arques. squelettes ont été
reconnus, un cercueil en plâtre, trois sarcophages en pierre de Vergelé et 6
vases en terre noire de l'époque mérovingienne.
Les rois de France, comprennent vite la valeur stratégique et commerciale de ce port et nhésitent pas à accorder de nombreux privilèges aux habitants de la cité.
Dieppe doit son essor à la conquête de lAngleterre par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, en 1066. Les échanges entre les deux pays favorisent le développement dun port de commerce et de pêche.
Les Dieppois à cette époque, nont pas dautres rivaux que les Malouins, corsaires et explorateurs audacieux autant que grands pêcheurs. La pêche, et notamment celle du hareng, spécialité dieppoise au Moyen Age, a permis le développement de traditions industrielles et commerciales : cest la création de la conserverie, un trafic de sel important, de bois, pour les tonneaux de harengs, toutes ces activités favorisent lessor dune bourgeoisie locale, pépinière darmateurs qui, comme la famille Ango commanderont ou participeront aux grandes expéditions.
C'est en ce XII ème siècle, vers 1168, que débute la construction de léglise Saint-Jacques, flanquée darcs-boutants de style gothique rayonnant. C'est sur les vestiges de la petite chapelle sainte Catherine, qu'elle fut édfiée. Incendiée en 1195, elle sera achevée au XIV ème siècle. Elle subira en 1562 l'assaut des Huguenots qui brisèrent les statues et s'acharnèrent sur les bas-reliefs. Elle subira aussi en 1694 le terrible bombardement anglo-hollandais, sous la Révolution, elle sera même transformée en dortoir, puis en salle de spectacles.
Ses dimensions sont dignes de celles dune cathédrale, longue de 82 mètres, large de 30 mètres, ses voûtes sont hautes de 20 mètres. Sur la façade Occidentale, on peut admirer sa grande rosace refaite en 1736, ainsi que ses deux portails du Rosaire et de Sainte Catherine. Les contre-forts, du XIV ème siècle comportent des sculptures remarquables. Admirez donc ses 107 gargouilles monstrueusement sculptées ! Saint-Jacques abrite trois cloches : la Catherine ( 4 tonnes), la doyenne, la Geneviève ( 2.5 tonnes), et l'Hélène ( 1.5 tonne).

En 1364, les Dieppois fondent des comptoirs en Guinée. De cette époque date lartisanat très original des « ivoiriers » qui rendent la ville célèbre où cet ivoire était sculpté sur place.
En 1435, après une occupation anglaise, les dieppois, entraînés par le chevalier Des Marets reprennent vite la ville et construisent le château sans tarder pour assurer leur protection. Initialement, quatre tours, reliées par des courtines, englobant la tour Ouest, lenceinte sagrandit au XVI puis au XVII ème siècles, incorporant la tour de lancienne église Saint-Rémy. Celle-ci, d'ailleurs sera reconstruite sur son emplacement actuel à partir de 1522. C'est Thomas Bouchard, échevin, trésorier de la paroisse, qui en pose la première pierre. A l'intérieur, le grand orgue de Claude Parizot, construit de 1736 à 1739. C'est grâce au facteur d'orgue, Jean François Dupont et à ses 15 000 heures de travail que cet instrument a retrouvé sa voix et ses timbres baroques du XVIII ème. Cet orgue, avec ses 45 jeux et ses claviers de 27 à 50 notes est le centre du festival de musique ancienne de Dieppe, qui a lieu chaque été. Les dieppois ont suivi à la lettre, la devise inscrite sur les murs de leur église : " Dum morior, moreris" ( pendant que je meurs, tu meurs ). Ils ont fait le choix de faire vivre leur église...et donc de vivre, eux aussi !
Ci-dessous la prise de la Bastille du Pollet le 14 août 1443

