28 août 2005, église évangélique de Saignelégier, quelques aspects de la vie de Gédéon
Chers frères et sœurs,
Est-ce que dans les Franches-Montagnes vous passez parfois par des
moments difficiles ? En tous ce que l’on peut dire je crois, que ce
n’est pas toujours facile. Ni pour nos vies personnelles, ni pour les églises,
notre région, notre pays. Mais
c’est justement lorsque les temps sont durs, difficiles, que Dieu prépare de
grandes bénédictions, de grandes victoires. Ce matin, j’aimerais parler un
peu de l’histoire de Gédéon. Il vivait dans un temps difficile, du point de
vue spirituel mais aussi matériel. Les Madianites et les Amalécites s’en
prennent au peuple d’Israël, et les enfants d’Israël doivent se réfugier
dans les ravins des montagnes, dans les cavernes et sur les rochers fortifiés.
Et ils emportent la récolte des enfants d’Israël. Et le texte dit que les
enfants d’Israël crièrent à l’Eternel. Quand avons-nous crié la dernière
fois à l’Eternel ? Pas prié, mais crié ? Si cela fait longtemps,
c’est que cela ne va pas si mal que cela, ou nous ne nous rendons pas compte
de la situation de notre pays. Les enfants d’Israël crient, et l’Eternel répond.
Comme il est dit au psaume 3, le verset 4 : de
ma voix je crie à l'Éternel, et il me répond de sa montagne sainte. Et au
psaume 34, le verset 6 : Quand un malheureux crie, l'Éternel entend, et il
le sauve de toutes ses détresses. L’Eternel répond, par un prophète :
l'Éternel envoya un prophète aux enfants d'Israël. Il leur dit: Ainsi parle
l'Éternel, le Dieu d'Israël: Je vous ai fait monter d'Egypte, et je vous ai
fait sortir de la maison de servitude. Je vous ai délivrés de la main des
Egyptiens et de la main de tous ceux qui vous opprimaient; je les ai chassés
devant vous, et je vous ai donné leur pays. Je vous ai dit: Je suis l'Éternel,
votre Dieu; vous ne craindrez point les dieux des Amoréens, dans le pays
desquels vous habitez. Mais vous n'avez point écouté ma voix. Dieu leur
rappelle ce qu’il a fait, Dieu les a délivrés, mais aussi ce que eux ont
fait, le peuple d’Israël, ils n’ont pas écouté la voix de l’Eternel, au
verset 1 il est précisé qu’ils ont fait ce qui déplaît à l’Eternel.
Autrement dit, ils sont loin d’être tout à fait innocents, ils sont en
partie au moins responsables de leur malheur. Nous ne sommes pas responsables de
tous les malheurs et les épreuves qui nous touchent, mais parfois nous sommes
en partie responsable par notre comportement. Bien sûr on accuse les ennemis,
les autres, mais au fond, ces peuples qui s’en prennent aux enfants d’Israël,
ce ne sont pas ennemis lointains d’Israël, au contraire, ils sont de la même
famille. Je ne vous ai pas encore posé de question, alors j’en pose une
maintenant : combien Abraham avait de fils ? Nous connaissons Isaac et
Ismaël, mais il en avait plus, au moins 8, puisqu’il est dit dans Genèse
25/1-2 : Abraham prit encore une femme, nommée Ketura. Elle lui enfanta
Zimran, Jokschan, Medan, Madian, Jischbak et Schuach. Vous ne saviez pas que
Abraham avait au moins 8 fils, moi pas non plus jusqu’à j’ai préparé
cette prédicaition. Un de ces fils est donc Madian, et les Madianites sont donc
aussi des descendants d’Abraham. Et Amalek lui est le petit-fils de Esaü (Genèse
36/12), c’est donc aussi un descendant d’Abraham, puisque Esaü est le fils
de Isaac, fils de Abraham. Le mal ne vient donc pas de très loin, de l’extérieur,
vers ces pauvres enfants d’Israël, non le mal est aussi en eux, ils ont fait
ce qui a déplu à Dieu, et dans leur propre famille, puisque ces peuples sont
des descendants d’Abraham. On ne peut pas dire que les enfants d’Israël
sont les bons, les gentils, et les autres les méchants. Non, ils sont aussi
pris par le mal, et nous sommes aussi parfois pris par le mal, en nous au autour
de nous. C’est vrai que Dieu entend les cris des malheureux qui crient à lui,
mais Dieu est aussi le Dieu de la vérité, il explique par le prophète les
raisons du malheur. Pourquoi ? Pour que le peuple comprenne et ne retombe
