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mai 2001, Genèse 25/19-34:
Chers
frères et sœurs,
Je ne sais pas si vous suiviez un peu l'actualité. Moi je m'intéresse
à ce qui se passe en Israël, parce qu'on y voit le doigt de Dieu d'une façon
particulière. On le voit aussi ailleurs, chez nous, gloire à Dieu, mais aussi
là. La violence, la mort de personnes innocentes, deux peuples qui se
combattent, deux peuples différents, même si cela ne se voit pas, puisque
Abraham, le premier juif venait de cette région, alors on ne reconnaît pas à
l'aspect physique un juif originaire d'Irak ou d'Iran ou de Hébron d'un
palestinien de Bethléem ou d'ailleurs. Ce qui m'a choqué moi,
ce sont les gens qui jubilent et distribuent des sucreries lorsqu'ils
viennent d'apprendre que l'attentat suicide a causé des morts en Israël. Cela
ne signifie pas que j'approuve forcément la riposte israélienne, mais jubiler
lorsque des civils sont tués, je ne comprends pas. Comme si la vie d'un israélien
avait moins de valeur que celle d'un palestinien ou de toute autre personne.
Deux peuples, même plus, qui vivent
côte à côte, et face à face, et qui sont tout de même différents. Lorsque
j'étais au Liban, et que nous avons rencontré le chef politique du Hezbollah,
il nous a dit que c'était dans la nature des juifs de dominer les autres. Je
lui demandé alors qu'elle était la différence entre les juifs et les Israéliens,
mais je n'ai pas osé lui dire que dans Genèse 25, au verset 23 il est écrit: Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples se sépareront au sortir
de tes entrailles; un de ces peuples sera plus fort que l'autre, et le plus
grand sera assujetti au plus petit. Israël est beaucoup plus petit que les pays
arabes, moins nombreux aussi, et pourtant Israël domine économiquement et
militairement ses voisins, si on ne tient pas compte des pays arabes riches
uniquement à cause du pétrole. Israël est le peuple élu de Dieu, et cela
beaucoup ne le comprennent pas, y compris beaucoup d'arabes. Et c'est vrai que
lorsqu'on lit certains passages de la bible, on a au premier abord un peu de la
peine à comprendre, lorsque dans Malachie 1 Dieu dit, j'ai aimé Jacob, et j'ai
eu de la haine pour Esaü, un texte que Paul reprendra dans Romains 9: J'ai aimé
Jacob, et j'ai haï Esaü. Et Paul pose la question: Que dirons-nous donc ? Y
a-t-il en Dieu de l'injustice? Nous pouvons nous poser cette question. Que
signifie cela, ces choix de Dieu ? Qui aime Jacob et haï Esaü, qui choisit un
peuple et donc qui ne choisit pas les autres ? Comment comprendre cela ? J'ai
regardé un commentaire juif, et il est dit, à propos des deux nations, deux
jumeaux, que les deux enfant sont le symbole de l'éternel conflit entre la loi
divine et la force brutale, que la lutte reprend à chaque génération et détermine
le cours de l'histoire. L'issue reste incertaine pendant de long siècles, mais
il adviendra que le plus fort rendra hommage au plus faible. Lorsqu'un s'élèvera,
l'autre tombera. L'un produira Salomon, le constructeur du temple, l'autre
donnera naissance à Vespasien, son destructeur. Jacob formera des prophètes,
Esaü des Seigneurs. Le nom d'Esaü et donc d'Edom sera assimilé à Rome, selon
Genèse 27/39, et plus tard le monde chrétien et surtout l'antisémitisme
d'origine chrétienne, l'antagonisme Jérusalem-Rome deviendra pour les juifs
l'antagonisme des mondes juifs et chrétiens. Et c'est vrai que malheureusement,
même si les Juifs ont aussi été persécutés par les musulmans, et continuent
de l'être, les juifs qui habitent en Syrie ou d'autres pays arabes n'ont pas la
vie facile, sans parler de ceux qui se font tuer en Israël, c'est vrai que les
plus grands massacres de juifs ont eu lieu dans des pays à tradition chrétienne.