Prison à la Révolution, caserne
au XIX ème, la
ville rachète le château en 1902 et le transforme en musée.
La ville est reliée au Pollet en 1511 par un pont de pierres.
Le pont du Pollet par Ferret Puis ce même pont peint par un anonyme en 1817

Par la suite, François 1 er entreprends à Dieppe des travaux importants dutilité publique, qui seront poursuivis sous les règnes suivants.
Comment parler de François 1er, sans évoquer le nom de Jean Ango. La fortune et la gloire du célèbre armateur sont liées à la politique de ce roi de France. A l'époque, Ango armait plus de 30 nefs et ses pilotes corsaires totalisèrent plus de 300 prises. C'est en 1534 que Ango reçu le roi dans sa maison " La Pensée". Les caves de cette maison subsistent encore à l'angle de la rue Ango et du quai Henry IV. Mais le reste fut incendié lors de la bombarderie de 1694. La frise des Sauvages du mur du Trésor de l'église Saint Jacques date de 1530. Elle décrit l'ambiance qui régnait à Dieppe au temps de Ango et des frères Verrazane. C'est Jean Ango qui offrait aux Dieppois des fêtes appelées " momeries" ( de " momos" en portugais. Avec les indiens Tupinambas du Brésil ou les indigènes de l'Océan Indien, notre ville était déjà au XVI ème très cosmopolite )
Dieppe est alors à lapogée de sa puissance. Il faudra attendre 1889 pour que le projet de Gustave Eiffel voit le jour à Dieppe, par la construction du pont Colbert, qui est encore lun des plus grands ponts tournant de France.

Cest aussi en ce XVI ème siècle que commence une activité importante : le négoce du tabac importé de la Martinique et de Saint-Domingue. Ce commerce entraîne la construction de manufactures. Marin et ouvriers, qui travaillent le tabac, sorganisent en groupements proches de ce que lon pourrait appeler aujourdhui : des syndicats. La dureté des conditions de travail donne lieu à des grèves, avec occupation des locaux ! Cette activité fut très florissante aux XVII et XVIII ème siècle.
La Manufacture des Tabacs existait déjà en 1674. En juillet 1694, elle subit les bombardements Anglo-Hollandais, puis en 1715, 1729 et 1733 connu les premières des révoltes importantes des ouvriers "pétuniers" ( ouvriers occupés à la fabrication du tabac ). C'est en janvier 1732, qu'un terrain, rue de Sailly ( Rue Duquesne actuellement) est acheté. Les fondations de la nouvelles manufacture débuteront le 4 avril 1734. En mai 1737, la manufacture déménagera dans ses nouveaux locaux, quittant définitivement l'immeuble de la rue d'Ecosse ( de cet immeuble il ne reste plus aujourd'hui que la façade la plus ancienne de notre ville, ainsi que l'atteste le millésime en grés près de la porte d'entrée: 1624

A gauche: Une lithographie, datant du début du XX ème siècle montre la sortie tumultueuse des ouvrières de la manufacture. Au loin, à gauche, on voit les bâtiments construits en 1737. Dans cette rue Sailly, à gauche, le premier porche est celui de la gendarmerie qui devait rester à cet endroit jusqu'en 1898. On peut apercevoir, sur le point qui correspond au n°2 de la Grande Rue la maison Bienaimé, une horlogerie-bijouterie. tout à côté la boutique de l'ivoirier Brunel. A droite, en haut de l'immeuble, on note un cadran solaire, disparu aujourd'hui.
A droite: La manufacture dans les années 1900.
Parallèlement au développement de la pêche et à la multiplication des expéditions maritimes, la construction devient une nécessité. Les flottes de Ango et bien dautres sortent des chantiers locaux. Plus tard on y fabriquera même des machines à vapeur et des moteurs à explosion destinés à léquipement des navires.
Ainsi en 1530, le plus célèbre des armateurs, ce même Monsieur Ango, ne craint pas denvoyer sa flottille ravager la Portugal, menacer la capitale Lisbonne et sommer le roi de ce pays de lui rendre des navires capturés en pleine paix ! Lindustrie textile est également fortement représentée à Dieppe et aux alentours. Un coutumier, en 1396, parle même des drapiers dieppois.
Mais cest au XVIII ème siècle que filatures et tissages du lin et du chanvre se développent sur les plateaux cauchois qui cultivent ces plantes.
Les dentellières forment aussi une importante corporation qui remonte au XVI ème siècle.
Jusquau XVIII ème siècle, les Dieppois prennent une part prépondérante à la colonisation, à la mise en valeur et à la défense du Canada ( alors Nouvelle France) fondant ainsi une tradition de solidarité entre ces populations. Lessor de la cité sest brutalement ralentie au XVIII. La bourgeoisie locale, très active, protestante, est sévèrement éprouvée par les guerres de religions puis par la révocation de lEdit de Nantes.
Entre 1668 et 1670, une épidémie de peste emporte près de 10 000 habitants et en 1694, la ville, construite en bois est quasiment détruite par un bombardement de la flotte anglo-hollandaise.

