Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

2 juillet 2000, Esaïe 7/1-16

 Chers frères et sœurs,

 Dans la vie, on peut se trouver dans une situation difficile. Comme le jeune roi Achaz de Juda. Le texte de la prédication de ce matin parle d'une situation difficile. Une  des  grandes puissances de l'époque,  l'Assyrie, voulait dominer la région, et exigeait de lourds tributs à payer. Mais alors que ce pays en expansion se battait au Nord contre les Mèdes et  le  royaume d'Arménie, la  Syrie et  Israël  voulaient profiter de ce moment pour faire une coalition contre l'Assyrie, et pour  ce faire, ils  voulaient aussi entraîner le royaume  de Juda, dont  Jérusalem était la capitale, et sur lequel régnait un jeune roi d'une vingtaine d'année, Achaz,  dans  cette coalition. Et ils menaçaient même le royaume de Juda. Si  vous n'adhérez pas de plein gré à notre coalition, nous vous forcerons à vous allier à nous.  Juda  et ses montagnes était un point important pour la défense de cette coalition. Un  choix difficile pour Achaz. S'il choisissait de s'allier à la coalition, il  risquait d'être battu par la  grande  puissance  de  l'Assyrie.  Au  contraire,  s'il s'alliait  avec  l'Assyrie, il  prenait l'obligation de payer  de lourds tributs, et il risquait en même temps la colère de la Syrie et d'Israël. Que  faire? Achaz  était agité, il est dit au verset, quand il apprit que les Syriens étaient campés près d'Ephraïm, son coeur  et celui de son peuple furent agités comme les arbres de la forêt sont agités par le vent. Ceux  qui n'ont jamais connu de grandes difficultés, de  problèmes, ne  savent pas ce que cela veut dire,  avoir  le coeur agité. Mais  ceux qui ont connu  des moments difficiles, des épreuves ou autres choses, savent bien ce que cela veut dire, avoir  le coeur agité, quand  on ne peut plus dormir, ou  pas  bien, quand  les jours deviennent  lourds,  les moindres efforts très pesants, on n'a plus la force de résister à la peur, la  résignation, quand tout semble noir, sans issue. Que faire?  Que  peut on faire dans ce cas? On peut essayer de suivre le conseil  d'experts, en  politique, stratégie,  des  médecins, psychologues, mais  il y a des moments où cela ne suffit pas, où ces gens,  malgré  leur bonne volonté, ne  trouvent pas de vraie solution. Et  c'est le moment ou jamais de nous rappeler que nous avons un Dieu qui nous aime, qui  aimerait nous parler, et  nous aider. Achaz  ne s'est pas rappelé de cela, il n'a pas parlé à un prêtre, à  un  prophète,  c'est  Dieu  lui  même qui  a  pris l'initiative, car  il  s'agissait  de  son  peuple,  et  Dieu n'abandonne jamais son peuple, ses  enfants. C'est  déjà tout un message, Dieu  n'abandonne  jamais  ses enfants. Il  est simplement dit, l'Eternel  dit à Esaïe: Va  à la rencontre d'Achaz, et  dis lui, sois  tranquille, ne crains rien, et que  ton coeur ne s'alarme pas devant ces deux bouts de tison fumants, devant  la colère de la Syrie et d'Ephraïm, ainsi  parle le Seigneur l'Eternel, cela n'arrivera pas, cela n'aura pas lieu. Il fait  bon  dans  une  situation désespérée  entendre  un  tel message, sois  tranquille,  ne  crains rien, le  désastre n'aura lieu. Il  fait bon, encore  faut il des prophètes comme Esaïe qui entendent la  voix de Dieu. Combien  y a t il de prophètes parmi nous, des  gens  qui parlent avec Dieu et avec qui Dieu parlent? Ils sont rares, mais  ils sont plus nécessaires que jamais. Vous pensez peut  être, ce  n'est  pas mon affaire, je  ne  suis  pas prophète. J'ai  déjà assez de mal à croire pour moi même, je  ne peux pas  encore aider les autres. Mais  Jésus n'a t il pas  dit d'aimer Dieu et son prochain? Alors  comment pouvons nous penser que cela  ne  nous regarde pas? Et  puis nous avons la  promesse biblique, dans  les  dernier  temps  dit le  prophète  Joël,  Je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos  fils et vos filles prophétiseront, et  vos vieillards auront des songes. Depuis  la Pentecôte, cette  promesse est accomplie. Ou ne croyons nous plus aux promesses de la bible?