Je trouve cette interprétation intéressante et significative, même si ce
n'est pas la seule. Il y a d'autres éléments dans ces textes. On voit d'abord
que Rebecca était stérile. Souvent lorsqu'une femme dans la bible est stérile,
et que par l'intervention de Dieu elle donne naissance à un enfant, ce sont des
personnes choisies particulièrement de Dieu. Déjà Sara était stérile et
avancée en âge, la femme d'Abraham, premier juif, et Dieu a suscité une
descendance. Samuel, la même chose, et Jean-Baptiste. C'est souvent un signe
que Dieu construit et prépare quelque chose, Dieu est au travail. Et le plus
grand de ces signes, ce sera la naissance de Jésus lui-même, miracle encore
plus grand que toutes ces autres naissances, puisque Marie devient enceinte par
le St-Esprit. Mais la question reste, ce choix, cette élection. D'abord,
cela montre que Dieu ne fait pas l'histoire avec des hommes comme avec des
chablons, tous les mêmes et tous la même tâche. Non, Dieu a de l'imagination,
il choisit des personnes pour une tâche particulière, précise, des personnes
et un peuple, le peuple juif, pour transmettre la loi, il a choisi un peuple,
pas parce qu'il est meilleur, au contraire, il a choisi un nomade, du fin fond
du désert ou des pâturages, Ur en Chaldée, aujourd'hui c'est le Koweït ou
l'Iraq, quelqu'un qui avait des bêtes, beaucoup, c'est vrai, mais sans plus, ni
un roi, un prince, ni un blanc, non, quelqu'un de la-bas, au carrefour de l'Asie
et l'Afrique et de l'Europe, comme pour montrer que Jésus sera là pour tous.
Ceux que Dieu choisit pour une tâche particulière ne sont pas meilleurs que
d'autres, mais en entrant dans le plan de Dieu, ils deviennent une bénédiction
pour beaucoup, et ceux qui s'opposent à leur message s'opposent à Dieu lui-même.
Paul reprend ce choix de Dieu dans son épître aux Romains, en posant la
question de l'injustice de Dieu. Et que répond-il ? Il dit non, loin de là.
Autrement dit, pas du tout, mais cela ne vous satisfait pas, ou bien, alors Paul
explique sa réponse, en trois phases, cela montre que la réponse n'est pas si
simple. Dans la première phase, Paul dit que Dieu est souverain, qu'il peut
faire ce qu'il veut, qu'il n'a pas de comptes à rendre à l'homme. Je ferai miséricorde
à qui je fais miséricorde et j'aurai compassion de qui j'ai compassion. Et
Paul évoque Pharaon, auquel Dieu endurci le cœur, et par cela permet au peuple
juif de quitter l'Egypte, par son obstination et refus d'obéir à Dieu. Dieu
fait miséricorde à qui il veut et il endurcit qui il veut. Mais alors on
pourrait se dire, si Dieu endurcit le cœur de Pharaon, Pharaon n'en peut rien ?
Paul lui qui a écrit cela, a été inspiré par le St-Esprit, mais il aussi réfléchi,
et il cite cet argument que nous pouvons avoir, si Dieu choisit, fait miséricorde
à qui il veut et endurcit qui il veut, pourquoi blâmer encore, pourquoi le
jugement à la fin de tout ? Et Paul répond aussi à cette 2e
objection, mais tout différemment cette fois, il ne répond pas avec des
arguments, comme auparavant, il dit simplement que l'homme n'est pas compétent
pour juger cela: O homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Le
vase d'argile dira-t-il à celui qui l'a formé: Pourquoi m 'as-tu fait ainsi ?
Le potier n'est-il pas maître de l'argile, pour faire avec la même masse un
vase d'honneur et un vase d'un usage vil ? Il compare la relation de l'homme à
Dieu avec la relation entre l'argile et le potier. En d'autres termes, si on
accuse Dieu, on met Dieu à son niveau, voire plus bas que soi, c'est comme si
l'argile demandait des comptes au potier. Paul dit que cela ne va pas, nous ne
sommes pas compétents pour juger Dieu. Adam déjà voulait devenir comme Dieu,
se mettre à son niveau, et cela l'a abaissé, fait chuter. Dans le récit de la
tour de Babel, les humains veulent s'élever jusque vers le ciel, vers Dieu,
changer ses plans, mais cela ne va pas. Aujourd'hui encore, les hommes veulent
s'élever à la hauteur de Dieu, voire plus haut, le juger, dire ce qui est bien
ou mal dans sa parole, tout organiser, planifier, faire. Mais cela ne va pas,
dit Paul, Dieu est Dieu est l'homme est homme. Même si effectivement Dieu est
descendu à notre niveau est venu sur la terre en Jésus-Christ. Mais il reste
Dieu, que cela nous plaise ou non, c'est ainsi. Si nous accusons Dieu, nous
inversons les rôles, on peut vouloir le faire, mais à la fin, c'est quand même
Dieu qui nous jugera, avec son code juridique, et pas le nôtre, même si nous
trouvons le nôtre beaucoup mieux que celui de Dieu, et si nous sommes aussi
orgueilleux de penser que notre sens de la justice est plus aiguisé que celui
de Dieu. Il y a beaucoup de gens qui ne croient pas ou pas avec force et
conviction, parce qu'il jugent Dieu selon leurs pensées, en regardant ce qui se
passe dans le monde ou chez les chrétiens. Mais si Dieu est juste, ou bon, ou
existe, il ne ferait pas ceci et cela, et puis les chrétiens ne sont pas
meilleurs que les autres, et puis ceci ou cela. Vous n'avez jamais entendu de
tels arguments. On se met à juger Dieu, ce qu'il fait ou ne fait pas, du haut
de notre 1 m 93, pour d'autres un peu plus, pour d'autres un peu moins. Mais
c'est l'orgueil humain, un péché issu de la chute, vouloir nous instituer en
tant que juge. Jésus dit, ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés.
