Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

6 mai 2001, Psaume 31/3

 Chers frères et sœurs,

             Qui d'entre vous aime que Dieu le protège ? Tout le monde je suppose, recevoir une protection, une aide, être à l'abri grâce à Dieu qui nous protège. C'est un désir normal de tout chrétien, chrétienne, même plus, tout être humain a le besoin d'être protégé. Déjà un petit enfant, lorsqu'il rencontre d'autres personnes qu'il ne connaît, ou qu'il entend un cri, ou quelque chose lui fait peur, il se réfugie auprès de sa maman ou son papa, se cache parfois derrière son papa ou sa maman. On veut et désire se protéger, contre les risques, alors on fait beaucoup d'assurances, il paraît que les Suisses sont les champions des assurances, on se protège, on a d'ailleurs une armée qui coûte assez cher, destinée à protéger le pays, et même ceux qui sont contre l'armée veulent se protéger des conflits, simplement ils trouvent que l'armée n'est pas le bon moyen, mais qu'il faut prendre des initiatives de paix pour assurer la paix. On veut se protéger des risques, des mauvaises surprises, de beaucoup de choses. On a peur de quelque chose, alors on recherche de la protection, cela concerne les hommes et les femmes, même si les hommes le reconnaissent peut-être moins volontiers, mais il y a aussi des peurs, des craintes, peur d'échouer, dans sa profession, sa famille, peur de prendre des décisions, ses responsabilités, d'être ridicule, et bien d'autres choses encore. Peur d'affronter certaines choses dans la vie. Alors que fait-on ? Une tactique souvent appliquée, consiste à fuir, fuir les responsabilités, les questions, les choix, alors on fuit en s'énervant, dans l'alcool, d'autres drogues, ou l'ardeur au travail, on peut fuir comme Jonas qui a reçu une mission, aller à Ninive, et qui est parti dans la direction opposée. Ou on refoule ses peurs, ou trouve des boucs émissaires, ce sont les autres qui ne font pas bien quelque chose, on fait des catégories, les bons et les mauvais, et en général on se met du côté des bons. Mais on oublie que la frontière entre le bien et le mal passe aussi au travers de nous-mêmes, parfois nous faisons le bien, et parfois le mal, parfois nous prenons des décisions selon Dieu, et parfois selon nos propres intérêts. Lorsqu'il y a des difficultés, l'être humain a tendance à fuir ces difficultés, fuite devant une décision, devant une personne qui nous énerve, au lieu de se réconcilier dans l'amour du Christ, fuite devant un travail que l'on aime pas faire, on aime juste qu'il soit fait, et on le reporte et le reporte et le reporte encore. Cela vous ne connaissez pas ? Car toutes ces peurs, ces appréhensions, peur de manquer à mon devoir, de mal faire mon travail, de décevoir des gens, je dois les affronter, trouver une solution, un refuge. Sinon, Sinon, il se passe quelque chose de curieux: la vérité devant laquelle on ferme les yeux, la décision que l'on évite, la difficulté que nous n'affrontons pas devient tout à coup autonome, et elle grandit démesurément, devient immense, de sorte qu'un jour on a vraiment l'impression que l'on ne peut plus rien faire et on abandonne, voire se laisse aller. C'est comme une boule de neige qui grandit et grandit, et à la fin on ne peut plus la soulever, ni la pousser. Alors que faire pour éviter cela, pour éviter que les problèmes grossissent et grossissent, que la situation empire ? La première chose à faire, c'est d'éviter de vouloir fuir ces choses qui de toute façon me rattrapent. Ou de trouver la faute ailleurs. Reconnaître ma situation, mon état, avec ce qui est positif et négatif, les deux. Comme dans les psaumes, où les personnes évoquent les deux, leur état, leurs dangers, leurs craintes, leurs désespoirs, mais aussi leurs espoirs, leur confiance que Dieu va arranger les choses. Reconnaître ses peurs, ses craintes, et les dire à Dieu. Dans ce psaume 31, le psalmiste dit les choses, tu vois ma misère, tu sais les angoisses de mon âme, je suis dans la détresse. Il dit sa situation, sans la cacher, mais il dit aussi son désir, sois pour moi un rocher protecteur, une forteresse. Il se sait dans situation difficile, mais il sait aussi que Dieu peut l'aider, et il le dit, tu me feras sortir du filet, tu es mon rocher, ma forteresse. Il dit les deux choses, ce qui est difficile, négatif, mais aussi son espoir de voir la situation changer, tu me délivreras, Eternel, Dieu de vérité. Certains chrétiens voient parfois tout en rose, et oublient qu'ils n'ont pas encore atteint la perfection, comme le dit Paul, et d'autres voient tout en noir, et oublient la victoire que Jésus a déjà acquise sur la croix. Et c'est cette tension qui est parfois difficile à comprendre, et  à vivre. Le psalmiste dit les deux choses à