pas dans le malheur après la délivrance. Dieu avait déjà décidé de délivrer
son peuple, mais il aimerait que son peuple ne retombe pas tout de suite après
dans la malheur. Si Dieu parfois nous révèle et nous dévoile nos fautes, nos
erreurs, c’est pour que nous puissions recevoir le pardon, et pour que nous ne
fassions plus les mêmes erreurs qui nous entraînent dans une situation
difficile. Dieu nous révèle ce que nous faisons mal pas pour nous faire mal,
ou pour se venger parce que nous lui avons désobéi, mais parce qu’il désire
le meilleur pour nous, le pardon, et que nous retombions pas dans les mêmes
travers. Alors n’ayons pas peur de demander à Dieu de nous parler, de nous révéler
ce que nous devons changer dans notre vie, parce que cela sera bénéfique. Nous
ne pouvons rien cacher à Dieu, il sait déjà tout, mais nous pouvons nous
enfermer dans notre situation. Dieu c’est vrai avait promis la bénédiction
à la descendance d’Abraham, mais une bénédiction ne s’impose pas, elle
s’offre. Les Madianites, les Amalécites, étant aussi descendants
d’Abraham, ils auraient aussi du hériter de la promesse, mais en s’opposant
à Dieu et à son peuple, ils se sont écartés de la bénédiction. Mais la bénédiction
reste pour tous ces peuples, donc les Palestiniens, les Arabes, qui sont
descendants ou parents d’Abraham, et tous les peuples de la terre. Prions pour
qu’ils comprennent cela, qu’ils ne sont pas de moindre valeur que les juifs
ou les chrétiens, mais aimés de Dieu. Ce n’est pas parce que Dieu a choisi
le peuple juif qu’il a rejeté les autres peuples, non, les autres peuples
font partie du plan de bénédiction de Dieu pour le monde entier. Simplement
cela dépend de nous si nous recevons la bénédiction ou la malédiction, Dieu
avait dit à Abraham : Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai
ceux qui te maudiront; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi.
Dieu n’impose pas sa bénédiction, il nous l’offre. Les enfants d’Israël
étaient donc dans le malheur, ils ont crié à Dieu, et Dieu les a entendus, il
leur a parlé par un prophète, leur a rappelé leur responsabilité, mais après
cela il envoie un ange vers Gédéon. Et une discussion s’engage entre
l’ange et Gédéon. Dieu avait rappelé aux enfants d’Israël leur délivrance
par sa main puissante, je vous ai délivrés, pour les encourager, leur faire
comprendre que ce même Dieu qui les avait délivrés jadis désirait les délivrer
maintenant. Mais maintenant c’est à Gédéon et à ses amis de reprendre le
flambeau. Il ne suffit pas de savoir que d’autres ont été délivrés pour être
soi-même délivré. Dieu envoie donc un ange vers Gédéon. Pourquoi Gédéon ?
est-ce qu’il est grand, beau fort, courageux et riche ? Juste le
contraire, sa famille est la plus pauvre en Manassé, et lui est le plus petit
dans la maison de son père (Juges 6/15). Et il bat le froment dans le pressoir,
et non à l’extérieur, par peur des Madianites. Autrement dit Dieu
s’adresse à un petit paysan pauvre caché dans un trou pour sauver son
peuple. Autrement dit, personne ne peut dire je suis trop minable pour être
employé par Dieu. Si je me sens faible, alors c’est bon signe, c’est tout
bon : Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes
(1 Corinthiens 1/27). Gédéon est tout l’inverse d’un vaillant héros,
pourtant c’est ce que l’ange lui dit : L’Eternel est avec toi,
vaillant héros. Et l’Eternel vous dit la même chose ce matin, à chacun et
chacune, indépendamment de ce que vous pensez ou ressentez : L’Eternel
est avec toi, vaillant héros. Gédéon lui a plutôt l’impression que Dieu
n’est pas avec lui, il a plutôt le sentiment d’être un minable, ou pas à
la hauteur. C’est pourquoi l’appel de Dieu peut ressembler à une blague.
Mais ce n’est pas une blague, parce que Gédéon sera un vaillant héros, il
le deviendra, parce que Dieu lui a dit qu’il en était un. Gédéon le
deviendra parce qu’il a écouté, c’est vrai il a discuté, il a pinaillé,
il a douté, mais il s’est quand même laissé convaincre progressivement.
