Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

19 janvier 2003, Néhémie 1

 

Chers frères et sœurs,

 

Aujourd'hui c'est à la mode de parler du Moyen-Orient. Tout le monde en parle. Certains sont sûrs qu'il y aura la guerre, d'autres pensent qu'elle est encore évitable. Alors je me suis dit, pour ce culte, je parlerai aussi un peu de cette région,  ou plutôt d'un homme qui a vécu dans cette région. Oh, cela fait bien longtemps, puisqu'il a vécu la-bas au 5e siècle avant Jésus-Christ. Vous voyez de qui il s'agit ? Il s'agit de Néhémie. Il était échanson du roi de Perse, et les Perses à l'époque avaient conquis la région de Babylone, et Babylone se trouve aujourd'hui en Irak. Néhémie à donc vécu dans cette région, il était juif, descendant de déportés, et il s'était acquis une position enviable. Il était l'échanson du roi de Perse Arthahsastha. C'était un homme intègre, droit, de grande intelligence, avec une grande capacité de travail. Car à l'époque, le roi ne prenait pas le premier venu pour cette fonction si importante. Echanson du roi, celui qui sert à boire, et est responsable des boissons. C'était du travail et de la responsabilité, il ne pouvait pas simplement téléphoner à Auderset pour commander du vin et d'autres boissons. Une grande responsabilité, beaucoup de travail, il devait aussi avoir du tact, pour côtoyer le roi, il devait aussi sans doute avoir un peu d'humour, car le roi aimait sans doute de temps entendre une histoire drôle, mais il fallait savoir quand et comment les raconter. Il avait donc acquis une bonne situation, par son travail, son engagement, sa droiture. Mais Dieu avait prévu encore autre chose pour lui. Alors qu'il se trouvait à Susa, c'est près du Tigre, à 250 km au nord de l'extrémité nord du golfe persique, des Juifs viennent de Juda. Et il  les questionne, pour demander comment est la situation en Judée. Il se préoccupe du sort de ses frères et sœurs. On voit là un premier élément de son cœur. Il ne se repose pas dans son appartement, content de son sort et de sa situation. Car il aurait pu le faire, j'ai réussi, j'ai une bonne place, je ne suis pas en danger, pourquoi me préoccuper du sort des autres. Non, il pose la question, comment ça va. Et ce qu'il entend le choque, on lui dit: ceux qui sont restés de la captivité sont là dans la province, au comble du malheur et de l'opprobre; les murailles de Jérusalem sont en ruines, et ses portes sont consumées par le feu (Néh. 1/3). Néhémie pensait que les murailles de Jérusalem avaient été reconstruites, et que les choses allaient mieux pour les juifs de la-bas. Mais ce n'était pas le cas. En entendant cela, la situation de ses frères et sœurs, cela commence à produire quelque chose en lui. Parce que pour Néhémie, ce n'est pas normal, que le peuple de Dieu, le peuple d'Israël, soit au comble du malheur et de l'opprobre. Ce n'est pas normal que les murailles de Jérusalem, la ville de Sion, soient en ruines. Cette situation ne le laisse pas tranquille, il désire que quelque chose change. Il ne pense plus à lui, sa situation, mais à ses frères et sœurs dans la souffrance. Paul dira: si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. Néhémie avait déjà à son époque pris cela à cœur. Et que fait-il ? Que peut-il faire ? Il s'assied, il pleure, il jeûne, et il prie. Et cela aura des conséquences. Lorsque le peuple de Dieu s'assied, s'arrête, pleure, jeûne, et prie, cela a toujours des conséquences. Son cœur est touché par la détresse des ses frères et sœurs. Et cela produit quelque chose. Cela l'amène à prier son Dieu, crier à Dieu. Et Dieu répondra à cette prière. Lorsque nous prions, Dieu change des choses qu'il ne changerait pas si nous ne priions pas. Dieu connaît c'est vrai toutes nos joies et toutes nos détresses, il intervient aussi même si nous ne prions pas, heureusement, car sinon, je ne sais pas où nous en serions, mais Dieu prend plaisir à changer des choses que nous lui demandons. Cela lui fait plaisir. Comme un papa, une maman, un grand-papa, une grand-maman, un parrain, une