Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

20 août 2000, Esaïe 6/1-13

 Chers frères et soeurs,

Je ne  sais  pas ce que vous avez pensé,  en  entendant  la lecture dans  le  livre d'Esaïe tout à l'heure, le  récit de  la vocation d'Esaïe, quand  il voit le Seigneur assis sur un trône, les séraphins qui chantent, saint, saint, saint est l'Eternel des armées, et  quand Esaïe, en voyant cette vision de la sainteté de Dieu lui dit: Malheur  à moi! Je suis perdu, car je suis un homme dont les  lèvres sont impures.  Je ne sais pas ce que vous  avez pensé, mais je peux vous dire ce que moi j'ai pensé, ou ressenti. J'ai du me dire, ou  dire à Esaïe, Esaïe, tu n'es pas le seul. En face de la sainteté de Dieu, je  me sens aussi impur, je  sens ou ressens cette distance entre la sainteté de Dieu et ma vie.   Car moi je  ne suis pas un saint, si  saint signifie  parfait,  sans fautes, demandez  à mon épouse, elle  vous le confirmera.  Esaïe, devant la vision de ce Dieu saint, de la gloire et de la grandeur de Dieu. Il se sent tout petit, indigne, impur, il se sent perdu, malheur à moi, dit  il, je  suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures.  Il se sent et se sait souillé,  impur, devant la  pureté et la sainteté de Dieu.  Eh bien si pour  vous c'est la  même chose, si  devant Dieu vous vous sentez également perdu, indigne, impur, alors vous avez compris beaucoup de choses dans la foi.  Vous êtes, nous  sommes plutôt, car j'en fais aussi partie, nous  sommes sur le bon chemin, le  même chemin qu'Esaïe. C'est le récit de la vocation d'Esaïe comme prophète, l'appel  de Dieu, il l'appelle à sa tâche, à parler au peuple, il l'appelle à remplir sa  mission, et  c'est ainsi que cette vocation  débute. Dieu appelle Esaïe à faire quelque chose, à devenir son prophète, et lui se sent indigne, impur, pour faire cette tâche, c'est pour cela qu'il dit que ses lèvres sont impures, autrement  dit, il se sent impur  à  parler, à  prophétiser, à  faire ce à  quoi  Dieu l'appelle, car  un prophète, il doit avant tout parler, parler de la part de Dieu au peuple.­ Mes lèvres sont impures. Je crois que c'est le  début de toute vocation, tout  engagement,  toute  vie chrétienne, car  Dieu appelle chacun et chacune pour un service, une tâche, pas forcément la même pour tout le monde, mais au fond chaque chrétien est un prophète, appelé  à parler de Dieu, de son amour, que  ce  soit  par  l'exemple  de  la  vie,  la  parole, l'hospitalité, les  relations. Et même plus que cela, puisque Paul nous encourage par exemple à aspirer au don de prophétie. Soyez mes témoins,  il y a un chant dans le JEM qui dit cela, c'est vrai,  Jésus  avait  dit à ses disciples, vous  serez  mes témoins. Esaïe  se rend compte, se  sent perdu, impur.   Il a le respect, la  crainte de Dieu, devant  sa grandeur et sa sainteté. Et n'est ce pas cela qui manque tant aujourd'hui?  Le respect et la crainte devant la sainteté de Dieu? Que ce soit en politique, en économie, au  travail, sur  la route, ici ou ailleurs, et même dans nos églises. Peut on ne penser qu'à soi, en ayant du respect de  la crainte devant la sainteté de Dieu?   Peut on tricher, faire des affaires louches, ne  soutenir que son parti, gagner le plus d'argent  possible  au détriment  de  l'honnêteté,  peut-on affirmer que l'on est les seuls à détenir la vérité, si  on a de la crainte  et du respect devant la sainteté de Dieu. Et je ne parle même  pas de ce qui se passe au Kosowo, ou encore hier des enfants ont reçu des éclats de grenade simplement parce qu'ils n'étaient pas de la bonne ethnie ou d'ailleurs, car  c'est évident que pour faire ces atrocités, il manque un respect de Dieu, de la vie qu'il donne  et  de  ses créatures, il  n'y a  pas  beaucoup  de sainteté. Le monde est un peu fou, vous  êtes d'accord, quand  on félicite des soldats qui tuent des enfants, des  femmes, et  que l'on emprisonne ceux qui veulent la paix que des militaires en Russie par orgueil attendent des jours avant de demander de l'aide, mais ce ne sont pas les seuls, regardez le candidat républicain aux élections américaines, il n'a pas voulu gracier un condamné à mort qui était accusé par un seul témoin, alors que des gens ont demandé de faire une analyse génétique pour être sûr que ce soit bien lui. Oui, ou  sont, aussi  chez nous, ce  sentiment, cette connaissance, ce respect devant la sainteté de Dieu?