L’Eternel est avec toi, vaillant héros.
Gédéon
reproche à Dieu de ne rien faire, de ne pas les sauver comme il a libéré les
hébreux hors d'Égypte. Vous pensez :
une parole de bénédiction alors que la situation est grave, dure et difficile.
Un peu comme ces personnes qui nous disent parfois : avec le Seigneur, c’est
super, tous les problèmes sont résolus, alors que ces derniers sont et restent
gros comme des montagnes difficilement déplaçables…
« Pardon, mon Seigneur ! Si le Seigneur est avec nous, pourquoi tout
cela nous est-il arrivé ? Où sont donc toutes les merveilles que nous
racontaient nos pères ?…Or maintenant le Seigneur nous a délaissés… »
(v. 13) Voilà le cri du cœur. Celui du questionnement, celui de la révolte. A
ne pas étouffer par ces paroles de banalisation si fréquentes : « t’en fais
pas, c’est pas si grave que çà ; çà ira mieux…» Dieu permet à Gédéon
de poser ses questions, ce qu’il ne comprend pas.
La présence de l’ange, la présence
de Dieu rend au contraire possible la confrontation, le questionnement et même
le marchandage. Gédéon ne semble pas être soulagé de la bonne nouvelle du «
je suis avec toi ». Cela le place face à la dure réalité, face à sa
douleur. Mais Dieu continue à l’encourager : va avec cette force que tu
as et sauve Israël de Madian. Oui, c’est moi qui t’envoie (v.14).
A la première parole qui est de bénédiction,
s’ajoute une parole de mise en confiance et d’encouragement, avec une offre
d’emploi toute prête dont il semble qu’il manque quand même un mode
d’emploi plus précis. Gédéon encore une fois ne s’en contente pas. Décidément,
râleur . « Pardon, mon seigneur, comment sauverais-je Israël ? Mon clan est
le plus faible en Manassé, et moi, je suis le plus jeune dans la maison de mon
père » (v. 13) .Bon, il faut bien mettre les points sur les i.
Difficile d’entendre de la part de
Dieu ou de son ange une parole d’encouragement, difficile de se laisser
toucher au plus profond de notre cœur, difficile d’être renvoyé à soi-même,
à regarder son intérieur. « Va avec la force que tu as ». Le Seigneur en a
de bonnes, il aurait pu trouver une solution à notre place, et le voilà
qu’il nous remet en route en nous confiant une entreprise de salut avec ce qui
nous reste de force…alors qu’on est peut-être à bout de force… Et que répond
l’Eternel, parce que dans le texte, c’est maintenant l’Eternel qui parle,
alors qu’avant c’était l’ange. Comme pour montrer que Gédéon malgré
ses questions, ses doutes, ce qu’il ne comprend pas, s’approche toujours
plus près de Dieu lui-même. L’Eternel répète sa promesse : Je serai
avec toi. Mais Gédéon demande encore un signe, il n’est toujours pas
convaincu à 100%. Il veut offrir un sacrifice à Dieu, et demande que l’ange
reste jusqu’à son retour. Et l’ange avance un bâton et touche la chair et
les pains, alors il s’élève un feu qui consume la chair et les pains sans
levain. Gédéon a peur, mais l’Eternel lui dit : Sois en paix, ne crains
rien.
Nous voyons ici la méthode de Dieu pour fabriquer un vaillant héros, un humain qui cesse de subir les événements pour devenir créateur à l'image du créateur. Cette méthode de Dieu, c'est la confiance, même en ceux qui n'ont plus confiance en lui, même à ceux qui n'ont plus confiance en eux, et qui se disent à chaque nouvel échec "C'est tout moi de rater et d'être nul comme ça". Dieu leur dit : "Non, ce n'est pas toi, tu crois te connaître et tu ne te connais pas assez, moi je te fais confiance parce que je sais qui tu es". La confiance de Dieu n'est ni une illusion, ni un parti pris naïf, elle est au contraire une vision plus pénétrante de la réalité de notre être, une vision plus profonde qui voit en dessous de l'écorce la réalité ultime de notre être. Il sait, il voit le chaos qui nous habite et qui nous fait souffrir mais il voit un petit quelque chose qui est caché au plus profond de notre être et qui sera le vaillant héros de demain, qui l'est déjà à l'instant où nous écoutons son salut.