Dieu aujourd'hui, cherche  des jeunes et  des  moins jeunes qui écoutent la voix  de  Dieu, pour annoncer la paix dans un monde en guerre, la  réconciliation dans un monde  plein d'incompréhensions,  le  pardon dans  un  monde déchiré par  la haine ou l'indifférence. Et  je suis le  premier visé, je  dois me demander, est  ce que Dieu me parle, est  ce que je l'écoute, ou est ce que je fais simplement mon travail? Des armées tout autour  de  Juda,  mais  il aura fallu d'un seul prophète  qui  a écouté la voix de Dieu pour épargner ce petit pays, qui est resté indépendant encore  un  siècle  et demi plus  longtemps  que  le royaume du  Nord  d'Israël  qui  voulait pousser  Juda  dans  la coalition. Un  seul prophète qui était fidèle à Dieu, et cela fut une bénédiction  pour tout un pays. Encore  faut il écouter  les prophètes de  Dieu,  car  déjà en ce temps là, on  n'aimait  pas tellement les prophètes, les rois et les prêtres du temple ne les appréciaient guère, on  les mettait en prison, on  les tuait, on les faisait taire, les  prophètes qui parlaient au nom de Dieu et mettaient le doigt sur l'infidélité des gens face à Dieu. Esaïe a reçu un  message  de Dieu pour le roi et le peuple de  Juda,  un message d'espérance en face de l'adversité. Cela  n'arrivera, il ajoute une  seule chose, importante,  essentielle,  si  vous  ne croyez pas, vous ne subsisterez pas.

