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mai 2001, Psaume 31/3
Chers
frères et sœurs,
Qui d'entre vous aime que Dieu le protège ? Tout le monde je suppose,
recevoir une protection, une aide, être à l'abri grâce à Dieu qui nous protège.
C'est un désir normal de tout chrétien, chrétienne, même plus, tout être
humain a le besoin d'être protégé. Déjà un petit enfant, lorsqu'il
rencontre d'autres personnes qu'il ne connaît, ou qu'il entend un cri, ou
quelque chose lui fait peur, il se réfugie auprès de sa maman ou son papa, se
cache parfois derrière son papa ou sa maman. On veut et désire se protéger,
contre les risques, alors on fait beaucoup d'assurances, il paraît que les
Suisses sont les champions des assurances, on se protège, on a d'ailleurs une
armée qui coûte assez cher, destinée à protéger le pays, et même ceux qui
sont contre l'armée veulent se protéger des conflits, simplement ils trouvent
que l'armée n'est pas le bon moyen, mais qu'il faut prendre des initiatives de
paix pour assurer la paix. On veut se protéger des risques, des mauvaises
surprises, de beaucoup de choses. On a peur de quelque chose, alors on recherche
de la protection, cela concerne les hommes et les femmes, même si les hommes le
reconnaissent peut-être moins volontiers, mais il y a aussi des peurs, des
craintes, peur d'échouer, dans sa profession, sa famille, peur de prendre des décisions,
ses responsabilités, d'être ridicule, et bien d'autres choses encore. Peur
d'affronter certaines choses dans la vie. Alors que fait-on ? Une tactique
souvent appliquée, consiste à fuir, fuir les responsabilités, les questions,
les choix, alors on fuit en s'énervant, dans l'alcool, d'autres drogues, ou
l'ardeur au travail, on peut fuir comme Jonas qui a reçu une mission, aller à
Ninive, et qui est parti dans la direction opposée. Ou on refoule ses peurs, ou
trouve des boucs émissaires, ce sont les autres qui ne font pas bien quelque
chose, on fait des catégories, les bons et les mauvais, et en général on se
met du côté des bons. Mais on oublie que la frontière entre le bien et le mal
passe aussi au travers de nous-mêmes, parfois nous faisons le bien, et parfois
le mal, parfois nous prenons des décisions selon Dieu, et parfois selon nos
propres intérêts. Lorsqu'il y a des difficultés, l'être humain a tendance à
fuir ces difficultés, fuite devant une décision, devant une personne qui nous
énerve, au lieu de se réconcilier dans l'amour du Christ, fuite devant un
travail que l'on aime pas faire, on aime juste qu'il soit fait, et on le reporte
et le reporte et le reporte encore. Cela vous ne connaissez pas ? Car toutes ces
peurs, ces appréhensions, peur de manquer à mon devoir, de mal faire mon
travail, de décevoir des gens, je dois les affronter, trouver une solution, un
refuge. Sinon, Sinon,
il se passe quelque chose de curieux: la vérité devant laquelle on ferme les
yeux, la décision que l'on évite, la difficulté que nous n'affrontons pas
devient tout à coup autonome, et elle grandit démesurément, devient immense,
de sorte qu'un jour on a vraiment l'impression que l'on ne peut plus rien faire
et on abandonne, voire se laisse aller. C'est comme une boule de neige qui
grandit et grandit, et à la fin on ne peut plus la soulever, ni la pousser.
Alors que faire pour éviter cela, pour éviter que les problèmes grossissent
et grossissent, que la situation empire ? La première chose à faire, c'est d'éviter
de vouloir fuir ces choses qui de toute façon me rattrapent. Ou de trouver la
faute ailleurs. Reconnaître ma situation, mon état, avec ce qui est positif et
négatif, les deux. Comme dans les psaumes, où les personnes évoquent les
deux, leur état, leurs dangers, leurs craintes, leurs désespoirs, mais aussi
leurs espoirs, leur confiance que Dieu va arranger les choses. Reconnaître ses
peurs, ses craintes, et les dire à Dieu. Dans ce psaume 31, le psalmiste dit
les choses, tu vois ma misère, tu sais les angoisses de mon âme, je suis dans
la détresse. Il dit sa situation, sans la cacher, mais il dit aussi son désir,
sois pour moi un rocher protecteur, une forteresse. Il se sait dans situation
difficile, mais il sait aussi que Dieu peut l'aider, et il le dit, tu me feras
sortir du filet, tu es mon rocher, ma forteresse. Il dit les deux choses, ce qui
est difficile, négatif, mais aussi son espoir de voir la situation changer, tu
me délivreras, Eternel, Dieu de vérité. Certains chrétiens voient parfois
tout en rose, et oublient qu'ils n'ont pas encore atteint la perfection, comme
le dit Paul, et d'autres voient tout en noir, et oublient la victoire que Jésus
a déjà acquise sur la croix. Et c'est cette tension qui est parfois difficile
à comprendre, et à vivre. Le
psalmiste dit les deux choses à Dieu, dans le même psaume, il dit, tu es mon
