2 juillet 2000, Esaïe 7/1-16
Chers
frères et sœurs,
Dans
la vie, on peut se trouver dans une situation difficile. Comme le jeune roi
Achaz de Juda. Le
texte de la prédication de ce matin parle d'une situation difficile. Une des
grandes puissances de l'époque, l'Assyrie,
voulait dominer la région, et exigeait de lourds tributs à payer. Mais alors
que ce pays en expansion se battait au Nord contre les Mèdes et le
royaume d'Arménie, la Syrie
et Israël voulaient profiter de ce moment pour faire une coalition
contre l'Assyrie, et pour ce faire,
ils voulaient aussi entraîner le
royaume de Juda, dont Jérusalem était la capitale, et sur lequel régnait un jeune
roi d'une vingtaine d'année, Achaz, dans
cette coalition. Et ils menaçaient
même le royaume de Juda. Si vous
n'adhérez pas de plein gré à notre coalition, nous vous forcerons à vous
allier à nous. Juda et
ses montagnes était un point important pour la défense de cette coalition. Un choix
difficile pour Achaz. S'il choisissait de s'allier à la coalition, il risquait
d'être battu par la grande puissance
de l'Assyrie. Au
contraire, s'il
s'alliait avec l'Assyrie,
il prenait l'obligation de payer de
lourds tributs, et il risquait en même temps la colère de la Syrie et d'Israël.
Que faire? Achaz était
agité, il est dit au verset, quand il apprit que les Syriens étaient campés
près d'Ephraïm, son coeur et
celui de son peuple furent agités comme les arbres de la forêt sont agités
par le vent. Ceux qui n'ont jamais connu de grandes difficultés, de problèmes,
ne savent pas ce que cela veut dire, avoir le coeur
agité. Mais ceux qui ont connu des
moments difficiles, des épreuves ou autres choses, savent bien ce que cela veut
dire, avoir le coeur agité, quand on
ne peut plus dormir, ou pas bien,
quand les jours deviennent lourds,
les moindres efforts très pesants,
on n'a plus la force de résister à la peur, la résignation, quand tout semble noir, sans issue. Que faire?
Que peut on faire dans ce
cas? On peut essayer de suivre le conseil d'experts,
en politique, stratégie, des
médecins, psychologues, mais il
y a des moments où cela ne suffit pas, où ces gens, malgré
leur bonne volonté, ne trouvent
pas de vraie solution. Et c'est le
moment ou jamais de nous rappeler que nous avons un Dieu qui nous aime, qui aimerait
nous parler, et nous aider. Achaz ne
s'est pas rappelé de cela, il n'a pas parlé à un prêtre, à un
prophète, c'est Dieu lui
même qui a
pris l'initiative, car il
s'agissait de son peuple,
et Dieu
n'abandonne jamais son peuple, ses enfants.
C'est déjà tout un message, Dieu n'abandonne
jamais ses
enfants. Il est simplement dit, l'Eternel
dit à Esaïe: Va à la rencontre d'Achaz, et dis lui, sois tranquille,
ne crains rien, et que ton coeur ne
s'alarme pas devant ces deux bouts de tison fumants, devant la colère de la Syrie et d'Ephraïm, ainsi parle
le Seigneur l'Eternel, cela n'arrivera pas, cela n'aura pas lieu. Il fait bon
dans une
situation désespérée entendre
un tel message,
sois tranquille, ne crains rien,
le désastre n'aura lieu. Il fait
bon, encore faut il des prophètes comme Esaïe qui entendent la voix
de Dieu. Combien y a t il de prophètes
parmi nous, des gens qui
parlent avec Dieu et avec qui Dieu parlent? Ils sont rares, mais ils
sont plus nécessaires que jamais. Vous pensez peut être,
ce n'est pas mon affaire, je ne
suis pas
prophète. J'ai déjà assez de mal
à croire pour moi même, je ne
peux pas encore aider les autres.