Esaïe ressent  cette  différence  entre  Dieu  et  lui,  la sainteté de  Dieu, son  état de perdition et  d'impureté,  comme plus tard  celui  qui  deviendra l'apôtre  Pierre,  quand  Jésus l'appelle,  il se sent aussi indigne, il tombe à genoux et dit, je suis un homme pécheur.  La connaissance de la sainteté de Dieu et de notre non sainteté, oui, nous sommes en danger de perdre cela, dans un  temps    nous  sommes tellement remplis  par  ce  que nous, les  hommes  savons et pensons faire, nos  capacités,  nos solutions, où  il y a tant d'autres valeurs qui sont recherchées en place de la sainteté, l'argent,  le pouvoir, l'influence, et cela jusque dans nos églises, lorsque nous désirons d'abord défendre notre église plutôt que le royaume de Dieu, lorsque nous désirons d'abord notre bien-être avant la gloire de Dieu. Non, il n'y a pas que l'argent, la  conjoncture économique, l'aspect  matériel, notre situation, notre paroisse, il y d'autres valeurs, et nous devons être attentifs à ces autres valeurs, c'est d'ailleurs la mission des prophètes, et d'Esaïe en particulier, au  début de son ministère, tout allait bien dans le royaume de  Juda,  il  était  libre,  florissant,  les  gens  se croyaient en sécurité, en  ordre, justes,  alors  que les pauvres étaient exploités,  alors  que la fin de ce royaume  approchait, Esaïe devait  avertir  le  peuple,  le  rendre  attentif  à  son insouciance par  rapport  à  Dieu.  Ils en  avaient  oubliés  la sainteté de Dieu, ce  qu'il était, leurs  relations à lui.   Oui, nous aussi, comme  le peuple de Juda à cette époque, nous  sommes en danger d'oublier la sainteté de Dieu, et nous les chrétiens ne sommes pas  épargnés  par ce danger, nous  qui sommes  tellement habitués à parler toujours du "bon Dieu", de  sa miséricorde, de son pardon, de  son amour, que  nous oublions peut être parfois à parler aussi ou à nous rappeler de sa sainteté.  Et les pasteurs, les théologiens,  les  hommes d'église sont  peut être encore en plus grand danger, car  ils pensent connaÎtre Dieu, ils  écrivent et lisent  des  tas de livres, ils  pensent  tout  savoir,  tout connaître, ils  parlent de Dieu comme s'il était un des leurs, il s'est fait  homme, le  danger est grand d'oublier la sainteté de Dieu. De  rabaisser Dieu à une idée personnelle et humaine,  que l'on connaît dans ses détails, de  se mettre au dessus de lui au lieu de  se  soumettre à lui.  Devant ce Dieu trois fois  saint, Esaïe se  sent  perdu,  impur.   Mais qu'est  ce que  c'est,  la sainteté, la  sainteté de Dieu?  Quand on parle de saint, on  se fait peut  être une idée, d'une  personne très pieuse, qui  est toujours en prière, en  train de lire sa bible, qui  va toujours dans les  églises,   on  pense  que  la  sainteté  est  une qualification, qui  exprime  la  bonne conduite  d'une  personne presque parfaite, c'est  une sainte, mais  cela nous semble aussi peut être presque ennuyant, rébarbatif,  un  saint, une  sainte. Quand on  dit de quelqu'un, il  veut être un petit saint,  c'est presque péjoratif, un  reproche, il  veut être meilleur que nous. Mais la sainteté, selon la bible, c'est  autre chose. Est saint, ce qui appartient à Dieu.  C'est un terme de relation. Quand nous disons que Dieu est saint, cela revient à dire que Dieu est Dieu. Qu'il est ce qu'il est, c'est  à dire différent de nous.  Nous ne sommes que ses créatures, nous sommes faits de terre, de poussière, et non de sang divin, comme dans la mythologie grecque ou autre. C'est vrai que Dieu nous a donné le souffle de vie, n'en déplaise à ceux qui croient que la vie est née du hasard.