Une phrase  toute  simple,  très  courte,  mais  qui  dit l'essentiel, si  vous  ne croyez pas, vous  ne subsisterez  pas. Autrement dit, si vous croyez, vous subsisterez. Il ne suffit pas de croire en l'existence de Dieu, de  promesses, il  faut croire qu'elles sont  vraies, qu'elles  me concernent. Croire  dans  la bible ne signifie pas simplement tenir pour vrai que  Dieu existe, que  Jésus  existe, croire c'est beaucoup plus, c'est tenir ferme, avoir confiance en Dieu, être  sûr  de son aide, son pardon. On  peut traduire  la phrase, si  vous ne croyez pas, vous  ne subsisterez pas, par, si vous ne tenez pas bon, vous  ne tiendrez pas. Tenez  bon en Dieu, faites-lui confiance, saisissez la corde qu'il vous lance, vous savez ce que c'est la miséricorde, c'est la corde de Dieu qui nous sort de la misère. Dieu avait envoyé Esaïe et son fils, la corde de l'espérance, la corde de la non résignation, la corde de la foi. Sois tranquille, ne crains rien, c'est ce que Dieu dit. Achaz craignait ces deux rois, le roi de Syrie et le roi d'Israël, il faut se rappeler qu'à cette époque il y a deux royaumes, le royaume de Juda et le royaume d'Israël. Esaïe parle même à Achaz, en parlant de la colère de ces deux rois, de bouts de tisons fumants. Autrement dit, ils sont en colère, mais ils ne font que fumer, ils ne vous détruiront pas. La miséricorde, la corde de Dieu, sois tranquille, ne crains rien. Dieu dit fait dire cela, il lance la corde, une corde solide, qui peut tirer des tonnes. Mais il ajoute, si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas. C'est à Achaz et à son peuple de s'accrocher à cette corde, cette parole. C'est Dieu qui tire la corde, mais les gens doivent s'accrocher à la corde. Simplement la tenir fermement, mettre son poids, sa vie, faire confiance, comme lorsqu'un hélicoptère emporte un alpiniste blessé, qui était fixé avec sa corde au rocher. Il faut faire confiance à la manœuvre, mettre tout son poids dans la corde qui est suspendue à l'hélicoptère, on ne peut pas rester accroché encore un petit peu à la paroi du rocher. Un petit nœud, car ce petit nœud, cette fixation au rocher peut faire casser la corde. Il faut choisir où on veut mettre sa confiance, où il faut s'accrocher. Aux menaces du roi de Syrie et d'Israël, leurs paroles qui sont des paroles humaines, ou aux paroles de Dieu. On ne peut s'accrocher à la corde de l'hélicoptère et à la paroi en même temps. On ne peut servir Dieu et Mammon, car sinon on se fait mal, très mal. Il y a des problèmes, cela coince, et va de mal en pis. Dieu a lancé sa corde, sa parole, il a trouvé un prophète et son fils pour la transmettre, il cherche parmi vous des personnes qui veulent bien transmettre son message, dire aux gens de s'accrocher à la corde. C'est Dieu qui tient la corde, qui la monte, mais il cherche des personnes pour dire aux gens en difficulté de la saisir, et de lâcher leurs appuis sur le rocher. Si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas. Même si la corde est solide, si Dieu peut tirer des tonnes, il faut que les gens prennent et saisissent la corde. Il faut la foi, la confiance en Dieu pour lâcher tout le reste. Ce n'est pas évident, et Dieu le sait. Il voit que Achaz n'est pas encore convaincu. Alors il lui dit encore ceci, demande en signe à l'Eternel ton Dieu, un signe qui l'aide à croire cela, croire cette promesse qu'il ne lui arrivera rien, que ce deux rois ne sont que des tisons fumants, mais sans plus. Et Achaz ne demande pas cela, il pense que c'est tenter Dieu que de demander un signe, je ne demanderai rien, je ne tenterai pas l'Eternel. Il n'a pas encore une confiance absolue en Dieu, si Dieu lui-même lui dit de demander un signe, alors il peut le faire, ce n'est pas tenter Dieu. Et Dieu cette fois lui dit, si non seulement tu excède les hommes, mais si tu excèdes Dieu, le Seigneur lui-même vous donnera un signe. Voici, la vierge, ou la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel. Dieu donne un signe à Achaz. Et Esaïe continue, avant qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien, le pays dont tu crains les deux rois sera abandonné. Un signe de la part de Dieu pour aider ce pauvre Achaz à croire aux promesses de Dieu. Ne sommes-nous pas souvent aussi comme Achaz? Dieu nous a fait des tas de promesses, et pourtant nous doutons encore. Alors il a donné un signe, Emmanuel, Dieu avec nous, Jésus-Christ. Voilà le signe qui nous aide à croire aux promesses et à la parole de Dieu. Emmanuel, Dieu avec nous en Jésus-Christ. Tenez  bon, tenez la corde que Dieu a lancée. Si  vous ne croyez pas, vous  ne subsisterez pas, mais si vous croyez, vous  subsisterez. Dieu  est avec nous, pour confirmer l'intention de Dieu de protéger son peuple. Dieu a donné un signe au pays de Juda, garant  de son aide, et  il nous a donné à nous le plus grand signe qui soit, Jésus,  Emmanuel,  Dieu  avec nous. Ce  matin,  quand  nous sommes venus pour ce  culte,  nous avions peut  être de  grands  problèmes,  des  choses  qui nous chicanaient, nous  faisaient peur, mais Dieu nous dit à nous tous ce matin,  soyez  tranquille, ne  craignez rien, croyez  et vous subsisterez, croyez  en moi, en  mon amour, mon pardon, ma force, ma puissance,  et  ne regardez pas à ces problèmes,  ces  tisons enflammés, ils  s'éteindront bientôt, tenez  bon et vous tiendrez bon. La corde est là, la miséricorde, tenez bon, et vous tiendrez bon, ou comme traduit Chouraqui, adhérez, et vous aurez de l'adhérence. Amen.