Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

25 juin 2000, Exode 32/7-14: 

Chers  frères et soeurs,

Vous est il déjà arriver de vous mettre en colère, et  dans la colère, d'avoir  dépassé la mesure, d'être  un peu emporté par la colère. Quand  nos enfants font quelque chose de mal,  on est tenté de les gronder dans la colère, au lieu de les  punir pour leur apprendre quelque chose, quelque chose  de positif, de  les  punir  pour leur bien. Je  ne réfléchis pas  à chaque fois, comment  je pourrais les punir pour que cela soit le plus favorable pour leur éducation, je me laisse parfois emporter par la colère, ce que je regrette par la suite, et il m'arrive de leur demander pardon pour cela.

Le texte  de  la  prédication de ce matin  parle  aussi  de colère, c'est  l'histoire  du  veau  d'or  fait  par  le  peuple d'Israël, de la colère de Dieu et de l'intercession de Moïse.

On a  de  la  peine à comprendre ce passage.  On a  presque l'impression que Dieu a une attitude humaine dans cette histoire et Moïse une attitude divine, Dieu est déçu et se met en colère à cause de la trahison de son peuple. Sa réaction semble démesurée, vouloir consumer  tout le peuple, on  a l'impression qu'elle est dictée par les sentiments de colère, l'emportement.  La  réaction de Moïse paraît plus sympathique, plus  évangélique. Se  repentir de faire de mal, donc pardonner, être miséricordieux. Il ne pense pas à  lui, ses  avantages, mais  pour son peuple. Et  puis on a surtout de  la peine à comprendre le verset 14, et  l'Eternel se repentit du  mal qu'il avait déclaré vouloir faire à son peuple. Si Moïse avait demandé à Dieu de tuer son peuple, et que Dieu lui aie dit  dès le début non, je  leur pardonne, je  leur donne  ma miséricorde, on  aurait compris, on  aurait dit, Dieu est le Dieu de l'amour, du  pardon. Et  puis inversement, si  Dieu ne s'était pas repentit  de son intention de détruire le peuple, on  aurait dit Dieu est saint, le  peuple s'est détourné de lui, a adoré une idole un veau d'or, c'est le jugement de Dieu. On aurait aussi pu comprendre le texte. Mais  dans ce texte, on  a l'impression que Dieu change  d'avis, à  cause d'un homme, et  on a de la peine à comprendre. D'ailleurs  il est dit dans Nombres 23/19: Dieu n'est point un fils de l'homme pour se repentir, ce  qu'il a dit, ne le fera t-il pas? Cela  montre que Dieu est différent de l'image que nous nous  faisons de lui. Nous  pensons Dieu doit faire ceci ou cela, nous  nous  faisons  une  image  de  Dieu,  mais  Dieu  ne correspond pas à l'image que nous nous faisons de lui. C'est  un des dix commandements, tu  ne te feras point d'image de Dieu. Si Dieu dans ce texte ne correspond pas à notre image, alors  il ne faut ni changer le texte, ni  vouloir changer Dieu, ou  déplorer son attitude, il  nous faut changer l'image que nous nous étions fait de lui. Ici,  on  ne peut mettre Dieu dans une case, dans un tiroir, la case du Dieu pardon, qui pardonne tout et toujours, ni dans la  case du Dieu de colère et de vengeance. Dieu  n'est  ni l'un ni l'autre. C'est toujours dangereux de se faire une image, de dire Dieu est comme ceci ou comme cela. Dieu ne correspond pas à notre image, nous ne devons pas façonner Dieu selon nos images, nos idées, nos  représentations, mais découvrir Dieu comme il est dans sa parole, comment  il a agit dans l'histoire. Et si je dois changer cette image de Dieu en lisant un texte,  eh bien changeons cette fausse image. C'est  le contraire de la foi, se  faire une image et ensuite la garder toute sa vie, envers  et contre  tout, surtout envers  la  parole de Dieu. On  peut aussi se faire  une image de la vie de foi, du  culte, de  la paroisse, de  l'Eglise. Cela doit  être comme ceci. Et  si on se bat pour son image,  ce n'est pas bien. Mais si ensemble on se laisse dévoiler par Dieu la vraie image de ceci ou cela, on pourra avancer. Le thème de ce texte, c'est la