marraine ou que sais-je a du plaisir à répondre à la demande d'un enfant. Ma filleule pour Noël désirait recevoir un beau sac d'école, parce qu'elle commencera l'école après les vacances d'été. Et cela m'a fait plaisir que de pouvoir lui offrir cela. Si elle ne m'avait pas demandé cela, elle aurait aussi eu besoin d'un sac d'école, elle en aurait aussi reçu un, pas de moi, l'idée ne me serait sans doute pas venue, mais cela fait plaisir de pouvoir offrir quelque chose qu'un enfant désire ardemment. Vous comprenez. Nos enfants voulaient toujours aller une fois au cap nord, et c'était un plaisir de pouvoir leur offrir cela. On a du plaisir à répondre aux demandes d'un enfant. Vous êtes d'accord. Eh bien Dieu lui prend aussi plaisir à répondre aux demandes de ses enfants. Même s'il connaît les besoins d'avance, il aime que nous le lui disions. Et il change certaines choses qu'il ne changerait pas si nous ne lui avions pas demandé. Il ne change pas tout, ne répond pas à toutes nos attentes, mais il répond. Ou y-a-t-il quelqu'un parmi nous qui peut dire, jamais Dieu n'a répondu à une des mes prières ? Je ne pense pas. Grâce à Néhémie, il y a eu un renouveau à Jérusalem, les murailles ont été rebâties, Jérusalem est redevenu un lieu phare pour les nations. Et c'est intéressant de voir comment Néhémie a prié. Il a pleuré, c'est vrai, la détresse ne l'a pas laissé tranquille, il était conscient de la détresse, mais dans sa prière, il n'a pas commencé par cela, il commencé par autre chose: Il a parlé de la grandeur et de la puissance de Dieu. Dans une situation de détresse, il est conscient de la grandeur de Dieu, et il commence par cela. Comme dans la prière du Notre Père, on s'adresse d'abord à Dieu, notre Père qui est dans les cieux. Lorsqu'on prie, on s'adresse à Dieu, et pas à notre voisin ou à notre détresse. On peut parler de notre détresse, mais on s'adresse à Dieu dans notre détresse. Néhémie le dit: O Éternel, Dieu des cieux, Dieu grand et redoutable, toi qui gardes ton alliance et qui fais miséricorde à ceux qui t'aiment et qui observent tes commandements! Néhémie est conscient de la grandeur et de la miséricorde de Dieu, conscient de sa grandeur et de son amour. Lorsqu'on est conscient de la grandeur et de l'amour de Dieu, cela change notre prière, mais non seulement cela, cela change aussi la situation. Dans sa prière, Néhémie met au centre la grandeur de Dieu. C'est le point central de sa prière: la grandeur et l'amour de Dieu. Quels sont les centres de nos prières ? Moi j'ai encore à apprendre. Et pour Néhémie, ce n'est pas seulement une formule pieuse, mais creuse, non, il croit à la grandeur et l'amour de Dieu. Cela transforme nos prières et nous transforme, mettre au centre de nos prières la grandeur et l'amour de Dieu. Et dans sa prière, Néhémie déverse son fardeau devant Dieu. Il sait qu'il ne peut pas le porter seul, pas y remédier. Il sait que son fardeau est aussi le fardeau de Dieu. Et ensuite, dans sa prière, il se repent: nous t'avons offensé, mais cela vient après avoir parlé de la grandeur et de l'amour de Dieu. C'est bien de se repentir, reconnaître ses erreurs et ceux de son peuple, se solidariser avec son peuple, mais la grandeur et la bonté de Dieu sont plus importants que notre repentance. Parfois nous les chrétiens nous faisons peut-être l'erreur, surtout lorsqu'on parle des autres, de parler d'abord des fautes, des péchés, des limites, tout ce qui n'est pas bien. Néhémie lui ne tombe pas dans ce piège où la situation humaine vient en premier, mais il commence par parler de la grandeur et l'amour de Dieu. C'est bien de dire aux gens que le péché nous sépare de Dieu, mais c'est mieux de commencer de parler de la grandeur et de l'amour de Dieu. Et en face des cette grandeur et cet amour, alors nous remarquons nos faiblesses et nos péchés. Lorsqu'il était sur la terre, Jésus parlait du péché, c'est vrai, mais il en parlait pour dire: tes péchés te sont pardonnés, ou, va, et ne pèche plus. Jésus n'est pas venu pour dénoncer le péché, mais ôter le  péché (1 Jean 