rocher, et juste un verset avant, sois mon rocher. Jésus parle aussi des deux,
lorsqu'il dit que le royaume de Dieu est au milieu de vous, et d'autre part nous
apprend à prier: que ton règne vienne. Jésus a déjà acquise la victoire sur
la croix, et pourtant nous sommes invités à combattre le bon combat, à nous
protéger par le bouclier de la foi des traits enflammés du malin. Deux aspects
de la vie chrétienne, et les deux sont bibliques. Ce qui peut donner lieu à
des conceptions qui s'écartent de la vérité: Un extrême, serait de vouloir
refaire le combat qui a déjà eu lieu à Golgotha. Ce n'est plus à nous de
vaincre Satan, c'est Jésus et Jésus seul qui l'a fait, ou pour qui nous
prenons-nous si nous pensons pouvoir le faire. Ce que nous pouvons, c'est
proclamer cette victoire, la dire, la croire, pour qu'elle s'applique dans notre
vie, notre paroisse, notre région. L'autre extrême, serait de dire, nous
n'avons plus qu'à nous croiser les bras, puisque Jésus a tout accompli et que
Dieu est souverain. C'est vrai que Jésus a tout accompli sur la croix, et que
Dieu est souverain, mais cette victoire, justement, nous sommes invités à la
transmettre, une fois que nous l'avons reçue dans notre vie, la vivre et la
transmettre, vivre selon l'esprit. Le combat entre Satan et Jésus a eu lieu,
mais maintenant c'est le combat dans notre esprit, ce que nous voulons croire,
qui nous voulons suivre, faire confiance à la parole de Dieu, croire ses
promesses, ou croire au menteur qui veut nous faire croire que le pardon de Dieu
n'est pas complet, ou pas pour nous, ou que sa victoire n'est pas pour nous, ou
ceci ou cela. Nous sommes encore pris dans cette tension, entre ce qui est déjà
fait, et ce qui se fait, entre ce qu'on appelle en théologie l'indicatif et
l'impératif de la foi. L'indicatif, celui qui est en Christ est une nouvelle créature,
l'amour de Dieu a été répandu dans vos cœur, et ainsi de suite, et l'impératif,
résistez au diable, et il fuira loin de vous, vivez selon l'esprit, soyez mes témoins,
et ainsi de suite. Pouvoir faire la différence entre ce qui est déjà fait et
ce que nous avons à faire. Ce n'est pas toujours évident, mais là aussi, nous
pouvons nous adresser à Dieu pour qu'il nous aide, nous éclaire, nous dévoile
cela. Le psalmiste vit assurément des moments difficiles, mais il en parle à
Dieu, et dans ce dialogue il y a quelque chose qui se passe. La confiance
revient, il reçoit des paroles de foi qui vont l'aider dans sa situation. Et il
les dit et les répète, ces paroles de foi, ces paroles qui disent que Dieu le
délivrera, qu'il est son rocher. Dire et répéter ce que Dieu est et ce qu'il
fera, cela nous redonner confiance et espoir. La parole de Dieu est puissance,
par sa parole il a créé l'univers, et par sa parole il créé en nous l'espoir
et la foi, ou est-ce que je pense que sa parole ne peut pas transformer mes idées
fausses, mes résignations, mes doutes ? Est-ce que sa parole n'est pas assez
puissante pour moi ? Elle l'est, la parole éternelle de Dieu, ces paroles qui
ne passeront point dit Jésus, alors que même qui ciel et terre passeront (Matth
24/35). Comme le psalmiste dit et redit de telles paroles à Dieu, nous sommes
invités à dire et redire de telles paroles à Dieu, pour qu'elles s'incrustent
non seulement dans nos cerveaux, mais dans nos cœurs et dans nos attitudes. Le
psalmiste chercher une protection, un appui, il le dit, il demande à Dieu ce
qu'il désire de sa part, sois pour moi un rocher protecteur, une forteresse, et
en disant cela, dans ce dialogue avec Dieu, il comprend ce que lui peut faire
pour entrer de plein pied dans les promesses de Dieu, puisqu'il dit au verset 6:
Je remets mon esprit entre tes mains, ce que Jésus dira sur la croix juste
avant de mourir. Il remet son esprit entre les mains de Dieu, ruach en hébreu,
le souffle, il remet tout entre les mains de Dieu, ce qui le fait vivre, ses
forces, son âme, et juste après cela, il peut dire cette parole de foi: Tu me
délivreras, Eternel, Dieu de vérité. Lorsque je peux tout remettre ce que
j'ai entre les mains de Dieu, plus rien ne me retiendra de le suivre et faire ce
qui est juste. Remettre son esprit, ses pensées, qui si souvent croient tout
mieux savoir que Dieu, qui ont de la peine à se soumettre à lui, pouvoir
remettre cela à Dieu, c'est un privilège. Dieu nous a donné le souffle de
vie, nous a donné la liberté, et dans cette liberté, je peux décider de lui
remettre mon esprit, pour être libre de le servir sans être prisonnier des
mensonges de l'ennemi ou de moi-même. Remettre son esprit à Dieu, c'est
remettre son esprit à celui qui est amour, et qui veut notre bien, et qui nous
aime d'un amour sans limite. Je me confie en l'Eternel. Amen