Cette méthode de Dieu ressuscite l'humain, même dans le plus blessé, cette méthode c'est l'amour et la patience. L'amour et la confiance ont un pouvoir de création incroyable. Sans jugement contre la rancœur qu'a Gédéon a contre lui, Dieu lui donne sa bénédiction. Sans s'arrêter à sa faiblesse, Dieu lui révèle son importance dans le salut du monde. L'Éternel est avec toi, vaillant héros ! Et Gédéon commence de saisir cette confiance, et d’agir selon Dieu, la première chose qu’il fait, c’est abattre la statue de Baal de son père. Il a encore un peu peur, alors il le fait de nuit. Mais il a obéi à Dieu qui lui avait demandé de faire cela. Et alors qu’on aurait pu s’attendre à la colère de son père, son père prend sa défense, en disant aux personnes furieuses, qui demandent à tuer Gédéon : est-ce à vous de prendre parti pour Baal ? est-ce à vous de venir à son secours ? Quiconque prendra parti pour Baal mourra avant que le matin vienne. Si Baal est un dieu, qu'il plaide lui-même sa cause, puisqu'on a renversé son autel. Et en ce jour l'on donna à Gédéon le nom de Jerubbaal, en disant: Que Baal plaide contre lui, puisqu'il a renversé son autel. Gédéon a compris, il commence de mettre en ordre ce qui est mal dans sa propre famille, cette statue de Baal qu’il renverse. Et la bénédiction de Dieu s’étend à sa famille, son père qui prend sa défense, et cette bénédiction de Dieu s’étendra à tout le peuple dans la bataille contre un ennemi nombreux. Gédéon, un être comme vous et moi, qui se sent petit, faible, mais que Dieu appelle, et que Dieu transforme. Dieu nous appelle chacun et chacune, comme il a appelé Gédéon, Moïse, Samuel, les disciples. Il nous appelle en disant : l’Eternel est avec toi, vaillant héros. J’ai encore un peu de temps ? Alors je continue en vous posant une autre question : Est-ce que c’est bien de s’agenouiller ? Vous me direz c’est bien de se mettre à genoux pour prier. Montrer notre crainte de Dieu, nous humilier. Oui, ce n’est pas interdit, au lieu de nous lever pour la prière ou pour la louange, nous agenouiller, pour nous humilier, demander pardon. Je me rappelle j’étais une fois dans une rencontre de pasteurs et de responsables d’églises, il y avait un moment de prière et de louange, et un pasteur s’était agenouillé, alors que tous les autres étaient debout ou assis. Cela m’avait marqué, j’avais compris que c’était sincère, et qu’il faisait cela pour Dieu, sans se soucier de ce que pouvaient penser les autres. Cela peut être bien de s’agenouiller, que ce soit dans un culte ou chez soi ou dans la forêt. Mais il y un passage dans la bible, où ceux qui se sont mis à genoux ont été renvoyés à la maison. Vous savez de quoi je parle, c’est la suite de l’histoire de Gédéon. Dans l’histoire de Gédéon, il y a plusieurs catégories de personnes, et vous, de quelle catégorie faites-vous partie ? Il y a la catégorie de ceux qui pensent, non, je suis trop petit, trop pauvre, pas assez ceci ou cela, Dieu ne peut pas me servir. C’est faux. Parce que c’est Dieu qui choisit, selon ses critères pas moi. Je ne dis pas que je peux pas avoir cette impression, que Dieu ne peut pas me servir, ou pas si bien, ou qu’il peut mieux servir quelqu’un d’autre. Je peux avoir de telles pensées, de telles impressions, mais c’est Dieu qui choisit selon ses critères. Ce n’est pas ce que moi je pense qui est déterminant, mais c’est ce que Dieu pense. Et Dieu pense qu’il peut servir chacun de nous. Mais avant de se préparer à laisser Dieu délivrer Israël par sa main, Gédéon demande une confirmation à Dieu. La toison recouverte rosée, et le terrain sec, et le lendemain l’inverse. Et Dieu lui confirme cela. Dieu ne nous demande pas la même chose, de faire un tel test, mais il nous confirme aussi qu’il nous choisit, par différentes choses, des bénédictions, son aide, sa fidélité, je pense que Dieu a donné à tous des signes de son amour pour nous. Qu’il est fidèle, que nous pouvons lui faire confiance. Gédéon et le peuple qui était avec lui se lèvent de bon matin pour camper près de la source de Harod. Cela fait aussi déjà 2 catégories. Ceux qui se lèvent de bon