prière, l'intercession, et les conséquences de la prière. Dieu agit ici en fonction de la prière de Moïse. Il réagit, peut-être en nous étonnant, mais il agit. C'est toute la question de la toute-puissance de Dieu et de conséquences aux prières des humains. Dieu agit en fonction de nos prières, de nos demandes. Heureusement, sinon il ne servirait à rien de prier. Puisque Dieu sait tout d'avance, il connaît nos besoins, vous êtes d'accord, il est bon et juste, à quoi bon prier, Dieu fera de toute façon ce qui est juste. On pourrait penser ainsi. Dieu sait ce que je pense, comment ce vis, comment je crois, il connaît ma situation, je dois simplement accepter la vie et les circonstances. Ce texte nous montre que non, dans la relation à Dieu, Dieu nous invite à prier, intercéder. Ce texte est un texte qui nous encourage à prier, puisque la prière a des conséquences. Dieu aurait pu rendre la prière inutile, mais il ne l'a pas voulu. Il aime répondre aux prières de ses enfants. Agir. Agir avec miséricorde. Car ici il agit avec miséricorde. Le peuple aurait mérité le jugement de Dieu, Dieu l'avait sauvé hors d'Egypte, délivré, fait des miracles inouïs, et simplement parce que Moïse se fait absenter, ils font un veau d'or. Nous avons peut-être de la peine à comprendre, nous savons qu'un veau d'or ne remplace pas Dieu, mais ne sommes-nous pas en danger d'agir un peu dans la même direction. Le peuple s'attendait au retour de Moïse, l'envoyé de Dieu, et comme il ne retourne pas dans les délais prévus, ils essaient de s'accrocher à de l'or. Nous ne faisons sans doute pas de veau d'or, mais nous nous accrochons peut-être, je ne sais, à notre argent, notre situation, notre famille, la société, le médecin, notre profession, notre bons sens, notre sens de la justice, notre honorabilité ou que sais-je. Le peuple était peut-être déçu de Moïse, et il s'éloigne de Dieu, comme aujourd'hui certaines personnes abandonnent la foi parce qu'elles sont déçues par des chrétiens. Il se dit chrétien, mais voyez ce qu'il fait dans son entreprise, dans sa famille, ou bien j'attendais sa visite, il n'est pas venu. La déception, et on se détourne de Dieu pour se tourner vers un veau d'or. Ce qui étonne encore dans le texte, c'est que Aaron, un prêtre, lorsque le peuple demande cela, il ne les avertit pas, mais il donne encore des instructions sur la marche à suivre pour faire ce veau. Je ne sais pas s'il n'avait rien compris, ou peur du peuple, ou s'il voulait se faire bien voir, en tous cas, cela étonne. Mais cela se reproduira malheureusement souvent dans l'histoire des églises. Que des responsables, par peur, crainte, ou pour faire plaisir aux gens, non seulement ne dénoncent pas l'idolâtrie, l'attachement à autre chose que Dieu seul, mais encore donnent des instructions et disent comment faire. Tout au contraire de Moïse, qui a une attitude exemplaire, je l'ai dit, on pourrait penser qu'il prend la place de Dieu. Car Dieu dit à Moïse que le peuple s'est écarté de la voie qu'il leur a prescrite, qu'ils ont fait un veau d'or, et qu'il va les consumer. Et il dit à Moïse, mais je ferai de toi une grande nation. Moïse aurait pu être flatté de cela, oui, le peuple a désobéi, mais moi je me suis bien conduit, Dieu m'a choisi, pour faire de moi une grande nation, je suis un nouvel Abraham. Il aurait pu penser cela. Mais Moïse ne pense pas un instant à cela, il ne pense pas à lui, ni à la louange que Dieu lui fait, il pense au peuple, il est dit qu'il a imploré l'Eternel. Il se solidarise à fond avec le peuple. Et il intercède pour ce peuple. Il essaie presque de marchander avec Dieu, en tous cas d'argumenter, comme pour faire entendre raison à Dieu, lui montrer qu'il se trompe. Il lui rappelle qu'il a fait sortir ce peuple, par sa main puissance, et il dit, pourquoi les Egyptiens diraient-ils: C'est pour leur malheur qu'il les a fait sortir, c'est pour les tuer dans les montagnes, et pour les