Mais Jésus n'a t il pas dit d'aimer Dieu et son prochain? Alors comment pouvons nous penser que cela ne nous regarde
pas? Et puis nous avons la promesse biblique, dans les
dernier temps dit le prophète
Joël, Je répandrai
de mon Esprit sur toute chair, vos fils
et vos filles prophétiseront, et vos
vieillards auront des songes. Depuis la
Pentecôte, cette promesse est
accomplie. Ou ne croyons nous plus aux promesses de la bible?
Dieu
aujourd'hui, cherche des jeunes et des moins jeunes
qui écoutent la voix de
Dieu, pour annoncer la paix dans un monde en guerre, la
réconciliation dans un monde plein
d'incompréhensions, le
pardon dans un
monde déchiré par la haine ou l'indifférence. Et
je suis le premier visé, je
dois me demander, est ce que
Dieu me parle, est ce que je l'écoute,
ou est ce que je fais simplement mon travail? Des armées tout autour
de Juda,
mais il aura fallu d'un seul
prophète qui
a écouté la voix de Dieu pour épargner ce petit pays, qui est resté
indépendant encore un
siècle et demi plus
longtemps que
le royaume du Nord
d'Israël qui
voulait pousser Juda dans
la coalition. Un seul prophète qui était fidèle à Dieu, et cela fut une bénédiction
pour tout un pays. Encore faut
il écouter les prophètes de Dieu, car
déjà en ce temps là, on n'aimait
pas tellement les prophètes, les rois et les prêtres du temple ne les
appréciaient guère, on les
mettait en prison, on les tuait, on
les faisait taire, les prophètes
qui parlaient au nom de Dieu et mettaient le doigt sur l'infidélité des gens
face à Dieu. Esaïe a reçu un message de Dieu pour le roi et le peuple de Juda, un message
d'espérance en face de l'adversité. Cela
n'arrivera, il ajoute une seule
chose, importante, essentielle,
si vous
ne croyez pas, vous ne subsisterez pas.
Une
phrase toute
simple, très
courte, mais
qui dit l'essentiel, si
vous ne croyez pas, vous
ne subsisterez pas.
Autrement dit, si vous croyez, vous subsisterez. Il ne suffit pas de croire en
l'existence de Dieu, de promesses,
il faut croire qu'elles sont
vraies, qu'elles me
concernent. Croire dans la bible ne signifie pas simplement tenir pour vrai que
Dieu existe, que Jésus existe,
croire c'est beaucoup plus, c'est tenir ferme, avoir confiance en Dieu, être
sûr de son aide, son
pardon. On peut traduire
la phrase, si vous ne croyez
pas, vous ne subsisterez pas, par,
si vous ne tenez pas bon, vous ne
tiendrez pas. Tenez bon en Dieu,
faites-lui confiance, saisissez la corde qu'il vous lance, vous savez ce que
c'est la miséricorde, c'est la corde de Dieu qui nous sort de la misère. Dieu
avait envoyé Esaïe et son fils, la corde de l'espérance, la corde de la non résignation,
la corde de la foi. Sois tranquille, ne crains rien, c'est ce que Dieu dit.
