Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

7 janvier 2001, Luc 3/21-38

 Chers frères et sœurs,

             Si vous suivez un peu l'actualité, vous savez qu'au Proche-Orient, il y a des efforts de paix, entre Israël et les Palestiniens, et d'autres qui ne désirent que la violence et la guerre. Avant la guerre du Golfe en 1991, il y a eu à Genève une rencontre entre le ministre des affaires étrangères des Etats-Unis, James Baker, et le ministre des affaires étrangères de l'Irak, qui s'appelait Tarek Asiz. Pour essayer d'éviter la guerre. Mais cela n'a pas été concluant. Tarek Asiz est issu d'une famille de chrétiens nestoriens, qui parlent encore l'araméen aujourd'hui en Irak, comme au temps de Jésus en Israël. Tarek Asiz s'appelait en fait Michael Jean, des prénoms qui se trouvent dans la bible, mais il a eu honte de son origine, et il a pris un nom musulman, Tarek Asiz. Il y a aujourd'hui des gens qui changent l'orthographe de leurs noms, parce qu'ils ne désirent pas dévoiler leurs origines. Qui ont honte de leurs origines, au Jura par exemple, certaines familles à consonance alémanique ont changé leur nom, à cause de la situation politique, aujourd'hui c'est un peu différent, les autorités essaient de promouvoir l'apprentissage de l'allemand pour des raisons économiques.

Il y  a  d'autres  familles qui sont très fières de  leurs origines, de  leurs  ascendance, ils  peuvent  montrer  des généalogies très longues, qui remontent à  des siècles. Moi je ne suis pas dans ce cas, on raconte que mon arrière-grand-père a  été trouvé tout bébé derrière une porte, les  gens qui habitaient la maison ont entendu crier, ils  ont découvert un petit bébé et  l'ont adopté et élevé, c'était sûrement un enfant illégitime, un  grand  déshonneur à cette époque. Alors quand quelqu'un me  demande  d'où je suis originaire, je  réponds  de Mésopotamie, si on admet qu'Adam vivait dans cette région.

On ne peut pas remonter ma généalogie très loin, mais  cela ne fait  rien,  car  je suis citoyen des cieux, comme  il est dit dans Philippiens 3/20, vous êtes citoyens des cieux, et cela est beaucoup plus important que n'importe quelle généalogie illustre. Je suis  citoyen des cieux, non à cause de mes mérites, mais à cause du passeport rouge que je possède, rouge du sang que Christ a payé  pour moi. Pour  acquérir ce passeport, il  suffit de  le demander, il  est envoyé gratuitement, mais  il faut le demander, demander à Christ qu'il nous pardonne et qu'il prenne possession de nos vies.  Dieu fait de nous des citoyens des cieux, oui  il nous intègre  même dans son royaume, comme  il est dit dans  Hébreux 12/28,  recevant  un  royaume  inébranlable, montrons  notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable..