La sainteté est la mise à part, que  Dieu est Dieu et va son propre chemin en tant que Dieu. Qu'il est différent de nous. Dans son être, ses pensées, ses actions, la sainteté de Dieu montre la différence qui existe entre lui et nous. la  frontière qu'il y a, même si Dieu nous aime, nous aide, est venu dans ce monde, il y a un monde  qui nous sépare de lui.  Dieu est Dieu et nous  sommes humains. Quand  nous voyons la sainteté, la  gloire de Dieu, nous voyons aussi notre pauvreté, devant  Dieu, sa  sainteté, nous  ne pouvons que nous taire, nos lèvres sont impures, elles ne peuvent parler d'égal à égal avec lui.  Devant la sainteté de Dieu, nous ne pouvons  nous  justifier, avoir  des  exigences,  étaler  nos mérites  et nous louer nous mêmes.  Lui seul est saint et digne de louange. Dieu  est Dieu et nous ne sommes pas Dieu. C'est cela le péché d'Adam,  la faute, sa  tache, son  impureté,  il  voulait devenir comme  Dieu,  le  serpent  lui avait fait  croire  qu'il serait comme lui, vous  serez comme des dieux avait il dit à Adam et Eve, et  depuis ce moment, nous  ne sommes pas saints, mais le contraire, impurs,  pécheurs,  la  sainteté marque la différence entre Dieu et nous, c'est  le propre de Dieu. Nier la sainteté de Dieu et notre misère, c'est  vouloir faire fi de nos différences avec Dieu, c'est  vouloir répéter le péché d'Adam. Là où l'homme veut devenir dieu lui même, ou  adore un autre dieu, il se sépare de Dieu, il  offense la sainteté de Dieu.  Dieu est saint, il est différent de  nous.   C'est ce  que ressent  Esaïe,  quand  Dieu l'appelle, se  montre, malheur  à moi, je  suis perdu, mes lèvres sont impures. Il ressent la différence, en est conscient, je suis humain, donc  perdu par rapport à Dieu, c'est  à dire hors de son royaume de sainteté.  Il sait cela, le  reconnaît, le dit, et que se passe t il?  A peine a t il dit cela, qu'un séraphin prend une pierre ardente  de  l'autel, un  autel où l'on  sacrifiait,  lui touche les lèvres, et  lui dit: Ton  iniquité est enlevée, et ton péché est expié.  Esaïe est impur, ses lèvres sont impures, il ne peut plus parler, ou  juste dire, mes  lèvres sont impures, et là où l'homme se tait, ne peut que se taire devant la sainteté et la majesté de Dieu, c'est  Dieu qui parle, qui lui dit au travers du séraphin, ton  iniquité est enlevée, et  ton péché est expié.  Au moment où  Esaïe  reconnaît  qu'il  n'est  pas  saint,  qu'il n'appartient pas  à Dieu, car  il est impur, Dieu  lui dis,  ton iniquité est enlevée, ton  péché est expié, Dieu  le fait saint, c'est à dire l'intègre dans son royaume, son règne, il appartient à Dieu, il  est saint, puisque  saint signifie appartenir à Dieu. Appartenir à  Dieu, faire  partie de son royaume.  C'est cela la nouvelle naissance,  la  conversion, la  métonia, changement  de pensée. Seul Dieu peut faire cela, nous purifier. Nous ne le pouvons. Mais il est venu le faire, Dieu est saint, différent de nous, mais en mourant sur la croix, Jésus nous permet de nous approcher de ce Dieu trois fois saint, enlève cette différence. Jésus est venu pour nous pardonner, nous enlever le poids de nos fautes et nos péchés, car c'est un poids, un boulet, ce que nous avons loupé, mal fait, péché, mais Jésus est venu nous l'enlever. Il n'est pas nécessaire de faire une pénitence, ou de recevoir une indulgence, comme l'église catholique a décrété cette année, que ceux qui vont à Rome ou en Israël ou encore ailleurs reçoivent une indulgence, c'est-à-dire ne doivent pas faire pénitence suite à un péché pour montrer la repentance. Comme dans la parabole du fils prodigue, le fils perdu n'a même pas le temps de faire sa confession de péché que déjà il reçoit le pardon. Il a reconnu sa misère, son état, Esaïe a reconnu son état, et Dieu le purifie, tout de suite, sans attendre. Cela, nous avons parfois de la peine à le comprendre. Mais c'est Jésus qui le dit, je ne suis pas venu dans le monde pour juger le monde, mais le sauver. Il est venu pour cela. Pas pour vous embêter, mais vous sauver. Esaïe fait  confiance à la parole de Dieu, et  quand il lui demande, qui  dois je envoyer, il  répond, me  voici, envoie moi. Dieu peut l'employer, pour  sa mission, ce  qu'il a compris,  ce qu'il a vécu, il doit le transmettre au peuple, la même chose que lui a vécu.  