Achaz craignait ces deux rois, le roi de Syrie et le roi d'Israël, il faut se
rappeler qu'à cette époque il y a deux royaumes, le royaume de Juda et le
royaume d'Israël. Esaïe parle même à Achaz, en parlant de la colère de ces
deux rois, de bouts de tisons fumants. Autrement dit, ils sont en colère, mais
ils ne font que fumer, ils ne vous détruiront pas. La miséricorde, la corde de
Dieu, sois tranquille, ne crains rien. Dieu dit fait dire cela, il lance la
corde, une corde solide, qui peut tirer des tonnes. Mais il ajoute, si vous ne
croyez pas, vous ne subsisterez pas. C'est à Achaz et à son peuple de
s'accrocher à cette corde, cette parole. C'est Dieu qui tire la corde, mais les
gens doivent s'accrocher à la corde. Simplement la tenir fermement, mettre son
poids, sa vie, faire confiance, comme lorsqu'un hélicoptère emporte un
alpiniste blessé, qui était fixé avec sa corde au rocher. Il faut faire
confiance à la manœuvre, mettre tout son poids dans la corde qui est suspendue
à l'hélicoptère, on ne peut pas rester accroché encore un petit peu à la
paroi du rocher. Un petit nœud, car ce petit nœud, cette fixation au rocher
peut faire casser la corde. Il faut choisir où on veut mettre sa confiance, où
il faut s'accrocher. Aux menaces du roi de Syrie et d'Israël, leurs paroles qui
sont des paroles humaines, ou aux paroles de Dieu. On ne peut s'accrocher à la
corde de l'hélicoptère et à la paroi en même temps. On ne peut servir Dieu
et Mammon, car sinon on se fait mal, très mal. Il y a des problèmes, cela
coince, et va de mal en pis. Dieu a lancé sa corde, sa parole, il a trouvé un
prophète et son fils pour la transmettre, il cherche parmi vous des personnes
qui veulent bien transmettre son message, dire aux gens de s'accrocher à la
corde. C'est Dieu qui tient la corde, qui la monte, mais il cherche des
personnes pour dire aux gens en difficulté de la saisir, et de lâcher leurs
appuis sur le rocher. Si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas. Même si
la corde est solide, si Dieu peut tirer des tonnes, il faut que les gens
prennent et saisissent la corde. Il faut la foi, la confiance en Dieu pour lâcher
tout le reste. Ce n'est pas évident, et Dieu le sait. Il voit que Achaz n'est
pas encore convaincu. Alors il lui dit encore ceci, demande en signe à l'Eternel
ton Dieu, un signe qui l'aide à croire cela, croire cette promesse qu'il ne lui
arrivera rien, que ce deux rois ne sont que des tisons fumants, mais sans plus.
Et Achaz ne demande pas cela, il pense que c'est tenter Dieu que de demander un
signe, je ne demanderai rien, je ne tenterai pas l'Eternel. Il n'a pas encore
une confiance absolue en Dieu, si Dieu lui-même lui dit de demander un signe,
alors il peut le faire, ce n'est pas tenter Dieu. Et Dieu cette fois lui dit, si
non seulement tu excède les hommes, mais si tu excèdes Dieu, le Seigneur lui-même
vous donnera un signe. Voici, la vierge, ou la jeune fille deviendra enceinte,
elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel. Dieu donne un
signe à Achaz. Et Esaïe continue, avant qu'il sache rejeter le mal et choisir
le bien, le pays dont tu crains les deux rois sera abandonné. Un signe de la
part de Dieu pour aider ce pauvre Achaz à croire aux promesses de Dieu. Ne
sommes-nous pas souvent aussi comme Achaz? Dieu nous a fait des tas de
promesses, et pourtant nous doutons encore. Alors il a donné un signe,
Emmanuel, Dieu avec nous, Jésus-Christ. Voilà le signe qui nous aide à croire
aux promesses et à la parole de Dieu. Emmanuel, Dieu avec nous en Jésus-Christ.
Tenez bon, tenez la corde que Dieu
a lancée. Si vous ne croyez pas,
vous ne subsisterez pas, mais si
vous croyez, vous subsisterez. Dieu
est avec nous, pour confirmer l'intention de Dieu de protéger son
peuple. Dieu a donné un signe au pays de Juda, garant
de son aide, et il nous a
donné à nous le plus grand signe qui soit, Jésus,
Emmanuel, Dieu
avec nous. Ce matin,
quand nous sommes venus pour
ce culte,
nous avions peut être de
grands problèmes,
des choses
qui nous chicanaient, nous faisaient
peur, mais Dieu nous dit à nous tous ce matin,
soyez tranquille, ne craignez rien, croyez et
vous subsisterez, croyez en moi, en
mon amour, mon pardon, ma force, ma puissance,
et ne regardez pas à ces problèmes,
ces tisons enflammés, ils
s'éteindront bientôt, tenez bon
et vous tiendrez bon. La corde est là, la miséricorde, tenez bon, et vous
tiendrez bon, ou comme traduit Chouraqui, adhérez, et vous aurez de l'adhérence.
Amen.