exterminer de dessus la terre ? Reviens de l'ardeur de ta colère, et repens-toi du mal que tu veux faire à ton peuple. Souviens-toi d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, tes serviteurs, auxquels tu as dit, en jurant par toi-même: Je multiplierai votre postérité comme les étoiles du ciel, je donnerai à vos descendants tout ce pays dont j'ai parlé, et ils le posséderont à jamais. D'une part Moïse veut montrer à Dieu que cela n'aurait pas de sens, faire sortir ce peuple à coups de miracles, pour le faire tuer ensuite dans le désert, ce n'est pas logique. Et d'autre part il en appelle aux promesses de Dieu. C'est inouï, il dit à Dieu, souviens-toi de tes promesses envers Abraham, Isaac et Israël. Comme si Dieu oubliait, et que c'est à Moïse de le lui rappeler. Et que dit le texte? On pourrait s'attendre à ce que Dieu se fâche, lui dise, non, mais pour qui tu te prends. Je sais ce que j'ai à faire. Non, rien de tout cela, un verset tout simple: Et l'Éternel se repentit du mal qu'il avait déclaré vouloir faire à son peuple. Vous voyez le résultat de cette prière, imaginez ce qui se serait passé si Moïse n'avait pas intercédé? Une seule prière, une seule intercession, et tout un peuple est épargné. Dieu ne se fâche pas envers Moïse, c'est comme s'il avait attendu cela. Dieu c'est vrai est un Dieu de justice, mais encore plus un Dieu d'amour, de miséricorde. Moïse en appelle à la miséricorde de Dieu, et à ses promesses. Et Dieu se laisse comme engager sur le chemin de la miséricorde et de la promesse. Moïse n'argument pas en excusant les fautes du peuple, ou en les minimisant, ce n'est pas si grave. Non, d'ailleurs ensuite en descendant, il brisera les tables de la loi, comme pour montrer au peuple que le peuple a brisé l'alliance que Dieu a faite, s'est détourné de ses commandements pour adorer un veau d'or, et qu'en cela il manque de confiance en Dieu. Dieu se repent du mal qu'il avait déclaré vouloir faire, en raison d'un être humain qui intercède pour le peuple. Oui, Dieu nous surprendra toujours, heureusement d'ailleurs. Mais il surprend positivement, en usant de miséricorde. Dieu est prêt à user de miséricorde, à accomplir ses promesses, mais parfois il attend notre prière, une simple prière, ce n'est pas long ce que dit Moïse, mais cela a eu de l'effet. Ce n'est pas la longueur de nos prières qui est déterminante, ni le nombre de décibels que nous employons, mais ce que nous prions. Jésus dira plus tard lui-même que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, cela nous sera accordé. Et si Dieu a exaucé le vœu de Moïse, c'est que cela était selon sa volonté. Moïse a intercédé pour le peuple, il n'a pas cherché son avantage, son confort, il dira même un peu plus loin, efface-moi de ton livre que tu as écrit, si tu ne pardonnes pas leur péché. Moïse au début de son ministère se sentait incapable de parler, et maintenant il argumente avec Dieu. Il a pris sa mission à cœur, Dieu lui avait demandé de faire sortir son peuple et de le conduire au pays promis, et Moïse a tellement pris cette mission à cœur, qu'il avait reçue de Dieu, qu'il veut l'accomplir même si Dieu semble avoir un avis contraire. Moïse persévère, alors que Dieu semble abandonner. Voilà jusqu'où un homme peut aller lorsqu'il accomplit une mission reçue de Dieu. Ce texte nous encourage je crois à prier, à intercéder, pas à donner des leçons à Dieu, mais à faire appel à sa miséricorde et à ses promesses. Je crois que Dieu attend cela de nous. C'est l'audace de la foi, faire appel à Dieu, pour son peuple, faire appel à sa miséricorde, ses promesses. Dieu ne se fâche pas lorsqu'on en appelle à sa miséricorde, ses promesses, au contraire, je crois qu'il attend cela. Encore plus de notre part. Dieu aime combler ses enfants, leur montrer sa miséricorde, accomplir ses promesses, plus que des parents ne désirent combler leurs enfants. Dieu n'a pas fini de nous étonner. Amen.