Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

22 septembre 2002, 25e dimanche ordinaire, participation des enfants, Thème: Le Jeûne

 

Chers frères et sœurs, chers enfants,

 

            Vous nous avez parlé du jeûne ce matin, des jeunes qui parlent du jeûne, c'est bien. Le jeûne, donc ne pas manger, ceci dans un but particulier. Vous aimez manger ? Qu'est-ce que vous aimez manger ? L'être humain a besoin de manger. Si on ne mange pas, c'est qu'on a une raison importante. Si on mange beaucoup, beaucoup, qu'est-ce qui se passe ? On attrape mal, mais aussi on peut moins se concentrer, vous savez pourquoi ? Il faut beaucoup d'énergie pour digérer, pour travailler dans l'estomac, les intestins, les cellules, alors il y moins d'énergie et de sang pour irriguer le cerveau. Si vous avez un test à l'école, vous faites déjà des tests, c'est peut-être pas idéal de manger 10 hamburgers avant. Manger quelque chose le matin, c'est bien, mais pas beaucoup trop. Cela nous donner une indication pour le jeûne: On veut se consacrer spécialement pour quelque chose, être disponible pour bien écouter et entendre Dieu. On met aussi du temps à part, au lieu de manger, pendant ce temps, on peut prier, lire la bible, se mettre à l'écoute de Dieu. Dans des situations cruciales, importantes, ou avant de prendre un choix, dans la bible, mais encore aujourd'hui, des personnes jeûnent. Et savez-vous qui a jeûné dans la bible ? Plusieurs personnes, et savez-vous si Jésus a jeûné ? Oui, il a jeûné, vous savez quand ? Tout au début de son ministère, après son baptême par Jean-Baptiste, il avait environ 30 ans, jusque là, il travaillait comme charpentier, avec son père, et il a commencé son ministère à 30 ans. C'est-à-dire commencé de parler aux gens du royaume de Dieu, commencé de prêcher, d'aider les gens, de faire des miracles. Mais au début de cela, il a été emmené par L'Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. Et là, il a jeûné 40 jours et 40 nuits. Pour se préparer à son ministère, et dans cette préparation, il y a d'abord eu la tentation par le diable, avec l'ennemi, le mal. Le premier combat. Il est dans le désert, il est seul, il n'y a pas de gens, il n'y a que lui, le diable et son père céleste. Avant de parler aux gens du royaume de Dieu, il devait d'abord résister lui au diable, être pur et vraiment disponible pour Dieu. Ne pas avoir un compromis, un péché, quelque chose. D'abord un combat personnel. Avant d'aller en public, annoncer le royaume de Dieu, le pardon, guérir, chasser les démons, il devait vaincre le diable et lui résister. Il a donc jeûné pendant 40 jours et 40 nuits. Et qu'est-ce qu'il a eu ? Si on ne mange pas pendant 40 jours et 40 nuits. Il a eu faim, c'est normal, Jésus était vrai homme et vrai Dieu, il avait besoin de manger comme nous. Il a vraiment eu faim, il a été tenté comme nous, pas seulement dans le domaine de la nourriture. Jésus connaît donc nos situations, nos tentations, il sait ce que c'est, il a passé par là. Il a connu l'incompréhension, même de sa famille, l'opposition, les moqueries, la trahison, la mort. Jésus a été tenté comme nous dit la parole de Dieu, aussi il peut nous comprendre et nous aider dans toute situation. Ici, il a faim. Alors que fait le diable, le tentateur ?  Il s'approche de lui, et lui dit, si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Est-ce que Jésus aurait pu faire du pain avec des pierres ? Oui, je suis sûr qu'il aurait pu, et qu'a-t-il fait, il avait faim, donc il a fait du pain ? Non, il n'a pas fait de pain. Et pourquoi donc ? Pourquoi n'a-t-il pas fait de pain, alors qu'il n'avait rien mangé pendant 40 jours et 40 nuits, et qu'il avait faim. Pourquoi Jésus a-t-il refusé de faire du pain? Ce n'est pas simplement pour ne pas faire ce que le diable lui demande, c'est le diable qui demande, donc il ne le fait pas, Jésus agit en fonction de ce qui lui est demandé, si c'était un disciple ou une autre personne qui lui aurait demandé la même chose, je suis sûr qu'il aurait agi de la même façon. Il y a bien plus derrière cette tentation. Le diable choisit un moment propice, il ne vient pas après les noces de Cana, lorsque tout le monde a mangé en abondance, il choisit un moment qui lui semble favorable, comme nos vies, souvent c'est pareil, il vient alors que nous sommes dans une situation délicate, il essaie d'enfoncer le clou, nous faire résigner, ou désespérer, ou autre chose. Jésus aurait pu faire ce miracle, plus tard, il nourrira 5000 hommes avec deux pains et cinq poissons. Pourquoi? Parce que s'il l'avait fait, c'eut été d'abord un miracle dans son propre intérêt. Or Jésus ne fait jamais un miracle pour lui-même, puisqu'il est venu montrer l'amour divin, qui est un amour pour les autres, un amour prêt à donner sa vie pour les autres, Jésus donnera sa vie pour ses amis. Si Jésus avait fait ce miracle, il aurait été égoïste, il aurait d'abord pensé à lui, à son besoin de manger. Or Jésus, dans toute sa vie terrestre, n'a jamais été égoïste, il n'a jamais d'abord pensé à lui, et ensuite aux autres et à son père céleste. Il a toujours pensé d'abord aux autres et en premier lieu à son Père. Il a toujours fait la volonté de son Père , et s'est toujours donné pour les autres. Jésus n'a jamais agi en tant que personne seule, autonome, c'était toujours en accord avec son Père. Il n'a jamais refusé d'aider les autres, parce qu'il était fatigué, il n'a jamais défendu ses intérêts, ses biens ou même sa propre vie. Il a tout donné, pour son Père et le monde, pour nous, il nous a montré un amour vrai, sans un seul compromis. Et c'est là que le diable veut le piéger. Diabolos, en grec, signifie séparer, lancer en travers, le diable voulait séparer Jésus de son Père et de son amour qui oublie ses propres intérêts. Si une seule fois, Jésus pense d'abord à lui, à sa faim, et fait ce miracle, le diable a gagné et Jésus perdu. Il aurait fait la volonté du diable, et pas celle de Dieu. Il aurait pensé à lui, et pas aux autres.