3/5). D'ailleurs, seul le Saint-Esprit peut nous convaincre de péchés, nous ne pouvons pas le faire, nous pouvons annoncer la parole de Dieu, dans toute sa vérité, mais seul le Saint-Esprit peut convaincre de péchés. Jésus est venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde (Jean 12/47). Il jugera, c'est vrai, mais il n'est pas venu pour cela, mais pour sauver. Néhémie se repent, de ses péchés, mais aussi de ceux de son peuple. La repentance doit commencer chez moi, auprès des chrétiens. Qui va se repentir, si les chrétiens ne le font pas ? Tous les grands réveils ont commencé par la repentance de chrétiens, qui ont constaté qu'ils avaient encore des péchés, des choses qui ne sont pas à la gloire de Dieu. Et ensuite cet esprit de repentance s'est étendu aux non-chrétiens. Néhémie n'était pas trop fier pour confesser ses péchés et ceux de son peuple. Dans sa prière, après avoir proclamé la grandeur et l'amour de Dieu, s'être déchargé de son fardeau auprès de Dieu et confessé ses péchés, Néhémie en appelle aux promesses de Dieu: Souviens-toi de cette parole que tu donnas ordre à Moïse, ton serviteur, de prononcer. Lorsque vous pécherez, je vous disperserai parmi les peuples; mais si vous revenez à moi, et si vous observez mes commandements et les mettez en pratique, alors, quand vous seriez exilés à l'extrémité du ciel, de là je vous rassemblerai et je vous ramènerai dans le lieu que j'ai choisi pour y faire résider mon nom (Néh. 1/8-10). Néhémie en appelle aux promesses de Dieu, et il est persuadé que Dieu tient ses promesses. Etes-vous persuadés que Dieu tient ses promesses ? Je pense que oui, le problème, c'est que nous ne nous appuyons pas assez sur ces promesses lorsque nous prions Dieu. Nous savons quelque part que ses promesses sont vraies en général, ou pour les autres, mais lorsqu'il s'agit d'entrer dans ses promesses pour notre situation, se les approprier, alors nous avons parfois des craintes, ou des doutes. En tous cas moi. Néhémie dit simplement ce que Dieu a promis, et il pense que si Dieu a promis, on ne doit pas avoir de la crainte à entrer dans ces promesses. Il le fait. Lorsque nous commençons de parler à Dieu de ce qu'il a promis dans sa parole et ce qu'il attend de son peuple, les portes des cieux commencent de trembler, et s'ouvrent. Le moteur qui fait pivoter les portes des cieux, c'est Dieu qui le fait tourner, mais nous pouvons presser sur le bouton des promesses, pour faire démarrer ce moteur qui ouvre les portes des cieux. Tout ne changera pas d'un jour à l'autre, nous aurons encore des épreuves et des jours difficiles,  mais nous verrons la main de Dieu puissamment à l'œuvre. Néhémie, lui, à la fin de sa prière, attend de grandes choses de Dieu, il demande de trouver grâce auprès du roi de Perse, pour que Dieu l'utilise pour accomplir son plan. Et l'extraordinaire arrivera, le roi de Perse lui permettra d'aller reconstruire les murailles de Jérusalem. Néhémie n'a même eu besoin de commencer de parler au roi, le roi a vu de la tristesse sur le visage de Néhémie, et lui a demandé ce qu'il avait, et Néhémie a pu lui dire qu'il était triste de la situation à Jérusalem, et le roi lui a permis d'aller à Jérusalem. Cela ne veut pas dire que chaque fois que nous désirons quelque chose d'un responsable, notre visage doit être triste, parfois il sera joyeux, et les gens demanderont, pourquoi es-tu joyeux, et nous pourrons leur dire que notre joie se fonde en Dieu, parfois nous devrons prendre la parole en premier, parfois en dernier. Dieu a d'innombrables voies et façons de faire en réserve, c'est pour cela que ce tellement intéressant de le suivre. C'est souvent nouveau, différent, inédit. Néhémie avait une bonne place, mais il s'est préoccupé du sort de ses frères et sœurs. Il s'est assis, il a pleuré, il a jeûné, il a prié. Et dans sa prière il parle de la grandeur et de la bonté de Dieu, fait appel à ses promesses, et attend de grandes choses de la part de Dieu. Et il a plu à Dieu d'exaucer sa prière comme il plaira à Dieu d'exaucer la vôtre. Amen.