Les principaux monuments échappent heureusement au sinistre. La ville est immédiatement reconstruite, et des règles architecturales très strictes sont imposées, en particulier, le bois est proscrit des maisons dhabitation. Cette architecture, dont la conception revient à Monsieur de Vantabren, architecte de Louis XIV, est encore visible dans les rues du centre de Dieppe. La ville se relève rapidement de cette catastrophe, stimulée notamment par le trafic du port et par la proximité de la capitale.
Dieppe change de visage pendant la Révolution. Les remparts sont abattus, les Tourelles constituent dailleurs, lun des derniers vestiges

A gauche: La porte de la Barre, prise de l'intérieur de la ville, le corps de garde, la loge du portier consigné, la fontaine, la statue de la liberté au pied des marches du château. A droite: Porte de la Barre, vue de l'extérieur.

A gauche: La porte Gosselin du quartier de la Halle au blé et donnant sur la plage. A droite: La porte de Fort d'Ouest donnant sur la plage et servant de prison; vue prise du côté de la ville. Ancienne chapelle des Bénédictins à droite et entrée de l'ancien abreuvoir à gauche
Voici ce que les archives des Fonds Anciens de Dieppe m'ont révélé:
Un
compte rendu de la célébration de la fête de la commémoration de la
Fédération du jeudi 14 juillet 1791. On peut y lire:" Étaient présents
... le détachement du 17 ème régiment de Cavalerie, Ci Devant Royal
Bourgogne, en garnison dans cette ville...". Or, mon aïeul, Jean Valentin
Ramberg était Brigadier au 17 ème régiment de Cavalerie Ci-devant Royale
Bourgogne ainsi qu'il était mentionné sur l'acte de naissance de son fils
Guillaume Valentin le 7 avril 1792 à Dieppe. Voici pourquoi Jean Valentin qui
était né à Delémont dans le Jura Suisse, avait rencontré à Dieppe
Magdelaine Rose Honoré ! Preuve que dans la généalogie tout s'explique !
" Le Samedi sept d'avril a été
baptisé par moi Vicaire de cette paroisse soussigné Guillaume Valentin né d'aujourd'hui
des oeuvres de Madeleine Rose Honoré suivant la déclaration que nous en a faite
Marie Angélique Baudin épouse de Jean Baptiste Bouire Sage femme
assurée qui a signé avec nous, lequel enfant Jean Valentin Brigadier de dix
septième régiment de Cavalerie Ci-devant Royal Bourgogne a reconnu être de
ses oeuvres ce qu'il a signé, Le Parrain Marquere Guillaume Maréchal Brigadier
Fourrier au sus dit régiment soussigné La Marraine Catherine Vallée veuve
d'Antoine Huart soussignée le père présent soussigné." J'ai
retracé l'histoire de Jean Valentin dans le paragraphe " Un légionné
d'Honneur"
La situation des prêtres changera quand le 29 novembre 1791 paraîtra le décret ordonnant la surveillance et la dénonciation si besoin est, l'incarcération des prêtres réfractaires, insermentés.
L'abbé
Briche, prêtre réfractaire est guillotiné le 22 avril 1794 sur la place du
marché aux Fruits. Pendant quinze mois il se déplaçait déguisé tantôt en
ouvrier, marin, domestique, en femme même. Il se cachait rue des Cordonniers (
rue Lemoyne ) quand il fut découvert dans sa cachette. Entre le 7 décembre