            Tous les miracles que Jésus a fait, il les a fait pour les autres, jamais pour lui. Quand il guérit des gens, c'est pour les aider, c'est pour montrer des signes du royaume de Dieu. Quand il chasse des démons, c'est pour empêcher qu'ils ne continuent à tourmenter les gens. Quand il ressuscite des morts, c'est pour donner le vie et montrer la puissance de son Père. Jamais il n'a fait de miracle pour lui même, même pas pour prouver qu'il est le Fils de Dieu. Il n'emploie pas les miracles afin que les gens croient en lui. Quand les scribes lui disent qu'ils aimeraient le voir faire un miracle, il refuse. Il ne fait

jamais un miracle pour le miracle, ou pour montrer qu'il peut faire un miracle. Il le fait toujours pour aider, sauver, guérir. Ses miracles sont ceux de l'amour, jamais ceux de la puissance, de l'épate, de la publicité. Jésus n'entre pas dans ce jeu là. Il est venu pour servir, il agit pour servir, et il utilise aussi son pouvoir de faire des miracles pour servir les autres, mais jamais pour se servir. Jamais il n'utilisera sa puissance pour lui, au contraire, dès qu'il s'agit de lui-même, il renonce volontairement à sa puissance. La plus grande victoire de Jésus n'a pas consisté à faire un super miracle, épatant, extraordinaire, qui éblouit et fait trembler d'admiration tous les spectateurs, non, sa plus grande victoire, il l'a acquise sur la croix, seul, abandonné, dans la faiblesse d'un homme qui se livre sans se défendre. Jusqu'à la croix, Jésus sera encore tenté, puisque là encore, les magistrats se moquent de lui, en disant: Qu'il se sauve lui même, s'il est le Christ, l'élu de Dieu! La même tentation que dans le désert, si tu es le Fils de Dieu. Le diable lui dit, si tu es le Fils de Dieu, fait ce miracle, tu pourras prouver que tu es le Fils de Dieu. Jésus refuse, pour lui c'est juste l'inverse, s'il est le Fils de Dieu, et il l'est, s'il est celui qui montre l'amour de son Père, alors justement, il ne peut pas faire ce miracle. Il n'est plus le Fils de Dieu sans péché, plein d'amour, il est un homme comme tous les autres, avec des intérêts égoïstes, avec un désir de puissance, qui emploie ses pouvoirs pour se créer des avantages. Jésus ne veut pas faire des miracles pour des miracles, des miracles qui tiennent du merveilleux, comme dans le Coran par exemple, où dans une histoire, Jésus fait descendre des cieux une table avec des mets succulents, ou les récits de l'enfance de Jésus qui ne se trouvent pas dans la bible, et qui montrent Jésus enfant qui fait des oiseaux  en argile et souffle dessus avant qu'ils ne s'envolent ou des histoires de ce genre. Jésus ne vient pas épater les gens avec des miracles grandioses, il ne désire pas convaincre les gens de croire en lui en faisant des miracles, mais en vivant un amour sans limites et sans conditions. L'impuissance et la faiblesse de Jésus sur la croix est sa plus grande victoire. Paul a très bien compris cela puisqu'il dit dans l'épître aux Corinthiens que la folie de Dieu est plus sage que les hommes et la faiblesse de Dieu plus forte que les hommes. Dans le royaume de Dieu, la puissance et la force ne résident pas dans la violence, la force humaine, les miracles épatants, les démonstrations de puissance, non la puissance de l'évangile réside dans la faiblesse apparente de l'amour, de l'amour divin, sans limites, sans conditions. C'est vrai que Dieu manifeste sa gloire, aussi par des signes, des prodiges, mais ces signes ne sont pas pour épater les gens, ce ne sont pas des signes gratuits, mais des signes d'amour, d'aide, de guérison, de libération. Si Jésus ne fait pas du pain, ce n'est pas parce que c'est le diable qui lui demande cela, mais parce que dans sa demande, il y a un piège. Comme plus tard, quand Jésus a annoncé sa mort aux disciples. Pierre lui a dit, mais non, cela ne t'arrivera pas. La même tentation, ne pas faire la volonté de Dieu, de ne pas aller jusqu'au bout de sa mission, la même tentation de penser à lui et éviter les souffrances. Et que dit Jésus: Arrière de moi Satan. Il reconnaît dans cette suggestion de Pierre, un des ses disciples, la même tentation de Satan que celle dans le désert. Pierre était bien intentionné, mais il ne se rendait pas compte qu'il était l'outil de Satan. C'est pour cela que Jésus réagit à cette parole de Pierre d'une manière si abrupte. Arrière de moi Satan. Vous voyez que cette question du diable n'est pas si innocente que cela, l'enjeu n'est pas si évident au premier abord, mais il est immense. Le diable sent sa défaite approcher, il sait qu'il ne peut rien contre un Jésus qui n'agit que par amour et n'exécute que la volonté de son Père, alors il essaie par tous les moyens de faire tomber une seule fois Jésus, il sait que si Jésus faiblit une seule fois, il a perdu, alors il emploie toute sa ruse, il ne demande pas à Jésus de se livrer à l'adultère, ou à la calomnie, ou de se mettre en colère, il lui demande simplement