Ce n'est bien de prendre le rôle de Dieu, parce que c'est son rôle de juger,
et pas le nôtre, même si cela ne nous plaît pas. Il est le plus fort, c'est
lui qui nous jugera. Nous essayons souvent de nous justifier et d'accuser les
autres ou Dieu. Ce n'est pas la bonne solution. Dieu est libre et souverain.
Mais cela pourrait nous faire peur, savoir que Dieu est plus grand que nous, que
nous sommes limités, et lui pas. Oui, cela pourrait nous faire peur, si Dieu était
arbitraire, despotique, tyrannique dans ses décisions. Mais ce que Dieu fait
avec les hommes dans l'histoire n'est pas du au hasard, mais Dieu a un but, son
action est dirigée par quelque chose, c'est l'amour ou la miséricorde, comme
indiqué au verset 16: Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de
celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. Et au verset 23: il a voulu
faire connaître la richesse de sa gloire envers des vases de miséricorde qu'il
a d'avance préparés pour la gloire. Dieu a voulu cela, il a un plan de salut
pour chacun, le monde entier, tous les peuples. C'est vrai qu'il a choisi
Abraham, Isaac, Jacob, mais dans le but de transmettre sa volonté, pour ensuite
nous appeler: Ainsi il nous a appelés, non seulement d'entre les Juifs, mais
encore d'entre les païens, selon qu'il le dit dans Osée: J'appellerai mon
peuple celui qui n'était pas mon peuple, et bien-aimée celle qui n'était pas
la bien-aimée; et là où on leur disait: Vous n'êtes pas mon peuple! ils
seront appelés fils du Dieu vivant. Le choix de Dieu n'est donc pas un choix
qui rejette pour toujours des personnes ou des peuples, non, simplement Dieu a
son plan et des temps et sa façon de faire, mais il désire que chacun
parvienne à la connaissance du salut, et il y a dans la bible des promesses
pour le peuple d'Israël, qui restent et qui se réalisent et se réaliseront,
mais aussi pour les autres peuples autour d'Israël et tous les peuples de la
terre. Dieu a promis à Abraham: toutes les nations de la terre seront bénies
en ta postérité, cela inclut le peuple suisse, palestinien, et chacun. Dieu
nous appelle à entrer dans son plan , accomplir sa tâche qu'il a choisie, qui
n'est pas la même pour chacun, mais chacun a une tâche, une mission, Dieu
n'exclut pas. Il choisit, c'est vrai, pour son plan, mais il est dit que Dieu ne
rejette personne qui vient à lui, qui répond à son appel. Il nous appelle à
lui faire confiance, lorsqu'il nous appelle, lui dire, je viens, je te demande
pardon pour mes fautes, toutes les fois où tu m'as appelé et que je ne suis
pas venu. Il nous appelle pour nous former, faire de nous un vase d'honneur. On
peut c'est vrai lui résister, ne
pas répondre à cet appel d'amour, mais répondre à d'autres appels, comme Esaü
qui a vendu son droit d'aînesse pour un plan de lentilles, Pharaon qui a répondu
à l'appel du pouvoir, de celui qui s'oppose à Dieu. C'est vrai que Dieu a
endurci son cœur, mais je suis sûr qu'il avait la possibilité de l'ouvrir.
Endurcir son cœur, c'est ne pas laisser Dieu nous former comme il l'aimerait,
alors l'argile devient dur, le pot se casse. Mais Dieu peut remettre cet argile
dans son four, si nous le voulons, où nous sommes purifiés, et une fois purifiés
de nos souillures, péchés, il peut recommencer de nous former, de faire un
vase d'honneur. Dieu appelle, chacun et chacune, et si nous répondons à son
appel, nous ne serons pas confus. Dieu c'est vrai, il le dit à la fin du
chapitre 9, a mis en Sion une pierre d'achoppement, et un rocher de scandale,
d'abord par son peuple, le peuple d'Israël, ensuite par Jésus lui-même, juif,
mais qui apporte le salut au monde entier. C'est le choix de Dieu, mais si nous
croyons en lui, nous ne serons pas confus, mais nous recevons déjà sur la
terre la vie éternelle. Nous sommes limités, ne comprenons pas tout, mais ce
que nous comprenons, nous pouvons le faire, répondre à l'appel de Dieu, et
nous laisser former comme il veut selon son plan, pour devenir un vase
d'honneur, un trésor et une bénédiction pour beaucoup. Amen