J'ai parlé de descendance, de généalogie, parce que le texte de la prédication de ce matin parle aussi de cela, il  s'agit de la généalogie  de Jésus.  Dans l'évangile  de Luc, après le baptême, il est relaté la généalogie de Jésus-Christ. Au premier  abord, cette  généalogie, cette  liste de  noms paraît longue  et  ennuyeuse.  Mais si on regarde d'un peu  plus près, on voit qu'elle nous donne des enseignements. Si on compte, on remarque qu'il y 77 maillons à cette chaîne, ce qui  fait  11  fois 7.  Le 7e est Hénoch, dont  il  est  dit simplement dans  la bible, il  marcha avec Dieu, puis  il ne fut plus, parce  que Dieu le prit.  C'est très court, il  marcha avec Dieu, mais  ce  marcha contient toute la vie de la foi, marcher avec Dieu. Le Christ marcha avec Dieu jusqu'au bout. A trois fois sept, nous trouvons Abraham, 5 fois 7 le roi David, 7 fois 7 nous trouvons quelqu'un d'inconnu, mais  qui a le même nom que Jésus, comme pour  dire  qu'à sa  naissance Jésus  prend  toute  notre condition, il  devient  comme  nous, il  reçoit même un nom  qui existe déjà, il n'a pas voulu un  nom seulement pour lui, quelle humilité, 8 fois 7 nous trouvons Sealthiel, le dernier qui est en captivité à Babylone, dont le fils Zorobabel joua un  rôle important lors  du  retour de l'exil.  Mais il y aussi  d'autres figures dans  la généalogie de Jésus, Thamar  qui se déguisa  en prostituée, (Matthieu 1/3), Rahab, la prostituée(Matthieu 1/5), qui a caché les espions hébreux, la généalogie  de Jésus ne comporte pas des gens parfaits, sans  fautes, Jésus  est venu pour ceux qui sont pécheurs. Il a accepté cette généalogie, il n'y pas dit, celui-ce ou celle-là n'est pas digne de moi, il a accepté de s'intégrer dans cette généalogie où on trouve du bon et du moins bon. Il est venu dans l'humanité comme elle était. Il n'a pas choisi la meilleure part, que des gens biens dans sa généalogie. Il vient au milieu des hommes, avec leurs bons côtés et leurs mauvais côtés. Comme des enfants, qui n'ont pas choisi leurs parents, et qui doivent assumer les bons côtés et les autres de leurs parents, mes enfants aussi, parfois ils ont honte de moi, certains aspects, parfois, plus petits ils voulaient partir, faire leur valise pour aller habiter chez mes parents, ils l'ont dit. Mais ils ne sont pas partis. Heureusement, on a pu se réconcilier. Jésus vient dans ce monde déchu, pécheur, mais un monde qui a gardé un souvenir du paradis, puisqu'il est dit tout à la fin de la généalogie, fils d'Adam, fils de Dieu. Nous sommes tous issus de Dieu, c'est Dieu qui a créé l'être humain, qui nous a créé, même si nous passons par une descendance. Mais à l'origine nous sommes fils de Dieu. Il est dit d'Adam qu'il est fils de Dieu. C'est vrai que par la péché cette filiation a été perdue, cassée, mais Jésus vient justement la rétablir. Dans chaque être humain il y a encore ce souvenir de ce paradis, cette descendance qui reste même si la relation est cassée. Comme un enfant quitte son père, se sépare de lui, sa descendance reste. Il ne peut l'effacer. Il peut essayer vivre comme si elle n'existait pas, mais elle est là. Il peut nier son père, mais s'il existe, c'est qu'il a un père. Et le Père céleste attend que cette relation soit rétablie. Et cette généalogie de Jésus contient cette tension entre la réalité du péché et ce que Dieu a prévu. Si on compare la généalogie  dans  Luc  avec celle de Matthieu, on  voit  des  différences. Luc  va de Jésus à Adam et jusqu'à Dieu, tandis  que­ Matthieu va de Abraham à  Jésus. Mais on constante une différence entre les  noms  de David à Joseph.  Certains l'ont expliqué  en  disant qu'une généalogie était celle de Joseph, et l'autre  celle de­ Marie. Ce serait très pratique, on éliminerait les contradictions apparentes. Mais  seulement voilà, Joseph  est mentionné dans les­ deux généalogies, et il est dit Joseph fils d'Héli dans Luc dans Matthieu Joseph fils de Jacob. Il n'est nulle part fait mention de Joseph comme  beau-fils, et  puis  en  ce  temps les  généalogies  s'établissaient par les représentants masculins.  Mais il y a une­ autre explication plus satisfaisante. Dans l'ancien testament, il  est  prévu  que si  une  femme  n'avait  pas d'enfants, le frère de  son  mari  peut  lui  susciter  une descendance, et  l'enfant portera le nom de son père décédé.   Si Joseph est    dans  de telle conditions, il  y  a  alors  deux descendances. L'une  physique,  l'autre  juridique.  Et ces deux généalogies se rejoindraient avec David, avec  d'un côté Salomon et de l'autre Nathan.  David aurait donc une ligne royale, avec Salomon, mais dont les descendants ne sont certains pas exemplaires du tout, et une descendance plus cachée, celle  de la promesse. Et pendant tout ce  temps, il  y une grande tension entre la promesse de la descendance de la ligne royale de David et la réalité, et  Jésus est celui qui annule cette différence entre promesse et réalité, entre péché et grâce, entre  désir et accomplissement.  Jésus est la solution  aux  incertitudes  de  descendance, de  droit d'appartenance. Avec Jésus, la question de l'appartenance devient claire évidente, on appartient sois au règne des ténèbres, soit au règne de la lumière, règne de Dieu. Ce qui est intéressant chez Luc, c'est  que cette généalogie est mise juste  après le récit du baptême de Jésus par Jean-Baptiste, au cours duquel Dieu dit: Celui  ci est mon fils aimé en  qui j'ai  mis toute mon affection.  Jésus a 30 ans,  et  c'est le  début de  son ministère.  Jésus est fils d'Adam, de  la  semence d'Abraham et de  la semence de David. Mais la question qui se pose est la  suivante, Jésus  est il le Fils de Joseph?   Toute cette généalogie semble  suspendue  à un fil.  Et Luc le mentionne  au  début: Jésus  étant comme  on le croyait fils de Joseph. Si Luc mentionne cela  ainsi et  ne dit pas qu'il est fils de  Joseph, c'est qu'il  veut  nous dire autre chose, en  fait que Jésus  ne  descend pas vraiment de Joseph, n'est  pas issu d'hommes, mais de ­Dieu. Tout à la  fin  de  la généalogie  de  Luc, comme pour  confirmer cela, il est écrit  Adam, fils  de  Dieu.   En passant  directement par Dieu ou en passant par la généalogie, Jésus  est  de Dieu, un avec Dieu. Il n'est pas homme par sa nature avant sa naissance, mais par son ministère  pour  Dieu, ministère  qui  commence  après  son  baptême. 