de faire du pain avec des pierres. Quel mal y aurait il de faire du pain? Cela semble logique, indiqué, dans le désert, après 40 jours de jeûne. Oui, cela semble logique, mais dans le royaume de Dieu, ce n'est pas la logique humaine qui prime. C'est humain, trop humain, penser d'abord à soi, sa situation, nous l'avons tous fait, agir sans amour, sans demander l'avis de Dieu, sans faire sa volonté. Jésus lui se rend immédiatement compte de tout l'enjeu qu'il y a autour de cette question. Il répond au diable: Il est écrit: L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Même dans sa réponse, Jésus ne s'appuie pas sur lui, ses compétences, mais sur la parole de Dieu, donc sur son Père. Ce n'est pas le fait de faire du pain ou non qui est mal en soi, c'est la motivation, la raison et le but pour lequel Jésus fait ou ne fait pas de pain.

Jésus le sait, et il emploie la parole de Dieu pour se défendre, cette parole de Dieu qui est plus tranchante qu'une épée à deux tranchants, jusqu'à séparer âme et esprit, jointures et moëlle, qui juge les sentiments et les pensées du coeur comme il est dit dans Hébreux 4. C'est cette parole qui sépare les motivations, les enjeux, qui juge les sentiments et les pensées du coeur. C'est pour cela que j'ai besoin de cette parole, de la lire et de l'écouter, personnellement, mais aussi avec des frères et soeurs, pour toujours mieux apprendre et connaître quels sont les chemins à emprunter, quelle est la volonté de Dieu, quelles sont mes raisons, mes motivations, sont elles guidées par l'amour de Dieu ou par mes propres

intérêts? Si Jésus emploie la parole de Dieu pour résister au diable, à plus forte raison nous avons besoin de cette même parole pour nous défendre contre l'ennemi de nos âmes.  Jésus ne dit pas que l'homme ne doit pas manger, d'ailleurs après les tentations, les anges le serviront, mais c'est Dieu qui enverra les anges, et là Jésus mangera, en accord avec son Père qui lui donne à manger à ce moment. Jésus dit simplement que le manger n'est pas tout, que cette nourriture n'est pas suffisante, parce qu'elle ne nourrit pas l'âme. Jésus sait que l'homme a besoin de pain, mais que ce pain ne permet de vivre qu'un certain temps. L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, cette parole qui fait vivre, cette parole dont Jésus dit dans Jean 5: Celui qui écoute ma parole et qui croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient point en jugement. L'homme a besoin de pain sur cette terre pour vivre, c'est vrai, mais pour vivre éternellement, il a besoin de la parole de Dieu, de la parole fait chair, Jésus-Christ, qui est mort pour nous offrir la vie éternelle. L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Amen.