1792 et le 10 mars 1794 il avait célébré 38 mariages et 32 baptêmes Plus de
200 noms étaient mentionnés sur son registre. C'est le 3 avril 1794 qu'il fut
découvert par Élisabeth Houllevigne, âgée de 45 ans, fripière, habitant
Dieppe depuis 30 ans. Ce jour-là, furent aussi arrêtés:Élisabeth Houllevine,
Eulalie Cauchois, 39 ans, mercière, Françoise Cartier, 30 ans, cuisinière;
Jean-Baptiste Feuillet, tonnelier et marchand de poteries, Françoise Feuillet,
24 ans, chez son père; Thomas Joseph Thoumyre, homme de loi,; Marie Françoise
Fauquet, épouse Thoumyre, 58 ans; Abraham Vasse, 52 ans, armateur; Monique
Vasse, sa fille, 21 ans; Jacques Romain Pointrel, 66 ans, marchand de dentelles;
Marie Marguerite Le Miel, épouse Pointrel, 52 ans; Angélique Rose Blanquet, 43
ans, épicière et suspecte. Le citoyen Legendre, président du Tribunal
Criminel fit venir avec lui de Rouen, où il siégeait d'ordinaire les bois de
la guillotine. C'est ce même Legendre qui, le 20 janvier 1793, à la séance
des jacobins à Paris, avait proposé de découper le corps de Louis XVI en 80
morceaux pour pouvoir en envoyer un morceau, à titre de cadeau, à chacun des
départements. Clémant Briche fut condamné à mort. Quatre accusés furent
acquittés: Mme Thoumyre, Mlle Vasse, Mme Pointrel et Mlle Blanquet. Tous les
autres furent condamnés à la déportation et furent dirigés sur Rochefort,
pour être expédiés à la Guyane. On sait que dans la prison de Rennes,
Abraham Vasse et Thomas Thoumyre allaient mourir d'épuisement. Le 3 Floréal de
l'An II vers 10 heures du matin, Clément Briche fut exécuté. Son cadavre fut
aussitôt inhumé dans le cimetière de Janval ( celui aujourd'hui disparu, mais
qui existait rue Jehan Doublet à Janval).
Leur descendant, Henri Louis Hyppolite Ramberg naîtra le 3 décembre 1855 à Dieppe et sera Marin pêcheur. J'ai retrouvé, grâce à des photographies très anciennes, les bateaux sur les quels il avait navigué.
Le
Madeleine et le Saint-Louis
Le
Thérèse
Le
Joseph-Marie
Ainsi la pêche ne reprend véritablement de limportance quau XIX ème siècle. On arme les navires pour les campagnes à la morue ou à la baleine.
Le Furet: Cotre royal de la duchesse de Berry en visite à Dieppe. de
L.A. Garneray
Mise
à la mode par la Duchesse de Berry, et ses célèbres bains de
mer, dès 1823, Dieppe devient ainsi la première station balnéaire
de France.
![]()
Le 29 juillet 1848, Dieppe est reliée à Rouen par le chemin de fer. Puis en 1872, une ligne directe est établie avec la capitale. Ce progrès bouleverse la vie locale ; Il autorise de nouveaux débouchés, il favorise le tourisme et des relations plus aisées avec lAngleterre, même si la concurrence du port de Boulogne se fait sentir.
La gare de Dieppe en 1900


Dieppe nest pas épargnée durant les deux guerres mondiales. Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, la résistance sorganise rapidement et de nombreux Dieppois sont déportés ou fusillés : Robert Arpajou, Jean Puech, Gabrielle Renou, Valentin Feldmann ont payé de leur vie leur courage et leur patriotisme.