matin, et ceux qui se lèvent plus tard. Dieu parle à Gédéon, il y a un problème avec votre armée. On peut imaginer le problème : Il y a 32000 hommes avec Gédéon, et environ 135000 pour les Madianites (Juges 8/10). Un rapport de 1 à 4 environ. La réponse logique serait de dire, vous êtes trop peu, cherchez d’autres soldats. Mais l’Eternel dit juste l’inverse. Vous êtes trop nombreux. Et il donne la raison, le peuple pourrait en tirer gloire, et penser que la victoire est due à sa force, la force du peuple, la main du peuple. Et Dieu veut montrer au peuple que c’est lui qui donne la victoire. Dieu désire que Israël soit délivré, mais que par la même occasion il puisse grandir dans la confiance en lui, qu’il sache que c’est Dieu qui donne la victoire. Gédéon doit donc faire un tri, ceux qui sont craintifs et qui ont peur doivent retourner chez eux. 22000 retournent, il en reste 10000. Cela se passe près de la source de Harod, Harod signifiant en hébreu tremblement, peur. Donc en gros 2/3 sont craintifs et 1/3 pas. De quelle catégorie faites-vous partie ? Je pense que nous avons tous déjà eu peur une fois ou l’autre, d’ailleurs même Gédéon avait peur au début, puisqu’il se cachait pour battre du froment. Mais il a parlé avec Dieu, a appris à lui faire confiance. Vous connaissez le verset qui dit que l’amour parfait bannit la crainte (1 Jean 4/18). Si nous aimons Dieu et notre prochain de tout notre cœur, notre crainte diminuera et disparaîtra. Nous ne sommes pas parfaits, mais nous sommes appelés à donner la place à l’amour de Dieu, ce qui chassera la crainte. Il reste donc 10000 hommes. Contre 135000, rapport de 1 à 13 environ. Mais c’est encore trop. Maintenant un autre tri se fait. Ils descendent vers l’eau, et certains lapent l’eau comme un chien, et d’autres se mettent à genoux pour boire. Comment auriez-vous bu ? Certains auraient mis la gourde dans l’eau et auraient bu ensuite, certains se seraient agenouillés, pour boire directement dans l’eau avec la bouche, ceux qui n’ont pas peur de se mouiller, et je pense que peu d’entre nous auraient lapé l’eau avec la main. Avec Gédéon, c’est la même chose, sur 10000, 300 lapent l’eau avec la main, et tous les autres se mettent à genoux. Qu’est-ce que cela veut dire ? Ceux qui se mettent à genoux perdent du temps, ils perdent de vue le but, ils sont pris par l’eau, ils mettent la tête dans l’eau, et oublient un instant la raison de leur venue, délivrer Israël. Ils sont pris par le confort, les soucis, leur bien-être, qu’ils en oublient le but. Ils s’arrêtent, ils sont fatigués. Ils se détournent. Dans le jardin de Géthsémané, Jésus dira à Simon : Tu dors! Tu n 'as pu veiller une heure! C’était aussi une bataille qui se préparait, qui avait lieu, une bataille spirituelle. De quelle catégorie faisons-nous partie ? Je pense que nous faisons tous parfois partie de l’une, parfois de l’autre. Parfois nous marchons, nous courons vers le but, et parfois nous sommes fatigués, nous nous arrêtons, nous plongeons la tête dans l’eau. Dieu n’a pas condamné ceux qui sont retournés chez eux, il a simplement décidé d’utiliser que 300 hommes pour délivrer Israël. Dieu peut tout faire, il peut même gagner avec des gens qui ont peur, qui plongent la tête dans l’eau. Mais il a voulu montrer qu’il peut faire presque l’impossible avec peu de personnes, mais des personnes consacrées. Elles n’ont plus peur de quoi que ce soit, parce que leur amour est grand. Elles n’ont plus peur de perdre quelque chose, parce qu’elles ont tout remis à Dieu. Elles ne se sont pas laisser freiner dans leur marche pour la victoire en buvant tranquillement de l’eau, non, juste laper avec la main, pour continuer le plus rapidement possible vers le but fixé. 300 soldats, sur 32000, environ 1%, pour combattre 135000 Madianites. Cela représente donc, si on compare les 300 soldats de Gédéon contre 135000 soldats, environ 0,22%. Je ne sais pas exactement quelle est la population des Franches-Montagnes, j’ai trouvé hier sur internet qu’en 2000 la population résidente des Franches-Montagnes était de 9769 personnes. 