Avertir le peuple de son infidélité.  Mais le peuple n'est pas près de comprendre, de  se rendre compte, il  se croit tellement en ordre, tellement  riche, Iibre, que Esaïe reçoit une mission presque incompréhensible: Il  doit dire au peuple:  Vous entendrez et  vous ne comprendrez point; vous  verrez et vous ne saisirez point.  Dieu  lui dit: Rends  insensible le coeur de ce peuple, endurcis ses oreilles, et bouche lui les yeux, pour qu'il ne voie point de ses yeux, n'entende  point de ses oreilles,  ne comprenne point de son coeur, ne  se convertisse point et ne soit point guéri.  Drôle  de  mission pour un prophète,  qui  devrait plutôt rendre les coeurs sensibles, faire  comprendre et voir, il doit faire juste l'inverse, lui  qui devrait expliquer, avertir, ouvrir, parler,  il  doit  faire  juste  le  contraire,  fermer, endurcir, boucher. En somme ne pas parler, transmettre le message de Dieu. Le  prophète ne comprend pas, il  ne comprend pas cette tâche, et  il dit, jusqu'à quand, jusqu'à quand Seigneur, dois-je agir ainsi,  il  se dit mais ce n'est pas possible, Dieu  ne peut vouloir cela,  l'endurcissement,  l'aveuglement.   Jusqu'à quand Seigneur, et Dieu répond, il répond à ceux qui lui appartiennent, jusqu'à ce  que  les  villes  soient  dévastées,   et privées d'habitants, jusqu'à  ce qu'il n'y ait personne dans les maisons, jusqu'à ce que l'Eternel ait éloigné les hommes, et  que le pays devienne un désert. Dieu ne nous interdit pas de poser des questions lorsque il nous dit quelque chose, lorsque nous ne comprenons pas. Il ne se fâche pas. Il explique, jusqu'à ce que le pays soit un désert. Esaïe doit annoncer cela, ce jugement, alors que ce n'est pas la volonté de Dieu. Mais sans doute que c'était la seule façon de faire comprendre quelque chose au peuple, qui n'a pas voulu entendre le message d'Esaïe. Comprenez-moi bien, ne pensez pas que s'il vous arrive un malheur, c'est du au fait que vous avez été endurci, mais c'est vrai que les circonstances de vie, ce que nous vivons, contiennent aussi un message, nous forme, nous apprend certaines choses. Si vous priez tous les jours qu'il fasse du soleil, et qu'il pleut tout de même de temps en temps, cela veut dire que peut-être ce n'est pas la volonté de Dieu, d'autant plus qu'il n'est pas indiqué dans la bible de prier pour qu'il fasse 365 jours de soleil par année. Mais si vous priez pour les malades, et qu'il ne sont pas guéris, ce n'est pas la même chose, parce Jésus nous a invité lui-même à prier pour les malades. Il n'a pas dit que tous les malades pour qui nous prierons serons guéris, mais il a dit de prier. Vous comprenez. Nous avons besoin de plus de Dieu, de ses dons, aussi le don de discernement, de connaître sa volonté, moi en premier, pour qu'il nous dirige dans ces choses, que son Esprit nous guide. Pierre et Jean ont prié pour un paralytique devant le temple, mais ils sont aussi allés en prison. On ne peut pas vouloir que les choses agréables, mais obéir. Comme Esaïe.  Terrible mission  que celle d'Esaïe, annoncer  le malheur, provoquer l'endurcissement, mais c'est encore là la voie de Dieu, la sainteté de Dieu, sa  différence, il  peut parler de manières très diverses. Le  malheur et la dévastation atteindront Juda, le pays sera  envahi, ruiné,  le  peuple ne se rend pas compte,  et pourtant Esaïe avertit. Le peuple doit  aussi,  comme mourir, pour renaître à une nouvelle vie. Comme Esaïe a du mourir à lui même, Pierre,  comme nous devons mourir à  nous mêmes, pour renaître dans la sainteté de Dieu, lui appartenir. Mais ce n'est pas la dernière parole de Dieu, ce  n'est jamais le jugement et le malheur, il  est dit, au verset 13  de  notre  texte,  comme  le térébinthe et  le  chêne conservent leur  tronc  quand  ils  sont  abattus,  une  sainte postérité renaîtra  de ce peuple. Le message ne Dieu ne se termine jamais par le jugement, le malheur, même si effectivement la bible parle de jugement et de malheur, mais le message ne s'arrête pas là. Il se termine avec une parole d'espérance: Une sainte postérité renaîtra de ce peuple. Une sainte postérité renaîtra du peuple de notre village, vous le croyez? Amen. Malheur à moi, je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures. Ceci a touché tes lèvres, ton  iniquité est enlevée, et ton péché est expié. Qui enverrai je? Amen.