Dieppe après le débarquement du 19 août 1942 la plage, la "cigarerie", la Manufacture des Tabacs et la rue de sygogne.
Le 19 août 1942 scellera à jamais les liens qui unissent Dieppe au peuple du Canada.
Dieppe meurtrie par les bombardements de cette « drôle de guerre » est vite reconstruite et commence à sétendre sur le plateau de Janval.
Les Dieppois, notamment les habitants du beau quartier du Pollet, quartier de pêcheurs sil en est, ont toujours été tournés vers la mer. Des tempéraments rudes de lutteurs généreux sy sont forgés. La pêche à la coquille Saint-Jacques, la pêche aux harengs, la marée fraîche ( houps !), Sont pratiquées aujourdhui encore dans des conditions difficiles.
Les photographies ci-dessous nous montre deux habitations Polletaises. Au fond de la première on peut apercevoir l'église du Pollet. Quant à la seconde, appelée le petit Paris, c'est un ancien asile des corsaires; Puis l'ancien pont du Pollet qui reliait ce dernier à Dieppe. On devine encore les fondations de l'actuelle Chambre de Commerce. En dessous un pêcheur du Pollet en costume traditionnel.


1 2 3

.1-Le Port et une ancienne ruelle du Pollet. La rue R. M . Levasseur. Vue prise au carrefour des rues de la Lombarderie et de l'Abattoir. 2- La rue du Mont de Neuville et l'église du Pollet dans laquelle j'ai fait ma communion et dans laquelle nous nous sommes mariés 3-Quelques ruelles du Pollet prises en 1900. Sur la quatrième photo, un petit point bleu vous indique la maison paternelle de mon papa, au 10 rue Quiquengrogne.
Voici quelques autres photographies découvertes çà et là, au hasard de mes promenades, de mes recherches généalogiques et historiques sur ma famille et sur ma ville.
Dieppe et ses Tourelles

Dieppe et son port vu
de la falaise où Notre Dame de Bonsecours à été élevée
Le
bassin de Bréquigny
Voici 4 plans de
Dieppe, réalisés à peu près à la même échelle et montrant les
emplacements des anciens épis.
Le premier plan date du début du XVIIe . L'épi primitif, en face de la tour aux crabes, avant l'exondation de l'emplacement du quartier du Petit Veules. Le second date de 1780. L'entrée du port est limitée par 2 épis: celui du pollet et celui du Petit Veules. Le troisième date de 1852. Il est en forme de panier d'anse. Quant au quatrième, daté de 1898, les épis ont disparus. Le trajet du bachot-passeur est indiqué.
Voici
une gravure
réalisée en 1840 par A.L.Morel-Fatio ( 1810-1871) , artiste normand né à
Rouen, où nous distinguons très bien l'épi Vauban. En dessous, le troisième
épi de charpente en forme d'anse de panier. Lithographie que nous devons à
Adolphe Maugendre, né à Ingouville ( 1809-1895) réalisée vers 1860.
Dieppe et son square

Dieppe et son casino détruit le 19 août 1942
Dieppe et son premier casino: 

Dieppe et ses bateaux

Je me surprend à penser que, peut-être mon aïeul François Ramberg était à bord d'un de ces bateaux quittant le port de Dieppe un jour de mai 1856. Dessin de La Tremblade ?
Le
Bachot qui permettait d'accéder à l'île du Pollet dans les années 1900.Puis
les femmes qui tirent leurs lourdes charges jusqu'au quai. Ces quais d'où partirent
bien avant Christophe Colomb ceux qui découvrirent l'Amérique ! L'aiguille
suifée où la navette cours sous les doigts agiles des femmes qui ramendent leur
bien le plus précieux : les filets.