Dieu, dans le même psaume, il dit, tu es mon rocher, et juste un verset avant, sois mon rocher. Jésus parle aussi des deux, lorsqu'il dit que le royaume de Dieu est au milieu de vous, et d'autre part nous apprend à prier: que ton règne vienne. Jésus a déjà acquise la victoire sur la croix, et pourtant nous sommes invités à combattre le bon combat, à nous protéger par le bouclier de la foi des traits enflammés du malin. Deux aspects de la vie chrétienne, et les deux sont bibliques. Ce qui peut donner lieu à des conceptions qui s'écartent de la vérité: Un extrême, serait de vouloir refaire le combat qui a déjà eu lieu à Golgotha. Ce n'est plus à nous de vaincre Satan, c'est Jésus et Jésus seul qui l'a fait, ou pour qui nous prenons-nous si nous pensons pouvoir le faire. Ce que nous pouvons, c'est proclamer cette victoire, la dire, la croire, pour qu'elle s'applique dans notre vie, notre paroisse, notre région. L'autre extrême, serait de dire, nous n'avons plus qu'à nous croiser les bras, puisque Jésus a tout accompli et que Dieu est souverain. C'est vrai que Jésus a tout accompli sur la croix, et que Dieu est souverain, mais cette victoire, justement, nous sommes invités à la transmettre, une fois que nous l'avons reçue dans notre vie, la vivre et la transmettre, vivre selon l'esprit. Le combat entre Satan et Jésus a eu lieu, mais maintenant c'est le combat dans notre esprit, ce que nous voulons croire, qui nous voulons suivre, faire confiance à la parole de Dieu, croire ses promesses, ou croire au menteur qui veut nous faire croire que le pardon de Dieu n'est pas complet, ou pas pour nous, ou que sa victoire n'est pas pour nous, ou ceci ou cela. Nous sommes encore pris dans cette tension, entre ce qui est déjà fait, et ce qui se fait, entre ce qu'on appelle en théologie l'indicatif et l'impératif de la foi. L'indicatif, celui qui est en Christ est une nouvelle créature, l'amour de Dieu a été répandu dans vos cœur, et ainsi de suite, et l'impératif, résistez au diable, et il fuira loin de vous, vivez selon l'esprit, soyez mes témoins, et ainsi de suite. Pouvoir faire la différence entre ce qui est déjà fait et ce que nous avons à faire. Ce n'est pas toujours évident, mais là aussi, nous pouvons nous adresser à Dieu pour qu'il nous aide, nous éclaire, nous dévoile cela. Le psalmiste vit assurément des moments difficiles, mais il en parle à Dieu, et dans ce dialogue il y a quelque chose qui se passe. La confiance revient, il reçoit des paroles de foi qui vont l'aider dans sa situation. Et il les dit et les répète, ces paroles de foi, ces paroles qui disent que Dieu le délivrera, qu'il est son rocher. Dire et répéter ce que Dieu est et ce qu'il fera, cela nous redonner confiance et espoir. La parole de Dieu est puissance, par sa parole il a créé l'univers, et par sa parole il créé en nous l'espoir et la foi, ou est-ce que je pense que sa parole ne peut pas transformer mes idées fausses, mes résignations, mes doutes ? Est-ce que sa parole n'est pas assez puissante pour moi ? Elle l'est, la parole éternelle de Dieu, ces paroles qui ne passeront point dit Jésus, alors que même qui ciel et terre passeront (Matth 24/35). Comme le psalmiste dit et redit de telles paroles à Dieu, nous sommes invités à dire et redire de telles paroles à Dieu, pour qu'elles s'incrustent non seulement dans nos cerveaux, mais dans nos cœurs et dans nos attitudes. Le psalmiste chercher une protection, un appui, il le dit, il demande à Dieu ce qu'il désire de sa part, sois pour moi un rocher protecteur, une forteresse, et en disant cela, dans ce dialogue avec Dieu, il comprend ce que lui peut faire pour entrer de plein pied dans les promesses de Dieu, puisqu'il dit au verset 6: Je remets mon esprit entre tes mains, ce que Jésus dira sur la croix juste avant de mourir. Il remet son esprit entre les mains de Dieu, ruach en hébreu, le souffle, il remet tout entre les mains de Dieu, ce qui le fait vivre, ses forces, son âme, et juste après cela, il peut dire cette parole de foi: Tu me délivreras, Eternel, Dieu de vérité. Lorsque je peux tout remettre ce que j'ai entre les mains de Dieu, plus rien ne me retiendra de le suivre et faire ce qui est juste. Remettre son esprit, ses pensées, qui si souvent croient tout mieux savoir que Dieu, qui ont de la peine à se soumettre à lui, pouvoir remettre cela à Dieu, c'est un privilège. Dieu nous a donné le souffle de vie, nous a donné la liberté, et dans cette liberté, je peux décider de lui remettre mon esprit, pour être libre de le servir sans être prisonnier des mensonges de l'ennemi ou de moi-même. Remettre son esprit à Dieu, c'est remettre son esprit à celui qui est amour, et qui veut notre bien, et qui nous aime d'un amour sans limite. Je me confie en l'Eternel. Amen