Mais Jésus  accepte  ce  ministère, cette  généalogie, il  accepte la  condition humaine, et  il se laisse baptiser.   Jean-Baptiste proteste, mais  Jésus le reprend, il  se met au rang de  ceux qui ont besoin de se baptiser, signe  de repentance et  de  purification des  péchés.  Jésus  va dans le Jourdain  avec  des  pécheurs, des  péagers, des gens de mauvaise vie. Il descend dans cette condition humaine et condition  d'Adam, de  malédiction, même la  descendance et la généalogie sont empreintes de la chute.   Jésus ­entre dans  la Jourdain dans la vallée, ou  l'eau est déjà sale, polluée, il n'entre pas près de la montagne de l'Hermon où l'eau est encore claire et limpide.  Il montre par ce baptême qu'il se  solidarise avec le pauvre Adam, les  hommes pécheurs. Par  ce baptême, Jésus  participe à notre sort et à  notre condition. Et par notre baptême, nous participons au sort et à la condition de Jésus, nous  mourons et ressuscitons avec lui par la foi. En  se laissant baptiser Jésus dit oui à son ministère, oui à sa pauvreté, oui  à sa mort pour nos péchés. Il s'engage à fond pour nous. Jésus  s'engage pour le vieil Adam, l'humanité déchue,  il porte le fléau du mal et de la mort comme  s'il était lui le  coupable. Il  prend la condition du vieil Adam sur lui jusqu'à la mort, la  mort du vieil Adam, et ainsi il est le nouvel Adam, le vieil ­Adam meurt sur la croix. En ressuscitant, Jésus devient le nouvel Adam. C'est pour cela que notre vieil Adam meurt aussi quand nous nous décidons de mourir et de ressusciter avec le Christ, ce  qui­ se fait lors du baptême de confession.

Vous voyez  en  passant que tout ce qui est écrit  dans  la  bible a un sens,  même les tables généalogiques, elles ne sont pas là pour prendre de la place, non toute la parole est inspirée de Dieu comme  le  dit  Paul à Timothée, inspirée  et  utile  pour  corriger, instruire  dans  la justice, afin  que l'homme de Dieu  soit accompli et propre à toute bonne oeuvre.

Jésus a  dit  oui  a Dieu, a  accepté  son  ministère et sa  condition, sa  volonté.   Dieu a confirmé cela, il  a dit oui à Jésus quand  celui ci se laisse baptiser, celui  ci est mon Fils­ bien-aimé, en  qui j'ai mis toute mon affection. C'est le 2e oui. Et le 3e oui, c'est  notre oui à Dieu, oui à celui qui pardonne ­toutes nos iniquités qui  guérit toutes nos maladies, qui  nous  couronne de bonté et de miséricorde comme le dit le psalmiste.

Nous pouvons  lui  dire oui, à ce Christ qui a pris  notre  condition, qui  est mort et ressuscité parce que à ce moment le ciel  s'ouvre et la  séparation  de la terre et  du  ciel  est  enlevée, nous pouvons retrouver notre relation avec Dieu. On peut avoir peur  de s'engager de dire oui, pour  la première fois, ou  chaque jour, mais si nous voulons servir Dieu, nous  ne pouvons éviter cette question. Dire oui à Dieu,  une fois, puis tous les jours, oui à sa volonté, à la connaître et à la mettre en pratique.  Il ­en vaut la peine, le  ciel s'ouvrira, alors  n'ayons pas peur de  nous engager, Dieu nous appelle. Jésus a dit oui, oui au plan de Dieu, oui à sa condition. Oui à tout, ,les belles choses et les autres, les bénédictions et les épreuves. Il n'a pas choisi que la bonne part, même pas dans sa descendance humaine. Mais il a dit oui. Un oui d'amour et de confiance. Et ce matin il nous est demandé la même chose, oui à notre personne, avec les bons côtés et les moins bons, oui à notre descendance, mais surtout oui à l'origine de la descendance, cet Adam fils de Dieu. Nous pouvons redevenir fils de Dieu, chacun et chacune, et dire oui tous les jours à Dieu, à sa volonté. Amen.