Dieppe et ses ramasseurs de galets Dieppe et ses femmes dont le linge embaumera l'iode.
Mais aussi Dieppe et ses gobes: Ces trous dans la falaise, qui dominent les parcs du Bas-Fort-Blanc et qui sont l'habitation de ces pauvres gens.

Dieppe et sa poissonnerie aujourd'hui disparue! Elle était la vie même de ce port!

Dieppe, son rivage et sa plage sur laquelle il fallait bien transporter le poisson des parcs et aussi le varech pour fumer les terres ( vers 1840).

Lithogravure du XVIIIè:" Vue de
Dieppe"
Dieppe et ses falaises au XIXè

Dieppe, véritable ville dart aussi. Lovée au creux de deux hautes falaises blanches surplombant la mer, sa lumière change, à chaque seconde qui passe. Sisley, Delacroix, Pissarro, Renoir et Sickert ne sy sont pas trompés. Dieppe, est aussi une ville dadoption. Les plus grands se sont laissé prendre à son charme : Oscar Wilde, Camille Saint-Saëns, Marcel Proust, mais aussi Georges Braque et Claude Chabrol. Déjà en 1826, Dieppe entreprend la construction d'un petit théâtre, pour remercier la duchesse de Berry. Déjà, Rossini, Listz, Meyerber et bien sûr, Camille Saint Saëns y furent accueillis. Ce petit théâtre fut transformé après guerre en cinéma. Aujourd'hui, il est la mémoire du débarquement du 19 août 1942.
Cest par un jour froid et pluvieux du 31 octobre 1960 à Dieppe, que jouvre les yeux pour la première fois sur le monde. Mes parents habitent à cette époque au 9 place Saint Jacques dans un petit appartement de 3 pièces au troisième étages, sous les toits.
La rue Saint-Jacques et son église, dans le fond, dont les cloches ont bercé mon enfance.
............................................................
Voici à quoi ressemblait la place Saint Jacques aux XIXème siècle puis au XX ème.
Nous habitions les 5ème et 6ème lucarnes
Mon papa,Claude Mallèvre est né lui aussi à Dieppe le 12 août 1934 au 10 rue Quiquengrogne dans une petite rue du Pollet.Quant à Huguette Henry, ma maman, elle a vu le jour le 6 février 1938 au 70 rue Gambetta à Dieppe appelée aussi « Côte de Rouen » . Ils se sont mariés au Sacré Chur de Janval,( construite dans les années 1920 par l'architecte dieppois Georges Feray ) un quartier de Dieppe : le 5 mars 1960. Christophe, mon petit frère viendra au monde le 1er août 1967

Le 14 septembre 1991, Christophe se marie avec Christelle Perez, née le 12 décembre 1967. Ils sont tous deux parents de 3 p'tits loups, nés à Dieppe : Valentin, le 12 juillet 1993; Cyprien le 6 mars 1995 et Jade, dont je suis la fière marraine, née le 6 janvier 1999.Depuis le 15 octobre 2004, je suis l'heureuse mamy d'un petit Corentin. Quel Bonheur ce petit rayon de soleil !
Ainsi va ma ville, tantôt grise, tantôt bleue, mais toujours animée de ce petit quelque chose en plus qui fait sa différence: la force. Celle de la nature humaine qui est bercée depuis le plus profond des temps par ses marins de toutes nations qui se croisaient sur les quais, puis repartaient sans avoir échangé autre chose qu'un simple regard. La force de l'homme qui va, par tous les temps et tous les vents par la mer déchaînée; cette mer qu'ils haïssent et qu'ils adorent, celle qui leur fait peur, mais auprès de laquelle il trouve leur sérénité, celle qui se veut indomptable, mais dont ils sont les maîtres incontestés. Oui! C'est elle ma ville. C'est Dieppe.