10000 en arrondissant. Vous êtes combien ce matin ? Si on prend 30 personnes consacrées, sur 10000, cela fait 0,3%, un meilleur rapport qu’au temps de Gédéon, d’autant plus que parmi ces 10000, il y a d’autres chrétiens, tous ne sont pas ennemis de Dieu. Mais vous voyez qu’il n’y a pas de raison de désespérer, au contraire, vous avez la bonne proportion, pour autant que tout le monde parmi nous est consacré à Dieu. Cela je ne le sais pas, ce que je sais, c’est que dans ma vie je dois encore apprendre, à plus et mieux me consacrer à Dieu et lui faire confiance. Les soldats de Gédéon avaient un but bien précis, sauver et délivrer Israël des attaques de leurs ennemis. Avons-nous un but bien déterminé ? Est-ce que nous savons où nous allons, ce que nous voulons ? Les 300 soldats qui sont restés ont obtenu une éclatante victoire, ils ont bien écouté les instructions de Gédéon, vous regarderez, et vous ferez comme moi, quand je sonnerai de la trompette, vous sonnerez aussi de la trompette. Ils étaient unis et obéissants, ils avaient le même but, étaient consacrés. Et ils ont fait exactement ce que Gédéon leur avait dit. Avec discipline, rapidité, efficacité, ils ont brisé les cruches, saisi les flambeaux de la main gauche et les trompettes de la main droite. Dieu et Gédéon ont pu compter sur ces hommes. Que 300, mais 300 décidés, engagés, consacrés, obéissants, aimants. Et ils ont acquis la victoire grâce à Dieu, mais cette victoire a profité à tout le peuple. Ils étaient un exemple, et je pense que beaucoup de soldats qui n’ont pas participé au combat, en voyant et en apprenant ce qui s’était passé, ont changé leur attitude. Simon Pierre qui a eu peur de confesser Jésus, qui l’a renié, qui n’a pas pu veiller une heure dans les heures difficiles de son maître, a appris quelque chose. De quelle catégorie faisons-nous partie ? Ce n’est pas important, ce qui compte, c’est à quelle catégorie nous voulons appartenir dès maintenant. Il y a autour du récit encore d’autres catégories. Les hommes d’Ephraïm ne viennent qu’à la fin, mais ils désirent retirer les honneurs. On pourrait dire ceux qui font quelque chose pour être bien vus, pour être remerciés. Gédéon leur parle, et leur dit que cette victoire est aussi pour eux. Voyez son attitude. Il ne dit pas, vous n’avez pas participé au combat, vous êtes venus trop tard, vous n’aurez rien de la victoire, non Gédéon leur dit, c’est entre vos mains que Dieu a livré les chefs de Madian (Juges 8/3). Gédéon désire apporter la délivrance à tout le monde, il ne s’est pas battu pour lui, pour recevoir les honneurs, mais pour délivrer Israël. Il y a encore les chefs de Succoth, ils vivent en plutôt bonne intelligence avec l’ennemi. Ils ne souhaitent pas la victoire car ils ont des intérêts matériels et mondains à défendre. Il y a encore les gens de Penuel, ils ont fait une tour, une tour c’est pour se défendre, Gédéon lui est passé à l’attaque, on pourrait dire la tour de leurs raisonnements, leur intelligence, leur propre volonté. Ils font, ils servent Dieu quand ça va dans leur sens. De quelle catégorie faisons-nous partie ? Gédéon et ces 300 hommes étaient aussi fatigués après le combat, mais il est dit qu’ils ont continué à poursuivre leurs ennemis bien que fatigués (Juges 8/4). Ils savaient que c’était important, ne pas se relâcher pour donner la possibilité à l’ennemi de se regrouper, de se refaire une santé. Non, il fallait aller jusqu’au bout, pour garantir la victoire, la délivrance d’Israël. Nous sommes parfois tentés de nous arrêter en chemin, après une grande victoire, une bénédiction, on pense, c’est bon, et on oublie que le combat doit continuer. De quelle catégorie faites-vous partie, faisons-nous partie ? Ce qui est déterminant, c’est à quelle catégorie nous voulons appartenir dès maintenant. Est-ce que nous voulons croire à ce qui paraît impossible, est-ce que nous voulons faire confiance à Dieu, lui obéir fidèlement, ou plonger notre tête dans l’eau et oublier tout cela ? Dieu nous dit ce matin, comme il a dit à Gédéon (Juges 6/14) : Va avec cette force que tu as, et délivre Israël de la main de Madian; n'est-ce pas moi qui t'envoie ? Amen.